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26 11 2011

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 14/11/2011 à 12:03:40

Liberté pour

Georges Ibrahim Abdallah, Salah Hamouri

et l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens !

RASSEMBLEMENT

GARE DE LENS

SAMEDI 26 NOVEMBRE A 17h 30 *

Le 24 octobre dernier Georges Ibrahim Abdallah débutait sa 28e année d’emprisonnement en France. Militant communiste libanais de la Cause palestinienne, Georges Ibrahim Abdallah a été arrêté en 1984, puis, au terme d’un procès entaché d’irrégularités, condamné à perpétuité pour complicité dans la mise hors d’état de nuire d’un agent du Mossad, les criminels services secrets israéliens, et d’un représentant américain en France. Depuis la fin de sa peine de sûreté en 1999, et en dépit de demandes répétées, l’Etat français, sous l’injonction d’Israël et des Etats-Unis, lui a toujours refusé une libération conditionnelle au mépris même du Droit français. Ses fautes aux yeux des impérialistes occidentaux ? Ne jamais avoir renié ses convictions internationalistes et avoir conservé au Proche-Orient une popularité enracinée dans les milieux progressistes. D’une combativité exemplaire, Georges Ibrahim Abdallah entamait, le 27 septembre dernier, dans sa prison de Lannemezan dans les Pyrénées, une grève de la faim en solidarité avec 200 prisonniers palestiniens du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

* Le comité « Libérez-les ! » s’associe, à cette occasion, à l’appel de la Jeunesse communiste du Pas-de-Calais en faveur de la libération de Salah Hamouri et de la reconnaissance d’un Etat palestinien. Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62),

22, rue nationale, 62150 Rebreuve-Ranchicourt

http://www.liberez-les.info/

discours d'Auchel le 22 octobre

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 23/10/2011 à 08:24:00

Discours prononcé par Denis DUPORGE au nom des cinq unions locales CGT lors de la commémoration du 22 octobre à Auchel en mémoire de Guy MÔQUET et de la résistance antifasciste

 

Chers camarades, chers amis

 

Nous sommes réunis ce soir pour saluer et commémorer la mémoire de Guy MOQUET et des 27 otages de Châteaubriant assassinés le 22 octobre 1941, il y a 70 ans, ainsi que le vrai sens de l’engagement de milliers de camarades de la CGT dans la résistance armée antifasciste et contre l’occupant barbare. 

 

L’enchaînement funeste et les choix politiques de trahison des autorités françaises et du patronat deux ans après 1936, deux années qui précédèrent les 5 ans de mise à feu et à sang du monde, ont mené à la livraison à l’occupant du jeune Môquet et de nombreux autres résistants

 

Ces choix  que furent : la non-intervention en Espagne laissant la place à Franco, les accords de Munich laissant Hitler au pouvoir, le refus criminel de la France et de l’Angleterre de toute alliance avec l’URSS, qui précipita, plus tard, l’invasion de la Pologne par les nazis et le début de la 2nde Guerre mondiale, les décrets et lois liberticides, la création des tribunaux spéciaux… ont été dictés par « la haine du progrès social, de la fraternité de classe et de l’internationalisme prolétarien »… Une haine incarnée par Pétain, Laval, Pucheu… Cette haine qui a conduit à la répression des grèves de mai 41, cette haine qui a conduit des centaines de nos camarades, dont des Auchellois, mineurs syndicalistes CGT, vers la mort et la torture…

 

L’itinéraire de Guy Môquet est indissociable de  son environnement familial et social, et notamment de celui de son père, Prosper, syndicaliste cheminot à la CGT - Unitaire, puis député communiste, qui fût emprisonné à Alger, pour s’être opposé en 1938 au Parlement et aux sanctions contre les grévistes qui refusaient la remise en cause des droits acquis par le Front populaire.

 

L’histoire de la Résistance reste d’actualité  et notre présence ce jour lui fait écho, pourtant, chers amis et camarades,  nous sommes 70 ans plus tard.

 

Mais, chers camarades et chers amis, le temps n’est pas à la nostalgie car le combat de Guy Môquet et de ses camarades n’est pas fini.

 

Chers camarades et chers amis, cette histoire, c’est aussi la nôtre, elle est toujours bien  vivante, nous ne devons rien lâcher et nous ne lâcherons rien, notre tâche et notre rôle historique en tant que classe ouvrière et de travailleurs, sont de lutter contre ceux qui écrasent les peuples, détruisent les droits sociaux, humilient les travailleurs et entravent nos libertés chéries gagnées avec le sang de nos anciens.

 

La lettre de Guy Moquet qui sera lue ce soir n’est pas une cendre que l’on conserve dans un tiroir de l’histoire que certains voudraient faire disparaître, mais une flamme que l’on transmet, la flamme de l’espoir et du progrès social, la flamme de la résistance indestructible, la flamme de la liberté.

 

Guy MOQUET écrivait :

 

« Certes, j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. » mais aussi  « Vous serez bientôt libérés par tous vos frères d'esclavage… les traîtres de notre pays, ces agents du capitalisme, nous les chasserons hors d'ici pour instaurer le socialisme. »

 

Alors nous sommes là ce soir pour célébrer sa mémoire et remettre les choses à leur place dans cette ville ouvrière, ce territoire à tradition de luttes contre l’exploitation de l’homme par un système politique de classes qui  asservit  au nom du profit.

 

 

Chers camarades et chers amis,

 

Les nazis ont été chassés mais le capitalisme est de plus en plus violent et mondialisé, les marchands de canons continuent à se nourrir des guerres, et les ligues factieuses voudraient s’installer en toute impunité pour distiller la haine qui se cultive sur le terreau de la misère et du racisme.

 

70 ans plus tard, les véritables organisateurs et responsables du déclenchement de la 2ème guerre mondiale, les mêmes qui avaient réprimé la Commune 70 ans plus tôt et qui allaient réprimer la manifestation des Algériens 20 ans plus tard… asservissent toujours les peuples, font toujours la guerre en multipliant les conflits impérialistes, et ils sont toujours les mêmes racistes, xénophobes et fourbes.

 

Ces fourbes racistes et cette racaille fascisante qui sont entrés dans Auchel comme des loups en recherche de proies, en ressortiront bientôt, chassés par des femmes et des hommes de courage qui refusent une idéologie basée sur la race et la division.

 

Ainsi, nous tenons à féliciter le courage du conseil municipal qui a adopté la motion du comité de vigilance antifasciste d’Auchel mardi dernier, désormais personne ne peut plus accepter la présence des nazillons sur notre sol.

 

Oui camarades, nous sommes ici pour commémorer la résistance, la liberté, la fraternité et la tolérance.

 

Gloire à Guy MOQUET

 

Gloire à la résistance

 

A bas le fascisme, le nationalisme, le capitalisme et la guerre

 

Amis si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place

 

Vive la CGT, vive la lutte et merci

éé

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 17/10/2011 à 19:45:47

INVITATION

Par les Unions Locales CGT

Auchel-Béthune-Bruay-Lillers-Isbergues

Commémoration

du souvenir

Le 22 OCTOBRE

17h00

Monument aux Morts

 d’Auchel (62)

 

Le 22 octobre 1941, Guy MOQUET, jeune communiste de 17 ans et fils d’un cheminot délégué syndical CGT, est assassiné avec 26 autres otages des nazis, à Chateaubriant (44)

 

Il y a des moments de l’histoire que certains voudraient faire oublier mais qu’il ne faut jamais oublier, surtout quand le tragique destin de dizaines de milliers de nos camarades est dû à la folie meurtrière d’une idéologie basée sur la race, la xénophobie et le nationalisme.

 

Guy MOQUET venait d’avoir 17 ans quand les balles nazies l’ont frappé !

 

Le samedi 22 octobre à 17h00 à Auchel, nous commémorerons au travers de la mémoire de Guy MOQUET et de ses camarades, cette résistance antifasciste d’une classe ouvrière héroïque, qui avait débutée quelques mois plus tôt dans les puits de mines du Nord-Pas de Calais à l’appel de la CGT.

 

C’est une première à Auchel, mais quand la bête immonde ressurgit de ses cendres et entend parader pour défendre une idéologie barbare qui a causé la mort de plus de 50 millions de personnes dont 75 000 camarades de la CGT, la mémoire aux héros et les honneurs aux camarades sont une arme pacifique mais redoutable.

 

Rendez-vous à 17h00 : discours : dépôt de gerbe(s) : lecture de «  la lettre à mes parents » écrite par Guy Moquet la veille de son assassinat. Cet hommage sera suivi du pot de l’amitié, des libertés et du souvenir.

17 1O 1961

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 16/10/2011 à 19:59:08

Au lendemain de la tragédie du 17 octobre 1961, Kateb Yacine (1929-1989), immense poète algérien, s’adressait à nous tous, le peuple français :

Peuple français, tu as tout vu 
Oui, tout vu de tes propres yeux. 
Tu as vu notre sang couler 
Tu as vu la police 
Assommer les manifestants 
Et les jeter dans la Seine. 
La Seine rougissante 
N’a pas cessé les jours suivants 
De vomir à la face 
Du peuple de la Commune 
Ces corps martyrisés 
Qui rappelaient aux Parisiens 
Leurs propres révolutions 
Leur propre résistance. 
Peuple français, tu as tout vu, 
Oui, tout vu de tes propres yeux, 
Et maintenant vas-tu parler ? 
Et maintenant vas-tu te taire ?

8-10-2011

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 02/10/2011 à 12:07:47

Le comité "Libérez-les!" (59-62) appelle tous les antifascistes et les progressistes à se joindre au cortège de la contre manifestation organisée à Lille le 08 octobre, contre le déferlement des identitaires et de l'ultra droite nationaliste, raciste, xénophobe et violente, soutenue et confortée par le Préfet, le Ministre de l'Intérieur et la droite populaire de l'UMP.


RENDEZ-VOUS A 15H00 PLACE DU MARCHE DE LILLE-WAZEMMES


SOYONS DES MILLIERS POUR VAINCRE LA BÊTE NAZIE

vers le fascisme

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 18/09/2011 à 10:32:22

France : Un ènieme décret apres celui des fichages de toutes sortes !

Un décret signé en catimini en juillet 2012,  vient d' autoriser la police française à tirer à balles réelles sur les manifestants.

 Un décret a été voté ce 1er Juillet, Décret n° 2011-794 du 30 juin 2011 relatif à l’emploi de la force pour le maintien de l’ordre public. Il concerne les administrations centrales des ministères de l’intérieur et de la défense, représentants de l’Etat, militaires et fonctionnaires en charge des missions de maintien de l’ordre public. Et il a pour objet la modification du régime juridique relatif à la dispersion des attroupements.

l’article 431-3 du code pénal détermine les raisons pour lesquelles on peut vous tirer dessus : Constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l'ordre public.

Un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations de se disperser demeurées sans effet, adressées par le préfet, le sous-préfet, le maire ou l'un de ses adjoints, tout officier de policejudiciaire responsable de la sécurité publique, ou tout autre officier de police judiciaire, porteurs des insignes de leur fonction.

Il est procédé à ces sommations suivant des modalités propres à informer les personnes participant à l'attroupement de l'obligation de se disperser sans délai.

Toutefois, les représentants de la force publique appelés en vue de dissiper un attroupement peuvent faire directement usage de la force si des violences ou voies de fait sont exercées contre eux ou s'ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu'ils occupent.

 Les modalités d'application des alinéas précédents sont précisées par décret en Conseil d'Etat, qui détermine également les insignes que doivent porter les personnes mentionnées au deuxième alinéa et les conditions d'usage des armes à feu pour le maintien de l'ordre public.

Ainsi se poser la question sur ce que nous prépare l'EU qui sait qu'elle va faire face à de la contestation, les différentes lois en Frrance commence sérieusement à montrer une dérive certaine.

 Les fichages sont entrain de généraliser dans toutes l'ue et on utilse n'importe quel pretexte pour mettre en place des decrets, des lois qui nous conduisent directement vers un état totalitaire et policier !!

 Dans ce document noté à "diffusion restreinte" : les experts de la police britannique développèrent une doctrine sous le titre "Public Order : Conflict Prevention, rendu public par l’association State Watch et accepté par les ministres de l’intérieur en 1998.

Fauteurs de troubles :

Articles conseillés : Comment ficher les fauteurs de troubles dont voici un extrait

Cette notion n’est pas sans rappeler le fameux « sentiment d’insécurité », très en vogue en France pour servir de baromètre répressif après le moindre fait divers. Pour Tony Bunyan, fondateur et directeur de Statewatch, il est « absurde » de lier les délits ou crimes sérieux à la notion de « perturbation de la paix publique ». « Cela peut englober des manifestants non violents qui font un sit-in ou tout autre rassemblement de protestation. Ils pourraient être interprétés par la police comme ayant ‘un effet considérable’ sur le sentiment de sécurité ».

Criminaliser les manifestants :

 L'UE prévoit :

* Donner le contrôle des opérations de la "Task Force" nouvellement créé de l'UE et qui n'a aucune base juridique pour ses activités
* Créer des mécanismes pour des coopération opérationnelles pour lesquels il n'existe pas de pouvoirs légaux
* Légitimer la surveillance continue par "la police et des officiers du renseignement » (sécurité intérieure services) des « personnes ou groupes susceptibles de constituer une menace pour l'ordre public et la sécurité"
* Créer des bases de données nationales de « fauteurs de troubles » fondées sur des soupçons et de suppositions sans aucune éthique ni normes ou protection des données et l'échange non réglementée de ces données.
Permettre aux Etats membres d'adopter des lois pour empêcher les gens d'aller à des manifestations dans d'autrespays si leurs noms ont été enregistrés comme « suspects » ou si elles ont été reconnues coupables d'un trouble mineur infractions à l'ordre public comme (obstruction de l'autoroute)

 Le rapport Statewatch :

* Les plans de l'UE menacent le droit à la libre circulation et le droit de protester
* Sept gouvernements de l'UE - Allemagne, Suède, Portugal, Italie, Belgique, Luxembourg et Royaume-Uni
le Royaume- Uni a voulu aller encore plus loin et créer une base de données de « fauteurs de troubles" à l’échelle de l’union et introduire des interdictions de voyager sur les présumés « fauteurs de troubles" dans l'UE.
* Les plans mèneront à la surveillance de l'activité politique quotidienne, sans limite ou de données
protection, qui est tout à fait inacceptable dans les démocraties.
* Les plans ont été mis e place par des réunions secrètes à Bruxelles sans aucun contrôle parlementaire et sans permettre à la société civile d’objecter.

* Les plans auront peu d'effet sur le sol et la seule option d’accroitre l’autorité de la police sur les manifestants dans les rues
* L'effet global est de légitimer la surveillance et criminaliser les manifestants

abdelhak

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 13/09/2011 à 07:10:40

Liberté pour Abdelhak TalhaouiLe détenu politique Abdelhak Atalhaoui comparaîtra pour son procès le 07 septembre 2011 tout en étant en grève de la faim. Le camarade a, en effet, décidé d’entamer deux jours de grève de la faim, le 06 et le 07 septembre 2011, comme premier avertissement. Voici sa déclaration :

 

Le 07 septembre prochain se déroulera la deuxième partie du procès fomenté à mon encontre, après que le tribunal de première instance m'ait condamné à 4 ans de prison ferme - peine dont je viens déjà de purger 5 mois.

Avec 5 de mes camarades - dont deux ont purgé déjà 4 mois de leur peine -, j'ai été arrêté suite à la glorieuse marche du 20 février, durant laquelle les masses populaires par dizaine de milliers ont manifesté pour imposer leurs revendications de transformation radicale et pour dénoncer les décennies d'exploitation et d'oppression que le régime actuel et ses acolytes ont exercé et continuent d'exercer aujourd'hui encore. A la suite de cette manifestation, ont eu lieu des vagues massives d'arrestation et de poursuite à l'encontre de dizaines de militants et à l'encontre de centaines de fils du peuple marocain, et ces arrestations se sont soldées par de nombreuses condamnations à des peines d'emprisonnement ferme. Par cette répression, le régime cherche à empêcher le peuple marocain de réaliser ses aspirations pour une transformation radicale et globale, et tente en même temps de créer "l'exception marocaine" - et cela, même s'il est conduit à tuer un tiers du peuple et à jeter le reste de la population dans les geôles du pays.

 

Mais le peuple marocain, - ce héros qui n'a eu de cesse de combattre le colonialisme d'antan et l'impérialisme actuel, en sacrifiant les meilleurs de ses fils comme martyrs - n'acceptera jamais cette soi-disante "exception marocaine".

Nous appelons les masses populaires à accentuer sa lutte jusqu'à la victoire ; et à l'opinion publique nationale et internationale, nous disons ce qui suit :

- je déclare la volonté qui est la mienne d'entamer une grève de la faim de deux jours, le 6 et le 7 septembre prochains

- nous dénonçons la répression féroce que subissent les différentes couches des masses populaires (ouvriers, paysans, étudiants, chômeurs, et le mouvement du 20 février)

- nous dénonçons aussi les procès fomentés que j'ai subis et que subissent tous les détenus politiques au Maroc

- nous dénonçons aussi les conditions inhumaines que j'endure et qu'endurent les détenus politiques dans les prisons de l'oppression et de la misère au Maroc

- nous revendiquons ma libération immédiate et sans condition ainsi que celle de tous les détenus politiques

- nous revendiquons aussi la levée de toutes les poursuites menées à l'encontre des militants

- nous exigeons que tous les tortionnaires soient jugés et condamnés

- nous exprimons notre solidarité inconditionnelle avec la lutte de toutes les couches des masses populaires, et en particulier avec celle qui oeuvre à la transformation radicale et globale.

- nous exprimons aussi notre solidarité avec tous les détenus politiques et en particulier avec les camarades Mourad Chouini et Youssef Alhamdiya

- nous exprimons notre solidarité avec la lutte de tous les peuples qui aspirent à se libérer du joug de l'impérialisme et du colonialisme, et avec la lutte de la classe ouvrière et de tous les opprimés dans les centres impérialistes.


Vive la lutte du peuple marocain !

Vive toutes les luttes de tous les peuples du monde !

 Liberté pour tous les prisonniers politiques !


Le détenu politique : Abdelhak Atalhaoui

numéro d'écrou : 10239

l'autre 11 septembre

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 11/09/2011 à 09:25:19

Tout le monde l'a oublié ou presque. Mais un autre tristement célèbre 11 septembre a eu lieu, en 1973, au Chili. Ce jour là, le président Allende perdit la vie. Retour sur ces événements.
Le Palacio de La Moneda pris d'assaut par l'armée de Pinochet  
Le Palacio de La Moneda pris d'assaut par l'armée de Pinochet ©SIPA

37 ans déjà. Le 11 septembre 1973, à 9 h du matin, Salvador Allende se retrouve assiégé dans le palais présidentiel par l'armée chilienne dirigée par le général Augusto Pinochet. L'aviation commence à bombarder le bâtiment, le Palacio de La Moneda. Le président prend la parole pour la dernière fois à la radio : « Nos ennemis sont forts ; ils sont capables d’asservir le peuple. Mais ni les actes criminels ni la force des armes ne sauront contenir ce processus social. L’histoire nous appartient ; c’est le peuple qui fait l’histoire. »

Le rêve socialiste chilien prend fin quelques heures plus tard. On retrouve le corps du président dans les décombres. La thèse officielle (thèse discutée au Chili) concluera à un suicide par arme à feu. 

Le destin d'Allende commencée 3 ans plus tôt. Le 4 septembre 1970,  le leader de la gauche chilienne  remporte la présidence du pays à la tête d'une coalition alliant des communistes et des sociaux-démocrates avec un peu plus de 36% des voix. Son discours reste célèbre : « Nous abolirons les monopoles qui accordent le contrôle de l’économie à quelques dizaines de familles. Nous abolirons un système fiscal (…) qui accable les pauvres et épargne les riches. Nous abolirons la grande propriété qui condamne des milliers de paysans à la servitude. Nous abolirons la mainmise étrangère sur notre industrie. »

Aussitôt, le gouvernement américain manifeste son irritation devant un résultat qu'il n'a pas prévu. Le 6 novembre 1970, le président Richard Nixon déclare devant le Conseil national de sécurité : « Notre principale préoccupation avec le Chili, c’est le fait qu’il [Allende] puisse consolider son pouvoir et que le monde ait l’impression qu’il en train de réussir. (…) Nous ne devons pas laisser l’Amérique latine penser qu’elle peut prendre ce chemin sans en subir les conséquences. »

Les dés sont jetés. Les 3 ans de gouvernement socialiste se déroulent dans un climat de chaos organisé. L'opposition politique de droite appelle notamment la classe moyenne à « vaincre le communisme destructeur de la civilisation chrétienne en terre chilienne ».  L'économie flanche rapidement, des denrées les plus élémentaires viennent à manquer, coïncidant avec le développement du marché noir. L'inflation explose : 500% en septembre 1973.  En toile de fonds : le gouvernement américain maintenant un implacable programme de rétorsions économiques vis-à-vis du Chili.

Le coup de grâce est donné finalement par l'armée chilienne. Exit le socialisme et place à l'une des dictatures les plus violentes qu'ait connue l'Amérique du Sud.

femmes

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 10/09/2011 à 08:00:11

Mushtaq Ul Haq Ahmad Sikander

"La nécessité est la mère des inventions" est un fait avéré ; les femmes du Cachemire en sont la preuve vivante. Le conflit armé leur a imposé de nouveaux rôles ; elles s’y sont magnifiquement adaptées et en ont assumé les responsabilités. Pendant la phase initiale du conflit armé, les femmes ont lutté à égalité avec les hommes et, dans beaucoup de cas, se sont montrées plus efficaces que les hommes surtout quand l’armée ou la police venait chercher les jeunes. Les femmes de la localité manifestaient alors à l’extérieur des camps de l’armée et s’y relayaient jusqu’à ce que l’armée relâche les jeunes. Les femmes se sont même opposées à la détention illégale des jeunes et ont protesté avec les hommes contre les atrocités commises par l’état ou l’armée.



Quand les choses sont devenues insupportables et que les femmes se sont trouvées en ligne de mire, elles se sont retirées un peu de la lutte active parce que les meurtres, les viols, les enlèvements, la torture et les détentions illégales menaçaient de détruire toute la vie sociale et familiale ce qui aurait finalement conduit à l’anarchie. Les femmes ont pris leur vie en main et ont assumé leurs responsabilités familiales ; elles étaient submergées par la multiplication des tâches et des responsabilités mais elles ne se sont pas affolées et c’est seulement grâce à leur persévérance et à leur solidité qu’une catastrophe sociale a pu être évitée. Lorsque les soutiens de famille étaient tués ou disparaissaient, les femmes ont assumé à leur place les responsabilités économiques, l’éducation des enfants et les aléas de la vie quotidienne.

Des femmes illettrées dont les maris, les frères ou les pères étaient en prison dans différents endroits du Cachemire ou d’Inde se sont mises à suivre les procès, à rencontrer des hommes de loi, se sont familiarisées avec les lois draconiennes qui avaient envoyé ceux qu’elles aimaient en prison, se sont informés sur les dispositions légales et ont découvert quels juges instruisaient leurs cas. Elles se sont mises à visiter les différentes prisons, les centres de torture et de détention et elles savent désormais très bien où se trouvent les prisons, les tribunaux et les hôtels bons marché où dormir pendant leurs démarches. C’est ainsi que leur tragédie personnelle leur a donné du pouvoir sur leur propre vie et celle de leurs familles en dépit du triple handicap du manque d’éducation, du fait d’être des femmes et de la naissance.

Des milliers d’hommes ont été tués dans de prétendues échauffourées montées de toutes pièces et pendant leur détention par l’armée et la police. Et des hommes arrêtés par l’armée ou la police ont disparu et l’armée et la police prétendent qu’ils se sont évadés tandis que leur famille dit qu’ils sont toujours en prison ou enterrés dans des fosses communes. Selon des sources non officielles plus de 10 000 personnes ont disparu au Cachemire et il y a plus de 3000 demi-veuves (une demi-veuve est une femme dont le mari a disparu en détention et qui ne sait pas combien de temps elle doit garder le deuil avant de se remarier car il n’y a pas de consensus à ce sujet). La disparition est une source de souffrances sans fins pour la famille car elle est dans un dilemme perpétuel : la loi ne peut pas entériner la mort du disparu et la famille elle-même ne se résout pas à considérer comme morte la victime qui s’est volatilisée.

Pour suivre les cas des disparus, les mères de fils disparus se sont rassemblées sous la présidence de Parveena Ahangar, dont le propre fils, Javed Ahmad Ahangar, a disparu depuis 1990 alors qu’il était détenu par l’armée, pour former l’Association des Parents de Personnes Disparues (APDP) en 1994. Plus tard des demi-veuves ont aussi rejoint l’association. Depuis 1994 elles mènent une bataille légale devant la justice pour savoir où se trouve leurs disparus sans résultat jusqu’ici, mais Parveena, une femme ordinaire et illettrée d’une cinquantaine d’années a affirmé qu’elle n’abandonnerait jamais la lutte et d’autres la suivent. Le 10 de chaque mois des membres de l’APDP manifestent en silence dans le parc Pratap qui est situé au coeur de Srinagar. Parveena est régulièrement invitée à différents séminaires et conférences dans diverses parties du monde où elle partage avec le public ses souffrances et celles de milliers d’autres personnes comme elle.

Les piliers de l’insurrection armée, dont la plupart ont été tués ou ont rejoint des politiciens pro-liberté, ont négligé de construire des institutions au profit des victimes du conflit et l’argent qui leur avait été confié pour les victimes a été détourné par la majorité d’entre eux pour leur usage personnel ou politique et les victimes, abandonnées à leur sort et sans protection, se sont retrouvées l’objet de multiples formes d’exploitation. C’est une des raisons pour laquelle le peuple n’a plus confiance dans ceux qui portent le drapeau de Aazadi (Liberté : mouvement qui lutte pour l’autodétermination ndt) car ils n’ont rien fait pour aider les gens ni améliorer leurs conditions de vie. APDP met ses faibles moyens au service des familles des disparus. Parveena dit que seules les mères savent ce qu ça signifie de perdre un fils et qu’elles doivent donc se trouver aux premières lignes de la lutte pour la justice.

L’insurrection armée a maintenant reculé et cela a permis aux femmes de retrouver leur place sur la scène publique et même de prendre la tête des manifestations qui ont secoué la vallée du Cachemire ces trois dernières années c’est à dire depuis 2008. Les femmes militent aussi dans les mouvements de Paix et Réconciliation même si ces initiatives sont encore élitistes.

C’est ainsi que le conflit a permis aux femmes d’endosser de nouveaux rôles assortis de leurs problèmes et responsabilités spécifiques et ce faisant les femmes se sont révélées êtres des océans de courage et de sacrifice qui font tout ce qui est exigé d’elles sans perdre le sourire. Mais par ailleurs le conflit a eu aussi des effets négatifs sur les femmes en les rendant plus vulnérables à diverses attaques où leurs droits sont violés en toute impunité.

La violence domestique a considérablement augmenté à cause du conflit car les hommes sont quotidiennement humiliés par l’armée et la police ce qui blesse leur estime de soi et détruit leur confiance en eux-mêmes de sorte qu’ils sont tentés d’affirmer leur autorité, leur statut, leur force et leur virilité aux dépens des femmes en les forçant à se soumettre ; Ils se vengent de leurs humiliations sur les femmes, parfois même en causant leur mort.

Les femmes liées aux militants pro-liberté souffrent de la haine, de l’hostilité et de l’indifférence de l’état à chaque instant de leurs vies et celles qui sont liées à des renégats ou des contre-révolutionnaires rejetés par la société, rencontrent d’énormes difficultés sociales et leurs enfants aussi.

Les femmes appartenant à des familles qui ont perdu leurs soutiens de famille sont obligées de travailler très dur souvent aux dépens de leur propre santé. Les contraintes financières les obligent à courir sans cesse d’une endroit à un autre et les normes sociales et culturelles ne les autorisent parfois même pas à mendier.

Auparavant c’était le père, le frère, le mari qui protégeait respectivement sa fille, sa soeur, sa femme, sa mère, mais la situation actuelle du Cachemire a renversé les rôles. Les femmes soutiennent les hommes de leur famille qui ont de gros problèmes ; les normes sociales interdisent aux femmes d’aller dans les postes de police, les camps de l’armée et les centres de torture ; et, quand la situation l’exige, elle le font aux dépens de leur réputation.

Les mariages d’enfants se multiplient dans les zones lourdement militarisées afin d’éviter les viols et les agressions par l’armée. Les filles abandonnent de plus en plus l’école afin d’échapper aux persécutions et au harcèlement de l’armée sur la route de l’école. La police a forcé plusieurs jeunes filles à épouser des personnes importantes et des contre-révolutionnaires et celles qui refusaient étaient violées et tuées. Il n’y a pas de statistiques du nombre exacte de viols commis contre les femmes au Cachemire mais une étude a été réalisée par Médecins sans Frontières, une ONG internationale en 2006 "Cachemire : violence et santé" et 11,6 % des personnes interrogées ont reconnu avoir été victimes de violences sexuelles depuis 1989. Presque deux tiers des gens (63,9 %) interrogés par MSF connaissaient des cas de viols survenus pendant cette même période. L’étude révélait que les femmes du cachemire étaient celles qui subissaient le plus de violences sexuelles au monde. Le chiffre est beaucoup plus élevé qu’en Sierra Leone, Sri Lanka, Tchétchénie et Ingouchie. Beaucoup d’adolescentes suivent une thérapie pour faire face aux impacts psychologiques croissants des atrocités perpétrées contre les femmes par les soldats et les policiers. Le taux de suicide des femmes du Cachemire augmente et les ramifications du conflit ont contribué à sa forte croissance chez les femmes.

Les femmes du Cachemire sont victimes de trafic sexuel et elles sont prostituées parfois pour de l’argent mais le plus souvent sans contrepartie. L’échelon le plus bas des officiers de la police spéciale (SPO) est souvent partie prenante de ce cercle vicieux : ils épousent une fille puis la vendent à d’autres ou la force à consentir des faveurs sexuelles aux officiers de plus haut rang. Ces femmes qu’on force à se prostituer sont aussi utilisées comme mukhbirs (espionnes) ou elle sont obligées d’attirer d’autres filles dans le réseau engendrant ainsi un cercle vicieux qui ne laisse aucune chance aux filles. La pratique de promettre un travail aux jeunes filles pauvres pour les exploiter sexuellement a été dévoilée dans toute son ampleur par le scandale sexuel des VIP de 2006 dan lequel des officiels de haut rang de la police, des hauts fonctionnaires et des politiciens ont été incriminés dans l’exploitation sexuelle de jeunes filles locales qui étaient toutes éduquées, et parfois avaient même des licences et des doctorats. Toutes n’étaient pas pauvres mais toutes avaient besoin d’un emploi pour atteindre un certain niveau social ; au Cachemire il est désormais devenu difficile aux jeunes filles sans emploi de trouver un mari correct parce que le marché du mariage exige que les filles aient un emploi, et plus le salaire est élevé plus la jeune fille a des chances de faire un bon mariage ; cet état de chose pousse les filles a faire des pieds et des mains pour se procurer une bonne situation et les met à la merci des trafiquants sexuels qui dans le cas cité plus haut se trouvaient être des hommes hauts-placés.

L’exploitation des femmes du Cachemire continue sans rémission et il parait évident que les filles sont aujourd’hui envoyées se prostituer dans d’autres états et tôt ou tard le peuple du Cachemire prendra conscience de toute l’horreur de la situation.

Le dernier recensement de la population de 2011 a mis en lumière différents faits choquants concernant les femmes du Cachemire : l’un d’entre eux, le déclin du pourcentage de femmes dans la population, aura de sérieuses conséquences dans l’avenir ; des leaders ont conseillé aux hommes de devenir homosexuels mais il serait préférable de comprendre la cause de la chute du pourcentage de femmes qui est passé de 906 femmes pour 1000 hommes en 2001 à 883 en 2011. Une des raisons de cette baisse drastique est la présence de l’armée au Cachemire qui détruit la virginité des femmes en toute impunité : malgré les nombreux viols et agressions sexuelles perpétrés par les soldats, aucun coupable n’a été poursuivi et les parents ont compris qu’ils ne pouvaient pas se permettre de prendre le risque d’avoir des filles. D’autres raisons comme la dot, l’hostilité patriarcale contre les petites filles, le chômage et beaucoup d’autres choses expliquent les brutaux avortements de foetus féminins qui se perpétuent malgré les enseignements du Quoran contre ces pratiques inhumaines, sauvages, ignobles et dangereuses. Beaucoup de bébés filles sont abandonnés dans les hôpitaux, leur statut est problématique, beaucoup sont adoptés et les autres recueillis dans les orphelinats et les maisons d’accueil qui n’ont pas de cadre approprié pour eux. Les militants pour les droits sociaux et les droits des enfants ne savent pas comment résoudre ce problème.

En ce 21ième siècle, les femmes du Cachemire sont confrontées à une infinité de problèmes dans un coin du monde où les femmes ont encore beaucoup d’inhibitions et sont loin d’être maîtresses de leur destin. Les femmes du Cachemire ont adopté et assumé les nouveaux rôles que le conflit leur a imposé mais le déni perpétuel de justice, l’absence d’égalités des droits, les préjugés structurels de la société dont elles sont victimes, l’absence d’institutions pour les aider, la marginalisation de leur revendications, le refus de les écouter et de reconnaître leurs sacrifices et leur contribution les a profondément blessées, a augmenté leur fardeau, a miné leur courage, détruit leurs espoirs et étouffé leurs voix. Cependant en dépit de tous ces obstacles elles jouent un rôle significatif dans l’unité de la famille et de la société. Elles encouragent les hommes à persévérer dans la lutte contre les atrocités de l’occupation. Toutes les guerres modifient le rôle des femmes et dans la plupart des cas elles s’y adaptent, comme elles l’ont fait au Cachemire ; ces nouveaux rôles ont à la fois des aspects positifs et négatifs suivant la manière dont elles sont exposées au conflit, le niveau de leur exposition et son impact sur la vie des femmes.

Quels autres rôles les femmes devront-elles assumer au cours de ce conflit et quelles autres conséquences désastreuses aura-t-il sur elles ? Cela seul le temps nous le dira !!

Mushtaq Ul Haq Ahmad Sikander

Mushtaq Ul Haq Ahmad Sikander est une militante et un écrivain de Srinagar au Cachemire et on peut la joindre à sikandarmushtaq@gmail.com

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/sikander050911.htm

Traduction : Dominique Muselet

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 08/09/2011 à 21:44:54

Thami BOUHMOUCH


« Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien... » - Harold Pinter (Prix Nobel de littérature)

« L’opération humanitaire » en Libye, qui a été menée tambour battant par les Etats-Unis et l’OTAN, a débouché finalement sur un désastre abominable. Le but de cette équipée guerrière, on le sait, était de faire main basse sur le pétrole et les ressources financières du pays (en plus de déstabiliser la région). Non pas que les sociétés multinationales n’aient pas eu déjà accès à l’or noir, mais il s’agissait expressément pour celles-ci de modifier les termes des contrats d’exploitation (particulièrement favorables au pays) afin de ne plus payer que des droits symboliques...

Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous : les puissances occidentales ont constamment mis la main, d’une façon ou d’une autre, depuis très longtemps, sur les ressources d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie. Les guerres sont pratiquement toujours de nature économique, en ce sens qu’elles tendent à servir les intérêts de grandes firmes bien déterminées. Un système basé sur la course au profit maximum impose littéralement aux multinationales de dominer et de piller les pays « périphériques ». Du reste, étouffés par le poids de la dette, ces pays ne peuvent opposer aucune résistance significative au pillage (c’est à cela justement qu’aboutissent les formules concoctées par le FMI et la Banque Mondiale).

Admettons donc : les multinationales sont « objectivement obligées » de s’emparer des ressources d’autrui, parce que sinon leurs rivaux ne tarderont pas à le faire. Soumises à une compétition acharnée à l’échelle du monde, elles ont besoin d’accéder aux matières premières sans restriction, d’exploiter le travail bon marché, de trouver des débouchés pour leurs capitaux et finalement de contrôler les voies stratégiques des flux commerciaux… Hélas, les forfaits commis ne se limitent pas aux richesses extorquées. Les rapines s’accompagnent toujours d’exactions et de crimes organisés. Les uns ne vont pas sans les autres ; ils sont intimement associés.

Il y a plus de deux mois au sujet de la Libye, le CRG (Center for Research on Globalisation) a révélé le recours par l’OTAN à l’uranium appauvri. (1) On ne se contentait donc pas d’envoyer les chasseurs-bombardiers sur les maisons, les hôpitaux et autres infrastructures majeures. Il fallait aussi que des bombes couplées à cette joyeuseté du génie militaire (et de la science) pleuvent par milliers sur la population libyenne. « Dans les empennages des missiles Tomahawk se trouvent des barres d’uranium appauvri de 300 kilos. Si l’on pense qu’un projectile anti-char construit avec du métal d’uranium appauvri en contient environ 30 gr. seulement, on peut imaginer la quantité de poussières d’uranium qui se répand dans l’atmosphère dans les zones d’impact… Là-dessus le silence est total  ». (2)

Oui, motus et bouche cousue. Aucun officiel, aucun journaliste (des médias dominants), aucun de ces « experts » qui hantaient les talk show n’avaient fait allusion à cette pluie d’uranium appauvri, une pluie mortelle et sans pitié qui attendait les civils libyens.

Ceux qui consentent aux crimes, fournissent des raisons pour les blanchir ou prennent le parti de se taire sont sans doute plus abjects que les criminels eux-mêmes. Martin Niemöller, un pasteur protestant, disait (années trente) : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité ». (3)

Une « opération humanitaire pour protéger la population civile  » a-t-on dit et répété. Les maitres du monde sont habitués aux subterfuges les plus éhontés. Et les dégâts et pertes en vies humaines sont incommensurables. « Contrairement à ce que la sémantique pourrait laisser entendre, elles [les bombes à uranium appauvri] constituent des armes terrifiantes de destruction massive. Les bombes à uranium appauvri ont été utilisées pour la première fois par Israël dans la guerre du Kippour (octobre 1973) contre l’Egypte. Elles furent ensuite utilisées au Liban, par Israël, et en ex-Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan et en Libye par les USA et diverses “coalitions” occidentales. Elles furent également utilisées par Israël à Gaza (enquête de l’association ACDN). Les bombes à uranium appauvri génèrent cancers, mutations et stérilités dans ces pays-mêmes ou chez les militaires participant aux opérations. [... Elles] libèrent des isotopes dont la durée de vie est de plusieurs milliards d’années ». (4)

Les néo-colonisateurs avides et astucieux sont conduits à détruire méthodiquement les infrastructures et tout ce qui tient debout. La moindre des choses, disent-ils, serait d’avoir l’opportunité plus tard de tout reconstruire (contre espèces sonnantes et trébuchantes). Soit… mais pourquoi contaminer les terres et l’atmosphère par l’uranium appauvri ? Pourquoi utiliser des armes dont l’impact est destiné à durer dans le temps ? Pourquoi générer les cancers, les stérilités et les malformations génétiques à la naissance ? Ce n’est donc pas une simple question de rivalités commerciales, de course au profit, de pétrole, de priorité de contrats mirifiques accordée par les nouveaux satrapes ?

L’administration étasunienne (celle de Bush et celle d’Obama), qui a soutenu et couvert politiquement le recours aux formes de torture les plus cruelles (dont la privation sensorielle), utilise volontiers et vend un peu partout les bombes au phosphore blanc et les grenades antipersonnel. De la même manière qu’elle s’est opposée à la création de la Cour Criminelle Internationale, elle a refusé de signer le traité interdisant les bombes à fragmentation parrainé par l’ONU et adopté par 111 pays en mai 2008.

L’Irak, l’Afghanistan et tous les pays que l’Empire et ses vassaux ont voulu « libérer » à coups de missiles, de F-16, d’uranium appauvri et de bombes à fragmentation, sont livrés aux hécatombes, à la détresse et au chaos. Des crimes commis en toute impunité (une résolution contre l’Otan est-elle envisageable ?). En Irak, comme le relève W. Blum, « plus de la moitié de la population est soit morte, mutilée, en prison ou en exil à l’étranger... leur air, leur sol, leur eau, leur sang et leurs gênes sont imprégnés d’uranium appauvri... les enfants naissent avec d’abominables déformations... des bombes à fragmentation n’attendent qu’un enfant pour exploser... une rivière de sang coule aux côtés de l’Euphrate et du Tigre... dans un pays qui ne sera peut-être jamais reconstruit  ». (5)

Dans le même sens, P. Sacré écrit : « L’uranium appauvri permet d’augmenter la puissance de perforation des obus contre des cibles blindées ou des bâtiments. Soyons certains que l’Iran aura sa ration d’uranium appauvri, si la “diplomatie” échoue. Depuis le déferlement “libérateur” des hélicoptères et des tanks anglo-saxons […], les habitants de Fallujah [en Irak] ont 4,22 fois plus de risques de développer un cancer que les Egyptiens ou les Jordaniens. Cette probabilité est 12,6 fois plus grande chez les enfants de moins de 14 ans. Le risque de leucémie chez les personnes de 0 à 34 ans est 38,5 fois plus élevé. La mortalité infantile atteint des taux record : 80/1000, soit 4 fois les taux égyptien et jordanien. À partir de 2009, ce taux passe même à 136/1000 !! […] Les radiations provoquent des changements au niveau de l’ADN dont les effets se font en général sentir sur les descendants ». (6)

A cela, il faut ajouter les cinq millions d’orphelins irakiens recensés en 2008… Cinq millions ! Il faudrait combien de centres d’accueil, d’associations caritatives pour prendre en charge une telle masse d’enfants désemparés ? Une question, parmi tant d’autres, qu’il faudrait à l’occasion poser aux scélérats de la Maison Blanche et du Pentagone. Décidément, en dehors des sinistrés eux-mêmes, nul ne peut avoir idée de l’ampleur de la catastrophe. Le Mal infligé dépasse les limites du mesurable et paraît irréversible. L’observateur, s’il s’attache à mettre des visages humains derrière les chiffres funestes, en vient à être bouleversé ad nauseam. Il est inconsolable à jamais.

A Gaza, la campagne militaire criminelle, appuyée au grand jour par l’armée étasunienne, contre la population en décembre 2008 est encore dans les mémoires (voir le film poignant « Gaza-strophe »). Les hordes sionistes ne se contentent pas de déporter les Palestiniens, de détruire leurs maisons et leurs oliviers, de les enfermer dans d’énormes enclos à ciel ouvert, de voler leur eau, d’emprisonner leurs enfants de douze ans, de bombarder leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs ambulances, de leur concocter des bains de sang à répétitions… Un étudiant et blogueur palestinien de 21 ans, vivant à Gaza, en dit ceci : « Ils [les israéliens] ont dû se dire : ils ne seront pas capables de tolérer la vie d’enfer que nous allons leur faire mener, nous allons les étouffer de tous les côtés, nous leur causerons tant de douleurs qu’ils ne tarderont pas à imploser ». (7)

Les leaders sionistes s’en lèchent les babines. Et ce Peres, connu notoirement pour sa fourberie répugnante et jouissant du ramollissement cérébral des dirigeants occidentaux... On raconte que lors de sa rencontre avec Angela Merkel, il s’est plaint (je cite de mémoire) que « les élections [législatives palestiniennes de 2006] ont conduit à un mouvement radical et dangereux et les pauvres habitants de Gaza n’ont jamais eu droit à un seul jour de démocratie »… Pour la peine, on largue les bombes, on répand le feu tous azimuts. A défaut de « démocratie », allons-y pour le nettoyage ethnique et le génocide. Résultat : 1.400 morts, en plus des infrastructures dévastées.

L’agression meurtrière appelée « Plomb durci » est qualifiée d’action « défensive ». L’idée n’est pas compliquée : éradiquer le Hamas – une organisation terroriste, cela va sans dire – c’est lutter contre l’Iran. Comme l’Europe est censée avoir peur de ce pays, elle applaudit avec ardeur et sans se faire prier. Lorsqu’on n’a rien compris au sionisme, pourquoi se garderait-on de le faire ? Pour reprendre le mot de N. Chomsky, « il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire ».

Pappé considère que l’invasion israélo-américaine de 2008 constitue déjà un génocide, que cette « catastrophe humanitaire d’envergure inimaginable », exigerait qu’Israël soit « relégué au statut d’Etat paria ». Comme le rapport Goldstone, Chomsky considère qu’une telle agression est une manifestation indiscutable du terrorisme d’état. C’est la preuve de « l’indifférence pervertie » du tandem Israël–USA pour la vie humaine. (8)

Le massacre, en effet, est orchestré à coup de bombes à uranium appauvri et au phosphore blanc (interdites par les conventions internationales). Les médias aux ordres se sont fait un devoir de préciser qu’« Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements ». Un malfrat prévient un quidam qu’il sera bientôt agressé ou assassiné ; une fois la nouvelle annoncée, la voie est libre. Aucun reproche n’est ainsi possible. Et pour que chacun comprenne bien la chose, les plumitifs se sont empressés d’ajouter que « c’est le Hamas qui a rompu unilatéralement la trêve ».

C’est ici que la leçon des Nazis vient à l’esprit, comme le rapporte Alan Hart, (auteur de “Zionism, the Real Enemy of the Jews”) : « plus le mensonge est grand, plus on le répète, plus il aura de chances d’être cru dans un monde majoritairement composé de Gentils, de judéo-chrétiens ou d’occidentaux ; et cela d’autant plus si les grands médias sont terrifiés par l’idée d’offenser tant soit peu le sionisme  ». (9) Vittorio Arrigoni, notons-le au passage, était le témoin objectif et éloquent des répressions et des tueries avant, pendant et après l’invasion de Gaza. On a fini par l’assassiner.

La soldatesque sioniste se venge de quoi ? La haine a divers mobiles plus ou moins conscients : la victoire du Hamas aux élections législatives en 2006 (les Palestiniens n’avaient pas voté comme il le fallait), la défaite subie la même année au Liban (par une armée pourtant « invincible »), les roquettes artisanales rares et quasi inoffensives (lancées approximativement par des civils démunis), la capture par le Hamas de ce brave soldat israélien (réclamé à cor et à cri par tous les humanistes de la planète), le courage et la ténacité héroïques des Palestiniens (le blocus n’a pas réussi à briser leur volonté de résistance) et surtout leur primauté incontestable sur la terre de Palestine.

N’avez-vous pas remarqué ? Lorsque les médias évoquent les atrocités commises contre les civils palestiniens sans défense, c’est toujours d’une façon expéditive et impassible (sans parler des mensonges). Comment expliquer ce manque flagrant de sensibilité morale et de compassion ? L’accusation d’antisémitisme brandie à tout bout de champ par les porte-paroles du sionisme est-elle à ce point paralysante ?

L’évidence surgit : tous les humains sont égaux, mais certains moins que d’autres. « Le 11 septembre 2001, se demande P. Sacré, est-il plus insupportable que le bombardement de Gaza, l’opération Plomb Durci, au moyen d’armes génocidaires, sources de souffrances horribles, interdites par les conventions de l’ONU et utilisées sur des civils (uranium appauvri, phosphore blanc) ? Tous ces morts, ce jour-là, sur le sol étatsunien, valent-ils plus que des civils Palestiniens, des Roms ou des Somaliens ? Le 11 septembre 2001 est-il plus condamnable parce que ce sont les tours dorées du World Trade Center, symboles de l’Occidental Way of Life, qui ont été pulvérisées plutôt qu’un taudis en Cisjordanie, un village indonésien, ou une caverne en Afghanistan ? » (10)

Voilà où l’on en est. L’ivresse de la suprématie technologique et militaire, la violence bestiale, les mensonges et l’injustice auront-elles une limite ? Le monde peut-il être autre chose qu’un espace de rivalités, de rapines et d’agressions immorales ?

Il faut bien se rendre compte : prendre sa plume pour dénoncer l’horreur est un acte pour le moins modeste en regard de personnes exceptionnelles qui font face seules aux menaces et aux agressions (Olivia Zemor), qui sont incarcérées (Bradley Manning, Julian Assange) ou qui ont fini par perdre la vie (Vittorio Arrigoni, Rachel Corrie, Stefano Chiarini). C’est un acte insignifiant sans doute face à l’hégémonie vindicative et cruelle de l’Empire, face aux puissants marchands de canons, face aux ravages occasionnés par les média-mensonges…

Mais les plumes se multiplient, les sites d’information alternative font un travail prodigieux et captent une audience de plus en plus forte. Rien n’est perdu.

Thami Bouhmouch

Professeur Univ. (Casablanca)

http://bouhmouch.over-blog.com/

(1) Cf. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp ;aid=23885 Juin 2011

(2) Pascal Sacré, http://www.michelcollon.info/La-Belgique-part-en-guerre-sans.html Juillet 2011

(3) Cité in http://www.lepost.fr/article/2011/05/13/2494048_cote-d-ivoire-crimes-d-etat-terreur-totale-et-silence-complice-des-medias-francais.html

(4) Dominique GUILLET, http://www.legrandsoir.info/Fukushima-2012-Contamination-radioactive-de-la-chaine-alimentaire-planetaire.html Mai 2011

(5) William BLUM, http://www.legrandsoir.info/N-oublions-pas-a-quoi-ressemble-une-intervention-humanitaire.htmlMai 2011. Je souligne.

(6) Pascal Sacré, http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=SAC20100924&articleId=21175Septembre 2010

(7) Mohammed Rabah Suliman, http://www.legrandsoir.info/Le-siege-israelien-a-libere-la-jeunesse-de-Gaza-Electronic-Intifada.html Juin 2011

(8) Cités par Javier SETHNESS, http://www.legrandsoir.info/La-crise-infligee-par-les-Sionistes-a-Gaza-Dissident-Voice.html Mars 2011

(9) Alan Hart, http://www.alterinfo.net/Le-sionisme-demasque-un-conte-de-fees-qui-est-devenu-un-cauchemar-terrifiant_a42775.html Février 2010

(10) Pascal Sacré, http://www.legrandsoir.info/Reflexions-a-froid-sur-le-11-septembre-2001.html Septembre 2010.