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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 07/09/2011 à 07:29:07

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 05/09/2011 à 17:14:17

Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Chavez ou Castro qui se plieraient aux diktats des impérialistes et des colonialistes...?

- Quand 5 frères et camarades sont enfermés dans les geôles étasuniennes depuis 13 ans?

- Quand le régime colombien de Bogota est inféodée aux USA qui ont bâties des bases militaires secrètes sur le sol colombien ?

Quand des tueurs sont protégés par la CIA et la NSA?

Soutien complet à nos camarades basques !

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Elena Barcena Argüelles, Francisco Javier Pérez Lekue et José Ignacio Etxarte Urbieta,trois membres présumés d’ETA ont été arrêtés mercredi 31 août au Venezuela à bord d’un petit bateau sur lequel ils auraient quitté Cuba.

Etxarte Urbieta, alias Rizos ou María Antonia, est l’un des six membres présumés de l’ETA poursuivis par la justice espagnole dans le cadre de liens supposés entre l’ETA et les FARC.

La justice avait délivré un mandat d’arrêt international et demandé son extradition à Cuba.

Pour sa part, Elena Barcena (photo), présentée par la police comme "responsable du commando La Piedra" qui opérait dans la zone de Saint-Sébastien, est accusée d’avoir participé à plusieurs enlèvements.

Arrêtée en France en 1985, elle fut extradée un an plus tard par les autorités françaises au Cap Vert d’où elle avait fui vers Cuba via l’Angola. Pérez Lekue est, lui, accusé d’être membre du "commando Madrid" de l’ETA, au milieu des années 1980.

hommage à Charlie

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 27/08/2011 à 13:45:32

Charlie Bauer solide et solidaire

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Charlie Bauer dessiné par Large http://large.canalblog.com/

Je viens d’apprendre, tristement, la nouvelle par ce portrait sur le site du dessinateur Large.

Ayant choisi comme toi Montargis comme ville d’adoption,

je t’ai rencontré en juin Charlie Bauer,

j’ai apprécié ton esprit solide et solidaire,

ton soucis de respect des militants, de la base,

des indiens qui n’ont nul besoin de grands chefs à plumes,

de ceux qui se battent au quotidien, de ceux qui ne désarment pas,

de ceux qui travaillent dans l’action réelle,

de ceux qui sont aux portes-à-portes de l’espoir,

de ceux qui sont dans l’intervention des masses et dans le travail de prise de conscience des classes sociales et de la société encastée qui est malheureusement nôtre,

de ceux qui refusent l’acceptation, la résignation, le fatalisme, l’abstention,

de ceux qui ne se contentent pas d’indignation,

de ceux qui veulent mettre en oeuvre, construire,

de ceux qui sont prêts à aller rechercher les travailleurs qui se fourvoient dans les réflexes nauséabonds du refus de l’autre afin de leur réapprendre leur classe, leur exploitation et le besoin réel d’une lutte collective,

de ceux qui veulent transformer l’appareil pour reformer l’outil révolutionnaire

et qui signent de leurs simples outils tous leurs textes communs.

Je t’ai apprécié Charlie,

et lorsque nous nous sommes quittés

avec le fraternel tutoiement qui s’était imposé

je ne savais pas que sa poignée de mains

si chaleureuse serait première et dernière.

J’entends encore ta voix

me dire la fierté

de porter le nom de communiste,

et la qualité de ce mot

qui fait et fera encore lever

l’humanité pour se battre

et servir l’intérêt commun

et voir se créer cette société nouvelle

qui nous sortira de la barbarie.

Cher camarade, je suis très fier

d’avoir pu te rencontrer

dans cette rue Dorée qui porte si bien

le sens de ce que nous combattons ensemble.

Je garde au coeur ses quatre mains

qui s’enserrent pour dire

combien est vif notre combat commun

et l’utopie qu’il porte

tel le besoin d’oxygène.

Salutations fraternelles

à toi par delà le temps,

à tes proches, à ta famille,

à tes amis, tes camarades.

Fabrice Selingant (Le Rouge-gorge)

COUPABLE ?

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 26/08/2011 à 08:10:39

Coupable tant que son innocence n’a pas été prouvée (Information Clearing House)

Yasmeen El KHOUDARY

Les frappes aériennes israéliennes se poursuivent à Gaza où les gens se sentent piégés et abandonnés du monde entier.



22 août 2011"Al-Jazeera" — la mini-guerre conduite par Israël sur Gaza suite aux incidents survenus au sud d’Israël est une preuve supplémentaire que Gaza est le "plus grand perdant" du Moyen-Orient. Coincés dans un réseau épineux d’intérêts égoïstes et d’objectifs différents, les 1,5 million d’habitants de Gaza sont vraiment les grands perdants, quoiqu’il arrive au Moyen-Orient.

Nous ne sommes pas maîtres de notre destin. Le contrôle nous échappe jusque dans les plus les moindres détails de notre vie. Nous n’avons pas le luxe de faire des projets pour le lendemain encore moins pour la semaine prochaine. Nous, le peuple de Gaza,, nous essayons de vivre chaque jour comme si tout était normal. Mais il y a des moments où tout va très mal et où tout ce que nous avons essayé de construire s’écroule en un clin d’oeil.

Jeudi soir, nous avons eu une dure nuit avec de nombreuses attaques aériennes israéliennes dans différents endroits de la bande de Gaza, et nous nous sommes éveillés à une nouvelle journée torride de Ramadan qui a été interrompue par la nouvelle de l’attentat d’Eilat où 5 soldats israéliens ont perdu la vie et 36 autres ont été blessés. Immédiatement et sans attendre les détails de l’incident, tout le monde s’est mis à craindre une attaque israélienne sur Gaza.

Cela ressemblait beaucoup à la réaction instantanée des musulmans de Norvège aux attaques terroristes qui ont secoué Oslo dernièrement ; ils craignaient les attaques racistes qui n’auraient pas manqué de se produire si le terroriste avait été musulman. Les médias ont constitué d’ailleurs la principale menace en se hâtant d’attribuer, sans la moindre preuve, l’attaque terroriste à Al Qaeda et aux extrémistes musulmans. Quand le meurtrier s’est révélé être Norvégien les musulmans norvégiens ont poussé un soupir de soulagement.

"Nous ne sommes jamais en sécurité"

Le scénario n’a pas été très différent à Gaza. "L’opération" a tué 5 soldats mais personne ne sait qui est responsable de l’opération. Nous avons d’abord lu des articles disant que l’Egypte était impliquée puis Israël a vite nié toute implication égyptienne avant que l’Egypte ne le fasse elle-même. Tout de suite après est venue la déclaration d’ Ehud Barak accusant "Gaza" des attaques et jurant de "punir les responsables". Comment il est arrivé à cette conclusion, quelle preuve a-t-il, et qui à Gaza est responsable selon lui, nous n’en avons pas la moindre idée (ni lui non plus, me semble-t-il). Ce que nous tenons pour certain c’est que nous sommes maudits et que ce qui nous attend est sans doute une réédition de Cast Lead malgré le fait qu’il n’y ait pas la moindre évidence de l’implication des Gazaouis dans l’opération d’Eilat..

C’est la seule différence entre les musulmans norvégiens et nous. Ces derniers ont retrouvé la sécurité quand la vérité a été révélée, tandis que nous, nous ne sommes jamais en sécurité- que la vérité soit faite ou pas. Que ce soit Israël, le Hamas, l’Autorité Palestinienne, l’Egypte, les USA, ou qui que se soit qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, c’est nous le peuple innocent de Gaza qui nous retrouvons en train d’haleter sous la botte des ces égoïstes géants chaque fois que quelque chose se produit. Ce qui arrive aujourd’hui n’est pas exceptionnel -et comme d’habitude, personne d’autre ne peut être accusé à tort en toute impunité que le peuple de Gaza. Même si l’Egypte y est pour quelque chose, Israël insiste sur la responsabilité unique de "Gaza" parce que ça lui donne une excuse pour se venger et punir. Je ne serais pas étonnée que le black out des communications qui a été imposé à Gaza il y a 10 jours ne soit le premier d’une longue série et que nous en ayons un autre si une opération militaire est vraiment déclenchée.

Les prières du vendredi dans la bande de Gaza ont calmé les gens perturbés par les rumeurs, les fuites et les spéculations sauvages, les menaces constantes d’Israël et le nombre croissant des personnes tuées et blessées par Israël. Dans des moments comme celui-là, les mosquées jouent un rôle très important en lisant des prières apaisantes, en diffusant les annonces urgentes, etc. Vendredi dernier, cependant, au moment où Israël bombardait Gaza, l’Iman qui menait les prières à la mosquée nous parlait de tout autre chose. Il avait consacré son sermon et ses prières à la Somalie et il demandait aux gens de faire des dons. Cette humanité, cette palpitante conscience humaine et ce respect pour la vie humaine sont les qualités qui caractérisent les Palestiniens même si le monde préfère penser qu’il n’en est rien.

Nous ne savons pas si l’avenir nous réserve un nouvelle cruelle attaque israélienne où nous jouerions le double rôle d’agresseurs et de victimes ou un nouvel épisode d’un décevant feuilleton politique où nous jouerions fois cette le rôle de spectateurs passifs. Nous ne pouvons qu’attendre et voir car c’est ce monde égoïste qui décide de notre sort. Parce que nous, le peuple de Gaza, sommes coupables tant que la preuve de notre innocence n’a pas été faite, en admettant qu’elle le soit jamais.

Yasmeen El Khoudary

Yasmeen El Khoudary est un écrivain freelance de Gaza en Palestine occupée. Elle est diplômée de l’Université Américaine du Caire en Science Politique. Elle a un blog : yelkhoudary.blogspot.com. On peut aussi la suivre sur Twitter :- @yelkhoudary

Pour consulter l’original : http://www.informationclearinghouse.info/article28907.htm

Traduction : Dominique Muselet

MATTIN

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 25/08/2011 à 08:38:06

AIDEZ MATTIN OLZOMENDI

 Le verdict qui a terrassé  mardi 9 août les basques Mattin Olçomendy et Peio Irigoyen est hautement politique car, faisant abstraction des faits, il remet en cause l'idée de la liberté de penser et le droit des accusés au silence qui ont été simplement bafoués pour devenir des arguments majeurs de l'accusation. Il suffit aujourd'hui d'avoir des opinions qui remettent en cause l'unité de la France pour être condamné à de lourdes peines et devenir les boucs émissaires de la lutte contre l'abertzalisme.

 Mattin Olçomendy est, de plus, soumis à l'isolement depuis des mois sans que personne ne s'en émeuve et il est contraint d'être seul dans sa cellule 24h sur 24h, refusant toute promenade en guise de protestation. Le traitement qui lui est infligé  est franchement inhumain : Il a, par exemple, subi une intervention chirurgicale au visage, sous anesthésie, menotté des pieds et des mains en présence de gendarmes armés.

 Au lendemain du verdict politique qui le touche plus particulièrement, il a décidé de ne plus intégrer sa cellule et d'être donc conduit au quartier disciplinaire, « mitard », seule manière de s'élever contre la situation qui l'accable. Il en sera ainsi tant que l'isolement sera en vigueur et qu'il ne soit pas conduit dans un centre pénitentiaire avec d'autres détenus basques.

 « Ils ont amené les juifs, mais comme je n'étais pas juif et je me suis tu, ils ont amené les communistes mais comme je n'étais pas communiste, j'ai détourné le regard, ils ont amené les arabes mais comme je n'en étais pas,  je n'ai rien dit, ils ont amené les basques et comme je ne l'étais pas vraiment,  j'ai laissé faire, ils ont enterré la langue basque à jamais, mais comme je ne la parlais pas, je ne me suis pas senti concerné....  »

 Il est trop facile de fermer les yeux aujourd'hui, car tout le monde se taisait lorsque nous dénoncions la situation du logement en Pays basque jusqu'à ce que tous en soyons directement touchés, lorsque nous nous élevions contre le projet de passage de la LGV, jusqu'à ce que notre paysage en soit touché et nos maisons risquent d'être détruites, lorsque nous dénoncions le traitement réservé à la langue basque, jusqu'à ce qu'elle soit en voie de disparition...

 Une campagne a été lancée pour venir en aide à Mattin. Nous vous demandons de bien vouloir envoyer le modèle de courrier, ci dessous au directeur de prison de Chateauroux:


 M le directeur de la prison de Chateauroux

C.P Le craquelin

Bp 549

36021 Chateauroux cedex

 

 

"A Monsieur le directeur de la prison de Châteauroux

 

Monsieur,

 Je vous adresse ce courrier pour souligner la situation dans laquelle se trouve le détenu politique basque Mattin Olçomendy incarcéré dans le centre pénitentiaire de Châteauroux que vous dirigez.

Depuis quelques mois il est isolé de tout membre du collectif des prisonniers basques et c'est la raison pour laquelle il a refusé ces derniers temps de sortir de sa cellule et de se rendre en promenade.

 Au lendemain de son procès, il a décidé de ne plus réintégrer sa cellule afin d'être mis au quartier disciplinaire en guise de protestation jusqu'à ce que sa pétition soit prise en considération, c'est-à-dire qu'il soit transféré dans un centre pénitentiaire où se trouvent d'autres basques ou qu'il soit rejoint par un ou plusieurs membres du collectif.

 Mattin ne va pas au « mitard » de gaité de cœur mais c'est le seul moyen qu'il ait de protester. De plus l'éloignement auquel il est soumis le punit doublement ainsi que sa famille et ses amis qui lui rendent visite assidûment.

 Le but de ce courrier est de vous demander de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour mettre fin à l'isolement de Mattin Olçomendy car, comme vous avez pu le constater, c'est un prisonnier politique basque et il souhaite pouvoir purger sa peine en compagnie d'autres basques.

Dans l'espoir que cette lettre pourra contribuer à mettre fin à la situation de Monsieur Olçomendy, veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées."

 Merci de votre contribution, mon gendre Mattin vous en remercie.  

 Xabier Soubelet,

ex conseiller municipal de St jean de Luz et ex candidat abertzale aux cantonales.

Daniel Derguy

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/08/2011 à 12:47:50

Ce dossier sur le mandat d'arrêt européen (MAE) à l'encontre de Daniel Derguy, a été réalisé avec des articles du numéro spécial de l'hebdomadaire Ekaitza n°1251 du 04/08/2011.

 le 6 juillet 2011 Daniel Derguy est arrêté à Cahors, alors qu’il construit depuis plus de trois ans une nouvelle vie, dans le cadre de la liberté conditionnelle. Les autorités madrilènes ont délivré un MAE à son encontre, au prétexte d’une affaire datant de dix sept années : une lettre piégée où ses empreintes auraient été relevées, postée à Paris en mars 1994 ! Pour la justice française, il y a pourtant prescription. Daniel Derguy a cependant été arrêté, puis relâché sous contrôle judiciaire ; il est passé en procès le 27 juillet 2011 à Agen.

  Un parcours de militant

 Originaire d'Hazparne, et longtemps résidant à Hiriburu, Daniel Derguy, 51 ans, qui a été technico-commercial à Bayonne, est un militant basque connu pour son implication dans les associations de son canton. Arrêté à Paris le 23 juillet 1996, il sera violemment battu par les forces de police à cette occasion.

Trois procès plus tard, il est condamné à 20 ans d'incarcération pour association de malfaiteurs. Comme 695 citoyens basques, Daniel Derguy était membre du Collectif des prisonniers politiques basques. Pendant ses 12 années d'incarcération, il mena toutes les luttes du Collectif, pour la reconnaissance de leur statut de prisonnier politique, le respect de leurs droits, et surtout contre leur éloignement.

 En janvier 2000, il devint l'un des porte-paroles des prisonniers politiques basques, et ce, alors qu'il se trouvait en grève de la faim illimitée depuis le 27 décembre 1999. Cette lutte collective des prisonniers politiques basques détenus en Espagne et en France avait pour but de dénoncer la politique pénitentiaire menée à leur encontre tout en revendiquant le respect de leurs droits.

 Daniel Derguy fera 63 jours de grève de la faim : il en ressortira très affaibli, et avec de nombreuses séquelles physiques, dont il subit encore les conséquences aujourd'hui.

 Des milliers de personnes, des militants, des syndicats, des élus, des partis politiques, s'étaient alors mobilisés pour le soutenir et dénoncer la situation dans laquelle il se trouvait. La presse locale et nationale, en France, avait relayé cette grève de la faim et les soutiens qu'elle avait suscités.

Incarcéré dans de nombreux centres pénitentiaires français, dont les prisons de Fresnes et de Fleury-Mérogis, il achèvera sa condamnation à Clairvaux : il est en libération conditionnelle depuis le 14 mars 2008 après 12 années passées en détention.

 Sa libération a été acceptée sous des conditions très contraignantes, dont la réalisation d'une formation professionnelle de reconversion à Saint-Dizier (dans la région Champagne-Ardenne, à 965 kilomètres de Bayonne), une interdiction de séjour au Pays Basque, en Bretagne et à Paris, d'une durée de 10 ans, et la présentation tous les mois d'attestations de présence à la formation ou d'activité professionnelle, et ce pendant 5 ans.

 Daniel Derguy réalisera cette formation en ébénisterie à Saint-Dizier, à près de 1 000 km de sa famille et de sa compagne.

 A la fin de sa formation professionnelle, il obtient l'autorisation de s'installer à Cahors, où il trouve un emploi dans un magasin de mobilier. Ayant, depuis quelques mois, la possibilité de prendre ce magasin en gérance, il devait s'en porter acquéreur et signer l'acte de vente le 6 juillet dernier, le jour de son arrestation.

 Depuis sa libération conditionnelle, Daniel Derguy s'est totalement investi dans son projet professionnel, respectant toutes les mesures de contrôle qui lui avaient été imposées et se projetant dans une reconversion à Cahors en prenant la gérance d'un magasin.

 Son arrestation le 6 juillet pour la notification d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités espagnoles, pour des faits qui auraient été commis en 1994, soit il y a 17 ans, vient mettre à mal tout ce projet. L'activité même de son magasin en subit un grave préjudice, car même en cas de non-application de ce mandat d'arrêt, il sera difficile d'effacer les effets négatifs de cette arrestation très médiatique.

 Ce mandat d'arrêt européen porterait sur un scellé vieux de 17 années, une lettre piégée désamorcée de mars 1994, où une empreinte digitale aurait été retrouvée sur une carte de visite qui se trouvait dans l'enveloppe.

Suite à son arrestation à Cahors le 6 juillet 2011, il a été présenté à la Cour d'appel d'Agen (Lot-et-Garonne), de nouveau incarcéré en attente de procédure, le juge considérant qu'il n'avait pas de garantie de représentation (alors qu'il travaille et doit signer l'acte d'achat de la gérance d'un magasin !...). Incarcéré d'abord à Agen, puis à Gradignan, Daniel Derguy réagit à cette injustice flagrante en entamant dès son arrestation une grève de la faim illimitée.

 Après 8 jours de grève de la faim, 7 kg perdus et en raison de sa détermination dans son action, il est remis en liberté le 13 juillet. Un délai supplémentaire pour préparer sa défense ayant été accordé, il reste libre, sous contrôle judiciaire, jusqu'au 27 juillet, où son MAE a été examiné à Agen. La justice indiquera le 17 août prochain si elle accepte ou non ce MAE.

 Rappelons que le 15 mars 2011, Thomas Hammarberg, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a dénoncé le recours excessif au mandat d'arrêt européen en ces termes : " Les problèmes (en rapport avec le MAE) semblent s'être aggravés avec l'augmentation du nombre des MAE : on en compte en moyenne plus d'un millier par mois. (...) L'application de ces procédures a entraîné des violations des droits de l'homme. " Le recul des libertés fondamentales qui en découle en Europe est manifeste, et l'acharnement des autorités françaises et espagnoles à faire en sorte qu'un citoyen basque de nationalité française soit livré à l'Espagne a de quoi inquiéter. Après une tentative pour l'instant avortée avec Aurore Martin, les deux États reviennent à la charge avec Daniel Derguy, pour des faits remontant à 1994 et qui sont en relation avec d'autres faits pour lesquels ce militant basque a déjà accompli 12 ans de prison, suivis de restrictions très strictes dans le cadre de la libération conditionnelle dont il bénéficie depuis trois ans. Et cela alors qu'un processus de paix est en cours au Pays Basque. Une forte mobilisation s'est rapidement mise en place contre ce nouveau MAE, de nombreux élus du Pays Basque, conseillers régionaux, Conseillers Généraux, Maires, conseillers municipaux, ayant signé une pétition par laquelle ils demandent au Gouvernement français l'abandon des poursuites à l'encontre de Daniel Derguy, l'arrêt de l'utilisation du MAE à des fins politiques, et enfin son implication dans la recherche d'une solution au conflit politique au Pays Basque.

 Les troubles qu'avait connus le Pays Basque Nord il y a 11 ans à l'occasion de diverses manifestations de soutien à Daniel Derguy en grève de la faim durant 63 jours dans des conditions rendues inhumaines par l'administration pénitentiaire n'ont-ils pas servi de leçon ? Y a-t-il encore quelqu'un qui doute de la détermination de Daniel à se servir de la dernière arme qui lui reste, son corps, pour imposer son droit à la dignité et à la liberté ? N'a-t-il pas suffisamment payé pour mériter de votre part respect et considération ?

  " Je ne peux pas accepter "

 Compte tenu des événements, nous avions demandé à Daniel Derguy s'il était possible de nous entretenir avec lui après le procès d'Agen dont le contenu devait en partie déterminer son attitude. Nous nous sommes donc rencontrés le soir du procès à Cahors. Les circonstances ont fait que plutôt que de mener une interview, nous sommes entrés dans une discussion à bâtons rompus qui nous a permis de percevoir plus précisément l'état d'esprit et l'engagement de Daniel. Cet article n'est donc pas présenté comme une interview mais sera ponctué par les déclarations et les réflexions de Daniel, au-delà de sa propre personne.

C'est autour d'une table garnie que s'est déroulée la discussion, en abordant les sujets sans véritable chronologie. Pour la commodité des lecteurs nous avons donc essayé de remettre un peu d'ordre dans tout ça et, chronologiquement, de faire comprendre les motivations de Daniel et les enjeux de son combat, un combat qui ne s'arrête pas à sa seule personne et que nous devons tous engager de manière non équivoque.

 La case prison

 Ce nouvel épisode a commencé le mardi 6 juillet lorsque des policiers en civil sont venus arrêter Daniel pour le conduire en prison avant de l'emmener devant le tribunal d'Agen chargé de prendre la décision d'accorder ou non le mandat d'arrêt européen émis par l'Etat espagnol.

 " J'ai vu des hommes arriver, j'ai tenté de mettre la clef dans la serrure du magasin pour entrer, mais je n'en ai même pas eu le temps. Tout s'est passé très vite. Ils m'ont embarqué dans une voiture et m'ont ensuite montré leur brassard, ce qui n'avait pas été fait avant. Même les voisins ont cru qu'il s'agissait d'un enlèvement. " Les policiers étaient des costauds, selon Daniel, les mêmes qui avaient tenté d'arrêter Aurore Martin ? Peut-être, en tout cas, ils appartenaient à la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de Baiona.

 Tout va alors très vite, l'acheminement vers Agen où doit lui être signifiée l'émission d'un mandat d'arrêt européen par l'État espagnol. Retour à la case départ. Et un premier passage devant les juges, à Agen. Où l'on signifie à Daniel qu'il est l'objet d'un mandat d'arrêt européen selon de nouveaux faits apparus. Et l'embrouillamini qui s'en suit. Que faire ? Il fallait prendre sa décision et rester en cohérence avec la démarche actuelle de la gauche abertzale.

 Pendant ce temps, Daniel était incarcéré à Gradignan. " Ça fait bizarre [doux euphémisme] de se retrouver en prison. J'ai revécu de drôles de choses. " On y retrouve les mêmes lieux mais surtout, les mêmes liens. " Les détenus viennent te voir, comme pour les nouveaux. " Mais il y a aussi l'attitude de la direction, qui demande que Daniel soit avec une autre personne dans la cellule, on ne sait jamais. Même avec un autre détenu basque. Il n'ignore pas que Daniel est en danger.

 Quelle possibilité d'action ?

 Daniel comprend très vite que sa marge d'action est limitée. Étant seul concerné, il faut choisir une méthode d'action qui soit efficace. Il a déjà, lors d'une campagne menée collectivement, effectué une grève de la faim de plus de 60 jours. Et ce, avec des conséquences irréversibles pour son corps. A ce moment se confirme le choix d'un engagement, un choix on ne peut plus logique : " Il y a trente ans que je lutte et que je me suis engagé, ce n'est pas pour accepter ça ! " Daniel, dès le premier passage devant le juge, a refusé d'être remis aux mains aux autorités espagnoles. Et il affirme que si cela doit être fait, " ce sera entre quatre planches. " Lorsqu'il exprime ce choix, Daniel est très clair, et il pense aussi aux autres. Ce mandat a été accepté pour Aurore, mais il n'a pu être appliqué. Après cet échec du gouvernement français, il fallait une autre victime. Tout simplement pour créer un précédent. " S'il y en a un qui passe, c'est la porte ouverte ", autrement dit, à une extension de la pratique. Il s'agit de résister pour lui-même mais aussi contre une mesure juridique d'exception qui pourrait conduire un certain nombre de militants à une détention définitive.

 Une première étape

 Daniel se déclare en grève de la faim et dans un premier temps, la représentante de l'État s'oppose à une remise en liberté de Daniel. Mais, lorsque Daniel est présenté devant le tribunal d'Agen, sa liberté conditionnelle ne pose pas de problème. Avec une première échéance, celle du 27 juillet, date de l'examen du MAE par la cour d'appel d'Agen.

 Etat d'esprit

 Ces événements se sont succédé en peu de temps. La situation était, pour Daniel, tout à fait inattendue : " J'ai pris un pet. " Rien ne laissait supposer qu'il puisse être de nouveau dans le collimateur de la justice française. Remis en liberté conditionnelle, il avait entamé une autre vie, dans les clous délimités par la loi. Et lorsque la nouvelle arrive, tout s'écroule. Et c'est le militant qui réagit, revenant inexorablement sur son parcours, l'engagement, la clandestinité, la prison. Quelle décision fallait-il prendre " après trente ans passés là-dedans ? " Et il a pris sa décision : " Chaque fois qu'ils passeraient quelqu'un, ils auraient devant les yeux le cadavre de Daniel Derguy. " Et ce n'est pas une réaction désespérée : " J'aime la vie ! "

 Il ne fallait pas attendre et Daniel avait décidé que si l'avocate générale demandait l'application du MAE, il se mettait immédiatement en grève de la faim. Cette décision a été soumise à critique de la part de ses proches qui se sont évertués à lui dire qu'il risquait sa vie s'il entamait ce mouvement. Les conséquences de sa précédente grève de la faim pèsent lourd dans la balance : " On m'a dit que j'ai les reins d'un type de 80 ans. " Mais du point de vue politique, il s'agit d'une décision qui a ses conséquences sur l'ensemble du mouvement abertzale et peut-être au-delà : " Je ne pouvais pas accepter ! " Et lorsque ces mots sont prononcés, on sent bien que les années de lutte et les sacrifices effectués pèsent énormément dans la balance. Pas seulement les siennes mais aussi celles de ceux et celles qui se sont engagés de la même manière et qui sont susceptibles d'être, demain, les victimes d'un nouvel MAE.

 La pression matérielle

 L'arrestation de Daniel a eu lieu alors qu'il devait recevoir une livraison de meubles qui devait lui permettre de démarrer du bon pied sa nouvelle activité commerciale. Coïncidence ou savant calcul du bureau des Affaires basques, on peut tout supposer ? Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là puisqu'il reste en attente d'un verdict le 17 août. En attendant, l'emprunt négocié reste en suspens. Comment faire sans trésorerie alors que le commerce vient d'être déclaré et que les frais courent, loyer, fournisseurs et autres ? " Il va falloir assurer, de toute façon, on n'a pas le choix ", et Chantal, sa compagne, de confirmer qu'il faudra faire avec les moyens du bord.

 Serein mais vigilant

 Lors du procès d'Agen, l'avocate générale a prononcé un réquisitoire expliquant que le mandat d'arrêt européen émis contre Daniel avait de bonnes raisons de n'être pas accepté. Mais, car il y a toujours un mais, elle a bien précisé que la décision ne lui appartenait pas et que le tribunal était seul chargé d'argumenter le verdict définitif. Dans d'autres circonstances, au vu du réquisitoire, on serait d'un optimisme débordant. Mais ce réquisitoire a été prononcé avec les formes et ne demande pas clairement l'abandon du MAE. Certes Daniel se déclare serein, mais comme il le dit lui même : " Il ne faut jamais baisser la garde, dès qu'on le fait, tu vois ce qui arrive. " Il s'agit donc de rester vigilant sur ce qui ressemble de plus en plus à un sabotage en règle du processus en cours. Un processus que défend Daniel qui prône une véritable unité de la gauche abertzale, surtout dans les actes. Comment ne pas évoquer les années passées sur des stratégies parallèles ? " Á l'époque, nous nous sommes fait très très mal. " Il se tient toujours au courant de ce qui se passe ici et il se rend bien compte que sa position militante peut avoir des conséquences.

Comment cela se passerait-il si un militant venait à laisser la vie dans ce combat ? Cela pourrait entraîner des réactions qui fragiliseraient les bases d'un processus qui de la part des interlocuteurs espagnols et français tarde à démarrer. " Lorsque nous avons parlé de ma décision avec des militants, cet aspect a été inévitablement évoqué. " Et comme il l'a rappelé lui-même devant le tribunal, cette décision de prononcer un MAE contre lui et d'autres constitue une attaque à ce processus. Il s'agit de répondre collectivement à de telles provocations. Mais du travail a été effectué, à partir de l'affaire Jon Anza puis celle d'Aurore Martin. Pour Daniel, ce travail porte ses fruits. Il constate que les élus ont massivement signé en sa faveur, comme pour Aurore Martin alors que lui n'était pas accusé de délits répertoriés comme politiques mais d'une tentative d'attentat. " On voit que depuis Aurore Martin, il s'est passé quelque chose. Le collectif contre le MAE regroupe au-delà des abertzale " (voir la liste des signataires). Et Daniel salue le travail de fourmi réalisé sur le terrain qui a débouché sur une prise de conscience beaucoup plus large sur le sujet.

 Tourné vers l'avenir

 Si le verdict du 17 août confirme les impressions laissées au procès d'Agen, Daniel devrait raisonnablement pouvoir reprendre ses activités professionnelles. En pensant au moment où il pourra enfin vivre chez lui : " Je ne peux pas retourner vivre en Iparralde avant 2018 ", mais lorsqu'il dit ça, il souhaite évidemment que ce délai de dix années au départ soit raccourci. Il reste beaucoup à construire et après tant d'années de clandestinité et d'incarcération, il veut y participer. Mais il ne s'attarde pas sur le sujet, cet éloignement est assumé et comme l'a mentionné l'avocate générale, Daniel respecte la règle et sa " traçabilité " ne pose pas de problèmes. Pour l'instant, il va se consacrer à la préparation de son avenir, ou plutôt de leur avenir, il n'est pas seul, avec l'énergie et la détermination qu'on lui connaît. En espérant que l'on tienne compte de son appel à la vigilance. En tout cas, il dit et il le répète : " Il ne faut pas baisser la garde. " C'est l'une des principales leçons pour les militants à tirer de cet épisode qui n'est pas encore clos, loin s'en faut.

  Mais pourquoi donc Daniel Derguy passe-t-il en procès ?

 (Procès du 27/07/2011)

 L'audience débute par l'arrivée de l'avocat général, qui représente le ministère public, Madame Heyte, déjà présente lors de la précédente audience. D'entrée de jeu, elle rappelle au public nombreux (une cinquantaine de personnes) qu'elle ne tolèrera aucune expression vocale.

 En revanche, la cour, à la surprise de la défense, est composée de magistrats différents de ceux du 13 juillet.

 Le président, M. Sorrau, après l'interrogatoire d'identité, présente une synthèse du dossier, et en particulier l'historique du mandat d'arrêt européen qui vise Daniel Derguy. Ce MAE, émis par le juge Meredes, du Tribunal national espagnol (Audiencia nacional) est arrivé le 8 mars 2011 sur le bureau des autorités françaises.

 L'ordre est donné d'arrêter Daniel Derguy. Le 6 juillet au matin, des hommes cagoulés, les mêmes que ceux qui ont tenté d'arrêter Aurore Martin l'après-midi du 21 juin à Bayonne, semble-t-il d'après la description qui nous en a été faite, se sont emparés de Daniel, devant son domicile. Le 7 juillet, il était présenté au tribunal d'Agen. Le 13 juillet, Daniel Derguy était remis en liberté et un supplément d'information était demandé aux autorités espagnoles ; en effet, se posait un problème de traduction en français non conforme à l'original et d'extinction des poursuites par prescription (les faits incriminés, à savoir une lettre piégée dans laquelle aurait été relevée l'empreinte du pouce de la main gauche de Daniel, datant du 4 mars 1994 – date de réception de la lettre – ou du 21 février 1994 – cachet de la poste de Paris du courrier).

 Aussi incroyable que cela puisse paraître, la question soulevée par le tribunal relative à la traduction relève du fait que par rapport à l'original en castillan, un paragraphe entier a été rajouté dans la traduction en français fournie par les autorités espagnoles. Ce paragraphe attribue à Daniel Derguy, après une " tentative d'assassinat en tant qu'auteur ", un second chef d'inculpation : " Détention d'explosif en collaboration avec une entreprise terroriste. "

 Bien évidemment, les autorités espagnoles ont adressé une nouvelle version de cette traduction dans laquelle ce passage n'existant pas en castillan a disparu, avançant l'excuse d'une " erreur matérielle " dans la traduction...

 Pour la tentative d'assassinat, Daniel risque 30 ans de prison. En droit espagnol, le délit est prescrit après vingt ans, soit le 4 mars 2014. Quant à savoir ce qu'il en est réellement de la prescription de ce délit, les autorité espagnoles préfèrent ne pas répondre.

 Application du droit

 Après cet exposé de la procédure, la parole est donnée au ministère public qui va curieusement nous faire un cours de droit appliqué au MAE.

 L'avocate générale, qui dans son réquisitoire écrit aurait précisé que le tribunal ne " doit pas " accepter ce MAE (d'après nos sources), va s'employer à expliquer la position du ministère de la Justice sur ce problème (elle précisera au moins deux fois que c'est sur ordre qu'elle présente cette position). Elle constate que la première traduction en français n'était pas identique au texte original et que les autorités ont bien transmis une nouvelle copie française " certifiée conforme " de ce mandat.

 Viendra ensuite une longue explication des raisons pour lesquelles en droit français, la prescription pour le délit retenu pouvait être acquise, en se reportant à l'art. 695 al. 22 du Code pénal. En 1994, la prescription pour le délit reproché à Daniel Derguy était de 10 ans. En 1995, une nouvelle loi rallonge le délai de prescription mais ne s'applique pas aux faits commis si cela aggrave les peines des personnes emprisonnées. Le 9 mars 2004, une nouvelle loi vient annuler l'alinéa de 1995 relatif à la suspension de l'allongement de la prescription pour cause d'aggravation de la situation des prévenus. Le 11 mars 2004, cette loi est publiée au Journal officiel.

 Or, pour les faits imputés à Daniel datant du 4 mars 1994, la prescription était acquise le 4 mars 2004 et donc la loi du 11 mars de cette même année ne peut lui être appliquée.

 Soulevant un autre point de droit, l'avocate générale va s'appuyer sur l'article 695.24 de cette loi pour dire que " les faits ont été commis sur tout ou partie du territoire français " et qu'à ce titre, ils ne peuvent tomber sous le coup d'une juridiction étrangère. Autre motif de refus de ce mandat d'arrêt. Elle s'appuie pour cela sur une décision de la chambre d'instruction de Pau, qui fait jurisprudence. Toutefois, précise-t-elle, toute décision de refus doit être motivée (art. 695.25).

 Abordant la notion d'" ordre public international ", elle remarque que Daniel Derguy a été condamné lourdement (en fait trois condamnations de 10 ans, le maximum de la peine, confusionnées à 20 ans) et que l'on peut légitimement penser que les faits reprochés sont " connexes ou concomitants " à ceux pour lesquels il a été condamné (" association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ") et donc qu'il a déjà été jugé pour ces faits... Cependant elle fait remarquer à la cour qu'une " convention sur le terrorisme lie l'État français " et lui donne " l'obligation d'examiner les faits ", questionnant directement les juges sur l'éventualité d'ouvrir une instruction sur ces faits (par ailleurs prescrits et déjà jugés – Ndlr)...

 Voilà la teneur de ce réquisitoire qui a pris des allures de conférence de droit pour juristes chevronnés. Toujours est-il que l'avocate générale a bien précisé aux juges que c'était à eux de prendre la décision et de la motiver.

 Refus

 La plaidoirie de Yolanda Molina, l'avocate de Daniel, a porté sur deux parties. D'une part, elle a affirmé que la cour se trouvait devant un cas de refus obligatoire dû au principe de territorialité (les faits on eu lieu en partie sur l'État français et sont prescrits en droit français), et un cas de refus facultatif qu'elle trouve particulièrement adapté, puisque cela relève du pouvoir que la loi donne aux juges de refuser un mandat d'arrêt européen, en se basant dans le cas présent sur l'ancienneté des faits, l'impossibilité de se défendre qui en découle et sa situation personnelle.

 Me Molina cherche pourquoi on vient en 2011 chercher Daniel Derguy pour des faits commis en 1994 : " Il y a une raison qui n'est pas juridique. Elle est ailleurs. C'est une raison politique ", affirme-t-elle. De plus les faits reprochés (une empreinte sur une carte de visite dans une enveloppe) " ne constituent pas en droit français une tentative d'assassinat ". Elle remarque que les empreintes digitales de Daniel Derguy, arrêté en 1996, ont été diffusées depuis 1998, et " ne croit pas à un manque de diligence de l'autorité espagnole ". " A Madrid, des dossiers comme celui-là, il y en a plein les tiroirs ! " affirme-t-elle.

 Elle demande donc à la cour de rejeter ce mandat au titre du " refus obligatoire " et du " refus facultatif ".

 Le président donne alors la parole à Daniel Derguy en lui précisant de ne pas sortir du cadre de cette affaire.

 Les mots de Daniel sont brefs, calmes et déterminés : " Vous avez devant vous un homme qui n'est pas rempli de haine mais un homme en colère... Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ce sera un cadavre qui prendra le chemin de l'Espagne ". " Quand l'État français va-t-il s'inscrire dans le processus démocratique politique et non-violent qui doit aboutir à une véritable paix ? "

 Les Affaires basques

 Les faits se résument donc à une arrestation sur la foi d'un mandat d'arrêt international connu par les autorités françaises depuis 4 mois, et qui de l'aveu même de ces autorités ne peut être que refusé.

 Cependant, ces autorités montent une arrestation commando, avec les risques de bavure que cela comporte. Elles mettront Daniel Derguy en prison, s'opposeront à sa libération, puis le lendemain, à l'audience du 13, n'y feront plus obstacle.

 Le lecteur, se demandera peut-être pourquoi nous nous sommes étendus longuement sur les arguments juridiques de cette audience qui fut exclusivement " technique ". Il nous a semblé important d'essayer d'éclairer la complexité des arguments de droit mis en avant, afin de mieux mettre en évidence le fait que des juristes seuls ont pu poser les bases d'un tel mandat d'arrêt, en Espagne bien sûr, mais aussi en France, où les juristes du bureau des Affaires basques ont eu 4 longs mois pour étudier ce mandat, s'apercevoir qu'il n'était pas applicable et néanmoins déclencher son début d'exécution. Ces juristes qui, n'en doutons pas, sont titulaires des meilleurs diplômes, n'hésitent cependant pas à fournir à la police et à la justice un document biaisé (" erreur matérielle " de traduction) et inexécutable en droit. Il faudra attendre l'audience du 13 juillet pour commencer à s'en rendre compte. Imagine-t-on les conséquences si la défense n'avait pas mis à jour ce " vrai-faux " mandat d'arrêt...

  Batasuna fait le point sur la situation

 Le 6 juillet 2011, une nouvelle étape dans la politique de répression de l'État français est franchie. Comme Aurore Martin, Daniel Derguy, militant basque de " nationalité française " se voit notifier un Mandat d'Arrêt Européen. L'État français confirme que sa décision est prise : éliminer de la carte une expression politique basque qui le dérange, et ce, grâce à un outil politique émis par une juridiction d'exception. Le recours au MAE par l'État français porte ce message : réduire à néant, ici aussi, la gauche abertzale et son projet politique. Une loi dite " antiterroriste " devient bien une loi " anti projet Euskal Herria ". L'heure est extrêmement grave : après Aurore, après Daniel, on peut supposer, sans trop se tromper, que d'autres militants du Pays Basque Nord subiront le même sort : des années d'incarcération à Madrid pour leur engagement en faveur d'un Pays Basque réunifié, libre et démocratique. Ces militants rejoindront ainsi la longue liste de ceux d'Hegoalde renvoyés par des tribunaux français dans les prisons espagnoles, à la demande de l'Audiencia nacional, juridiction d'exception qui base ses décisions sur des déclarations issues d'actes de torture.

 Face à cette situation, l'attitude de Daniel est sans équivoque. Il se battra jusqu'au bout, et par tous les moyens, quel que soit le prix à payer. Il n'acceptera pas d'être renvoyé en prison en Espagne, pour des faits remontant à 17 ans, et qui sont donc prescrits en droit français. Ceux et celles qui connaissent Daniel savent que ce geste n'est pas anodin, n'est pas lancé au hasard. A une attaque frontale lancée par l'État français, Daniel répond par la résistance, l'engagement total, la dignité, la hauteur politique. Nous ne pouvons qu'être à ses côtés et mettre toute notre énergie à la mobilisation afin que l'issue ne soit pas fatale.

 Il ne s'agit pas ici de discuter son choix. Daniel est un militant de longue date, très engagé, avec une lecture très précise du moment politique dans lequel se trouve Euskal Herria. Et c'est bien de cela dont il s'agit : du moment politique.

 Voici plus d'un an que la gauche abertzale a fait connaître sa proposition " Zutik Euskal Herria " qui vise le dépassement du statu quo ou blocage dans lequel se trouve le Pays Basque, pour aller vers l'application du droit à l'autodétermination, via uniquement des voies démocratiques, en priorisant le travail en commun, l'accumulation des forces, les accords politiques en Euskal Herria et l'implication de la communauté internationale. Voici près de 6 mois que l'organisation ETA a déclaré un cessez le feu " permanent, général et vérifiable par la communauté internationale ", qu'elle vient encore de confirmer il y a quelques jours. Voici quelques semaines que la coalition abertzale de gauche Bildu est à la tête de plusieurs institutions en Hegoalde. Voici quelques semaines qu'en Pays Basque Nord, la coalition électorale EHBai se trouve confirmée comme étant la 3e force politique. Voici venu le moment des choix stratégiques pour tout le mouvement abertzale où la priorité doit être donnée à la concrétisation du processus démocratique.

 Face à cette ambiance, l'État espagnol continue via ses juridictions d'exception à emprisonner des leaders politiques, des jeunes qui constituent la relève de ce pays, à maintenir incarcérés des centaines de prisonniers politiques basques. L'État français, quant à lui, franchit un pas encore jamais atteint : éliminer de fait Batasuna et la gauche abertzale de " son territoire " via l'application du MAE. Face à la stratégie de confrontation que poursuivent ces deux Etats envers Euskal Herria, notre devoir est clair : poursuivre l'accumulation des forces, le travail en commun, et les accords stratégiques. Les États voudraient nous " diviser pour mieux régner ". Ne tombons pas dans le piège.

 La mobilisation, la méthode de travail collective est exemplaire autour du cas Aurore Martin. Au-delà de toutes nos différences, abertzale ou non abertzale, nous avons ensemble bien su cerner le moment politique. Car il s'agit bien de cela : le moment politique choisi par la France pour s'engager dans la voie des MAE ; ce moment si important, si décisif pour le Pays Basque qui dérange les États français et espagnol. Ces derniers mois, un rempart populaire a été mis en marche. Continuons dans ce sens afin de créer depuis le Pays Basque une interlocution politique face à Paris, dont l'un des objectifs à moyen et long terme est d'exprimer et de résoudre les problèmes de fond, qui sont la source du " conflit basque ".

 À court terme, si le 17 août 2011, le tribunal d'Agen décide d'appliquer à Daniel Derguy ce mandat d'arrêt européen, un compte à rebours va s'enclencher. Daniel entrera en grève de la faim illimitée et ira au bout de cette action. L'État français, ses responsables locaux seront face à une responsabilité sans précédent. Souhaitent-ils avoir à gérer un " Bobby Sands " ? Si oui, ils ne sont pas dignes d'être des responsables politiques, qu'ils en assument les conséquences. Si non, qu'ils interpellent de manière très efficace leurs homologues parisiens pour trouver une solution. La seule solution étant la non-application du MAE ! Une responsabilité sans précédent attend aussi tout le mouvement abertzale, soyons à la hauteur ! Bien qu'en plein été, la mobilisation doit être plus forte que jamais. Soyons nombreux et nombreuses à la manifestation de Donibane Garazi le 15 août à 17 heures.

 Utz Daniel bakean ! Non au mandat d'arrêt européen ! Résolution démocratique et politique du conflit en Pays Basque !

 Gabi Mouesca :

" Ces poursuites sont une provocation "

 L'actualité autour du mandat d'arrêt européen (MAE) a provoqué de nombreuses prises de positions ces derniers mois. Nous avons souhaité en parler avec Gabi Mouesca, militant de la gauche abertzale, candidat aux sénatoriales de septembre prochain.

 Ekaitza : Dans le cas d'Aurore Martin, nous avons assisté à une mobilisation surprenante de forces et de personnalités très hétéroclites. Qu'est-ce que cela t'inspire ?

 Gabi Mouesca : Il faut tout d'abord dire que ces diverses mobilisations, d'individus et de structures politiques ou syndicales, ont été le fruit d'un formidable travail militant d'explication et de persuasion. Il faut le souligner car dans ce cas précis, comme ce fut le cas pour l'affaire Jon Anza, les résultats sont la conséquence d'un travail sérieux, qui a mobilisé des personnes qui pour beaucoup se sont données jusqu'à la limite de leurs forces. Il faut saluer ces militant(e)s pour leur investissement exemplaire.

 Par ces fameux résultats, je veux parler de la mobilisation de certaines personnalités politiques et de partis ou organismes peu coutumiers de porter un intérêt à la répression subie par la gauche abertzale. Néanmoins, je dirais que l'hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes entrés en période pré-électorale (sénatoriales à venir, présidentielles...), et nous savons qu'en pareille période, la tentation est grande pour beaucoup d'opter pour des attitudes qui peuvent être en totale contradiction avec ce qui est leur posture habituelle. De plus, il y a des microclimats locaux (suivez mon regard qui se tourne vers le Rocher de la Vierge...) qui peuvent aussi nous valoir des postures surprenantes. Enfin, le phénomène de dominos engendre des réactions qui n'ont comme logique que celle de suivre le mouvement lancé. C'est un classique de la politique politicienne.

 Notre mémoire collective nous invite à la plus grande prudence, et à ne pas céder aux appels des sirènes et à nous méfier des leurres.

 D'ailleurs, nous n'avons pas tardé à nous rendre compte de la relativité de la motivation de certaines personnes et structures politiques ou syndicales. En effet, lorsqu'il s'est agi de dénoncer le MAE appliqué à Daniel Derguy, même si le facteur temps n'a pas joué en faveur d'une re-mobilisation conséquente, il faut bien reconnaître que certains ont manqué à l'appel. Du point de vue des mécanismes et logiques répressives utilisées, le cas de Daniel est pourtant bien identique à celui d'Aurore. Sauf... sauf que Daniel est " estampillé " ETA.

 Ainsi, à la première aspérité, c'est " courage, fuyons ! "

 Pourtant, le mandat d'arrêt européen est un outil répressif que la quasi-totalité des spécialistes en matière de défense des droits de l'homme a dénoncé. Dénonciation faite également par un nombre conséquent de partis politiques, syndicats et autres structures situées dans l'opposition au pouvoir actuel ou simplement jouant le rôle de contrepouvoir dans le fonctionnement démocratique de notre société.

 Les poursuites engagées contre Aurore Martin, via le MAE, ont aussi été massivement dénoncées comme une provocation, une atteinte aux conditions nécessaires pour instaurer un climat favorisant l'avancée d'un processus de paix en Euskal Herri.

 Puis, advient le cas Daniel Derguy. Et là, surgit le passé militant de Daniel. Son engagement dans les rangs d'ETA.

 Premier élément de réflexion : lutter contre le MAE et défendre Aurore et Daniel ne sont pas en Euskal Herri des éléments de simples batailles politiques ou idéologiques. Il s'agit là d'un combat mené au nom d'un objectif suprême, celui de créer les conditions d'une paix juste et durable. Cela demande à tous

Le mercredi 18 août, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Agen a refusé  l'exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) émis par l'Espagne à l'encontre du camarade Basque Daniel Derguy car une partie des faits qui l

Daniel

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/08/2011 à 12:35:47

Ce dossier sur le mandat d'arrêt européen (MAE) à l'encontre de Daniel Derguy, a été réalisé avec des articles du numéro spécial de l'hebdomadaire Ekaitza n°1251 du 04/08/2011.

le 6 juillet 2011 Daniel Derguy est arrêté à Cahors, alors qu’il construit depuis plus de trois ans une nouvelle vie, dans le cadre de la liberté conditionnelle. Les autorités madrilènes ont délivré un MAE à son encontre, au prétexte d’une affaire datant de dix sept années : une lettre piégée où ses empreintes auraient été relevées, postée à Paris en mars 1994 ! Pour la justice française, il y a pourtant prescription. Daniel Derguy a cependant été arrêté, puis relâché sous contrôle judiciaire ; il est passé en procès le 27 juillet 2011 à Agen.


Un parcours de militant

Originaire d'Hazparne, et longtemps résidant à Hiriburu, Daniel Derguy, 51 ans, qui a été technico-commercial à Bayonne, est un militant basque connu pour son implication dans les associations de son canton. Arrêté à Paris le 23 juillet 1996, il sera violemment battu par les forces de police à cette occasion.

Trois procès plus tard, il est condamné à 20 ans d'incarcération pour association de malfaiteurs. Comme 695 citoyens basques, Daniel Derguy était membre du Collectif des prisonniers politiques basques. Pendant ses 12 années d'incarcération, il mena toutes les luttes du Collectif, pour la reconnaissance de leur statut de prisonnier politique, le respect de leurs droits, et surtout contre leur éloignement.

En janvier 2000, il devint l'un des porte-paroles des prisonniers politiques basques, et ce, alors qu'il se trouvait en grève de la faim illimitée depuis le 27 décembre 1999. Cette lutte collective des prisonniers politiques basques détenus en Espagne et en France avait pour but de dénoncer la politique pénitentiaire menée à leur encontre tout en revendiquant le respect de leurs droits.

Daniel Derguy fera 63 jours de grève de la faim : il en ressortira très affaibli, et avec de nombreuses séquelles physiques, dont il subit encore les conséquences aujourd'hui.

Des milliers de personnes, des militants, des syndicats, des élus, des partis politiques, s'étaient alors mobilisés pour le soutenir et dénoncer la situation dans laquelle il se trouvait. La presse locale et nationale, en France, avait relayé cette grève de la faim et les soutiens qu'elle avait suscités.

Incarcéré dans de nombreux centres pénitentiaires français, dont les prisons de Fresnes et de Fleury-Mérogis, il achèvera sa condamnation à Clairvaux : il est en libération conditionnelle depuis le 14 mars 2008 après 12 années passées en détention.

Sa libération a été acceptée sous des conditions très contraignantes, dont la réalisation d'une formation professionnelle de reconversion à Saint-Dizier (dans la région Champagne-Ardenne, à 965 kilomètres de Bayonne), une interdiction de séjour au Pays Basque, en Bretagne et à Paris, d'une durée de 10 ans, et la présentation tous les mois d'attestations de présence à la formation ou d'activité professionnelle, et ce pendant 5 ans.

Daniel Derguy réalisera cette formation en ébénisterie à Saint-Dizier, à près de 1 000 km de sa famille et de sa compagne.

A la fin de sa formation professionnelle, il obtient l'autorisation de s'installer à Cahors, où il trouve un emploi dans un magasin de mobilier. Ayant, depuis quelques mois, la possibilité de prendre ce magasin en gérance, il devait s'en porter acquéreur et signer l'acte de vente le 6 juillet dernier, le jour de son arrestation.

Depuis sa libération conditionnelle, Daniel Derguy s'est totalement investi dans son projet professionnel, respectant toutes les mesures de contrôle qui lui avaient été imposées et se projetant dans une reconversion à Cahors en prenant la gérance d'un magasin.

Son arrestation le 6 juillet pour la notification d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités espagnoles, pour des faits qui auraient été commis en 1994, soit il y a 17 ans, vient mettre à mal tout ce projet. L'activité même de son magasin en subit un grave préjudice, car même en cas de non-application de ce mandat d'arrêt, il sera difficile d'effacer les effets négatifs de cette arrestation très médiatique.

Ce mandat d'arrêt européen porterait sur un scellé vieux de 17 années, une lettre piégée désamorcée de mars 1994, où une empreinte digitale aurait été retrouvée sur une carte de visite qui se trouvait dans l'enveloppe.

Suite à son arrestation à Cahors le 6 juillet 2011, il a été présenté à la Cour d'appel d'Agen (Lot-et-Garonne), de nouveau incarcéré en attente de procédure, le juge considérant qu'il n'avait pas de garantie de représentation (alors qu'il travaille et doit signer l'acte d'achat de la gérance d'un magasin !...). Incarcéré d'abord à Agen, puis à Gradignan, Daniel Derguy réagit à cette injustice flagrante en entamant dès son arrestation une grève de la faim illimitée.

Après 8 jours de grève de la faim, 7 kg perdus et en raison de sa détermination dans son action, il est remis en liberté le 13 juillet. Un délai supplémentaire pour préparer sa défense ayant été accordé, il reste libre, sous contrôle judiciaire, jusqu'au 27 juillet, où son MAE a été examiné à Agen. La justice indiquera le 17 août prochain si elle accepte ou non ce MAE.

Rappelons que le 15 mars 2011, Thomas Hammarberg, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a dénoncé le recours excessif au mandat d'arrêt européen en ces termes : " Les problèmes (en rapport avec le MAE) semblent s'être aggravés avec l'augmentation du nombre des MAE : on en compte en moyenne plus d'un millier par mois. (...) L'application de ces procédures a entraîné des violations des droits de l'homme. " Le recul des libertés fondamentales qui en découle en Europe est manifeste, et l'acharnement des autorités françaises et espagnoles à faire en sorte qu'un citoyen basque de nationalité française soit livré à l'Espagne a de quoi inquiéter. Après une tentative pour l'instant avortée avec Aurore Martin, les deux États reviennent à la charge avec Daniel Derguy, pour des faits remontant à 1994 et qui sont en relation avec d'autres faits pour lesquels ce militant basque a déjà accompli 12 ans de prison, suivis de restrictions très strictes dans le cadre de la libération conditionnelle dont il bénéficie depuis trois ans. Et cela alors qu'un processus de paix est en cours au Pays Basque. Une forte mobilisation s'est rapidement mise en place contre ce nouveau MAE, de nombreux élus du Pays Basque, conseillers régionaux, Conseillers Généraux, Maires, conseillers municipaux, ayant signé une pétition par laquelle ils demandent au Gouvernement français l'abandon des poursuites à l'encontre de Daniel Derguy, l'arrêt de l'utilisation du MAE à des fins politiques, et enfin son implication dans la recherche d'une solution au conflit politique au Pays Basque.

Les troubles qu'avait connus le Pays Basque Nord il y a 11 ans à l'occasion de diverses manifestations de soutien à Daniel Derguy en grève de la faim durant 63 jours dans des conditions rendues inhumaines par l'administration pénitentiaire n'ont-ils pas servi de leçon ? Y a-t-il encore quelqu'un qui doute de la détermination de Daniel à se servir de la dernière arme qui lui reste, son corps, pour imposer son droit à la dignité et à la liberté ? N'a-t-il pas suffisamment payé pour mériter de votre part respect et considération ?


" Je ne peux pas accepter "

Compte tenu des événements, nous avions demandé à Daniel Derguy s'il était possible de nous entretenir avec lui après le procès d'Agen dont le contenu devait en partie déterminer son attitude. Nous nous sommes donc rencontrés le soir du procès à Cahors. Les circonstances ont fait que plutôt que de mener une interview, nous sommes entrés dans une discussion à bâtons rompus qui nous a permis de percevoir plus précisément l'état d'esprit et l'engagement de Daniel. Cet article n'est donc pas présenté comme une interview mais sera ponctué par les déclarations et les réflexions de Daniel, au-delà de sa propre personne.

C'est autour d'une table garnie que s'est déroulée la discussion, en abordant les sujets sans véritable chronologie. Pour la commodité des lecteurs nous avons donc essayé de remettre un peu d'ordre dans tout ça et, chronologiquement, de faire comprendre les motivations de Daniel et les enjeux de son combat, un combat qui ne s'arrête pas à sa seule personne et que nous devons tous engager de manière non équivoque.

La case prison

Ce nouvel épisode a commencé le mardi 6 juillet lorsque des policiers en civil sont venus arrêter Daniel pour le conduire en prison avant de l'emmener devant le tribunal d'Agen chargé de prendre la décision d'accorder ou non le mandat d'arrêt européen émis par l'Etat espagnol.

" J'ai vu des hommes arriver, j'ai tenté de mettre la clef dans la serrure du magasin pour entrer, mais je n'en ai même pas eu le temps. Tout s'est passé très vite. Ils m'ont embarqué dans une voiture et m'ont ensuite montré leur brassard, ce qui n'avait pas été fait avant. Même les voisins ont cru qu'il s'agissait d'un enlèvement. " Les policiers étaient des costauds, selon Daniel, les mêmes qui avaient tenté d'arrêter Aurore Martin ? Peut-être, en tout cas, ils appartenaient à la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de Baiona.

Tout va alors très vite, l'acheminement vers Agen où doit lui être signifiée l'émission d'un mandat d'arrêt européen par l'État espagnol. Retour à la case départ. Et un premier passage devant les juges, à Agen. Où l'on signifie à Daniel qu'il est l'objet d'un mandat d'arrêt européen selon de nouveaux faits apparus. Et l'embrouillamini qui s'en suit. Que faire ? Il fallait prendre sa décision et rester en cohérence avec la démarche actuelle de la gauche abertzale.

Pendant ce temps, Daniel était incarcéré à Gradignan. " Ça fait bizarre [doux euphémisme] de se retrouver en prison. J'ai revécu de drôles de choses. " On y retrouve les mêmes lieux mais surtout, les mêmes liens. " Les détenus viennent te voir, comme pour les nouveaux. " Mais il y a aussi l'attitude de la direction, qui demande que Daniel soit avec une autre personne dans la cellule, on ne sait jamais. Même avec un autre détenu basque. Il n'ignore pas que Daniel est en danger.

Quelle possibilité d'action ?

Daniel comprend très vite que sa marge d'action est limitée. Étant seul concerné, il faut choisir une méthode d'action qui soit efficace. Il a déjà, lors d'une campagne menée collectivement, effectué une grève de la faim de plus de 60 jours. Et ce, avec des conséquences irréversibles pour son corps. A ce moment se confirme le choix d'un engagement, un choix on ne peut plus logique : " Il y a trente ans que je lutte et que je me suis engagé, ce n'est pas pour accepter ça ! " Daniel, dès le premier passage devant le juge, a refusé d'être remis aux mains aux autorités espagnoles. Et il affirme que si cela doit être fait, " ce sera entre quatre planches. " Lorsqu'il exprime ce choix, Daniel est très clair, et il pense aussi aux autres. Ce mandat a été accepté pour Aurore, mais il n'a pu être appliqué. Après cet échec du gouvernement français, il fallait une autre victime. Tout simplement pour créer un précédent. " S'il y en a un qui passe, c'est la porte ouverte ", autrement dit, à une extension de la pratique. Il s'agit de résister pour lui-même mais aussi contre une mesure juridique d'exception qui pourrait conduire un certain nombre de militants à une détention définitive.

Une première étape

Daniel se déclare en grève de la faim et dans un premier temps, la représentante de l'État s'oppose à une remise en liberté de Daniel. Mais, lorsque Daniel est présenté devant le tribunal d'Agen, sa liberté conditionnelle ne pose pas de problème. Avec une première échéance, celle du 27 juillet, date de l'examen du MAE par la cour d'appel d'Agen.

Etat d'esprit

Ces événements se sont succédé en peu de temps. La situation était, pour Daniel, tout à fait inattendue : " J'ai pris un pet. " Rien ne laissait supposer qu'il puisse être de nouveau dans le collimateur de la justice française. Remis en liberté conditionnelle, il avait entamé une autre vie, dans les clous délimités par la loi. Et lorsque la nouvelle arrive, tout s'écroule. Et c'est le militant qui réagit, revenant inexorablement sur son parcours, l'engagement, la clandestinité, la prison. Quelle décision fallait-il prendre " après trente ans passés là-dedans ? " Et il a pris sa décision : " Chaque fois qu'ils passeraient quelqu'un, ils auraient devant les yeux le cadavre de Daniel Derguy. " Et ce n'est pas une réaction désespérée : " J'aime la vie ! "

Il ne fallait pas attendre et Daniel avait décidé que si l'avocate générale demandait l'application du MAE, il se mettait immédiatement en grève de la faim. Cette décision a été soumise à critique de la part de ses proches qui se sont évertués à lui dire qu'il risquait sa vie s'il entamait ce mouvement. Les conséquences de sa précédente grève de la faim pèsent lourd dans la balance : " On m'a dit que j'ai les reins d'un type de 80 ans. " Mais du point de vue politique, il s'agit d'une décision qui a ses conséquences sur l'ensemble du mouvement abertzale et peut-être au-delà : " Je ne pouvais pas accepter ! " Et lorsque ces mots sont prononcés, on sent bien que les années de lutte et les sacrifices effectués pèsent énormément dans la balance. Pas seulement les siennes mais aussi celles de ceux et celles qui se sont engagés de la même manière et qui sont susceptibles d'être, demain, les victimes d'un nouvel MAE.

La pression matérielle

L'arrestation de Daniel a eu lieu alors qu'il devait recevoir une livraison de meubles qui devait lui permettre de démarrer du bon pied sa nouvelle activité commerciale. Coïncidence ou savant calcul du bureau des Affaires basques, on peut tout supposer ? Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là puisqu'il reste en attente d'un verdict le 17 août. En attendant, l'emprunt négocié reste en suspens. Comment faire sans trésorerie alors que le commerce vient d'être déclaré et que les frais courent, loyer, fournisseurs et autres ? " Il va falloir assurer, de toute façon, on n'a pas le choix ", et Chantal, sa compagne, de confirmer qu'il faudra faire avec les moyens du bord.

Serein mais vigilant

Lors du procès d'Agen, l'avocate générale a prononcé un réquisitoire expliquant que le mandat d'arrêt européen émis contre Daniel avait de bonnes raisons de n'être pas accepté. Mais, car il y a toujours un mais, elle a bien précisé que la décision ne lui appartenait pas et que le tribunal était seul chargé d'argumenter le verdict définitif. Dans d'autres circonstances, au vu du réquisitoire, on serait d'un optimisme débordant. Mais ce réquisitoire a été prononcé avec les formes et ne demande pas clairement l'abandon du MAE. Certes Daniel se déclare serein, mais comme il le dit lui même : " Il ne faut jamais baisser la garde, dès qu'on le fait, tu vois ce qui arrive. " Il s'agit donc de rester vigilant sur ce qui ressemble de plus en plus à un sabotage en règle du processus en cours. Un processus que défend Daniel qui prône une véritable unité de la gauche abertzale, surtout dans les actes. Comment ne pas évoquer les années passées sur des stratégies parallèles ? " Á l'époque, nous nous sommes fait très très mal. " Il se tient toujours au courant de ce qui se passe ici et il se rend bien compte que sa position militante peut avoir des conséquences. Comment cela se passerait-il si un militant venait à laisser la vie dans ce combat ? Cela pourrait entraîner des réactions qui fragiliseraient les bases d'un processus qui de la part des interlocuteurs espagnols et français tarde à démarrer. " Lorsque nous avons parlé de ma décision avec des militants, cet aspect a été inévitablement évoqué. " Et comme il l'a rappelé lui-même devant le tribunal, cette décision de prononcer un MAE contre lui et d'autres constitue une attaque à ce processus. Il s'agit de répondre collectivement à de telles provocations. Mais du travail a été effectué, à partir de l'affaire Jon Anza puis celle d'Aurore Martin. Pour Daniel, ce travail porte ses fruits. Il constate que les élus ont massivement signé en sa faveur, comme pour Aurore Martin alors que lui n'était pas accusé de délits répertoriés comme politiques mais d'une tentative d'attentat. " On voit que depuis Aurore Martin, il s'est passé quelque chose. Le collectif contre le MAE regroupe au-delà des abertzale " (voir la liste des signataires). Et Daniel salue le travail de fourmi réalisé sur le terrain qui a débouché sur une prise de conscience beaucoup plus large sur le sujet.

Tourné vers l'avenir

Si le verdict du 17 août confirme les impressions laissées au procès d'Agen, Daniel devrait raisonnablement pouvoir reprendre ses activités professionnelles. En pensant au moment où il pourra enfin vivre chez lui : " Je ne peux pas retourner vivre en Iparralde avant 2018 ", mais lorsqu'il dit ça, il souhaite évidemment que ce délai de dix années au départ soit raccourci. Il reste beaucoup à construire et après tant d'années de clandestinité et d'incarcération, il veut y participer. Mais il ne s'attarde pas sur le sujet, cet éloignement est assumé et comme l'a mentionné l'avocate générale, Daniel respecte la règle et sa " traçabilité " ne pose pas de problèmes. Pour l'instant, il va se consacrer à la préparation de son avenir, ou plutôt de leur avenir, il n'est pas seul, avec l'énergie et la détermination qu'on lui connaît. En espérant que l'on tienne compte de son appel à la vigilance. En tout cas, il dit et il le répète : " Il ne faut pas baisser la garde. " C'est l'une des principales leçons pour les militants à tirer de cet épisode qui n'est pas encore clos, loin s'en faut.


Mais pourquoi donc Daniel Derguy passe-t-il en procès ?

(Procès du 27/07/2011)

L'audience débute par l'arrivée de l'avocat général, qui représente le ministère public, Madame Heyte, déjà présente lors de la précédente audience. D'entrée de jeu, elle rappelle au public nombreux (une cinquantaine de personnes) qu'elle ne tolèrera aucune expression vocale.

En revanche, la cour, à la surprise de la défense, est composée de magistrats différents de ceux du 13 juillet.

Le président, M. Sorrau, après l'interrogatoire d'identité, présente une synthèse du dossier, et en particulier l'historique du mandat d'arrêt européen qui vise Daniel Derguy. Ce MAE, émis par le juge Meredes, du Tribunal national espagnol (Audiencia nacional) est arrivé le 8 mars 2011 sur le bureau des autorités françaises.

L'ordre est donné d'arrêter Daniel Derguy. Le 6 juillet au matin, des hommes cagoulés, les mêmes que ceux qui ont tenté d'arrêter Aurore Martin l'après-midi du 21 juin à Bayonne, semble-t-il d'après la description qui nous en a été faite, se sont emparés de Daniel, devant son domicile. Le 7 juillet, il était présenté au tribunal d'Agen. Le 13 juillet, Daniel Derguy était remis en liberté et un supplément d'information était demandé aux autorités espagnoles ; en effet, se posait un problème de traduction en français non conforme à l'original et d'extinction des poursuites par prescription (les faits incriminés, à savoir une lettre piégée dans laquelle aurait été relevée l'empreinte du pouce de la main gauche de Daniel, datant du 4 mars 1994 – date de réception de la lettre – ou du 21 février 1994 – cachet de la poste de Paris du courrier).

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la question soulevée par le tribunal relative à la traduction relève du fait que par rapport à l'original en castillan, un paragraphe entier a été rajouté dans la traduction en français fournie par les autorités espagnoles. Ce paragraphe attribue à Daniel Derguy, après une " tentative d'assassinat en tant qu'auteur ", un second chef d'inculpation : " Détention d'explosif en collaboration avec une entreprise terroriste. "

Bien évidemment, les autorités espagnoles ont adressé une nouvelle version de cette traduction dans laquelle ce passage n'existant pas en castillan a disparu, avançant l'excuse d'une " erreur matérielle " dans la traduction...

Pour la tentative d'assassinat, Daniel risque 30 ans de prison. En droit espagnol, le délit est prescrit après vingt ans, soit le 4 mars 2014. Quant à savoir ce qu'il en est réellement de la prescription de ce délit, les autorité espagnoles préfèrent ne pas répondre.

Application du droit

Après cet exposé de la procédure, la parole est donnée au ministère public qui va curieusement nous faire un cours de droit appliqué au MAE.

L'avocate générale, qui dans son réquisitoire écrit aurait précisé que le tribunal ne " doit pas " accepter ce MAE (d'après nos sources), va s'employer à expliquer la position du ministère de la Justice sur ce problème (elle précisera au moins deux fois que c'est sur ordre qu'elle présente cette position). Elle constate que la première traduction en français n'était pas identique au texte original et que les autorités ont bien transmis une nouvelle copie française " certifiée conforme " de ce mandat.

Viendra ensuite une longue explication des raisons pour lesquelles en droit français, la prescription pour le délit retenu pouvait être acquise, en se reportant à l'art. 695 al. 22 du Code pénal. En 1994, la prescription pour le délit reproché à Daniel Derguy était de 10 ans. En 1995, une nouvelle loi rallonge le délai de prescription mais ne s'applique pas aux faits commis si cela aggrave les peines des personnes emprisonnées. Le 9 mars 2004, une nouvelle loi vient annuler l'alinéa de 1995 relatif à la suspension de l'allongement de la prescription pour cause d'aggravation de la situation des prévenus. Le 11 mars 2004, cette loi est publiée au Journal officiel.

Or, pour les faits imputés à Daniel datant du 4 mars 1994, la prescription était acquise le 4 mars 2004 et donc la loi du 11 mars de cette même année ne peut lui être appliquée.

Soulevant un autre point de droit, l'avocate générale va s'appuyer sur l'article 695.24 de cette loi pour dire que " les faits ont été commis sur tout ou partie du territoire français " et qu'à ce titre, ils ne peuvent tomber sous le coup d'une juridiction étrangère. Autre motif de refus de ce mandat d'arrêt. Elle s'appuie pour cela sur une décision de la chambre d'instruction de Pau, qui fait jurisprudence. Toutefois, précise-t-elle, toute décision de refus doit être motivée (art. 695.25).

Abordant la notion d'" ordre public international ", elle remarque que Daniel Derguy a été condamné lourdement (en fait trois condamnations de 10 ans, le maximum de la peine, confusionnées à 20 ans) et que l'on peut légitimement penser que les faits reprochés sont " connexes ou concomitants " à ceux pour lesquels il a été condamné (" association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ") et donc qu'il a déjà été jugé pour ces faits... Cependant elle fait remarquer à la cour qu'une " convention sur le terrorisme lie l'État français " et lui donne " l'obligation d'examiner les faits ", questionnant directement les juges sur l'éventualité d'ouvrir une instruction sur ces faits (par ailleurs prescrits et déjà jugés – Ndlr)...

Voilà la teneur de ce réquisitoire qui a pris des allures de conférence de droit pour juristes chevronnés. Toujours est-il que l'avocate générale a bien précisé aux juges que c'était à eux de prendre la décision et de la motiver.

Refus

La plaidoirie de Yolanda Molina, l'avocate de Daniel, a porté sur deux parties. D'une part, elle a affirmé que la cour se trouvait devant un cas de refus obligatoire dû au principe de territorialité (les faits on eu lieu en partie sur l'État français et sont prescrits en droit français), et un cas de refus facultatif qu'elle trouve particulièrement adapté, puisque cela relève du pouvoir que la loi donne aux juges de refuser un mandat d'arrêt européen, en se basant dans le cas présent sur l'ancienneté des faits, l'impossibilité de se défendre qui en découle et sa situation personnelle.

Me Molina cherche pourquoi on vient en 2011 chercher Daniel Derguy pour des faits commis en 1994 : " Il y a une raison qui n'est pas juridique. Elle est ailleurs. C'est une raison politique ", affirme-t-elle. De plus les faits reprochés (une empreinte sur une carte de visite dans une enveloppe) " ne constituent pas en droit français une tentative d'assassinat ". Elle remarque que les empreintes digitales de Daniel Derguy, arrêté en 1996, ont été diffusées depuis 1998, et " ne croit pas à un manque de diligence de l'autorité espagnole ". " A Madrid, des dossiers comme celui-là, il y en a plein les tiroirs ! " affirme-t-elle.

Elle demande donc à la cour de rejeter ce mandat au titre du " refus obligatoire " et du " refus facultatif ".

Le président donne alors la parole à Daniel Derguy en lui précisant de ne pas sortir du cadre de cette affaire.

Les mots de Daniel sont brefs, calmes et déterminés : " Vous avez devant vous un homme qui n'est pas rempli de haine mais un homme en colère... Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ce sera un cadavre qui prendra le chemin de l'Espagne ". " Quand l'État français va-t-il s'inscrire dans le processus démocratique politique et non-violent qui doit aboutir à une véritable paix ? "

Les Affaires basques

Les faits se résument donc à une arrestation sur la foi d'un mandat d'arrêt international connu par les autorités françaises depuis 4 mois, et qui de l'aveu même de ces autorités ne peut être que refusé.

Cependant, ces autorités montent une arrestation commando, avec les risques de bavure que cela comporte. Elles mettront Daniel Derguy en prison, s'opposeront à sa libération, puis le lendemain, à l'audience du 13, n'y feront plus obstacle.

Le lecteur, se demandera peut-être pourquoi nous nous sommes étendus longuement sur les arguments juridiques de cette audience qui fut exclusivement " technique ". Il nous a semblé important d'essayer d'éclairer la complexité des arguments de droit mis en avant, afin de mieux mettre en évidence le fait que des juristes seuls ont pu poser les bases d'un tel mandat d'arrêt, en Espagne bien sûr, mais aussi en France, où les juristes du bureau des Affaires basques ont eu 4 longs mois pour étudier ce mandat, s'apercevoir qu'il n'était pas applicable et néanmoins déclencher son début d'exécution. Ces juristes qui, n'en doutons pas, sont titulaires des meilleurs diplômes, n'hésitent cependant pas à fournir à la police et à la justice un document biaisé (" erreur matérielle " de traduction) et inexécutable en droit. Il faudra attendre l'audience du 13 juillet pour commencer à s'en rendre compte. Imagine-t-on les conséquences si la défense n'avait pas mis à jour ce " vrai-faux " mandat d'arrêt...


Batasuna fait le point sur la situation

Le 6 juillet 2011, une nouvelle étape dans la politique de répression de l'État français est franchie. Comme Aurore Martin, Daniel Derguy, militant basque de " nationalité française " se voit notifier un Mandat d'Arrêt Européen. L'État français confirme que sa décision est prise : éliminer de la carte une expression politique basque qui le dérange, et ce, grâce à un outil politique émis par une juridiction d'exception. Le recours au MAE par l'État français porte ce message : réduire à néant, ici aussi, la gauche abertzale et son projet politique. Une loi dite " antiterroriste " devient bien une loi " anti projet Euskal Herria ". L'heure est extrêmement grave : après Aurore, après Daniel, on peut supposer, sans trop se tromper, que d'autres militants du Pays Basque Nord subiront le même sort : des années d'incarcération à Madrid pour leur engagement en faveur d'un Pays Basque réunifié, libre et démocratique. Ces militants rejoindront ainsi la longue liste de ceux d'Hegoalde renvoyés par des tribunaux français dans les prisons espagnoles, à la demande de l'Audiencia nacional, juridiction d'exception qui base ses décisions sur des déclarations issues d'actes de torture.

Face à cette situation, l'attitude de Daniel est sans équivoque. Il se battra jusqu'au bout, et par tous les moyens, quel que soit le prix à payer. Il n'acceptera pas d'être renvoyé en prison en Espagne, pour des faits remontant à 17 ans, et qui sont donc prescrits en droit français. Ceux et celles qui connaissent Daniel savent que ce geste n'est pas anodin, n'est pas lancé au hasard. A une attaque frontale lancée par l'État français, Daniel répond par la résistance, l'engagement total, la dignité, la hauteur politique. Nous ne pouvons qu'être à ses côtés et mettre toute notre énergie à la mobilisation afin que l'issue ne soit pas fatale.

Il ne s'agit pas ici de discuter son choix. Daniel est un militant de longue date, très engagé, avec une lecture très précise du moment politique dans lequel se trouve Euskal Herria. Et c'est bien de cela dont il s'agit : du moment politique.

Voici plus d'un an que la gauche abertzale a fait connaître sa proposition " Zutik Euskal Herria " qui vise le dépassement du statu quo ou blocage dans lequel se trouve le Pays Basque, pour aller vers l'application du droit à l'autodétermination, via uniquement des voies démocratiques, en priorisant le travail en commun, l'accumulation des forces, les accords politiques en Euskal Herria et l'implication de la communauté internationale. Voici près de 6 mois que l'organisation ETA a déclaré un cessez le feu " permanent, général et vérifiable par la communauté internationale ", qu'elle vient encore de confirmer il y a quelques jours. Voici quelques semaines que la coalition abertzale de gauche Bildu est à la tête de plusieurs institutions en Hegoalde. Voici quelques semaines qu'en Pays Basque Nord, la coalition électorale EHBai se trouve confirmée comme étant la 3e force politique. Voici venu le moment des choix stratégiques pour tout le mouvement abertzale où la priorité doit être donnée à la concrétisation du processus démocratique.

Face à cette ambiance, l'État espagnol continue via ses juridictions d'exception à emprisonner des leaders politiques, des jeunes qui constituent la relève de ce pays, à maintenir incarcérés des centaines de prisonniers politiques basques. L'État français, quant à lui, franchit un pas encore jamais atteint : éliminer de fait Batasuna et la gauche abertzale de " son territoire " via l'application du MAE. Face à la stratégie de confrontation que poursuivent ces deux Etats envers Euskal Herria, notre devoir est clair : poursuivre l'accumulation des forces, le travail en commun, et les accords stratégiques. Les États voudraient nous " diviser pour mieux régner ". Ne tombons pas dans le piège.

La mobilisation, la méthode de travail collective est exemplaire autour du cas Aurore Martin. Au-delà de toutes nos différences, abertzale ou non abertzale, nous avons ensemble bien su cerner le moment politique. Car il s'agit bien de cela : le moment politique choisi par la France pour s'engager dans la voie des MAE ; ce moment si important, si décisif pour le Pays Basque qui dérange les États français et espagnol. Ces derniers mois, un rempart populaire a été mis en marche. Continuons dans ce sens afin de créer depuis le Pays Basque une interlocution politique face à Paris, dont l'un des objectifs à moyen et long terme est d'exprimer et de résoudre les problèmes de fond, qui sont la source du " conflit basque ".

À court terme, si le 17 août 2011, le tribunal d'Agen décide d'appliquer à Daniel Derguy ce mandat d'arrêt européen, un compte à rebours va s'enclencher. Daniel entrera en grève de la faim illimitée et ira au bout de cette action. L'État français, ses responsables locaux seront face à une responsabilité sans précédent. Souhaitent-ils avoir à gérer un " Bobby Sands " ? Si oui, ils ne sont pas dignes d'être des responsables politiques, qu'ils en assument les conséquences. Si non, qu'ils interpellent de manière très efficace leurs homologues parisiens pour trouver une solution. La seule solution étant la non-application du MAE ! Une responsabilité sans précédent attend aussi tout le mouvement abertzale, soyons à la hauteur ! Bien qu'en plein été, la mobilisation doit être plus forte que jamais. Soyons nombreux et nombreuses à la manifestation de Donibane Garazi le 15 août à 17 heures.

Utz Daniel bakean ! Non au mandat d'arrêt européen ! Résolution démocratique et politique du conflit en Pays Basque !


Gabi Mouesca :
" Ces poursuites sont une provocation "

L'actualité autour du mandat d'arrêt européen (MAE) a provoqué de nombreuses prises de positions ces derniers mois. Nous avons souhaité en parler avec Gabi Mouesca, militant de la gauche abertzale, candidat aux sénatoriales de septembre prochain.

Ekaitza : Dans le cas d'Aurore Martin, nous avons assisté à une mobilisation surprenante de forces et de personnalités très hétéroclites. Qu'est-ce que cela t'inspire ?

Gabi Mouesca : Il faut tout d'abord dire que ces diverses mobilisations, d'individus et de structures politiques ou syndicales, ont été le fruit d'un formidable travail militant d'explication et de persuasion. Il faut le souligner car dans ce cas précis, comme ce fut le cas pour l'affaire Jon Anza, les résultats sont la conséquence d'un travail sérieux, qui a mobilisé des personnes qui pour beaucoup se sont données jusqu'à la limite de leurs forces. Il faut saluer ces militant(e)s pour leur investissement exemplaire.

Par ces fameux résultats, je veux parler de la mobilisation de certaines personnalités politiques et de partis ou organismes peu coutumiers de porter un intérêt à la répression subie par la gauche abertzale. Néanmoins, je dirais que l'hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes entrés en période pré-électorale (sénatoriales à venir, présidentielles...), et nous savons qu'en pareille période, la tentation est grande pour beaucoup d'opter pour des attitudes qui peuvent être en totale contradiction avec ce qui est leur posture habituelle. De plus, il y a des microclimats locaux (suivez mon regard qui se tourne vers le Rocher de la Vierge...) qui peuvent aussi nous valoir des postures surprenantes. Enfin, le phénomène de dominos engendre des réactions qui n'ont comme logique que celle de suivre le mouvement lancé. C'est un classique de la politique politicienne.

Notre mémoire collective nous invite à la plus grande prudence, et à ne pas céder aux appels des sirènes et à nous méfier des leurres.

D'ailleurs, nous n'avons pas tardé à nous rendre compte de la relativité de la motivation de certaines personnes et structures politiques ou syndicales. En effet, lorsqu'il s'est agi de dénoncer le MAE appliqué à Daniel Derguy, même si le facteur temps n'a pas joué en faveur d'une re-mobilisation conséquente, il faut bien reconnaître que certains ont manqué à l'appel. Du point de vue des mécanismes et logiques répressives utilisées, le cas de Daniel est pourtant bien identique à celui d'Aurore. Sauf... sauf que Daniel est " estampillé " ETA.

Ainsi, à la première aspérité, c'est " courage, fuyons ! "

Pourtant, le mandat d'arrêt européen est un outil répressif que la quasi-totalité des spécialistes en matière de défense des droits de l'homme a dénoncé. Dénonciation faite également par un nombre conséquent de partis politiques, syndicats et autres structures situées dans l'opposition au pouvoir actuel ou simplement jouant le rôle de contrepouvoir dans le fonctionnement démocratique de notre société.

Les poursuites engagées contre Aurore Martin, via le MAE, ont aussi été massivement dénoncées comme une provocation, une atteinte aux conditions nécessaires pour instaurer un climat favorisant l'avancée d'un processus de paix en Euskal Herri.

Puis, advient le cas Daniel Derguy. Et là, surgit le passé militant de Daniel. Son engagement dans les rangs d'ETA.

Premier élément de réflexion : lutter contre le MAE et défendre Aurore et Daniel ne sont pas en Euskal Herri des éléments de simples batailles politiques ou idéologiques. Il s'agit là d'un combat mené au nom d'un objectif suprême, celui de créer les conditions d'une paix juste et durable. Cela demande à tous

AFPS

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 21/08/2011 à 17:09:11

Halte aux criminels israéliens.

La Palestine à l’ONU en septembre

 

Les inquiétudes exprimées par l’Association France Palestine Solidarité ces derniers jours sont hélas confirmées. Dès le début de la semaine les forces israéliennes massacraient à Gaza tandis qu’elles poursuivaient leur emprise coloniale en Cisjordanie avec l’annonce de la construction de 277 logements supplémentaires  dans la colonie d’Ariel située à proximité de Naplouse.

 La recherche d’une fuite en avant sécuritaire de la part d’un gouvernement israélien, en difficulté sur le plan intérieur de par sa politique ultra libérale, de plus en plus isolé sur le plan international, mais désireux d’imposer à tout prix sa politique d’apartheid en Palestine faisait craindre le pire. Il vient d’arriver.

Ce sont de nouveaux massacres aveugles qui sont en cours à Gaza. Une fois de plus enfants et femmes en sont les victimes parmi les nombreux civils touchés. Des témoignages reçus font état de victimes de bombardements au phosphore blanc sur le faubourg populaire de Soudiania à Gaza. 

 Cette sauvagerie, qui s’est exercée également en Egypte avec le décès de cinq militaires n’a aucun fondement dans la légalité internationale. L’impunité dont Israël continue de jouir, y compris après les « crimes de guerre voire les crimes contre l’humanité » de 2009, ou après le piratage des flottilles de la Liberté I et II, ne fonde pas un droit aux représailles.

 Par leur silence les pays occidentaux, la France en particulier, portent une lourde responsabilité dans les nouveaux massacres en cours. Ainsi le 16 juillet au point de presse du Ministère des Affaires Etrangères il n’y avait aucune condamnation du raid israélien contre Gaza, pas plus que des nouvelles implantations coloniales.

Israël doit cesser immédiatement ses nouveaux crimes en Palestine. L’AFPS Nord-Pas de Calais appelle à protester immédiatement contre le nouveau massacre. Elle interpelle à cet effet les autorités françaises et les élus. Elle est très attentive aux secours pour la population de Gaza. Elle poursuit sa mobilisation unitaire pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Elle donne rendez-vous à cet effet dès la braderie de Lille sur son stand les 3 et 4 septembre. La mobilisation unitaire se poursuivra les 6 et 13 septembre avec une rencontre à la MEP et une manifestation de rue. Les crimes contre Gaza doivent cesser, le blocus doit être levé. La Palestine doit être admise à l’ONU dès 2011.

  

AFPS Nord-Pas de Calais Lille le 20 août 2011

dégradation

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 15/08/2011 à 12:11:56

Netanyahu durcit les conditions de vie des prisonniers politiques palestiniens

Adri Nieuwhof

 

 

 

 

 

 


Cette semaine j’ai reçu une lettre de Ali, un prisonnier politique palestinien israélien. Ali est un des 126 prisonniers palestiniens qui ont fait plus de 20 ans de prison. Il écrit : "J’ai déjà passé 23 ans de ma vie dans les prisons israéliennes mais la prison n’a pas pu me briser. Je suis toujours un Palestinien qui lutte contre l’occupation de toutes les façons possibles." Il explique comment il combat la décision du premier ministre israélien Netanyahu de supprimer "notre droit de finir nos études à l’université à distance (open university)

Une pratique absurde

Netanyahu a annoncé son intention de durcir les conditions de vie des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes le 23 juin dernier. Il a qualifié les études académiques que peuvent faire les prisonniers palestiniens de "pratique absurde" et a dit qu’il avait maintenant l’intention de les empêcher de finir leur cycle d’études académiques.

La Communauté Européenne avait une opinion différente au sujet des études académiques pour les prisonniers politiques dans les années 1980. En tant que membre du Comité Hollandais pour l’Afrique du Sud, j’ai participé à la mise en place du Programme Spécial Européen pour les victimes de l’apartheid financé par la Communauté Européenne. On a dépensé chaque année des millions de dollars dont une grande partie a servi à financer les études des prisonniers politiques emprisonnés en Afrique du Sud.

Représailles et punition collective

La colère de Netanyahu est la conséquence du refus du Mouvement Islamique de répondre à un coup de fil international pour prouver qu’un soldat israélien emprisonné à Gaza depuis 2006 était encore en vie. D’une manière surprenante Netanyahu a affirmé qu’Israël respectait le droit international dans son traitement des prisonniers politiques palestiniens. Il est difficile de concilier son projet de punition collective des prisonniers politiques palestiniens avec le droit international. Les représailles et les punitions collectives sont interdites selon le droit international y compris par l’Article 33 de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre.

Il n’a pas fallu un mois au système carcéral israélien pour accédé au désir de Netanyahu et interdire aux prisonniers palestiniens de poursuivre leurs études universitaires.

Traitements inhumains et dégradants

Le Centre Palestinien des droits de l’homme (PCHR) de Gaza a condamné les nouvelles mesures prises par le système carcéral israélien dans un rapport dans la presse du 21 juillet.

Selon PCHR :

Ce qui est grave dans cette décision est qu’elle fait partie d’une série de mesures contre les prisonniers. (.....) D’autres mesures intensifient la fouille des prisonniers en les forçant à se mettre tout nus et les leaders palestiniens sont mis à l’isolement dans les prisons israéliennes. Les prisonniers palestiniens ont répondu à cette escalade de mauvais traitements par une série d’actions de protestation. Les prisonniers ont fait la grève de la faim au cours de 10 journées échelonnées pendant les deux derniers mois.

Cette décision de l’administration des prisons israéliennes fait partie d’une politique générale adoptée par les autorités d’occupation israéliennes contre les prisonniers palestiniens qui sont soumis a des conditions de vie cruelles ainsi qu’à des traitements inhumains et dégradants qui incluent la torture, la détérioration des conditions de santé et la négligence médicale envers les prisonniers -même ceux qui souffrent de maladies graves.

Cela a parfois causé la mort de prisonniers. Cette décision est extrêmement grave parce qu’elle vient des plus hauts échelons du gouvernement israélien.

PCHR a demandé aux organisations des droits de l’homme de suivre les cas de prisonniers palestiniens et de demander à leurs gouvernements de faire pression sur Israël pour mettre fin aux pratiques arbitraires contre les prisonniers palestiniens et les relâcher. Il est temps d’alerter l’opinion internationale sur la maltraitance dont souffrent les prisonniers politiques palestiniens.

La multinationale de sécurité G4S

La firme de sécurité anglo-danoise G4S est employée à la sécurité dans les prisons israéliennes. Who Profits, un programme de recherche de la Coalition Israélienne des femmes pour la paix et l’organisme de surveillance financier danois, DanWatch, ont révélé qu’en novembre de l’année dernière la firme G4S avait indiqué dans une plaquette publicitaire qu’elle fournissait un système de protection pour l’enceinte de la prison d’Ofer, tout le système de sécurité de la prison de Keztiot et un centre de commande de la prison de Meggido. Selon G4S ces prisons détiennent 4 900 prisonniers "de sécurité" palestiniens.

En fournissant des services aux prisons israéliennes, G4S facilite les violations des droits des prisonniers politiques palestiniens. L’article intitulé "G4S travaille dans les prisons israéliennes et les colonies illégales" que j’ai écrit avec Basma Salem, donne un aperçu de ces violations. En mars, G4S a refusé de dire à The Electronic Intifada si il va annuler ses contrats avec le système carcéral israélien ou non.

Comme G4S opère dans beaucoup de pays, cela donne aux militants du BDS du monde entier l’occasion de faire connaître les violations israéliennes des droits des prisonniers politiques palestiniens.

Pour consulter l’original : http://electronicintifada.net/blog/adri-nieuwhof/netanyahu-i...

Fidel

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 13/08/2011 à 19:02:12

Fidel Castro, la fraîcheur d’un homme authentique.

Oscar FORTIN

 

 

 

 

Né un 13 août 1926, Fidel Castro célèbre ses 85 ans avec la même simplicité et authenticité qui l’ont accompagné toute sa vie. Celui que la revue Fortune avait présenté à plusieurs reprises, mais en vain, comme un des hommes les plus riches du monde vit tout simplement dans une petite résidence à la Havane. C’est là qu’il reçoit, à l’occasion, des chefs d’État, des personnalités politiques, des écrivains et des artistes. Tous et toutes sont honorés d’être reçus par celui qui a renversé le dictateur Batista et donné naissance à une révolution que l’Empire n’a pu vaincre avec ses interventions armées, ses centaines de millions de dollars pour corrompre, créer des épidémies, susciter des actes criminels et un blocus économique défiant toutes les règles du droit international. Cible de plus de 650 complots d’assassinat , il est toujours là pour partager ses réflexions sur le monde et les conflits qui en menacent l’existence. Vous trouverez à travers les divers sujets traités la fraicheur d’une sagesse qui repose tout à la fois sur un vécu intense, une intelligence exceptionnelle et un humanisme qui ne se dément pas. http://www.granma.cu/frances/reflexions/reflexions.html

Peu d’hommes d’État, des 50 dernières années, peuvent se présenter avec autant de consistance et de fidélité à certaines valeurs fondamentales relatives aux personnes et aux sociétés.

L’insistance mise par la Révolution sur l’éducation et la santé est un premier indicateur de la valeur accordée à la personne humaine. De fait, sans éducation et sans la santé, les personnes demeurent vulnérables à la manipulation et à l’isolement. Elles ne peuvent assumer les responsabilités dont elles ignorent les avenants et les aboutissants. Depuis longtemps, Cuba est libre d’analphabétisme et son système d’éducation fait l’envie de nombreux pays de la région. Quant à son École de médecine, sa réputation n’est plus à faire. Cuba est le pays qui dispose du plus grand nombre de médecins par mille habitants. Il fallait le faire en dépit et à l’encontre de toutes les contraintes mises sur sa route tout au long de ces 50 années.

Un second volet qui caractérise la Révolution cubaine est celui de la solidarité nationale et internationale. Nous connaissons de plus en plus les interventions de Cuba dans diverses régions du monde. Il n’y va pas avec des fusils pour y faire la guerre, mais avec des ressources humaines pour y apporter éducation et santé. Cette coopération n’est d’aucune manière conditionnée aux idéologies des pays où professeurs et médecins se rendent. Il en est de même pour l’ouverture de l’École de médecine à de nombreux étudiants étrangers, y compris des États-Unis. Dans la grande majorité des cas, Cuba assume les frais de formation de ces jeunes trop démunis pour payer cette formation, mais suffisamment intelligents et habiles pour en maitriser les connaissances et leurs applications. Ils sont des milliers, aujourd’hui, oeuvrant dans leurs pays respectifs auprès des populations les plus défavorisées. Ce qui a fait dire à l’ex Président de l’Assemblée générale des Nations unies, Miguel D’Escoto, que Fidel Castro était sans nul doute le personnage le plus solidaire des causes humaines. Chez lui, la solidarité s’écrit par des actions et des engagements.

« Nous vivons le meilleur moment de l’histoire d’Amérique latine, un moment durant lequel le rêve de Bolivar, de Morazán et de Martí ne sont plus un simple rêve, mais s’est transformé en un projet réalisable dans lequel nous pouvons nous engager. Pourquoi ce moment-ci ? Je crois que nous sommes en train de voir les fruits de l’exemple et de la lutte de Fidel, diabolisé par l’Occident pour avoir prêché la solidarité. Fidel ne l’a pas seulement prêchée, il a prêché par l’exemple. Pour moi, et cela je le dis aux Nations unies, il est le héros mondial de la solidarité. »

Dommage que nos politiciens et médias continuent à le diaboliser et à taire ses réflexions et commentaires sur ce que vit le monde d’aujourd’hui. N’importe, les peuples savent le reconnaître et de plus en plus de dirigeants s’en approchent pour y puiser conseils et sagesse. Son influence déborde les frontières de Cuba et rejoint les peuples de l’Amérique latine, d’Afrique et plusieurs du Moyen Orient et d’Asie.

Quelque part, les forces porteuses de vérité, d’authenticité et de consistance en arrivent toujours à percer les nuages du mensonge, de la manipulation et de l’incohérence. Peu d’hommes d’État peuvent rivaliser avec la stature de cet homme toujours porteur d’un message de solidarité, d’humanité et de fraicheur.

Fidel, bon 85ème anniversaire. Tu demeures pour bien des peuples et de nombreux dirigeants un phare qui éclaire sans éblouir et qui guide sans dévier de la voie à suivre.

Oscar Fortin
Québec, le 13 août 2011

déclaration

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 28/07/2011 à 09:16:36

Déclaration lue à l'antenne de TXALAPARTA sur 93.1 FM  -  Paris

Nous avons parlé, beaucoup,  et nous continuerons de parler sur cette antenne d’Aurore Martin, de Daniel Derguy. Mais nous considérons que la situation des autres prisonnières et prisonniers basques est tout autant  grave et  tout autant inacceptable. Cette émission de Txalaparta, comme toutes les autres, nous le disons très clairement et avec humilité, nous la faisons en priorité pour toutes les prisonnières et prisonniers basques de la Région parisienne, pour nos enfants nos parents nos ami-e-s  et camarades emprisonnés.  C’est notre façon à nous de répondre à l’appel que nous avons entendu  il n’y a pas si longtemps :
 « C’est l’ensemble des citoyens basques que nous appelons à entrer dans la lutte et à la continuer. Chacun dans son domaine, faisant, pour sa part, l’offre de son niveau d’engagement, pour que grâce au torrent créé par l’addition des gouttes de nous tous, nous abattions le mur de la négation et que nous parvenions à accomplir des pas irréversibles sur la voie qui mène à la liberté.
VIVE LE PAYS BASQUE LIBRE ! VIVE LE PAYS BASQUE SOCIALISTE !
EN AVANT JUSQU'A L’OBTENTION DE L’INDÉPENDANCE ET DU SOCIALISME ! »
Maite zaituztegu !
2011-07-26-Txalaparta Irratia

antifafs

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 26/07/2011 à 17:12:29

Communiqué  de la CGT

suite à la diffusion de tracts sur le marché d’Auchel du 26 juillet 2011.

 

Ce matin 26 juillet 2011, plus de soixante-dix camarades de la CGT des UL de Auchel-Isbergues-Béthune-Lillers-Bruay-Liévin, de la CSD et de l’UD 62, et de la CNT… se sont déployés sur le marché d’Auchel pour y diffuser un millier de tracts antifascistes destinés à dénoncer les mensonges du Front National et des identitaires de la Maison de l’Artois d’Auchel, alter-égo de la Maison flamande de Lambersart.

Rapidement, nous avons été confrontés aux identitaires qui sont venus délibérément sur ce marché pour provoquer et lancer des slogans racistes et fascistes, mais aussi pour défier les militants de la CGT au milieu de cette population fortement composée de femmes, d’enfants et de retraités.

 Les militants antifascistes de la CGT et autres sont restés dignes et ne sont pas entrés dans l’affrontement voulu par les fascistes identitaires de la Maison de l’Artois d’Auchel renforcés pour l’occasion par les fascistes de Lambersart.

 L’ultime provocation des fascistes s’est déroulée en fin de marché quand les identitaires ont tenté de charger les militants CGT allant même jusqu’à bousculer les forces de l’ordre rappelées en urgence.

 La Maison de l’Artois est une « association légalement déclarée » a précisé dans la presse l’adjoint du Maire Richard Jarrett, Philibert Berrier. Mais ce jour, la Maison de l’Artois a dévoilé sa véritable identité devant la population auchelloise, c’est-à-dire qu’elle est un nid de fascistes racistes et violents, implantés au cœur même de la ville d’Auchel et qui sont prêts à l’affrontement.

 La CGT est venue sur ce marché d’Auchel pour dénoncer avec un tract et de manière pacifique la divulgation organisée des idées fascistes.

 

La Mairie d’Auchel, son Maire, ses adjoints doivent désormais prendre leurs responsabilités politiques car elle ne peut plus nier les visées politiques de l’extrême-droite qui selon eux, s’est implantée légalement dans cette commune, et cette terrible réalité des radicaux d’extrême-droite de la Maison de l’Artois.

 Aujourd’hui beaucoup de camarades de la CGT ont été dégoûtés et ébahis par cette présence fasciste sur ce marché populaire d’Auchel, et certains ont été choqués par l’attitude dangereuse et violente des membres de cette mouvance identitaire. 

 Les identitaires ont cru déjouer la CGT et faire peur aux militants antifascistes présents, en employant la provocation et la terreur.

 Mais ils se trompent lourdement, car dans les prochaines semaines la CGT reviendra sur ce marché avec encore plus de forces et de militants de plus en plus convaincus de ce danger, pour chasser les fascistes de cette ville.

 Les identitaires et le FN doivent comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenues chez les chti auchellois, et que jamais la CGT ne reculera devant cette racaille d’extrême-droite, raciste, xénophobe et ultra-nationaliste.

la bonne cible

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 26/07/2011 à 07:30:04

La charge du New York Times contre Israël (Counterpunch)

Uri AVNERY


Voilà une devinette : Quelle flotte n’a pas atteint sa destination tout en remplissant sa mission ?

Eh bien c’est la flottille de solidarité envers Gaza de cette année.

 

 

On pourrait dire, bien sûr, que cela est aussi vrai de la "petite flotte" -c’est ce que le mot signifie en espagnol comme "guerilla" signifie "petite guerre"- de l’année dernière. Elle n’a jamais atteint Gaza mais le commandant des forces israéliennes pourrait très bien s’attribuer les paroles de Pyrrhus, le roi d’Epire, dont la victoire contre Rome a été si coûteuse qu’il s’est exclamé, dit-on : "Une autre victoire comme celle-là et je suis perdu !"

La première flottille n’a pas atteint Gaza. Mais l’attaque du commando naval qui a coûté la vie à neuf militants de la paix turcs a soulevé une vague d’indignation telle que notre gouvernement a été forcé d’alléger le blocus de Gaza de manière significative.

Cette attaque a encore aujourd’hui des répercussions. La relation privilégiée entre les armées turques et israéliennes n’a pas été rétablie et les Turcs continuent de demander des excuses et des indemnités. Les familles des victimes ont intenté des poursuites criminelles et pénales dans plusieurs pays. Un vrai casse-tête pour Israël.

L’aventure de la seconde flottille s’est terminée cette semaine avec l’énorme opération navale qui a abouti à la capture d’un seul petit yacht français et la détention des marins, journalistes et militants qui étaient à bord -16 personnes en tout. Nos médias pourtant soumises ont commenté ironiquement : "Pourquoi n’ont-ils pas envoyé un porte-avion ?"

Les 14 bateaux qui ont été empêchés de partir et celui qui a réussi à partir n’ont pas seulement tenu toute notre marine en alerte pendant des semaines, ils ont aussi permis de garder le siège de Gaza à la une de l’actualité. Et c’était après tout le but principal de toute l’entreprise.

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QU’EST-IL arrivé aux 14 bateaux qui n’ont pas pris la mer ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître la marine et les gardes côtes grecs ont empêché par la force les bateaux de quitter les ports grecs. Cela sans aucun fondement légal et sans même s’embarrasser à simuler un semblant de légalité.

Il ne serait pas exagéré de dire que la marine grecque agissait sur ordre de commandant en chef israélien. Une nation de fiers navigateurs héritière d’une histoire maritime (le mot "nautique" est d’ailleurs d’origine grecque) qui remonte à des milliers d’années, s’est abaissée à commettre des actions illégales pour donner satisfaction à Israël.

Elle a aussi ignoré les actes de sabotage commis par des commandos de la marine -devenez laquelle- contre les bateaux amarrés dans des ports grecs.

Au même moment, le gouvernement turc, le sponsor intrépide du Mavi Marmara, le bateau sur lequel les militants turcs ont été assassinés l’année dernière, a empêché le même navire de prendre la mer cette année.

Au même moment encore, des groupes de militants pro-palestiniens qui essayaient d’aller en Cisjordanie par avion ont été arrêtés en route. Comme il est impossible d’aller en Cisjordanie par la terre, la mer ou les airs sans passer par le territoire israélien ou les checkpoints israéliens, ils étaient obligés de passer par l’aéroport international de Ben-Gourion, la porte israélienne du monde. La plupart n’ont pas réussi à y arriver : sur instruction de notre gouvernement toutes les compagnies aériennes internationales ont bloqué ces passagers à l’embarquement en utilisant une "liste noire" que leur avait donnée notre gouvernement.

Il semble que le bras long de notre diligent service de sécurité ait des ramifications partout et que ses ordres soient obéis dans tous les pays, grands et petits.

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IL Y A CENT ans, la police secrète du Tsar russe, la terrible "Okhrana" a forgé un document appelé "le Protocole des sages de Sion".

(A cette époque, la police secrète s’appelait encore partout Police Secrète avant d’être promue au rang de "services de sécurité".)

Le document parlait d’une réunion secrète de rabbins dans le vieux cimetière de Prague pour élaborer une stratégie qui donne aux Juifs le contrôle du monde. C’était une grossière falsification qui reprenait des passages entiers d’un roman écrit des dizaines d’années plus tôt.

Rien de ce qui était écrit dans ce texte n’était vrai car en réalité les Juifs de l’époque n’avaient pas le moindre pouvoir. De fait, quand Adolf Hitler -qui a utilisé le Protocole pour sa propagande- a mis en place la Solution Finale, presque personne dans le monde entier n’a levé le petit doigt pour aider les Juifs. Même les Juifs étasuniens avaient peur d’élever la voix.

Mais si les auteurs du faux document revenaient aujourd’hui sur le lieu de leur crime, ils se frotteraient les yeux de stupéfaction : le fruit de leur imagination malade semble être devenu la réalité. L’état juif, comme les Sionistes l’appellent, peut donner des ordres aux autorités de la marine grecque, faire renoncer les Turcs à leurs projets et ordonner à une douzaine de pays européens d’arrêter des passages dans leurs aéroports.

Comment cela se peut-il ? La réponse est simple et comporte trois lettres : USA.

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ISRAEL EST devenu une sorte de portier kafkaïen du seul super pouvoir qui reste dans le monde.

Grâce à son immense influence sur le système politique étasunien et surtout sur le Congrès, Israël peut lever un impôt politique sur tous ceux qui ont besoin des USA. La Grèce est en faillite et a désespérément besoin de l’aide des USA et de l’Europe. La Turquie est un partenaire des USA dans l’OTAN. Aucun pays européen ne veut de problèmes avec les USA. Donc : ils doivent tous nous donner une petit bakchich politique.

Pour cimenter cette relation, Glenn Beck, le détestable protégé de Rupert Murdoch nous a rendu visite et a été reçu à la Knesset où il nous a dit "de ne pas avoir peur" parce que lui (et par voie de conséquence la Fox et toute l’Amérique) nous soutenait à fond.

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C’EST pour ça que quelques lignes écrites cette semaine dans le New York Times, ont presque semé la panique à Jérusalem.

Le NYT est peut-être le journal le plus "pro-Israël" du monde entier Israël compris. Les antisémites l’appellent le Jew York Times (Le mot Jew, juif, remplace le mot News, nouvelles, NdT). Un article qui critique la politique d’Israël n’a quasiment aucune chance d’y être publié. Il n’y a jamais été fait mention des douzaines de manifestations israéliennes contre la deuxième guerre d’Israël contre le Liban ni de l’opération Cast Lead. L’autocensure règne en maître.

Mais cette semaine, le NYT a publié un éditorial cinglant contre Israël. La raison : la "Loi sur le Boycott" que la majorité de droite de la Knesset a votée, et qui interdit aux Israéliens d’appeler au boycott des produits en provenance des colonies. L’éditorial répétait pratiquement ce que j’avais écrit dans l’article de la semaine dernière : à savoir qu’il s’agissait d’une loi clairement antidémocratique qui viole des droits de l’homme les plus élémentaires. D’autant plus qu’elle vient couronner tout une série de lois antidémocratiques votées ces derniers mois. Israël est en danger de perdre son titre de "seule démocratie du Moyen-Orient".

Tout à coup toutes les feux rouges à Jérusalem se sont mis à clignoter furieusement. Au secours ! Nous allons perdre notre seul soutien politique dans le monde, le pilier de notre force, la base de notre sécurité nationale, le rocher de notre existence.

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LE RESULTAT a été immédiat. Mercredi, la clique de droite qui contrôle actuellement la Knesset, sous la direction d’Avigdor Lieberman faisait voter une résolution qui nomme deux commissions d’enquête des ressources financières des ONG des droits de l’homme. Pas toutes les ONG, seulement celles de "gauche". Cela constituait une mesure supplémentaire dans la longue liste des mesures MacCarthistes dont beaucoup ont déjà été votées et beaucoup d’autres attendent de l’être.

Le jour précédent, Binyamin Netanyahu était venu spécialement à la Knesset pour dire à ses supporters qu’il approuvait et soutenait sans réserves la Loi sur le Boycott. Mais après l’éditorial du NYT quand la résolution sur la commission d’enquête a été présentée, Netanyahu et tous les ministres de son cabinet ont voté contre. Les factions religieuses ont disparu de la Knesset. La résolution a été rejetée par une majorité des deux tiers.

Mais la sinistre réalité qui est apparue, c’est que, à part Netanyahu et ses ministres captifs, tous les membres du Likoud présents ont voté en faveur de la résolution. Y compris tous les jeunes leaders du parti, la future génération de patrons du Likoud.

Si le Likoud reste au pouvoir, ce groupe d’extrémistes de droite sera le gouvernement d’Israël dans les dix ans qui viennent. Et le New York Times pourra aller au diable.

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HEUREUSEMENT il y a des signes que quelque chose de nouveau se prépare.

Cela a commencé innocemment avec une grève réussi des consommateurs de fromage blanc (cottage cheese) pour forcer un cartel de vaches grasses à diminuer les prix. Puis il y a eu l’action de masse des jeunes couples, principalement des étudiants des universités, contre les prix élevés des appartements.

Un groupe de manifestants ont planté leurs tentes dans le centre de Tel Aviv et y vivent depuis plus d’une semaine. Peu après des campements similaires se sont installés partout dans le pays de Kiryat Shmona à la frontière libanaise à Beer Sheva dans le Negev.

Il est beaucoup trop tôt pour dire si c’est une protestation ponctuelle ou le début israélien du phénomène de la place Tahrir. Mais cela montre clairement que la prise du pouvoir en Israël par un groupe de néo-fascistes n’est pas encore une chose acquise. La lutte a commencé.

Et peut-être -seulement peut-être !- que même le New York Times pourrait se mettre à dire la vérité sur ce qui se passe dans ce pays.

Uri Avnery

Uri Avnery (hébreu : אורי אבנרי), de son nom de naissance Helmut Ostermann, est un écrivain et journaliste israélien né le 10 septembre 1923 à Beckum (Westphalie, Allemagne). Surtout connu pour être un militant des droits des palestiniens et pacifiste convaincu, il appartient à une tendance de la gauche radicale israélienne. Il se définit comme post sioniste (Wikipédia). Il a contribué à l’ouvrage : The Politics of Anti-Semitism.

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/avnery07222011.html

apprendre pour comprendre

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 25/07/2011 à 06:58:48

Pourquoi le mouvement de solidarité avec la Palestine fait-il si peur à Israël ?

Pourquoi le mouvement de solidarité avec la Palestine fait-il si peur à Israël ?

Deux évènements survenus début juillet constituent à mes yeux un tournant majeur dans la gestion de la question palestinienne par l’alliance droite-extrême droite au pouvoir en Israël :

 Le gouvernement israélien a décidé de s’attaquer violement aux pacifistes et militants de la cause palestinienne qui avaient décidé de se rendre par les airs en Cisjordanie et par la mer pour briser le blocus de Gaza.

 La Knesset, le parlement israélien, a voté le 11 juillet une loi qui interdit et punit « toute personne qui lance, favorise ou publie des informations pouvant servir de base à l’instauration du boycott d’Israël ou des colonies juives en Cisjordanie occupée ou à Jérusalem-Est ».

Par ces deux décisions, les chefs de guerre israéliens désignent officiellement le mouvement pacifiste international et les actions non violentes contre l’occupation comme la nouvelle cible de la guerre israélienne.

En plus de la couverture médiatique inespérée dont il a bénéficié et qui a assuré une visibilité internationale au mouvement de solidarité avec la Palestine, ces évènements démontrent clairement que les actions menées depuis de nombreuses années par ces militants en Europe et dans le monde entier commencent enfin à porter leurs fruits : Le gouvernement israélien a désormais plus peur d’une retraitée de la Haute Garonne qui va, pacifiquement manifester, sa solidarité à Bethlehem que d’une roquette du Hamas tombant sur Sederot.

En légiférant contre le boycott et en accentuant la répression contre ces militants, Israël nous fournit la preuve que nos actions et nos manifestations sont non seulement légitimes, mais surtout efficaces.

Jamais les dirigeants israéliens ne s’étaient attaqués, jusqu’à présent, de manière aussi frontale au mouvement de solidarité et aux militants non violents. Le meurtre à Gaza en mars 2003 de Rachel Corrie a été présentée comme un malheureux accident. Le massacre des militants turcs de la flottille de liberté en mai 2010 par la marine israélienne n’était qu’une opération de « légitime défense » selon les militaires israéliens. Si la « Communauté internationale » (1) se charge à chaque fois d’assurer une impunité totale aux crimes israéliens, il en est autrement pour les peuples, très révoltés par cette impunité et l’injustice faite aux Palestiniens.

Jusqu’aux années 2000, les militants de la cause palestinienne se comptaient principalement dans les organisations de gauche et d’extrême gauche. Aujourd’hui, de plus en plus de gens simples s’engagent : retraités, étudiants, chômeurs, artisans, salariés, athées, croyants et laïques. Désormais, la Palestine est devenue une cause universelle.

Si « Le Vietnam a symbolisé la lutte d’un petit peuple du Tiers Monde contre la principale puissance du Nord ; l’Afrique du Sud a illustré la révolte contre un système ségrégationniste dominé par les blancs ; ultime survivance du « colonialisme de peuplement » européen, la Palestine cristallise les aspirations à un monde qui aura tourné la page de deux siècles de domination de l’occident ». (2)

Plus nos gouvernements se compromettent avec l’occupant, plus nos citoyens s’engagent pour l’occupé. Ainsi pour compenser la défaillance des « puissances occidentales » à faire respecter le droit et la justice dans cette partie du monde, en France, un formidable mouvement de solidarité a pris naissance au début de la seconde Intifada en 2001 et qui malgré ses divisions internes a réussi à s’enraciner durablement dans le paysage politique et associatif français. Il n’y a pratiquement pas une ville en France qui ne possède pas « son collectif » ou son association de solidarité avec la Palestine.

Pour ces militants comme l’explique si bien A. GRESH, la Palestine est le symbole « D’abord de la domination de l’Occident. Ensuite, d’une injustice persistance, marquée par une violation permanente du droit international. Enfin, d’une logique de « deux poids, deux mesures », appliquée par les Gouvernements, relayée par les Nations unies et théorisée par bon nombre d’intellectuels occidentaux. Au croisement de l’Orient et de l’Occident, du Sud et du Nord, la Palestine symbolise à la fois le monde ancien, marquée par l’hégémonie du Nord, et la gestation d’un monde nouveau fondé sur le principe de l’égalité entre les peuples. » (3)

Ce mouvement ne fait que s’amplifier depuis dix ans et ce malgré les attaques, les intimidations et le chantage à l’antisémitisme régulièrement brandi par les défenseurs de l’occupation israélienne pour discréditer le mouvement de solidarité. Les actions en justice entamées régulièrement contre les militants de la cause par le puissant lobby pro-israélien avec le soutien actif du gouvernement français ainsi que les attaques violentes et les intimidations de sa milice fasciste la LDJ n’ont pas entamé la détermination des militants du mouvement. Chaque procès constitue une vitrine médiatique qui permet d’expliquer les raisons de l’appel au boycott et sa légitimité au regard du droit international.

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Le harcèlement des militants de la cause palestinienne par les défenseurs de l’occupation israélienne semble même se retourner contre eux et contre les intérêts qu’ils défendent. Ces derniers temps, ils se sont ridiculisés en engageant des procès pour antisémitisme contre tous ceux qui osent bouger le doigt contre Israël comme le très respectable Stéphane HESSEL dont le succès en librairie les a faits plus qu’enrager. Même les Procureurs de la République commencent à en avoir marre qu’on les prenne pour des supplétifs du gouvernement israélien. Le jugement de la 17ème chambre correctionnelle de Paris qui relaxait Olivia ZEMOR, présidente d’Europalestine, est très exemplaire à cet égard. Il s’agissait ici d’une cuisante défaite pour le lobby de l’occupation israélienne composé d’une myriade d’associations, d’individus, d’intellectuels et de journalistes.

Jusqu’à cet été, Israël ne s’était jamais attaqué directement au mouvement de solidarité, laissant cette mission à ces agents qui, sous couvert de lutte contre l’antisémitisme, ont cherché pendant des années à museler et à étouffer l’action des militants en Europe et en France en particulier. Israël aussi puissant soit-il avec sa superbe armée, ses superbes agents secrets et superbe « hasbara » son agence de propagande, a particulièrement peur de ce mouvement et des conséquences des actions qu’il mène dans le monde notamment l’appel au boycott.

Israël a peur parce que tout son discours de propagande qui est basé sur un seul terme : « Sécurité », ne fait plus recette. Comment « se défendre » contre des gens qui prônent la non violence comme seule arme ? Il est beaucoup plus facile pour Israël de justifier aux yeux du monde ses crimes et sa répression quand les bombes humaines du désespoir palestinien sautent dans les bus de Tel-Aviv que quand ses soldats attaquent et tuent les militants pacifiques de la paix. Quand les bombes sautent, une épaisse fumée envahit et couvre tout le champ de la vision et de la pensée de sorte qu’on ne voit et qu’on ne pense qu’aux victimes. Mais quand la fumée se dissipe, on s’aperçoit que l’occupation, la répression, les humiliations, les arrestations, les destructions et les confiscations de terre sont toujours là, bref une réalité insupportable toujours présente et qui perdure depuis plus de 60 ans. Cette réalité là, Israël et ses sbires ne peuvent plus la dissimuler aux yeux du monde.

Le mouvement de solidarité fait peur car il met à nu Israël et même les fondements de l’Etat d’Israël. Israël ne veut pas d’un Etat Palestinien, il ne veut pas de l’initiative arabe (les territoires contre la paix), il ne veut pas évacuer les territoires et continue les colonisations, il se dit démocratique mais refuse toute forme de contestation de sa politique y compris la résistance pacifique. Que veut donc Israël ?

Le mouvement de solidarité est fondamentalement non violent et pacifique. En cela, il met donc à nu Israël car cet Etat est fondé sur le sentiment de peur diffusé, infusé et distillé à des générations d’israéliens depuis plus de 60 ans. La peur de disparaître est le seul liant qui cimente une société israélienne très hétéroclite. Sans la peur, Israël implose. Israël a donc besoin d’un ennemi crédible qui fait vraiment peur. Un ennemi qui fait particulièrement défaut aujourd’hui, même l’iranien Ahmadinjad ne fait plus parler de lui, les palestiniens n’ont plus recours ou alors très épisodiquement et de façon marginale aux armes contre l’occupant, le HAMAS et le Fatah qui se réconcilient et qui acceptent de facto un état Palestinien sur 22 % de la Palestine historique : Inacceptable ! Un vrai Tsunami pour Israël selon les termes utilisés par les médias israéliens. De quoi a donc peur Israël ? Qui menace la sécurité d’Israël aujourd’hui ?

Les pacifistes du mouvement de solidarité évidement ? Le premier ministre Israélien NETANYAHOU n’a-t-il pas déclaré à propos des flottilles humanitaires se dirigeant vers Gaza ou les territoires occupés que celle-ci refusaient à Israël le droit d’exister et donc menaçaient sa sécurité. Israël s’est couvert de ridicule aux yeux du monde entier en envoyant une armada de navires et d’embarcations arraisonner un petit bateau dont l’équipage avait comme seules armes des téléphones portables et des ordinateurs ; où quand le premier ministre envoie des centaines de soldats à l’aéroport de Tel-Aviv pour arrêter des militants pacifiques qui voulaient juste démontrer au monde entier que même la Cisjordanie vit sous blocus puisqu’on ne peut y pénétrer que sous contrôle de l’armée israélienne.

Par ces actions, le gouvernement israélien envoie un message clair aux Palestiniens : la seule résistance qu’il tolère est la résistance violente !!

En légiférant contre le boycott, Israël reconnaît implicitement l’efficacité des campagnes lancées en Palestine et dans le monde entier, mais en même temps, cet état dévoile sa vraie nature : Israël n’est pas un état démocratique. Ce n’est pas une surprise, nous le savions déjà, car un état qui se dit hébreu et dont la démocratie ne bénéficie qu’aux juifs est tout sauf un état démocratique. La nouveauté est que cette législation vise surtout à intimider les mouvements de solidarité portés par des citoyens juifs et arabes à l’intérieur même de la société israélienne. Pour Jonathan Cook, il s’agit d’un « Tournant décisif dans l’assaut contre les droits civiques » (4), pour deux raisons :

« D’abord, elle fait sauter la clef de voûte de tout système démocratique : le droit à la liberté d’expression. D’après la nouvelle loi, il est illégal pour les Israéliens et les Palestiniens de préconiser un programme politique non violent - le boycott - pour contrer la montée en puissance d’un demi-million de colons juifs vivant sur les terres palestiniennes volées. Comme le fait remarquer le commentateur israélien Gideon Levy, les vannes sont maintenant ouvertes : « Demain on interdira les appels à la fin de l’occupation ou [en faveur] de la fraternité entre juifs et Arabes. ». Ce qui est également préoccupant est que la loi institue un nouveau type d’infraction, à savoir civile plutôt que criminelle. L’État n’entamera pas d’actions en justice. Au lieu de cela, l’application de la loi sera confiée aux colons et à leurs avocats. Tout qui soutient le boycott peut être poursuivi en dommages et intérêts par les colons eux-mêmes qui - chose à nouveau unique - n’ont pas besoin de prouver les dommages qu’ils auraient subis. »

Face à cette dérive fascisante d’un état colonial, je ne peux en tant que militant pacifiste pour une paix juste au Proche Orient que constater que le mouvement de solidarité a bien eu raison d’appeler au boycott d’Israël. Les actions non violentes entamées en France et dans beaucoup de pays du monde ont démontré leur efficacité. Sans le Boycott, les noirs de l’Afrique du Sud vivraient encore sous l’apartheid et la domination des blancs.

Nous ne devons pas douter de la légitimité de notre combat. Nous ne nous laisserons pas intimider par les agents français de la Hasbara (propagande) israélienne. Ils nous attaquent parce qu’ils savent que nous avons fait le bon choix. A ceux qui doutent encore, je me permets de citer Ahmed Tibi, le député arabe israélien qui contre la loi israélienne s’interroge :

« Qu’est ce qu’un militant de la paix ou un Palestinien a l’autorisation de faire pour s’opposer à l’occupation ? » (5)

En France, je vous pose la même question !!

Sindibad

www.sindibad.net

(1)Par ce terme, nous désignons l’UE, l’Amérique et l’OTAN

(2) Alain GRESH « De quoi la Palestine est-elle le nom ?

(3) Ibid

(4) www.jkcook.net http://www.europalestine.com/spip.p...

(5) ibid

Honduras

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/07/2011 à 08:21:50

Et nos médias nous parlent d’autre chose...

HONDURAS :Violation des droits humains dans la région du Bas Aguán : le rapport qui accable

Medelu (MEmoire DEs LUttes)

LGS publie ci-dessous une annonce d’un long rapport établi par de nombreuses organisations internationales et dont chacun aurait ici entendu parler, photos et reportages télévisés à l’appui, si le dixième de telles exactions s’étaient produites dans un pays d’Amérique latine qui tient tête à l’Empire en vue de ne pas se laisser déposséder de ses ressources et de sa souveraineté.

Un lien renvoi au rapport intégral en espagnol. Il est long et nous n’avons pu le traduire. Si un lecteur bénévole...

Le Grand Soir.

Dans un rapport rendu public le 11 juillet et présenté devant différentes instances de la société hondurienne et du Parlement européen, une mission internationale d’observation attire l’attention sur les violences qui, depuis le coup d’Etat du 28 juin 2009, se sont multipliées contre les paysans de la région du Bas Aguán, au Honduras. Ayant enquêté sur le terrain du 26 février au 4 mars 2011, la mission dénonce notamment que, au sein des trois mille cinq cents familles réclamant l’accès à la terre pour vivre dans la dignité, vingt-trois personnes ont été assassinées. Alors que continuent à se multiplier les intimidations, poursuites et menaces, tant les auteurs matériels – hommes de main – qu’intellectuels – grands propriétaires terriens membres de l’oligarchie – de ces crimes jouissent de la plus totale impunité.

Mémoire des luttes publie (voir ci-dessous), en espagnol, l’intégralité du rapport « Honduras : Violaciones de Derechos Humanos en el Bajo Aguán ». La commission était composée d’organisations internationales –Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) ; Fian International (organisation pour le droit à l’alimentation) ; Vía campesina ; Initiative de Copenhague pour l’Amérique centrale et le Mexique (Cifca) ; Association des agences de développement (Aprodev ; liée au Conseil mondial des Eglises) ; Rel-UITA (section latino-américaine de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation) – ainsi que de sept mouvements honduriens : Centre des droits des femmes (CDM) ; Centre d’investigation et de promotion des droits humains au Honduras (Ciprodeh) ; Comité des familles de détenus-disparus du Honduras (Cofadeh) ; Commission de vérité (CV) ; Fian Honduras ; Vía Campesina Honduras ; Aide des Eglises protestantes de Suisse.

Source : http://www.medelu.org/spip.php?article841

INFOS GAZA

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 19/07/2011 à 12:25:28

Le blocus de Gaza continue

Chems Eddine CHITOUR
« Il est erroné de parler de flottille humanitaire, il s’agit d’une flottille de solidarité. La flottille est une action politique et symbolique. Il s’agit de dénoncer ce qui se passe à Gaza. Ce territoire est toujours occupé. Gaza reste une prison. Les matons sont à l’extérieur. »
Rony Brauman. Ancien président de Médecins sans frontières

Pendant près de deux mois, la communauté internationale a été tenue en haleine à l’approche de l’anniversaire du carnage sur le Mavi Marmara le 31 mai 2010. Pour rappel, une flottille humanitaire a eu pour ambition coupable de porter assistance aux Gazaouis coincés dans une prison à ciel ouvert. Résultat des courses, une dizaine de morts, une enquête de l’ONU bâclée, la récompense par le gouvernement israélien avec ostentation du commando de tueurs et le black-out total. Un an après, le blocus est toujours là, on annonce des flottilles et on se prend à rêver qu’elles puissent atteindre les côtes de Gaza pour y apporter une aide symbolique et de la compassion en témoignant sur l’atrocité de la situation actuelle.

La solidarité par les flottilles

« Le siège inhumain de Gaza a commencé avec la prise de pouvoir par le Hamas de la bande de Gaza. Rappelons que le Hamas a été élu démocratiquement - de l’avis de tous les observateurs internationaux dont le président Carter -par les Gazaouis. Pour l’avoir élu, les Gazaouis sont mis au ban, le Hamas diabolisé par les pays occidentaux et Israël n’a fait que mettre en musique cette sanction en décrétant un blocus inhumain. « Depuis les bateaux Free Gaza arrivés en 2008, écrit Eva Barlett, le mouvement qui amène des bateaux à Gaza s’est développé de manière exponentielle. Free Gaza a réussi à rentrer cinq fois dans le port de Gaza et quatre autres expéditions ont été violemment contrecarrées par la marine israélienne. L’expédition maritime de 2008 a été interrompue par un navire de guerre israélien qui a arraisonné un bateau de Free Gaza transportant du matériel médical, des militants non violents, des chirurgiens et des journalistes. La tentative de 2009 a avorté quand les soldats israéliens sont montés à l’abordage. En juin 2009, un autre bateau a été stoppé par la marine israélienne et ses passagers ont été kidnappés et déportés. Israël bloque le passage des bateaux qui veulent rentrer et sortir de Gaza sous le prétexte de la sécurité pour soi-disant empêcher que des armes de contrebande n’entrent à Gaza. Loin de défaire le mouvement des bateaux vers Gaza, les agressions d’Israël ont eu l’effet inverse.

Des bateaux en provenance de Libye, de Malaisie et un bateau transportant des militants juifs ont fait route sur Gaza et ont été bloqués par des navires de guerre israéliens avant d’arriver à la bande de Gaza. En mai 2010, Free Gaza, soutenu par l’organisation humanitaire turque IHH, a envoyé à nouveau des bateaux et des militants vers la bande de Gaza assiégée, cette fois accompagnés par le grand bateau turc le Mavi Marmara. (...) Tout de suite après le massacre de l’année dernière, les autorités égyptiennes ont ouvert partiellement le passage de Rafah. Le siège de Gaza a un impact sur l’eau potable (95% de l’eau de Gaza a une qualité inférieure aux normes de l’Organisation mondiale de la santé), le système sanitaire (les eaux usées sont pompées quotidiennement dans la mer par manque de capacité de stockage), et les secteurs de l’agriculture et de la pèche (les soldats israéliens tirent tous les jours sur les pêcheurs et les fermiers). » (1)

Le blocus absolument illégal de Gaza est considéré par le Conseil de sécurité des Nations unies comme « insoutenable et injustifiable punition collective imposée aux Gazaouis. Pourtant et curieusement l’ONU donne raison à Israël, Eva Barlette écrit : « Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a suggéré que les nations empêchent leurs citoyens de prendre la mer en disant que les gouvernements devraient « utiliser leur influence pour décourager de telles flottilles qui peuvent engendrer une escalade de la violence ». (...) » (1)

« Pis encore, Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé les gouvernements des pays de la Méditerranée à tout faire pour empêcher l’envoi d’une flottille pour Gaza, expliquant que ces bateaux n’ont aucun intérêt humanitaire et ajoutant que pour envoyer de l’aide, il est possible de le faire à travers la route égyptienne ou les ports israéliens. Ban Ki-moon se dit particulièrement préoccupé par l’envoi d’une nouvelle flottille dans la mesure où la communauté internationale considère que ces activistes mènent une « action militaire contre Israël » (organiser quelque chose pour violer un blocus est ’militaire’). » (2)

On remarquera que Ban Ki-moon n’a fait qu’obéir aux « ordres » à la fois des Etats-Unis et d’Israël, il ne propose pas de solution pour lever le blocus de Gaza ! Même son de cloche de la part du Quartette - analogue à un groupe musical qui joue une partition, : le requiem de la cause palestinienne. Avec tout cela on nous dit qu’il n’y a pas de crise humanitaire. Laurent Zecchini écrit : « Les organisateurs de la nouvelle flottille pour Gaza, dont le départ des ports grecs est désormais sérieusement compromis en raison du refus des autorités d’Athènes de la laisser appareiller. La dernière manifestation du succès remporté par cette offensive diplomatique israélienne est la déclaration publiée, samedi 2 juillet, par le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Nations unies et Russie), qui demande « à tous les gouvernements concernés d’user de leur influence pour dissuader toute nouvelle flottille, qui met en péril la sécurité des participants et fait peser la menace d’une escalade ». (...) Sur le plan régional, Israël a obtenu une victoire tactique significative en convainquant la Grèce, Chypre et la Turquie de refuser toute aide logistique à la flottille. » (3)

La situation à Gaza et la politique de fuite en avant d’Israël

Laurent Zecchni poursuit en rapportant l’ambivalence du discours sans, toutefois, le critiquer : « « Ehud Barak (ministre israélien de la Défense) n’a pas tort de dire qu’il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza », résume, à Jérusalem, un haut responsable européen, « les gens ne meurent pas de faim dans les rues, mais tous les indicateurs, l’éducation, la pauvreté, le chômage, l’accès à l’eau, montrent une évolution négative ». Plus de 70% des quelque 1,5 million de Gazaouis reçoivent une aide humanitaire internationale, et le taux de chômage, officiellement estimé à 30,7%, atteint en réalité 45,2% (l’un des taux les plus élevés du monde), selon l’Unwra, Depuis que le blocus de Gaza a été imposé par Israël, le nombre de gens vivant dans une extrême pauvreté (avec 1,5 dollar par jour), a triplé, pour atteindre 300.000 personnes. Celle-ci, insiste Gisha, « a été accrue par des années de blocus et de restrictions de mouvements ». Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), l’allégement du blocus n’a eu qu’un « impact positif marginal ». Gaza reste, d’autre part, un territoire étranglé : Vers le sud, le blocus de Gaza n’a été que partiellement allégé : l’Egypte a annoncé, le 28 mai, l’ouverture du point de passage de Rafah. Mais celui-ci est exclusivement réservé aux mouvements de personnes et ces derniers restent limités. » (3)

Dans le même ordre, après le massacre opéré sur la flottille humanitaire l’an dernier, il faut garder en tête le fait qu’en l’espace des six derniers mois, 700 personnes (Palestiniennes, cela va de soi...) ont fait l’objet de déplacement forcé et 600 structures civiles (immeubles d’habitation, structures sanitaires, citernes d’eau,etc.) ont été détruites. Les expropriations et la construction de colonies en Cisjordanie ne font que se poursuivre ; les violences émanant de colons et des IDF (Israeli Défense Forces) est bien réelle (y compris à l’encontre d’enfants lorsque ceux-ci sont sur le chemin de l’école) ; les restrictions aux libertés d’associations et d’expression font rage ; la liberté de circulation quant a elle, est à l’agonie (check-points où on peut être retenue des heures pour des motifs fallacieux d’y voir des personnes âgées ou handicapées y faire preuve de patience dans la peine et des soldats de 20 ans aboyer sur des individus trois fois leurs aînés. Pendant ce temps, sur les autoroutes passent à grande vitesse des familles israéliennes les cheveux au vent et riant à gorge déployée.

Une tentative bloquée par l’Europe sur ordre d’Israël

« D’autre part, Israël présenté comme un îlot de démocratie dans un océan moyen-oriental d’arriération fait de la discrimination dans sa politique envers les Palestiniens. L’Etat d’Israël dépense 5 fois plus d’argent pour un écolier juif qu’un écolier arabe, la discrimination à l’embauche et la ségrégation grandissante en matière d’habitat. On dit qu’en 2010, la ségrégation en Israël entre Arabes et Juifs est presque totale : sous le couvert du nom faussement banal. La Knesset a finalisé un projet de loi destiné à contourner les décisions antérieures de la Haute Cour de Justice. Il ne sera pas possible de le décrire autrement que comme une loi d’apartheid. Le projet de loi permettrait dans les petites banlieues rurales de rejeter les demandes de familles arabes qui « sont incompatibles avec le tissu socio-culturel de la communauté. S’il devient loi, l’amendement donnera aux comités des villages communautaires le pouvoir de limiter la résidence dans leurs villes exclusivement aux Juifs. » (4)

L’opération « flottille » n’a pu être concrétisée du fait de l’aide de toutes les compagnies aériennes européennes qui ont reçu des listes d’Israël pour ne pas laisser embarquer des militants de la cause palestinienne. La flottille pour Gaza n’a pas dépassé les ports grecs, les pro-palestiniens de l’opération « Bienvenue en Palestine » iront-ils plus loin que les passerelles de l’aéroport Ben Gourion de Lod ? Les autorités israéliennes sont déjà sur le pied de guerre et des militants ont été refoulés à l’embarquement de Roissy-Charles-de-Gaulle jeudi après-midi. Une liste noire de 329 ou de 342 militants jugés indésirables aurait été communiquée aux compagnies aériennes desservant Israël. Selon le Haaretz, un poste de commandement militaire devait ouvrir dans la soirée de jeudi à Ben Gourion. Avec en perspective une bataille d’images à livrer. Trente-six militants pro-palestiniens venus d’Europe et interdits d’entrée en Israël, ont été expulsés dimanche 10 juillet. 82 étaient toujours détenus dans l’attente de leur expulsion. Israël est parvenu à bloquer depuis jeudi la venue de centaines de militants qui voulaient débarquer à l’aéroport de Tel-Aviv pour se rendre en Cisjordanie occupée, soit à leur arrivée, soit en amont en dissuadant des compagnies aériennes de les embarquer » (5).

Gaza refuse la charité du gouvernement grec

La lettre qui suit a été adressée au gouvernement grec, le 12 juillet 2011, pour lui dire clairement que la population de Gaza ne veut pas la charité mais la liberté et le respect de ses droits humains, dont le droit à mener une vie digne. Sourd semble-t-il à sa position, un porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, M. Delavekouras, a réitéré « l’offre généreuse » de son gouvernement de livrer une quantité limitée d’aide humanitaire à la population de Gaza, au lieu de l’aider à recouvrer la liberté à laquelle elle a droit.

« Nous, membres de la société civile palestinienne à Gaza, avons observé les actions entreprises par votre gouvernement pour empêcher la Flottille de la Liberté 2 de naviguer vers la plus grande prison à ciel ouvert - la Bande de Gaza - pour défier le blocus criminel d’Israël, qui nous prive de choses que la plupart des gens considèrent comme acquises, et d’abord et avant tout, notre liberté de mouvement. Nous sommes dans l’impossibilité de bénéficier de soins de santé adéquats ou de débouchés d’enseignement parce que nous ne pouvons pas voyager librement. Nous sommes coupés de nos familles dans les autres parties du territoire occupé et à l’étranger, et nous ne sommes pas autorisés à inviter des gens à venir nous voir à Gaza. Et maintenant, vous avez étendu cette restriction aux gens dont la principale mission est de se tenir en solidarité avec nous. La population de Gaza n’a besoin d’aide humanitaire que parce que nous ne pouvons pas bâtir notre économie. Nous ne sommes pas autorisés à importer des matières premières ou à exporter ; nos pêcheurs et nos fermiers sont la cible de tirs lorsqu’ils essaient de pêcher et de cultiver leur terre. A cause de la politique israélienne délibérée, 80% de notre population dépend de l’aide alimentaire, nos infrastructures sont en ruine et nos enfants ne peuvent imaginer un jour où ils connaîtront la liberté. » (6)

« Votre proposition de livrer la cargaison de la Flottille de la Liberté implique la notion que l’aide humanitaire résoudra nos problèmes et c’est une tentative médiocre de masquer votre complicité dans le blocus israélien. Les organisateurs et les participants de la Flottille de la Liberté reconnaissent que notre situation désespérée n’est pas une question d’aide humanitaire ; c’est une question de droits de l’homme. Ils emmènent avec eux quelque chose de plus important que l’aide ; ils emmènent l’espoir, l’amour, la solidarité et le respect. Bien qu’il soit évident que vous avez subi d’énormes pressions politiques pour vous soumettre à la volonté du régime israélien, de collaborer avec Israël pour violer le droit international et légitimer le siège, nous refusons d’accepter vos miettes. Nous avons soif de liberté, de dignité et de la capacité à faire des choix dans nos vies quotidiennes. Nous vous exhortons à reconsidérer immédiatement votre décision et à laisser partir la Flottille de la Liberté (...) défiant ainsi le blocus illégal israélien de la Bande de Gaza et l’occupation illégale de la terre palestinienne. » (6)

Beau plaidoyer en vérité qui n’a pas convaincu... Si ce n’est pas une crise humanitaire ? Quelle est la solution ? Que font les pays occidentaux pour lever le blocus ? Israël continuera-t-il à imposer le fait accompli ? Chaque nouvelle bravade par de nouvelles constructions constitue un précédent irréversible. Que le Quartette avoue il y a quelques jours son impuissance n’augure rien de bon ! Les Palestiniens veulent leur Etat dans les frontières de 1967. Israël n’en veut pas ! Israël va-t-il rester dans sa tour d’ivoire et son bunker mental ! L’Heure de la raison et des concessions a sonné. Le calvaire de près d’un siècle du peuple de Palestine doit cesser. C’est une exigence morale. A quand un président ou une autorité disposant d’un magister moral capable de dire à la face du monde , à l’instar de John Fidgerald Kennedy au plus fort du blocus de Berlin avec son célèbre « Ich bin ein Berliner ! » , « Ich bin ein Ghazoui ! »

C.E. CHITOUR

EN COMPLEMENT : voir le site http://www.unbateaupourgaza.fr/

Liberté pour Arantza Zuloeta

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 17/07/2011 à 11:51:00

Liberté pour Arantza Zuloeta !

La poursuite de la guerre menée par l’Etat espagnol contre les basques, y compris les avocats des prisonniers politiques basques...

Solidarité avec toi Arantza. Comité solidarité basque Lille.

Arantza Zuloeta a été arrêtée puis incarcérée

 

15/07/2011 - C.B.

A travers un communiqué, le mouvement pro-amnistie a tenu à exprimer sa solidarité envers Arantza Zuloeta et “demande sa libération”.

Mercredi midi, alors qu’elle déjeunait à Hernani, l’avocate Arantza Zuloeta, en liberté conditionnelle, a été arrêtée par la garde civile. Selon la presse espagnole, la découverte ce mardi 12 juillet des trois caches d’armes à Baïgorry, (en pays basque côté « français ») serait en relation avec ce revirement de situation. Arrêtée le 15 avril 2010, en même temps que les avocats Jon Enparantza et Iker Sarriegi, lors d’une opération de la garde civile, Arantza Zuloeta avait été relâchée quelques mois plus tard après avoir payé une caution de 60 000 euros. Parmi les documents qui avaient été saisis lors de son arrestation en avril 2010, des plans des caches d’armes de Baïgorry mises à jour auraient été retrouvés.

solidairité à Béthune

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 12/07/2011 à 17:20:23

Béthune solidaire d’Aurore Martin

Terre de luttes par excellence, le Nord s’indigne du sort réservé à Aurore Martin, la militante de la Cause basque, dans le cadre de l’inique  Mandat d’arrêt européen. 

 Un mot d’ordre :

SOLIDARITÉ !

 Des  militants  de  la  Jeunesse  communiste  en  digne  héritiers  des  partisans  de l’anticolonialisme, des syndicalistes des Unions locales CGT de Bruay-la-Buissière ou Béthune, Hervé Poly,  le  premier  secrétaire  de  la  Fédération  du  Pas-de-Calais  du  PCF  plus  que  jamais  fidèle  aux traditions internationalistes  du  mouvement ouvrier, des  citoyens  inquiets  des  atteintes  portées aux libertés dans le cadre de l’application du Mandat d’arrêt européen (MAE)…

 

Sous un soleil estival, la cité de Buridan rayonnait du sourire d’Aurore Martin militante de la Cause basque menacée d’extradition vers l’Espagne. Son crime ? Avoir sur papier couché les mots de la résistance dans un pays où l’on continue, comme sous Franco, de pratiquer la torture à l’encontre de ces combattants qui ont, à l’heure de la mortifère standardisation européenne à la sauce libérale, l’outrecuidance de  revendiquer    « l’indépendance et le socialisme ».   

 Pour  son  appartenance  à l’organisation Batasuna, interdite de l’autre côté des Pyrénées, mais parfaitement légale dans l’Hexagone, Aurore Martin encoure une peine de douze années de prison !

 A l’appel du comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62)  et du Comité Solidarité basque de Lille, les manifestants ont exigé  la « liberté pour Aurore !» et ont dit  « non à l’extradition !»,  dans le cadre d’une campagne  de  sensibilisation  déjà  ponctuée  par  un rassemblement  à  Lille  quatre  jours  plus  tôt.  Banderole  déployée,  drapeaux  aux  couleurs  du  Pays basque  ou  rouges  floqués  du  marteau  et  de  la  faucille  au  vent,  ils  ont  entrepris  le  tour  du  beffroi, incarnation de ces libertés jadis arrachées au régime féodal. Tout un symbole !

solidaire à Béthune

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 12/07/2011 à 17:16:00

Béthune solidaire d’Aurore Martin

Terre de luttes par excellence, le Nord s’indigne du sort réservé à Aurore Martin, la militante de la Cause basque, dans le cadre de l’inique  Mandat d’arrêt européen. 

 Un mot d’ordre :

SOLIDARITÉ !

 Des  militants  de  la  Jeunesse  communiste  en  digne  héritiers  des  partisans  de l’anticolonialisme, des syndicalistes des Unions locales CGT de Bruay-la-Buissière ou Béthune, Hervé Poly,  le  premier  secrétaire  de  la  Fédération  du  Pas-de-Calais  du  PCF  plus  que  jamais  fidèle  aux traditions internationalistes  du  mouvement ouvrier, des  citoyens  inquiets  des  atteintes  portées aux libertés dans le cadre de l’application du Mandat d’arrêt européen (MAE)…

 

Sous un soleil estival, la cité de Buridan rayonnait du sourire d’Aurore Martin militante de la Cause basque menacée d’extradition vers l’Espagne. Son crime ? Avoir sur papier couché les mots de la résistance dans un pays où l’on continue, comme sous Franco, de pratiquer la torture à l’encontre de ces combattants qui ont, à l’heure de la mortifère standardisation européenne à la sauce libérale, l’outrecuidance de  revendiquer    « l’indépendance et le socialisme ».   

 Pour  son  appartenance  à l’organisation Batasuna, interdite de l’autre côté des Pyrénées, mais parfaitement légale dans l’Hexagone, Aurore Martin encoure une peine de douze années de prison !

 A l’appel du comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62)  et du Comité Solidarité basque de Lille, les manifestants ont exigé  la « liberté pour Aurore !» et ont dit  « non à l’extradition !»,  dans le cadre d’une campagne  de  sensibilisation  déjà  ponctuée  par  un rassemblement  à  Lille  quatre  jours  plus  tôt.  Banderole  déployée,  drapeaux  aux  couleurs  du  Pays basque  ou  rouges  floqués  du  marteau  et  de  la  faucille  au  vent,  ils  ont  entrepris  le  tour  du  beffroi, incarnation de ces libertés jadis arrachées au régime féodal. Tout un symbole !

11 juillet solidaire à Béthune

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 07/07/2011 à 20:20:57

aux militants syndicaux, associatifs, politiques... aux progressistes

Chers-es camarades et amis-es,

à l'appel de Libérez-les ! et du CSB Lille, un rassemblement sera organisé sur la Grande Place de Béthune le 11 juillet prochain à 17h30 en soutien à Aurore Martin.

Il ne s'agit de dogmatisme car chacun à ses opinions sur cette question, mais de solidarité avec une militante de la cause basque et engagée dans le parti Batasuna autorisé de ce côté ci de la frontière.

Dans le sud-ouest, au pays Basque et partout en France, de nombreuses personnalités du monde politique, associatif et syndical, de gauche, du centre et même de droite, se sont élevés contre cette extradition demand&eac ute;e et obtenue par l'état espagnol suite à un jugement politique qui nie le droit d'expression et d'engagement politique.

ce mandat d'arrêt européen est un déni de démocratie et de souveraineté des nations qui composent l’Europe, c'est un nouveau pas vers les lois liberticides qui se mettent en place dans cet espace où les capitaux circulent librement qu'ils soient blanchis ou non, mais où les droits des peuples s'amenuisent d'année en année...au nom de la sécurité (?)

Qu'on soit militants engagés dans les syndicats, les associations et les partis progressistes...nos droits d'expressions et d'idées sont de plus en plus menacés par des lois et des jugements qui entend ent nous priver de cette liberté de penser.

Nous appelons donc tous-tes les camarades conscients du problème et soucieux de la démocratie à se mobiliser pour qu'ici aussi à Béthune, le 11 juillet de 17h30 à 18h30, les voix de la solidarité s'élèvent contre cette extradition vers un pays qui torture encore prés de 40 ans après Franco, (selon un rapport accablant d'Amnesty International)

Merci de votre présence solidaire