«Comité Libérez-les !»

> «Libérez-les !» > Lire les communiqués
Page 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20 - 21 - 22 -

Daniel Derguy

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/08/2011 à 12:47:50

Ce dossier sur le mandat d'arrêt européen (MAE) à l'encontre de Daniel Derguy, a été réalisé avec des articles du numéro spécial de l'hebdomadaire Ekaitza n°1251 du 04/08/2011.

 le 6 juillet 2011 Daniel Derguy est arrêté à Cahors, alors qu’il construit depuis plus de trois ans une nouvelle vie, dans le cadre de la liberté conditionnelle. Les autorités madrilènes ont délivré un MAE à son encontre, au prétexte d’une affaire datant de dix sept années : une lettre piégée où ses empreintes auraient été relevées, postée à Paris en mars 1994 ! Pour la justice française, il y a pourtant prescription. Daniel Derguy a cependant été arrêté, puis relâché sous contrôle judiciaire ; il est passé en procès le 27 juillet 2011 à Agen.

  Un parcours de militant

 Originaire d'Hazparne, et longtemps résidant à Hiriburu, Daniel Derguy, 51 ans, qui a été technico-commercial à Bayonne, est un militant basque connu pour son implication dans les associations de son canton. Arrêté à Paris le 23 juillet 1996, il sera violemment battu par les forces de police à cette occasion.

Trois procès plus tard, il est condamné à 20 ans d'incarcération pour association de malfaiteurs. Comme 695 citoyens basques, Daniel Derguy était membre du Collectif des prisonniers politiques basques. Pendant ses 12 années d'incarcération, il mena toutes les luttes du Collectif, pour la reconnaissance de leur statut de prisonnier politique, le respect de leurs droits, et surtout contre leur éloignement.

 En janvier 2000, il devint l'un des porte-paroles des prisonniers politiques basques, et ce, alors qu'il se trouvait en grève de la faim illimitée depuis le 27 décembre 1999. Cette lutte collective des prisonniers politiques basques détenus en Espagne et en France avait pour but de dénoncer la politique pénitentiaire menée à leur encontre tout en revendiquant le respect de leurs droits.

 Daniel Derguy fera 63 jours de grève de la faim : il en ressortira très affaibli, et avec de nombreuses séquelles physiques, dont il subit encore les conséquences aujourd'hui.

 Des milliers de personnes, des militants, des syndicats, des élus, des partis politiques, s'étaient alors mobilisés pour le soutenir et dénoncer la situation dans laquelle il se trouvait. La presse locale et nationale, en France, avait relayé cette grève de la faim et les soutiens qu'elle avait suscités.

Incarcéré dans de nombreux centres pénitentiaires français, dont les prisons de Fresnes et de Fleury-Mérogis, il achèvera sa condamnation à Clairvaux : il est en libération conditionnelle depuis le 14 mars 2008 après 12 années passées en détention.

 Sa libération a été acceptée sous des conditions très contraignantes, dont la réalisation d'une formation professionnelle de reconversion à Saint-Dizier (dans la région Champagne-Ardenne, à 965 kilomètres de Bayonne), une interdiction de séjour au Pays Basque, en Bretagne et à Paris, d'une durée de 10 ans, et la présentation tous les mois d'attestations de présence à la formation ou d'activité professionnelle, et ce pendant 5 ans.

 Daniel Derguy réalisera cette formation en ébénisterie à Saint-Dizier, à près de 1 000 km de sa famille et de sa compagne.

 A la fin de sa formation professionnelle, il obtient l'autorisation de s'installer à Cahors, où il trouve un emploi dans un magasin de mobilier. Ayant, depuis quelques mois, la possibilité de prendre ce magasin en gérance, il devait s'en porter acquéreur et signer l'acte de vente le 6 juillet dernier, le jour de son arrestation.

 Depuis sa libération conditionnelle, Daniel Derguy s'est totalement investi dans son projet professionnel, respectant toutes les mesures de contrôle qui lui avaient été imposées et se projetant dans une reconversion à Cahors en prenant la gérance d'un magasin.

 Son arrestation le 6 juillet pour la notification d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités espagnoles, pour des faits qui auraient été commis en 1994, soit il y a 17 ans, vient mettre à mal tout ce projet. L'activité même de son magasin en subit un grave préjudice, car même en cas de non-application de ce mandat d'arrêt, il sera difficile d'effacer les effets négatifs de cette arrestation très médiatique.

 Ce mandat d'arrêt européen porterait sur un scellé vieux de 17 années, une lettre piégée désamorcée de mars 1994, où une empreinte digitale aurait été retrouvée sur une carte de visite qui se trouvait dans l'enveloppe.

Suite à son arrestation à Cahors le 6 juillet 2011, il a été présenté à la Cour d'appel d'Agen (Lot-et-Garonne), de nouveau incarcéré en attente de procédure, le juge considérant qu'il n'avait pas de garantie de représentation (alors qu'il travaille et doit signer l'acte d'achat de la gérance d'un magasin !...). Incarcéré d'abord à Agen, puis à Gradignan, Daniel Derguy réagit à cette injustice flagrante en entamant dès son arrestation une grève de la faim illimitée.

 Après 8 jours de grève de la faim, 7 kg perdus et en raison de sa détermination dans son action, il est remis en liberté le 13 juillet. Un délai supplémentaire pour préparer sa défense ayant été accordé, il reste libre, sous contrôle judiciaire, jusqu'au 27 juillet, où son MAE a été examiné à Agen. La justice indiquera le 17 août prochain si elle accepte ou non ce MAE.

 Rappelons que le 15 mars 2011, Thomas Hammarberg, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a dénoncé le recours excessif au mandat d'arrêt européen en ces termes : " Les problèmes (en rapport avec le MAE) semblent s'être aggravés avec l'augmentation du nombre des MAE : on en compte en moyenne plus d'un millier par mois. (...) L'application de ces procédures a entraîné des violations des droits de l'homme. " Le recul des libertés fondamentales qui en découle en Europe est manifeste, et l'acharnement des autorités françaises et espagnoles à faire en sorte qu'un citoyen basque de nationalité française soit livré à l'Espagne a de quoi inquiéter. Après une tentative pour l'instant avortée avec Aurore Martin, les deux États reviennent à la charge avec Daniel Derguy, pour des faits remontant à 1994 et qui sont en relation avec d'autres faits pour lesquels ce militant basque a déjà accompli 12 ans de prison, suivis de restrictions très strictes dans le cadre de la libération conditionnelle dont il bénéficie depuis trois ans. Et cela alors qu'un processus de paix est en cours au Pays Basque. Une forte mobilisation s'est rapidement mise en place contre ce nouveau MAE, de nombreux élus du Pays Basque, conseillers régionaux, Conseillers Généraux, Maires, conseillers municipaux, ayant signé une pétition par laquelle ils demandent au Gouvernement français l'abandon des poursuites à l'encontre de Daniel Derguy, l'arrêt de l'utilisation du MAE à des fins politiques, et enfin son implication dans la recherche d'une solution au conflit politique au Pays Basque.

 Les troubles qu'avait connus le Pays Basque Nord il y a 11 ans à l'occasion de diverses manifestations de soutien à Daniel Derguy en grève de la faim durant 63 jours dans des conditions rendues inhumaines par l'administration pénitentiaire n'ont-ils pas servi de leçon ? Y a-t-il encore quelqu'un qui doute de la détermination de Daniel à se servir de la dernière arme qui lui reste, son corps, pour imposer son droit à la dignité et à la liberté ? N'a-t-il pas suffisamment payé pour mériter de votre part respect et considération ?

  " Je ne peux pas accepter "

 Compte tenu des événements, nous avions demandé à Daniel Derguy s'il était possible de nous entretenir avec lui après le procès d'Agen dont le contenu devait en partie déterminer son attitude. Nous nous sommes donc rencontrés le soir du procès à Cahors. Les circonstances ont fait que plutôt que de mener une interview, nous sommes entrés dans une discussion à bâtons rompus qui nous a permis de percevoir plus précisément l'état d'esprit et l'engagement de Daniel. Cet article n'est donc pas présenté comme une interview mais sera ponctué par les déclarations et les réflexions de Daniel, au-delà de sa propre personne.

C'est autour d'une table garnie que s'est déroulée la discussion, en abordant les sujets sans véritable chronologie. Pour la commodité des lecteurs nous avons donc essayé de remettre un peu d'ordre dans tout ça et, chronologiquement, de faire comprendre les motivations de Daniel et les enjeux de son combat, un combat qui ne s'arrête pas à sa seule personne et que nous devons tous engager de manière non équivoque.

 La case prison

 Ce nouvel épisode a commencé le mardi 6 juillet lorsque des policiers en civil sont venus arrêter Daniel pour le conduire en prison avant de l'emmener devant le tribunal d'Agen chargé de prendre la décision d'accorder ou non le mandat d'arrêt européen émis par l'Etat espagnol.

 " J'ai vu des hommes arriver, j'ai tenté de mettre la clef dans la serrure du magasin pour entrer, mais je n'en ai même pas eu le temps. Tout s'est passé très vite. Ils m'ont embarqué dans une voiture et m'ont ensuite montré leur brassard, ce qui n'avait pas été fait avant. Même les voisins ont cru qu'il s'agissait d'un enlèvement. " Les policiers étaient des costauds, selon Daniel, les mêmes qui avaient tenté d'arrêter Aurore Martin ? Peut-être, en tout cas, ils appartenaient à la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de Baiona.

 Tout va alors très vite, l'acheminement vers Agen où doit lui être signifiée l'émission d'un mandat d'arrêt européen par l'État espagnol. Retour à la case départ. Et un premier passage devant les juges, à Agen. Où l'on signifie à Daniel qu'il est l'objet d'un mandat d'arrêt européen selon de nouveaux faits apparus. Et l'embrouillamini qui s'en suit. Que faire ? Il fallait prendre sa décision et rester en cohérence avec la démarche actuelle de la gauche abertzale.

 Pendant ce temps, Daniel était incarcéré à Gradignan. " Ça fait bizarre [doux euphémisme] de se retrouver en prison. J'ai revécu de drôles de choses. " On y retrouve les mêmes lieux mais surtout, les mêmes liens. " Les détenus viennent te voir, comme pour les nouveaux. " Mais il y a aussi l'attitude de la direction, qui demande que Daniel soit avec une autre personne dans la cellule, on ne sait jamais. Même avec un autre détenu basque. Il n'ignore pas que Daniel est en danger.

 Quelle possibilité d'action ?

 Daniel comprend très vite que sa marge d'action est limitée. Étant seul concerné, il faut choisir une méthode d'action qui soit efficace. Il a déjà, lors d'une campagne menée collectivement, effectué une grève de la faim de plus de 60 jours. Et ce, avec des conséquences irréversibles pour son corps. A ce moment se confirme le choix d'un engagement, un choix on ne peut plus logique : " Il y a trente ans que je lutte et que je me suis engagé, ce n'est pas pour accepter ça ! " Daniel, dès le premier passage devant le juge, a refusé d'être remis aux mains aux autorités espagnoles. Et il affirme que si cela doit être fait, " ce sera entre quatre planches. " Lorsqu'il exprime ce choix, Daniel est très clair, et il pense aussi aux autres. Ce mandat a été accepté pour Aurore, mais il n'a pu être appliqué. Après cet échec du gouvernement français, il fallait une autre victime. Tout simplement pour créer un précédent. " S'il y en a un qui passe, c'est la porte ouverte ", autrement dit, à une extension de la pratique. Il s'agit de résister pour lui-même mais aussi contre une mesure juridique d'exception qui pourrait conduire un certain nombre de militants à une détention définitive.

 Une première étape

 Daniel se déclare en grève de la faim et dans un premier temps, la représentante de l'État s'oppose à une remise en liberté de Daniel. Mais, lorsque Daniel est présenté devant le tribunal d'Agen, sa liberté conditionnelle ne pose pas de problème. Avec une première échéance, celle du 27 juillet, date de l'examen du MAE par la cour d'appel d'Agen.

 Etat d'esprit

 Ces événements se sont succédé en peu de temps. La situation était, pour Daniel, tout à fait inattendue : " J'ai pris un pet. " Rien ne laissait supposer qu'il puisse être de nouveau dans le collimateur de la justice française. Remis en liberté conditionnelle, il avait entamé une autre vie, dans les clous délimités par la loi. Et lorsque la nouvelle arrive, tout s'écroule. Et c'est le militant qui réagit, revenant inexorablement sur son parcours, l'engagement, la clandestinité, la prison. Quelle décision fallait-il prendre " après trente ans passés là-dedans ? " Et il a pris sa décision : " Chaque fois qu'ils passeraient quelqu'un, ils auraient devant les yeux le cadavre de Daniel Derguy. " Et ce n'est pas une réaction désespérée : " J'aime la vie ! "

 Il ne fallait pas attendre et Daniel avait décidé que si l'avocate générale demandait l'application du MAE, il se mettait immédiatement en grève de la faim. Cette décision a été soumise à critique de la part de ses proches qui se sont évertués à lui dire qu'il risquait sa vie s'il entamait ce mouvement. Les conséquences de sa précédente grève de la faim pèsent lourd dans la balance : " On m'a dit que j'ai les reins d'un type de 80 ans. " Mais du point de vue politique, il s'agit d'une décision qui a ses conséquences sur l'ensemble du mouvement abertzale et peut-être au-delà : " Je ne pouvais pas accepter ! " Et lorsque ces mots sont prononcés, on sent bien que les années de lutte et les sacrifices effectués pèsent énormément dans la balance. Pas seulement les siennes mais aussi celles de ceux et celles qui se sont engagés de la même manière et qui sont susceptibles d'être, demain, les victimes d'un nouvel MAE.

 La pression matérielle

 L'arrestation de Daniel a eu lieu alors qu'il devait recevoir une livraison de meubles qui devait lui permettre de démarrer du bon pied sa nouvelle activité commerciale. Coïncidence ou savant calcul du bureau des Affaires basques, on peut tout supposer ? Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là puisqu'il reste en attente d'un verdict le 17 août. En attendant, l'emprunt négocié reste en suspens. Comment faire sans trésorerie alors que le commerce vient d'être déclaré et que les frais courent, loyer, fournisseurs et autres ? " Il va falloir assurer, de toute façon, on n'a pas le choix ", et Chantal, sa compagne, de confirmer qu'il faudra faire avec les moyens du bord.

 Serein mais vigilant

 Lors du procès d'Agen, l'avocate générale a prononcé un réquisitoire expliquant que le mandat d'arrêt européen émis contre Daniel avait de bonnes raisons de n'être pas accepté. Mais, car il y a toujours un mais, elle a bien précisé que la décision ne lui appartenait pas et que le tribunal était seul chargé d'argumenter le verdict définitif. Dans d'autres circonstances, au vu du réquisitoire, on serait d'un optimisme débordant. Mais ce réquisitoire a été prononcé avec les formes et ne demande pas clairement l'abandon du MAE. Certes Daniel se déclare serein, mais comme il le dit lui même : " Il ne faut jamais baisser la garde, dès qu'on le fait, tu vois ce qui arrive. " Il s'agit donc de rester vigilant sur ce qui ressemble de plus en plus à un sabotage en règle du processus en cours. Un processus que défend Daniel qui prône une véritable unité de la gauche abertzale, surtout dans les actes. Comment ne pas évoquer les années passées sur des stratégies parallèles ? " Á l'époque, nous nous sommes fait très très mal. " Il se tient toujours au courant de ce qui se passe ici et il se rend bien compte que sa position militante peut avoir des conséquences.

Comment cela se passerait-il si un militant venait à laisser la vie dans ce combat ? Cela pourrait entraîner des réactions qui fragiliseraient les bases d'un processus qui de la part des interlocuteurs espagnols et français tarde à démarrer. " Lorsque nous avons parlé de ma décision avec des militants, cet aspect a été inévitablement évoqué. " Et comme il l'a rappelé lui-même devant le tribunal, cette décision de prononcer un MAE contre lui et d'autres constitue une attaque à ce processus. Il s'agit de répondre collectivement à de telles provocations. Mais du travail a été effectué, à partir de l'affaire Jon Anza puis celle d'Aurore Martin. Pour Daniel, ce travail porte ses fruits. Il constate que les élus ont massivement signé en sa faveur, comme pour Aurore Martin alors que lui n'était pas accusé de délits répertoriés comme politiques mais d'une tentative d'attentat. " On voit que depuis Aurore Martin, il s'est passé quelque chose. Le collectif contre le MAE regroupe au-delà des abertzale " (voir la liste des signataires). Et Daniel salue le travail de fourmi réalisé sur le terrain qui a débouché sur une prise de conscience beaucoup plus large sur le sujet.

 Tourné vers l'avenir

 Si le verdict du 17 août confirme les impressions laissées au procès d'Agen, Daniel devrait raisonnablement pouvoir reprendre ses activités professionnelles. En pensant au moment où il pourra enfin vivre chez lui : " Je ne peux pas retourner vivre en Iparralde avant 2018 ", mais lorsqu'il dit ça, il souhaite évidemment que ce délai de dix années au départ soit raccourci. Il reste beaucoup à construire et après tant d'années de clandestinité et d'incarcération, il veut y participer. Mais il ne s'attarde pas sur le sujet, cet éloignement est assumé et comme l'a mentionné l'avocate générale, Daniel respecte la règle et sa " traçabilité " ne pose pas de problèmes. Pour l'instant, il va se consacrer à la préparation de son avenir, ou plutôt de leur avenir, il n'est pas seul, avec l'énergie et la détermination qu'on lui connaît. En espérant que l'on tienne compte de son appel à la vigilance. En tout cas, il dit et il le répète : " Il ne faut pas baisser la garde. " C'est l'une des principales leçons pour les militants à tirer de cet épisode qui n'est pas encore clos, loin s'en faut.

  Mais pourquoi donc Daniel Derguy passe-t-il en procès ?

 (Procès du 27/07/2011)

 L'audience débute par l'arrivée de l'avocat général, qui représente le ministère public, Madame Heyte, déjà présente lors de la précédente audience. D'entrée de jeu, elle rappelle au public nombreux (une cinquantaine de personnes) qu'elle ne tolèrera aucune expression vocale.

 En revanche, la cour, à la surprise de la défense, est composée de magistrats différents de ceux du 13 juillet.

 Le président, M. Sorrau, après l'interrogatoire d'identité, présente une synthèse du dossier, et en particulier l'historique du mandat d'arrêt européen qui vise Daniel Derguy. Ce MAE, émis par le juge Meredes, du Tribunal national espagnol (Audiencia nacional) est arrivé le 8 mars 2011 sur le bureau des autorités françaises.

 L'ordre est donné d'arrêter Daniel Derguy. Le 6 juillet au matin, des hommes cagoulés, les mêmes que ceux qui ont tenté d'arrêter Aurore Martin l'après-midi du 21 juin à Bayonne, semble-t-il d'après la description qui nous en a été faite, se sont emparés de Daniel, devant son domicile. Le 7 juillet, il était présenté au tribunal d'Agen. Le 13 juillet, Daniel Derguy était remis en liberté et un supplément d'information était demandé aux autorités espagnoles ; en effet, se posait un problème de traduction en français non conforme à l'original et d'extinction des poursuites par prescription (les faits incriminés, à savoir une lettre piégée dans laquelle aurait été relevée l'empreinte du pouce de la main gauche de Daniel, datant du 4 mars 1994 – date de réception de la lettre – ou du 21 février 1994 – cachet de la poste de Paris du courrier).

 Aussi incroyable que cela puisse paraître, la question soulevée par le tribunal relative à la traduction relève du fait que par rapport à l'original en castillan, un paragraphe entier a été rajouté dans la traduction en français fournie par les autorités espagnoles. Ce paragraphe attribue à Daniel Derguy, après une " tentative d'assassinat en tant qu'auteur ", un second chef d'inculpation : " Détention d'explosif en collaboration avec une entreprise terroriste. "

 Bien évidemment, les autorités espagnoles ont adressé une nouvelle version de cette traduction dans laquelle ce passage n'existant pas en castillan a disparu, avançant l'excuse d'une " erreur matérielle " dans la traduction...

 Pour la tentative d'assassinat, Daniel risque 30 ans de prison. En droit espagnol, le délit est prescrit après vingt ans, soit le 4 mars 2014. Quant à savoir ce qu'il en est réellement de la prescription de ce délit, les autorité espagnoles préfèrent ne pas répondre.

 Application du droit

 Après cet exposé de la procédure, la parole est donnée au ministère public qui va curieusement nous faire un cours de droit appliqué au MAE.

 L'avocate générale, qui dans son réquisitoire écrit aurait précisé que le tribunal ne " doit pas " accepter ce MAE (d'après nos sources), va s'employer à expliquer la position du ministère de la Justice sur ce problème (elle précisera au moins deux fois que c'est sur ordre qu'elle présente cette position). Elle constate que la première traduction en français n'était pas identique au texte original et que les autorités ont bien transmis une nouvelle copie française " certifiée conforme " de ce mandat.

 Viendra ensuite une longue explication des raisons pour lesquelles en droit français, la prescription pour le délit retenu pouvait être acquise, en se reportant à l'art. 695 al. 22 du Code pénal. En 1994, la prescription pour le délit reproché à Daniel Derguy était de 10 ans. En 1995, une nouvelle loi rallonge le délai de prescription mais ne s'applique pas aux faits commis si cela aggrave les peines des personnes emprisonnées. Le 9 mars 2004, une nouvelle loi vient annuler l'alinéa de 1995 relatif à la suspension de l'allongement de la prescription pour cause d'aggravation de la situation des prévenus. Le 11 mars 2004, cette loi est publiée au Journal officiel.

 Or, pour les faits imputés à Daniel datant du 4 mars 1994, la prescription était acquise le 4 mars 2004 et donc la loi du 11 mars de cette même année ne peut lui être appliquée.

 Soulevant un autre point de droit, l'avocate générale va s'appuyer sur l'article 695.24 de cette loi pour dire que " les faits ont été commis sur tout ou partie du territoire français " et qu'à ce titre, ils ne peuvent tomber sous le coup d'une juridiction étrangère. Autre motif de refus de ce mandat d'arrêt. Elle s'appuie pour cela sur une décision de la chambre d'instruction de Pau, qui fait jurisprudence. Toutefois, précise-t-elle, toute décision de refus doit être motivée (art. 695.25).

 Abordant la notion d'" ordre public international ", elle remarque que Daniel Derguy a été condamné lourdement (en fait trois condamnations de 10 ans, le maximum de la peine, confusionnées à 20 ans) et que l'on peut légitimement penser que les faits reprochés sont " connexes ou concomitants " à ceux pour lesquels il a été condamné (" association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ") et donc qu'il a déjà été jugé pour ces faits... Cependant elle fait remarquer à la cour qu'une " convention sur le terrorisme lie l'État français " et lui donne " l'obligation d'examiner les faits ", questionnant directement les juges sur l'éventualité d'ouvrir une instruction sur ces faits (par ailleurs prescrits et déjà jugés – Ndlr)...

 Voilà la teneur de ce réquisitoire qui a pris des allures de conférence de droit pour juristes chevronnés. Toujours est-il que l'avocate générale a bien précisé aux juges que c'était à eux de prendre la décision et de la motiver.

 Refus

 La plaidoirie de Yolanda Molina, l'avocate de Daniel, a porté sur deux parties. D'une part, elle a affirmé que la cour se trouvait devant un cas de refus obligatoire dû au principe de territorialité (les faits on eu lieu en partie sur l'État français et sont prescrits en droit français), et un cas de refus facultatif qu'elle trouve particulièrement adapté, puisque cela relève du pouvoir que la loi donne aux juges de refuser un mandat d'arrêt européen, en se basant dans le cas présent sur l'ancienneté des faits, l'impossibilité de se défendre qui en découle et sa situation personnelle.

 Me Molina cherche pourquoi on vient en 2011 chercher Daniel Derguy pour des faits commis en 1994 : " Il y a une raison qui n'est pas juridique. Elle est ailleurs. C'est une raison politique ", affirme-t-elle. De plus les faits reprochés (une empreinte sur une carte de visite dans une enveloppe) " ne constituent pas en droit français une tentative d'assassinat ". Elle remarque que les empreintes digitales de Daniel Derguy, arrêté en 1996, ont été diffusées depuis 1998, et " ne croit pas à un manque de diligence de l'autorité espagnole ". " A Madrid, des dossiers comme celui-là, il y en a plein les tiroirs ! " affirme-t-elle.

 Elle demande donc à la cour de rejeter ce mandat au titre du " refus obligatoire " et du " refus facultatif ".

 Le président donne alors la parole à Daniel Derguy en lui précisant de ne pas sortir du cadre de cette affaire.

 Les mots de Daniel sont brefs, calmes et déterminés : " Vous avez devant vous un homme qui n'est pas rempli de haine mais un homme en colère... Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ce sera un cadavre qui prendra le chemin de l'Espagne ". " Quand l'État français va-t-il s'inscrire dans le processus démocratique politique et non-violent qui doit aboutir à une véritable paix ? "

 Les Affaires basques

 Les faits se résument donc à une arrestation sur la foi d'un mandat d'arrêt international connu par les autorités françaises depuis 4 mois, et qui de l'aveu même de ces autorités ne peut être que refusé.

 Cependant, ces autorités montent une arrestation commando, avec les risques de bavure que cela comporte. Elles mettront Daniel Derguy en prison, s'opposeront à sa libération, puis le lendemain, à l'audience du 13, n'y feront plus obstacle.

 Le lecteur, se demandera peut-être pourquoi nous nous sommes étendus longuement sur les arguments juridiques de cette audience qui fut exclusivement " technique ". Il nous a semblé important d'essayer d'éclairer la complexité des arguments de droit mis en avant, afin de mieux mettre en évidence le fait que des juristes seuls ont pu poser les bases d'un tel mandat d'arrêt, en Espagne bien sûr, mais aussi en France, où les juristes du bureau des Affaires basques ont eu 4 longs mois pour étudier ce mandat, s'apercevoir qu'il n'était pas applicable et néanmoins déclencher son début d'exécution. Ces juristes qui, n'en doutons pas, sont titulaires des meilleurs diplômes, n'hésitent cependant pas à fournir à la police et à la justice un document biaisé (" erreur matérielle " de traduction) et inexécutable en droit. Il faudra attendre l'audience du 13 juillet pour commencer à s'en rendre compte. Imagine-t-on les conséquences si la défense n'avait pas mis à jour ce " vrai-faux " mandat d'arrêt...

  Batasuna fait le point sur la situation

 Le 6 juillet 2011, une nouvelle étape dans la politique de répression de l'État français est franchie. Comme Aurore Martin, Daniel Derguy, militant basque de " nationalité française " se voit notifier un Mandat d'Arrêt Européen. L'État français confirme que sa décision est prise : éliminer de la carte une expression politique basque qui le dérange, et ce, grâce à un outil politique émis par une juridiction d'exception. Le recours au MAE par l'État français porte ce message : réduire à néant, ici aussi, la gauche abertzale et son projet politique. Une loi dite " antiterroriste " devient bien une loi " anti projet Euskal Herria ". L'heure est extrêmement grave : après Aurore, après Daniel, on peut supposer, sans trop se tromper, que d'autres militants du Pays Basque Nord subiront le même sort : des années d'incarcération à Madrid pour leur engagement en faveur d'un Pays Basque réunifié, libre et démocratique. Ces militants rejoindront ainsi la longue liste de ceux d'Hegoalde renvoyés par des tribunaux français dans les prisons espagnoles, à la demande de l'Audiencia nacional, juridiction d'exception qui base ses décisions sur des déclarations issues d'actes de torture.

 Face à cette situation, l'attitude de Daniel est sans équivoque. Il se battra jusqu'au bout, et par tous les moyens, quel que soit le prix à payer. Il n'acceptera pas d'être renvoyé en prison en Espagne, pour des faits remontant à 17 ans, et qui sont donc prescrits en droit français. Ceux et celles qui connaissent Daniel savent que ce geste n'est pas anodin, n'est pas lancé au hasard. A une attaque frontale lancée par l'État français, Daniel répond par la résistance, l'engagement total, la dignité, la hauteur politique. Nous ne pouvons qu'être à ses côtés et mettre toute notre énergie à la mobilisation afin que l'issue ne soit pas fatale.

 Il ne s'agit pas ici de discuter son choix. Daniel est un militant de longue date, très engagé, avec une lecture très précise du moment politique dans lequel se trouve Euskal Herria. Et c'est bien de cela dont il s'agit : du moment politique.

 Voici plus d'un an que la gauche abertzale a fait connaître sa proposition " Zutik Euskal Herria " qui vise le dépassement du statu quo ou blocage dans lequel se trouve le Pays Basque, pour aller vers l'application du droit à l'autodétermination, via uniquement des voies démocratiques, en priorisant le travail en commun, l'accumulation des forces, les accords politiques en Euskal Herria et l'implication de la communauté internationale. Voici près de 6 mois que l'organisation ETA a déclaré un cessez le feu " permanent, général et vérifiable par la communauté internationale ", qu'elle vient encore de confirmer il y a quelques jours. Voici quelques semaines que la coalition abertzale de gauche Bildu est à la tête de plusieurs institutions en Hegoalde. Voici quelques semaines qu'en Pays Basque Nord, la coalition électorale EHBai se trouve confirmée comme étant la 3e force politique. Voici venu le moment des choix stratégiques pour tout le mouvement abertzale où la priorité doit être donnée à la concrétisation du processus démocratique.

 Face à cette ambiance, l'État espagnol continue via ses juridictions d'exception à emprisonner des leaders politiques, des jeunes qui constituent la relève de ce pays, à maintenir incarcérés des centaines de prisonniers politiques basques. L'État français, quant à lui, franchit un pas encore jamais atteint : éliminer de fait Batasuna et la gauche abertzale de " son territoire " via l'application du MAE. Face à la stratégie de confrontation que poursuivent ces deux Etats envers Euskal Herria, notre devoir est clair : poursuivre l'accumulation des forces, le travail en commun, et les accords stratégiques. Les États voudraient nous " diviser pour mieux régner ". Ne tombons pas dans le piège.

 La mobilisation, la méthode de travail collective est exemplaire autour du cas Aurore Martin. Au-delà de toutes nos différences, abertzale ou non abertzale, nous avons ensemble bien su cerner le moment politique. Car il s'agit bien de cela : le moment politique choisi par la France pour s'engager dans la voie des MAE ; ce moment si important, si décisif pour le Pays Basque qui dérange les États français et espagnol. Ces derniers mois, un rempart populaire a été mis en marche. Continuons dans ce sens afin de créer depuis le Pays Basque une interlocution politique face à Paris, dont l'un des objectifs à moyen et long terme est d'exprimer et de résoudre les problèmes de fond, qui sont la source du " conflit basque ".

 À court terme, si le 17 août 2011, le tribunal d'Agen décide d'appliquer à Daniel Derguy ce mandat d'arrêt européen, un compte à rebours va s'enclencher. Daniel entrera en grève de la faim illimitée et ira au bout de cette action. L'État français, ses responsables locaux seront face à une responsabilité sans précédent. Souhaitent-ils avoir à gérer un " Bobby Sands " ? Si oui, ils ne sont pas dignes d'être des responsables politiques, qu'ils en assument les conséquences. Si non, qu'ils interpellent de manière très efficace leurs homologues parisiens pour trouver une solution. La seule solution étant la non-application du MAE ! Une responsabilité sans précédent attend aussi tout le mouvement abertzale, soyons à la hauteur ! Bien qu'en plein été, la mobilisation doit être plus forte que jamais. Soyons nombreux et nombreuses à la manifestation de Donibane Garazi le 15 août à 17 heures.

 Utz Daniel bakean ! Non au mandat d'arrêt européen ! Résolution démocratique et politique du conflit en Pays Basque !

 Gabi Mouesca :

" Ces poursuites sont une provocation "

 L'actualité autour du mandat d'arrêt européen (MAE) a provoqué de nombreuses prises de positions ces derniers mois. Nous avons souhaité en parler avec Gabi Mouesca, militant de la gauche abertzale, candidat aux sénatoriales de septembre prochain.

 Ekaitza : Dans le cas d'Aurore Martin, nous avons assisté à une mobilisation surprenante de forces et de personnalités très hétéroclites. Qu'est-ce que cela t'inspire ?

 Gabi Mouesca : Il faut tout d'abord dire que ces diverses mobilisations, d'individus et de structures politiques ou syndicales, ont été le fruit d'un formidable travail militant d'explication et de persuasion. Il faut le souligner car dans ce cas précis, comme ce fut le cas pour l'affaire Jon Anza, les résultats sont la conséquence d'un travail sérieux, qui a mobilisé des personnes qui pour beaucoup se sont données jusqu'à la limite de leurs forces. Il faut saluer ces militant(e)s pour leur investissement exemplaire.

 Par ces fameux résultats, je veux parler de la mobilisation de certaines personnalités politiques et de partis ou organismes peu coutumiers de porter un intérêt à la répression subie par la gauche abertzale. Néanmoins, je dirais que l'hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes entrés en période pré-électorale (sénatoriales à venir, présidentielles...), et nous savons qu'en pareille période, la tentation est grande pour beaucoup d'opter pour des attitudes qui peuvent être en totale contradiction avec ce qui est leur posture habituelle. De plus, il y a des microclimats locaux (suivez mon regard qui se tourne vers le Rocher de la Vierge...) qui peuvent aussi nous valoir des postures surprenantes. Enfin, le phénomène de dominos engendre des réactions qui n'ont comme logique que celle de suivre le mouvement lancé. C'est un classique de la politique politicienne.

 Notre mémoire collective nous invite à la plus grande prudence, et à ne pas céder aux appels des sirènes et à nous méfier des leurres.

 D'ailleurs, nous n'avons pas tardé à nous rendre compte de la relativité de la motivation de certaines personnes et structures politiques ou syndicales. En effet, lorsqu'il s'est agi de dénoncer le MAE appliqué à Daniel Derguy, même si le facteur temps n'a pas joué en faveur d'une re-mobilisation conséquente, il faut bien reconnaître que certains ont manqué à l'appel. Du point de vue des mécanismes et logiques répressives utilisées, le cas de Daniel est pourtant bien identique à celui d'Aurore. Sauf... sauf que Daniel est " estampillé " ETA.

 Ainsi, à la première aspérité, c'est " courage, fuyons ! "

 Pourtant, le mandat d'arrêt européen est un outil répressif que la quasi-totalité des spécialistes en matière de défense des droits de l'homme a dénoncé. Dénonciation faite également par un nombre conséquent de partis politiques, syndicats et autres structures situées dans l'opposition au pouvoir actuel ou simplement jouant le rôle de contrepouvoir dans le fonctionnement démocratique de notre société.

 Les poursuites engagées contre Aurore Martin, via le MAE, ont aussi été massivement dénoncées comme une provocation, une atteinte aux conditions nécessaires pour instaurer un climat favorisant l'avancée d'un processus de paix en Euskal Herri.

 Puis, advient le cas Daniel Derguy. Et là, surgit le passé militant de Daniel. Son engagement dans les rangs d'ETA.

 Premier élément de réflexion : lutter contre le MAE et défendre Aurore et Daniel ne sont pas en Euskal Herri des éléments de simples batailles politiques ou idéologiques. Il s'agit là d'un combat mené au nom d'un objectif suprême, celui de créer les conditions d'une paix juste et durable. Cela demande à tous

Le mercredi 18 août, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Agen a refusé  l'exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) émis par l'Espagne à l'encontre du camarade Basque Daniel Derguy car une partie des faits qui l

Daniel

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/08/2011 à 12:35:47

Ce dossier sur le mandat d'arrêt européen (MAE) à l'encontre de Daniel Derguy, a été réalisé avec des articles du numéro spécial de l'hebdomadaire Ekaitza n°1251 du 04/08/2011.

le 6 juillet 2011 Daniel Derguy est arrêté à Cahors, alors qu’il construit depuis plus de trois ans une nouvelle vie, dans le cadre de la liberté conditionnelle. Les autorités madrilènes ont délivré un MAE à son encontre, au prétexte d’une affaire datant de dix sept années : une lettre piégée où ses empreintes auraient été relevées, postée à Paris en mars 1994 ! Pour la justice française, il y a pourtant prescription. Daniel Derguy a cependant été arrêté, puis relâché sous contrôle judiciaire ; il est passé en procès le 27 juillet 2011 à Agen.


Un parcours de militant

Originaire d'Hazparne, et longtemps résidant à Hiriburu, Daniel Derguy, 51 ans, qui a été technico-commercial à Bayonne, est un militant basque connu pour son implication dans les associations de son canton. Arrêté à Paris le 23 juillet 1996, il sera violemment battu par les forces de police à cette occasion.

Trois procès plus tard, il est condamné à 20 ans d'incarcération pour association de malfaiteurs. Comme 695 citoyens basques, Daniel Derguy était membre du Collectif des prisonniers politiques basques. Pendant ses 12 années d'incarcération, il mena toutes les luttes du Collectif, pour la reconnaissance de leur statut de prisonnier politique, le respect de leurs droits, et surtout contre leur éloignement.

En janvier 2000, il devint l'un des porte-paroles des prisonniers politiques basques, et ce, alors qu'il se trouvait en grève de la faim illimitée depuis le 27 décembre 1999. Cette lutte collective des prisonniers politiques basques détenus en Espagne et en France avait pour but de dénoncer la politique pénitentiaire menée à leur encontre tout en revendiquant le respect de leurs droits.

Daniel Derguy fera 63 jours de grève de la faim : il en ressortira très affaibli, et avec de nombreuses séquelles physiques, dont il subit encore les conséquences aujourd'hui.

Des milliers de personnes, des militants, des syndicats, des élus, des partis politiques, s'étaient alors mobilisés pour le soutenir et dénoncer la situation dans laquelle il se trouvait. La presse locale et nationale, en France, avait relayé cette grève de la faim et les soutiens qu'elle avait suscités.

Incarcéré dans de nombreux centres pénitentiaires français, dont les prisons de Fresnes et de Fleury-Mérogis, il achèvera sa condamnation à Clairvaux : il est en libération conditionnelle depuis le 14 mars 2008 après 12 années passées en détention.

Sa libération a été acceptée sous des conditions très contraignantes, dont la réalisation d'une formation professionnelle de reconversion à Saint-Dizier (dans la région Champagne-Ardenne, à 965 kilomètres de Bayonne), une interdiction de séjour au Pays Basque, en Bretagne et à Paris, d'une durée de 10 ans, et la présentation tous les mois d'attestations de présence à la formation ou d'activité professionnelle, et ce pendant 5 ans.

Daniel Derguy réalisera cette formation en ébénisterie à Saint-Dizier, à près de 1 000 km de sa famille et de sa compagne.

A la fin de sa formation professionnelle, il obtient l'autorisation de s'installer à Cahors, où il trouve un emploi dans un magasin de mobilier. Ayant, depuis quelques mois, la possibilité de prendre ce magasin en gérance, il devait s'en porter acquéreur et signer l'acte de vente le 6 juillet dernier, le jour de son arrestation.

Depuis sa libération conditionnelle, Daniel Derguy s'est totalement investi dans son projet professionnel, respectant toutes les mesures de contrôle qui lui avaient été imposées et se projetant dans une reconversion à Cahors en prenant la gérance d'un magasin.

Son arrestation le 6 juillet pour la notification d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités espagnoles, pour des faits qui auraient été commis en 1994, soit il y a 17 ans, vient mettre à mal tout ce projet. L'activité même de son magasin en subit un grave préjudice, car même en cas de non-application de ce mandat d'arrêt, il sera difficile d'effacer les effets négatifs de cette arrestation très médiatique.

Ce mandat d'arrêt européen porterait sur un scellé vieux de 17 années, une lettre piégée désamorcée de mars 1994, où une empreinte digitale aurait été retrouvée sur une carte de visite qui se trouvait dans l'enveloppe.

Suite à son arrestation à Cahors le 6 juillet 2011, il a été présenté à la Cour d'appel d'Agen (Lot-et-Garonne), de nouveau incarcéré en attente de procédure, le juge considérant qu'il n'avait pas de garantie de représentation (alors qu'il travaille et doit signer l'acte d'achat de la gérance d'un magasin !...). Incarcéré d'abord à Agen, puis à Gradignan, Daniel Derguy réagit à cette injustice flagrante en entamant dès son arrestation une grève de la faim illimitée.

Après 8 jours de grève de la faim, 7 kg perdus et en raison de sa détermination dans son action, il est remis en liberté le 13 juillet. Un délai supplémentaire pour préparer sa défense ayant été accordé, il reste libre, sous contrôle judiciaire, jusqu'au 27 juillet, où son MAE a été examiné à Agen. La justice indiquera le 17 août prochain si elle accepte ou non ce MAE.

Rappelons que le 15 mars 2011, Thomas Hammarberg, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a dénoncé le recours excessif au mandat d'arrêt européen en ces termes : " Les problèmes (en rapport avec le MAE) semblent s'être aggravés avec l'augmentation du nombre des MAE : on en compte en moyenne plus d'un millier par mois. (...) L'application de ces procédures a entraîné des violations des droits de l'homme. " Le recul des libertés fondamentales qui en découle en Europe est manifeste, et l'acharnement des autorités françaises et espagnoles à faire en sorte qu'un citoyen basque de nationalité française soit livré à l'Espagne a de quoi inquiéter. Après une tentative pour l'instant avortée avec Aurore Martin, les deux États reviennent à la charge avec Daniel Derguy, pour des faits remontant à 1994 et qui sont en relation avec d'autres faits pour lesquels ce militant basque a déjà accompli 12 ans de prison, suivis de restrictions très strictes dans le cadre de la libération conditionnelle dont il bénéficie depuis trois ans. Et cela alors qu'un processus de paix est en cours au Pays Basque. Une forte mobilisation s'est rapidement mise en place contre ce nouveau MAE, de nombreux élus du Pays Basque, conseillers régionaux, Conseillers Généraux, Maires, conseillers municipaux, ayant signé une pétition par laquelle ils demandent au Gouvernement français l'abandon des poursuites à l'encontre de Daniel Derguy, l'arrêt de l'utilisation du MAE à des fins politiques, et enfin son implication dans la recherche d'une solution au conflit politique au Pays Basque.

Les troubles qu'avait connus le Pays Basque Nord il y a 11 ans à l'occasion de diverses manifestations de soutien à Daniel Derguy en grève de la faim durant 63 jours dans des conditions rendues inhumaines par l'administration pénitentiaire n'ont-ils pas servi de leçon ? Y a-t-il encore quelqu'un qui doute de la détermination de Daniel à se servir de la dernière arme qui lui reste, son corps, pour imposer son droit à la dignité et à la liberté ? N'a-t-il pas suffisamment payé pour mériter de votre part respect et considération ?


" Je ne peux pas accepter "

Compte tenu des événements, nous avions demandé à Daniel Derguy s'il était possible de nous entretenir avec lui après le procès d'Agen dont le contenu devait en partie déterminer son attitude. Nous nous sommes donc rencontrés le soir du procès à Cahors. Les circonstances ont fait que plutôt que de mener une interview, nous sommes entrés dans une discussion à bâtons rompus qui nous a permis de percevoir plus précisément l'état d'esprit et l'engagement de Daniel. Cet article n'est donc pas présenté comme une interview mais sera ponctué par les déclarations et les réflexions de Daniel, au-delà de sa propre personne.

C'est autour d'une table garnie que s'est déroulée la discussion, en abordant les sujets sans véritable chronologie. Pour la commodité des lecteurs nous avons donc essayé de remettre un peu d'ordre dans tout ça et, chronologiquement, de faire comprendre les motivations de Daniel et les enjeux de son combat, un combat qui ne s'arrête pas à sa seule personne et que nous devons tous engager de manière non équivoque.

La case prison

Ce nouvel épisode a commencé le mardi 6 juillet lorsque des policiers en civil sont venus arrêter Daniel pour le conduire en prison avant de l'emmener devant le tribunal d'Agen chargé de prendre la décision d'accorder ou non le mandat d'arrêt européen émis par l'Etat espagnol.

" J'ai vu des hommes arriver, j'ai tenté de mettre la clef dans la serrure du magasin pour entrer, mais je n'en ai même pas eu le temps. Tout s'est passé très vite. Ils m'ont embarqué dans une voiture et m'ont ensuite montré leur brassard, ce qui n'avait pas été fait avant. Même les voisins ont cru qu'il s'agissait d'un enlèvement. " Les policiers étaient des costauds, selon Daniel, les mêmes qui avaient tenté d'arrêter Aurore Martin ? Peut-être, en tout cas, ils appartenaient à la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de Baiona.

Tout va alors très vite, l'acheminement vers Agen où doit lui être signifiée l'émission d'un mandat d'arrêt européen par l'État espagnol. Retour à la case départ. Et un premier passage devant les juges, à Agen. Où l'on signifie à Daniel qu'il est l'objet d'un mandat d'arrêt européen selon de nouveaux faits apparus. Et l'embrouillamini qui s'en suit. Que faire ? Il fallait prendre sa décision et rester en cohérence avec la démarche actuelle de la gauche abertzale.

Pendant ce temps, Daniel était incarcéré à Gradignan. " Ça fait bizarre [doux euphémisme] de se retrouver en prison. J'ai revécu de drôles de choses. " On y retrouve les mêmes lieux mais surtout, les mêmes liens. " Les détenus viennent te voir, comme pour les nouveaux. " Mais il y a aussi l'attitude de la direction, qui demande que Daniel soit avec une autre personne dans la cellule, on ne sait jamais. Même avec un autre détenu basque. Il n'ignore pas que Daniel est en danger.

Quelle possibilité d'action ?

Daniel comprend très vite que sa marge d'action est limitée. Étant seul concerné, il faut choisir une méthode d'action qui soit efficace. Il a déjà, lors d'une campagne menée collectivement, effectué une grève de la faim de plus de 60 jours. Et ce, avec des conséquences irréversibles pour son corps. A ce moment se confirme le choix d'un engagement, un choix on ne peut plus logique : " Il y a trente ans que je lutte et que je me suis engagé, ce n'est pas pour accepter ça ! " Daniel, dès le premier passage devant le juge, a refusé d'être remis aux mains aux autorités espagnoles. Et il affirme que si cela doit être fait, " ce sera entre quatre planches. " Lorsqu'il exprime ce choix, Daniel est très clair, et il pense aussi aux autres. Ce mandat a été accepté pour Aurore, mais il n'a pu être appliqué. Après cet échec du gouvernement français, il fallait une autre victime. Tout simplement pour créer un précédent. " S'il y en a un qui passe, c'est la porte ouverte ", autrement dit, à une extension de la pratique. Il s'agit de résister pour lui-même mais aussi contre une mesure juridique d'exception qui pourrait conduire un certain nombre de militants à une détention définitive.

Une première étape

Daniel se déclare en grève de la faim et dans un premier temps, la représentante de l'État s'oppose à une remise en liberté de Daniel. Mais, lorsque Daniel est présenté devant le tribunal d'Agen, sa liberté conditionnelle ne pose pas de problème. Avec une première échéance, celle du 27 juillet, date de l'examen du MAE par la cour d'appel d'Agen.

Etat d'esprit

Ces événements se sont succédé en peu de temps. La situation était, pour Daniel, tout à fait inattendue : " J'ai pris un pet. " Rien ne laissait supposer qu'il puisse être de nouveau dans le collimateur de la justice française. Remis en liberté conditionnelle, il avait entamé une autre vie, dans les clous délimités par la loi. Et lorsque la nouvelle arrive, tout s'écroule. Et c'est le militant qui réagit, revenant inexorablement sur son parcours, l'engagement, la clandestinité, la prison. Quelle décision fallait-il prendre " après trente ans passés là-dedans ? " Et il a pris sa décision : " Chaque fois qu'ils passeraient quelqu'un, ils auraient devant les yeux le cadavre de Daniel Derguy. " Et ce n'est pas une réaction désespérée : " J'aime la vie ! "

Il ne fallait pas attendre et Daniel avait décidé que si l'avocate générale demandait l'application du MAE, il se mettait immédiatement en grève de la faim. Cette décision a été soumise à critique de la part de ses proches qui se sont évertués à lui dire qu'il risquait sa vie s'il entamait ce mouvement. Les conséquences de sa précédente grève de la faim pèsent lourd dans la balance : " On m'a dit que j'ai les reins d'un type de 80 ans. " Mais du point de vue politique, il s'agit d'une décision qui a ses conséquences sur l'ensemble du mouvement abertzale et peut-être au-delà : " Je ne pouvais pas accepter ! " Et lorsque ces mots sont prononcés, on sent bien que les années de lutte et les sacrifices effectués pèsent énormément dans la balance. Pas seulement les siennes mais aussi celles de ceux et celles qui se sont engagés de la même manière et qui sont susceptibles d'être, demain, les victimes d'un nouvel MAE.

La pression matérielle

L'arrestation de Daniel a eu lieu alors qu'il devait recevoir une livraison de meubles qui devait lui permettre de démarrer du bon pied sa nouvelle activité commerciale. Coïncidence ou savant calcul du bureau des Affaires basques, on peut tout supposer ? Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là puisqu'il reste en attente d'un verdict le 17 août. En attendant, l'emprunt négocié reste en suspens. Comment faire sans trésorerie alors que le commerce vient d'être déclaré et que les frais courent, loyer, fournisseurs et autres ? " Il va falloir assurer, de toute façon, on n'a pas le choix ", et Chantal, sa compagne, de confirmer qu'il faudra faire avec les moyens du bord.

Serein mais vigilant

Lors du procès d'Agen, l'avocate générale a prononcé un réquisitoire expliquant que le mandat d'arrêt européen émis contre Daniel avait de bonnes raisons de n'être pas accepté. Mais, car il y a toujours un mais, elle a bien précisé que la décision ne lui appartenait pas et que le tribunal était seul chargé d'argumenter le verdict définitif. Dans d'autres circonstances, au vu du réquisitoire, on serait d'un optimisme débordant. Mais ce réquisitoire a été prononcé avec les formes et ne demande pas clairement l'abandon du MAE. Certes Daniel se déclare serein, mais comme il le dit lui même : " Il ne faut jamais baisser la garde, dès qu'on le fait, tu vois ce qui arrive. " Il s'agit donc de rester vigilant sur ce qui ressemble de plus en plus à un sabotage en règle du processus en cours. Un processus que défend Daniel qui prône une véritable unité de la gauche abertzale, surtout dans les actes. Comment ne pas évoquer les années passées sur des stratégies parallèles ? " Á l'époque, nous nous sommes fait très très mal. " Il se tient toujours au courant de ce qui se passe ici et il se rend bien compte que sa position militante peut avoir des conséquences. Comment cela se passerait-il si un militant venait à laisser la vie dans ce combat ? Cela pourrait entraîner des réactions qui fragiliseraient les bases d'un processus qui de la part des interlocuteurs espagnols et français tarde à démarrer. " Lorsque nous avons parlé de ma décision avec des militants, cet aspect a été inévitablement évoqué. " Et comme il l'a rappelé lui-même devant le tribunal, cette décision de prononcer un MAE contre lui et d'autres constitue une attaque à ce processus. Il s'agit de répondre collectivement à de telles provocations. Mais du travail a été effectué, à partir de l'affaire Jon Anza puis celle d'Aurore Martin. Pour Daniel, ce travail porte ses fruits. Il constate que les élus ont massivement signé en sa faveur, comme pour Aurore Martin alors que lui n'était pas accusé de délits répertoriés comme politiques mais d'une tentative d'attentat. " On voit que depuis Aurore Martin, il s'est passé quelque chose. Le collectif contre le MAE regroupe au-delà des abertzale " (voir la liste des signataires). Et Daniel salue le travail de fourmi réalisé sur le terrain qui a débouché sur une prise de conscience beaucoup plus large sur le sujet.

Tourné vers l'avenir

Si le verdict du 17 août confirme les impressions laissées au procès d'Agen, Daniel devrait raisonnablement pouvoir reprendre ses activités professionnelles. En pensant au moment où il pourra enfin vivre chez lui : " Je ne peux pas retourner vivre en Iparralde avant 2018 ", mais lorsqu'il dit ça, il souhaite évidemment que ce délai de dix années au départ soit raccourci. Il reste beaucoup à construire et après tant d'années de clandestinité et d'incarcération, il veut y participer. Mais il ne s'attarde pas sur le sujet, cet éloignement est assumé et comme l'a mentionné l'avocate générale, Daniel respecte la règle et sa " traçabilité " ne pose pas de problèmes. Pour l'instant, il va se consacrer à la préparation de son avenir, ou plutôt de leur avenir, il n'est pas seul, avec l'énergie et la détermination qu'on lui connaît. En espérant que l'on tienne compte de son appel à la vigilance. En tout cas, il dit et il le répète : " Il ne faut pas baisser la garde. " C'est l'une des principales leçons pour les militants à tirer de cet épisode qui n'est pas encore clos, loin s'en faut.


Mais pourquoi donc Daniel Derguy passe-t-il en procès ?

(Procès du 27/07/2011)

L'audience débute par l'arrivée de l'avocat général, qui représente le ministère public, Madame Heyte, déjà présente lors de la précédente audience. D'entrée de jeu, elle rappelle au public nombreux (une cinquantaine de personnes) qu'elle ne tolèrera aucune expression vocale.

En revanche, la cour, à la surprise de la défense, est composée de magistrats différents de ceux du 13 juillet.

Le président, M. Sorrau, après l'interrogatoire d'identité, présente une synthèse du dossier, et en particulier l'historique du mandat d'arrêt européen qui vise Daniel Derguy. Ce MAE, émis par le juge Meredes, du Tribunal national espagnol (Audiencia nacional) est arrivé le 8 mars 2011 sur le bureau des autorités françaises.

L'ordre est donné d'arrêter Daniel Derguy. Le 6 juillet au matin, des hommes cagoulés, les mêmes que ceux qui ont tenté d'arrêter Aurore Martin l'après-midi du 21 juin à Bayonne, semble-t-il d'après la description qui nous en a été faite, se sont emparés de Daniel, devant son domicile. Le 7 juillet, il était présenté au tribunal d'Agen. Le 13 juillet, Daniel Derguy était remis en liberté et un supplément d'information était demandé aux autorités espagnoles ; en effet, se posait un problème de traduction en français non conforme à l'original et d'extinction des poursuites par prescription (les faits incriminés, à savoir une lettre piégée dans laquelle aurait été relevée l'empreinte du pouce de la main gauche de Daniel, datant du 4 mars 1994 – date de réception de la lettre – ou du 21 février 1994 – cachet de la poste de Paris du courrier).

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la question soulevée par le tribunal relative à la traduction relève du fait que par rapport à l'original en castillan, un paragraphe entier a été rajouté dans la traduction en français fournie par les autorités espagnoles. Ce paragraphe attribue à Daniel Derguy, après une " tentative d'assassinat en tant qu'auteur ", un second chef d'inculpation : " Détention d'explosif en collaboration avec une entreprise terroriste. "

Bien évidemment, les autorités espagnoles ont adressé une nouvelle version de cette traduction dans laquelle ce passage n'existant pas en castillan a disparu, avançant l'excuse d'une " erreur matérielle " dans la traduction...

Pour la tentative d'assassinat, Daniel risque 30 ans de prison. En droit espagnol, le délit est prescrit après vingt ans, soit le 4 mars 2014. Quant à savoir ce qu'il en est réellement de la prescription de ce délit, les autorité espagnoles préfèrent ne pas répondre.

Application du droit

Après cet exposé de la procédure, la parole est donnée au ministère public qui va curieusement nous faire un cours de droit appliqué au MAE.

L'avocate générale, qui dans son réquisitoire écrit aurait précisé que le tribunal ne " doit pas " accepter ce MAE (d'après nos sources), va s'employer à expliquer la position du ministère de la Justice sur ce problème (elle précisera au moins deux fois que c'est sur ordre qu'elle présente cette position). Elle constate que la première traduction en français n'était pas identique au texte original et que les autorités ont bien transmis une nouvelle copie française " certifiée conforme " de ce mandat.

Viendra ensuite une longue explication des raisons pour lesquelles en droit français, la prescription pour le délit retenu pouvait être acquise, en se reportant à l'art. 695 al. 22 du Code pénal. En 1994, la prescription pour le délit reproché à Daniel Derguy était de 10 ans. En 1995, une nouvelle loi rallonge le délai de prescription mais ne s'applique pas aux faits commis si cela aggrave les peines des personnes emprisonnées. Le 9 mars 2004, une nouvelle loi vient annuler l'alinéa de 1995 relatif à la suspension de l'allongement de la prescription pour cause d'aggravation de la situation des prévenus. Le 11 mars 2004, cette loi est publiée au Journal officiel.

Or, pour les faits imputés à Daniel datant du 4 mars 1994, la prescription était acquise le 4 mars 2004 et donc la loi du 11 mars de cette même année ne peut lui être appliquée.

Soulevant un autre point de droit, l'avocate générale va s'appuyer sur l'article 695.24 de cette loi pour dire que " les faits ont été commis sur tout ou partie du territoire français " et qu'à ce titre, ils ne peuvent tomber sous le coup d'une juridiction étrangère. Autre motif de refus de ce mandat d'arrêt. Elle s'appuie pour cela sur une décision de la chambre d'instruction de Pau, qui fait jurisprudence. Toutefois, précise-t-elle, toute décision de refus doit être motivée (art. 695.25).

Abordant la notion d'" ordre public international ", elle remarque que Daniel Derguy a été condamné lourdement (en fait trois condamnations de 10 ans, le maximum de la peine, confusionnées à 20 ans) et que l'on peut légitimement penser que les faits reprochés sont " connexes ou concomitants " à ceux pour lesquels il a été condamné (" association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ") et donc qu'il a déjà été jugé pour ces faits... Cependant elle fait remarquer à la cour qu'une " convention sur le terrorisme lie l'État français " et lui donne " l'obligation d'examiner les faits ", questionnant directement les juges sur l'éventualité d'ouvrir une instruction sur ces faits (par ailleurs prescrits et déjà jugés – Ndlr)...

Voilà la teneur de ce réquisitoire qui a pris des allures de conférence de droit pour juristes chevronnés. Toujours est-il que l'avocate générale a bien précisé aux juges que c'était à eux de prendre la décision et de la motiver.

Refus

La plaidoirie de Yolanda Molina, l'avocate de Daniel, a porté sur deux parties. D'une part, elle a affirmé que la cour se trouvait devant un cas de refus obligatoire dû au principe de territorialité (les faits on eu lieu en partie sur l'État français et sont prescrits en droit français), et un cas de refus facultatif qu'elle trouve particulièrement adapté, puisque cela relève du pouvoir que la loi donne aux juges de refuser un mandat d'arrêt européen, en se basant dans le cas présent sur l'ancienneté des faits, l'impossibilité de se défendre qui en découle et sa situation personnelle.

Me Molina cherche pourquoi on vient en 2011 chercher Daniel Derguy pour des faits commis en 1994 : " Il y a une raison qui n'est pas juridique. Elle est ailleurs. C'est une raison politique ", affirme-t-elle. De plus les faits reprochés (une empreinte sur une carte de visite dans une enveloppe) " ne constituent pas en droit français une tentative d'assassinat ". Elle remarque que les empreintes digitales de Daniel Derguy, arrêté en 1996, ont été diffusées depuis 1998, et " ne croit pas à un manque de diligence de l'autorité espagnole ". " A Madrid, des dossiers comme celui-là, il y en a plein les tiroirs ! " affirme-t-elle.

Elle demande donc à la cour de rejeter ce mandat au titre du " refus obligatoire " et du " refus facultatif ".

Le président donne alors la parole à Daniel Derguy en lui précisant de ne pas sortir du cadre de cette affaire.

Les mots de Daniel sont brefs, calmes et déterminés : " Vous avez devant vous un homme qui n'est pas rempli de haine mais un homme en colère... Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ce sera un cadavre qui prendra le chemin de l'Espagne ". " Quand l'État français va-t-il s'inscrire dans le processus démocratique politique et non-violent qui doit aboutir à une véritable paix ? "

Les Affaires basques

Les faits se résument donc à une arrestation sur la foi d'un mandat d'arrêt international connu par les autorités françaises depuis 4 mois, et qui de l'aveu même de ces autorités ne peut être que refusé.

Cependant, ces autorités montent une arrestation commando, avec les risques de bavure que cela comporte. Elles mettront Daniel Derguy en prison, s'opposeront à sa libération, puis le lendemain, à l'audience du 13, n'y feront plus obstacle.

Le lecteur, se demandera peut-être pourquoi nous nous sommes étendus longuement sur les arguments juridiques de cette audience qui fut exclusivement " technique ". Il nous a semblé important d'essayer d'éclairer la complexité des arguments de droit mis en avant, afin de mieux mettre en évidence le fait que des juristes seuls ont pu poser les bases d'un tel mandat d'arrêt, en Espagne bien sûr, mais aussi en France, où les juristes du bureau des Affaires basques ont eu 4 longs mois pour étudier ce mandat, s'apercevoir qu'il n'était pas applicable et néanmoins déclencher son début d'exécution. Ces juristes qui, n'en doutons pas, sont titulaires des meilleurs diplômes, n'hésitent cependant pas à fournir à la police et à la justice un document biaisé (" erreur matérielle " de traduction) et inexécutable en droit. Il faudra attendre l'audience du 13 juillet pour commencer à s'en rendre compte. Imagine-t-on les conséquences si la défense n'avait pas mis à jour ce " vrai-faux " mandat d'arrêt...


Batasuna fait le point sur la situation

Le 6 juillet 2011, une nouvelle étape dans la politique de répression de l'État français est franchie. Comme Aurore Martin, Daniel Derguy, militant basque de " nationalité française " se voit notifier un Mandat d'Arrêt Européen. L'État français confirme que sa décision est prise : éliminer de la carte une expression politique basque qui le dérange, et ce, grâce à un outil politique émis par une juridiction d'exception. Le recours au MAE par l'État français porte ce message : réduire à néant, ici aussi, la gauche abertzale et son projet politique. Une loi dite " antiterroriste " devient bien une loi " anti projet Euskal Herria ". L'heure est extrêmement grave : après Aurore, après Daniel, on peut supposer, sans trop se tromper, que d'autres militants du Pays Basque Nord subiront le même sort : des années d'incarcération à Madrid pour leur engagement en faveur d'un Pays Basque réunifié, libre et démocratique. Ces militants rejoindront ainsi la longue liste de ceux d'Hegoalde renvoyés par des tribunaux français dans les prisons espagnoles, à la demande de l'Audiencia nacional, juridiction d'exception qui base ses décisions sur des déclarations issues d'actes de torture.

Face à cette situation, l'attitude de Daniel est sans équivoque. Il se battra jusqu'au bout, et par tous les moyens, quel que soit le prix à payer. Il n'acceptera pas d'être renvoyé en prison en Espagne, pour des faits remontant à 17 ans, et qui sont donc prescrits en droit français. Ceux et celles qui connaissent Daniel savent que ce geste n'est pas anodin, n'est pas lancé au hasard. A une attaque frontale lancée par l'État français, Daniel répond par la résistance, l'engagement total, la dignité, la hauteur politique. Nous ne pouvons qu'être à ses côtés et mettre toute notre énergie à la mobilisation afin que l'issue ne soit pas fatale.

Il ne s'agit pas ici de discuter son choix. Daniel est un militant de longue date, très engagé, avec une lecture très précise du moment politique dans lequel se trouve Euskal Herria. Et c'est bien de cela dont il s'agit : du moment politique.

Voici plus d'un an que la gauche abertzale a fait connaître sa proposition " Zutik Euskal Herria " qui vise le dépassement du statu quo ou blocage dans lequel se trouve le Pays Basque, pour aller vers l'application du droit à l'autodétermination, via uniquement des voies démocratiques, en priorisant le travail en commun, l'accumulation des forces, les accords politiques en Euskal Herria et l'implication de la communauté internationale. Voici près de 6 mois que l'organisation ETA a déclaré un cessez le feu " permanent, général et vérifiable par la communauté internationale ", qu'elle vient encore de confirmer il y a quelques jours. Voici quelques semaines que la coalition abertzale de gauche Bildu est à la tête de plusieurs institutions en Hegoalde. Voici quelques semaines qu'en Pays Basque Nord, la coalition électorale EHBai se trouve confirmée comme étant la 3e force politique. Voici venu le moment des choix stratégiques pour tout le mouvement abertzale où la priorité doit être donnée à la concrétisation du processus démocratique.

Face à cette ambiance, l'État espagnol continue via ses juridictions d'exception à emprisonner des leaders politiques, des jeunes qui constituent la relève de ce pays, à maintenir incarcérés des centaines de prisonniers politiques basques. L'État français, quant à lui, franchit un pas encore jamais atteint : éliminer de fait Batasuna et la gauche abertzale de " son territoire " via l'application du MAE. Face à la stratégie de confrontation que poursuivent ces deux Etats envers Euskal Herria, notre devoir est clair : poursuivre l'accumulation des forces, le travail en commun, et les accords stratégiques. Les États voudraient nous " diviser pour mieux régner ". Ne tombons pas dans le piège.

La mobilisation, la méthode de travail collective est exemplaire autour du cas Aurore Martin. Au-delà de toutes nos différences, abertzale ou non abertzale, nous avons ensemble bien su cerner le moment politique. Car il s'agit bien de cela : le moment politique choisi par la France pour s'engager dans la voie des MAE ; ce moment si important, si décisif pour le Pays Basque qui dérange les États français et espagnol. Ces derniers mois, un rempart populaire a été mis en marche. Continuons dans ce sens afin de créer depuis le Pays Basque une interlocution politique face à Paris, dont l'un des objectifs à moyen et long terme est d'exprimer et de résoudre les problèmes de fond, qui sont la source du " conflit basque ".

À court terme, si le 17 août 2011, le tribunal d'Agen décide d'appliquer à Daniel Derguy ce mandat d'arrêt européen, un compte à rebours va s'enclencher. Daniel entrera en grève de la faim illimitée et ira au bout de cette action. L'État français, ses responsables locaux seront face à une responsabilité sans précédent. Souhaitent-ils avoir à gérer un " Bobby Sands " ? Si oui, ils ne sont pas dignes d'être des responsables politiques, qu'ils en assument les conséquences. Si non, qu'ils interpellent de manière très efficace leurs homologues parisiens pour trouver une solution. La seule solution étant la non-application du MAE ! Une responsabilité sans précédent attend aussi tout le mouvement abertzale, soyons à la hauteur ! Bien qu'en plein été, la mobilisation doit être plus forte que jamais. Soyons nombreux et nombreuses à la manifestation de Donibane Garazi le 15 août à 17 heures.

Utz Daniel bakean ! Non au mandat d'arrêt européen ! Résolution démocratique et politique du conflit en Pays Basque !


Gabi Mouesca :
" Ces poursuites sont une provocation "

L'actualité autour du mandat d'arrêt européen (MAE) a provoqué de nombreuses prises de positions ces derniers mois. Nous avons souhaité en parler avec Gabi Mouesca, militant de la gauche abertzale, candidat aux sénatoriales de septembre prochain.

Ekaitza : Dans le cas d'Aurore Martin, nous avons assisté à une mobilisation surprenante de forces et de personnalités très hétéroclites. Qu'est-ce que cela t'inspire ?

Gabi Mouesca : Il faut tout d'abord dire que ces diverses mobilisations, d'individus et de structures politiques ou syndicales, ont été le fruit d'un formidable travail militant d'explication et de persuasion. Il faut le souligner car dans ce cas précis, comme ce fut le cas pour l'affaire Jon Anza, les résultats sont la conséquence d'un travail sérieux, qui a mobilisé des personnes qui pour beaucoup se sont données jusqu'à la limite de leurs forces. Il faut saluer ces militant(e)s pour leur investissement exemplaire.

Par ces fameux résultats, je veux parler de la mobilisation de certaines personnalités politiques et de partis ou organismes peu coutumiers de porter un intérêt à la répression subie par la gauche abertzale. Néanmoins, je dirais que l'hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes entrés en période pré-électorale (sénatoriales à venir, présidentielles...), et nous savons qu'en pareille période, la tentation est grande pour beaucoup d'opter pour des attitudes qui peuvent être en totale contradiction avec ce qui est leur posture habituelle. De plus, il y a des microclimats locaux (suivez mon regard qui se tourne vers le Rocher de la Vierge...) qui peuvent aussi nous valoir des postures surprenantes. Enfin, le phénomène de dominos engendre des réactions qui n'ont comme logique que celle de suivre le mouvement lancé. C'est un classique de la politique politicienne.

Notre mémoire collective nous invite à la plus grande prudence, et à ne pas céder aux appels des sirènes et à nous méfier des leurres.

D'ailleurs, nous n'avons pas tardé à nous rendre compte de la relativité de la motivation de certaines personnes et structures politiques ou syndicales. En effet, lorsqu'il s'est agi de dénoncer le MAE appliqué à Daniel Derguy, même si le facteur temps n'a pas joué en faveur d'une re-mobilisation conséquente, il faut bien reconnaître que certains ont manqué à l'appel. Du point de vue des mécanismes et logiques répressives utilisées, le cas de Daniel est pourtant bien identique à celui d'Aurore. Sauf... sauf que Daniel est " estampillé " ETA.

Ainsi, à la première aspérité, c'est " courage, fuyons ! "

Pourtant, le mandat d'arrêt européen est un outil répressif que la quasi-totalité des spécialistes en matière de défense des droits de l'homme a dénoncé. Dénonciation faite également par un nombre conséquent de partis politiques, syndicats et autres structures situées dans l'opposition au pouvoir actuel ou simplement jouant le rôle de contrepouvoir dans le fonctionnement démocratique de notre société.

Les poursuites engagées contre Aurore Martin, via le MAE, ont aussi été massivement dénoncées comme une provocation, une atteinte aux conditions nécessaires pour instaurer un climat favorisant l'avancée d'un processus de paix en Euskal Herri.

Puis, advient le cas Daniel Derguy. Et là, surgit le passé militant de Daniel. Son engagement dans les rangs d'ETA.

Premier élément de réflexion : lutter contre le MAE et défendre Aurore et Daniel ne sont pas en Euskal Herri des éléments de simples batailles politiques ou idéologiques. Il s'agit là d'un combat mené au nom d'un objectif suprême, celui de créer les conditions d'une paix juste et durable. Cela demande à tous

AFPS

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 21/08/2011 à 17:09:11

Halte aux criminels israéliens.

La Palestine à l’ONU en septembre

 

Les inquiétudes exprimées par l’Association France Palestine Solidarité ces derniers jours sont hélas confirmées. Dès le début de la semaine les forces israéliennes massacraient à Gaza tandis qu’elles poursuivaient leur emprise coloniale en Cisjordanie avec l’annonce de la construction de 277 logements supplémentaires  dans la colonie d’Ariel située à proximité de Naplouse.

 La recherche d’une fuite en avant sécuritaire de la part d’un gouvernement israélien, en difficulté sur le plan intérieur de par sa politique ultra libérale, de plus en plus isolé sur le plan international, mais désireux d’imposer à tout prix sa politique d’apartheid en Palestine faisait craindre le pire. Il vient d’arriver.

Ce sont de nouveaux massacres aveugles qui sont en cours à Gaza. Une fois de plus enfants et femmes en sont les victimes parmi les nombreux civils touchés. Des témoignages reçus font état de victimes de bombardements au phosphore blanc sur le faubourg populaire de Soudiania à Gaza. 

 Cette sauvagerie, qui s’est exercée également en Egypte avec le décès de cinq militaires n’a aucun fondement dans la légalité internationale. L’impunité dont Israël continue de jouir, y compris après les « crimes de guerre voire les crimes contre l’humanité » de 2009, ou après le piratage des flottilles de la Liberté I et II, ne fonde pas un droit aux représailles.

 Par leur silence les pays occidentaux, la France en particulier, portent une lourde responsabilité dans les nouveaux massacres en cours. Ainsi le 16 juillet au point de presse du Ministère des Affaires Etrangères il n’y avait aucune condamnation du raid israélien contre Gaza, pas plus que des nouvelles implantations coloniales.

Israël doit cesser immédiatement ses nouveaux crimes en Palestine. L’AFPS Nord-Pas de Calais appelle à protester immédiatement contre le nouveau massacre. Elle interpelle à cet effet les autorités françaises et les élus. Elle est très attentive aux secours pour la population de Gaza. Elle poursuit sa mobilisation unitaire pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Elle donne rendez-vous à cet effet dès la braderie de Lille sur son stand les 3 et 4 septembre. La mobilisation unitaire se poursuivra les 6 et 13 septembre avec une rencontre à la MEP et une manifestation de rue. Les crimes contre Gaza doivent cesser, le blocus doit être levé. La Palestine doit être admise à l’ONU dès 2011.

  

AFPS Nord-Pas de Calais Lille le 20 août 2011

dégradation

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 15/08/2011 à 12:11:56

Netanyahu durcit les conditions de vie des prisonniers politiques palestiniens

Adri Nieuwhof

 

 

 

 

 

 


Cette semaine j’ai reçu une lettre de Ali, un prisonnier politique palestinien israélien. Ali est un des 126 prisonniers palestiniens qui ont fait plus de 20 ans de prison. Il écrit : "J’ai déjà passé 23 ans de ma vie dans les prisons israéliennes mais la prison n’a pas pu me briser. Je suis toujours un Palestinien qui lutte contre l’occupation de toutes les façons possibles." Il explique comment il combat la décision du premier ministre israélien Netanyahu de supprimer "notre droit de finir nos études à l’université à distance (open university)

Une pratique absurde

Netanyahu a annoncé son intention de durcir les conditions de vie des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes le 23 juin dernier. Il a qualifié les études académiques que peuvent faire les prisonniers palestiniens de "pratique absurde" et a dit qu’il avait maintenant l’intention de les empêcher de finir leur cycle d’études académiques.

La Communauté Européenne avait une opinion différente au sujet des études académiques pour les prisonniers politiques dans les années 1980. En tant que membre du Comité Hollandais pour l’Afrique du Sud, j’ai participé à la mise en place du Programme Spécial Européen pour les victimes de l’apartheid financé par la Communauté Européenne. On a dépensé chaque année des millions de dollars dont une grande partie a servi à financer les études des prisonniers politiques emprisonnés en Afrique du Sud.

Représailles et punition collective

La colère de Netanyahu est la conséquence du refus du Mouvement Islamique de répondre à un coup de fil international pour prouver qu’un soldat israélien emprisonné à Gaza depuis 2006 était encore en vie. D’une manière surprenante Netanyahu a affirmé qu’Israël respectait le droit international dans son traitement des prisonniers politiques palestiniens. Il est difficile de concilier son projet de punition collective des prisonniers politiques palestiniens avec le droit international. Les représailles et les punitions collectives sont interdites selon le droit international y compris par l’Article 33 de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre.

Il n’a pas fallu un mois au système carcéral israélien pour accédé au désir de Netanyahu et interdire aux prisonniers palestiniens de poursuivre leurs études universitaires.

Traitements inhumains et dégradants

Le Centre Palestinien des droits de l’homme (PCHR) de Gaza a condamné les nouvelles mesures prises par le système carcéral israélien dans un rapport dans la presse du 21 juillet.

Selon PCHR :

Ce qui est grave dans cette décision est qu’elle fait partie d’une série de mesures contre les prisonniers. (.....) D’autres mesures intensifient la fouille des prisonniers en les forçant à se mettre tout nus et les leaders palestiniens sont mis à l’isolement dans les prisons israéliennes. Les prisonniers palestiniens ont répondu à cette escalade de mauvais traitements par une série d’actions de protestation. Les prisonniers ont fait la grève de la faim au cours de 10 journées échelonnées pendant les deux derniers mois.

Cette décision de l’administration des prisons israéliennes fait partie d’une politique générale adoptée par les autorités d’occupation israéliennes contre les prisonniers palestiniens qui sont soumis a des conditions de vie cruelles ainsi qu’à des traitements inhumains et dégradants qui incluent la torture, la détérioration des conditions de santé et la négligence médicale envers les prisonniers -même ceux qui souffrent de maladies graves.

Cela a parfois causé la mort de prisonniers. Cette décision est extrêmement grave parce qu’elle vient des plus hauts échelons du gouvernement israélien.

PCHR a demandé aux organisations des droits de l’homme de suivre les cas de prisonniers palestiniens et de demander à leurs gouvernements de faire pression sur Israël pour mettre fin aux pratiques arbitraires contre les prisonniers palestiniens et les relâcher. Il est temps d’alerter l’opinion internationale sur la maltraitance dont souffrent les prisonniers politiques palestiniens.

La multinationale de sécurité G4S

La firme de sécurité anglo-danoise G4S est employée à la sécurité dans les prisons israéliennes. Who Profits, un programme de recherche de la Coalition Israélienne des femmes pour la paix et l’organisme de surveillance financier danois, DanWatch, ont révélé qu’en novembre de l’année dernière la firme G4S avait indiqué dans une plaquette publicitaire qu’elle fournissait un système de protection pour l’enceinte de la prison d’Ofer, tout le système de sécurité de la prison de Keztiot et un centre de commande de la prison de Meggido. Selon G4S ces prisons détiennent 4 900 prisonniers "de sécurité" palestiniens.

En fournissant des services aux prisons israéliennes, G4S facilite les violations des droits des prisonniers politiques palestiniens. L’article intitulé "G4S travaille dans les prisons israéliennes et les colonies illégales" que j’ai écrit avec Basma Salem, donne un aperçu de ces violations. En mars, G4S a refusé de dire à The Electronic Intifada si il va annuler ses contrats avec le système carcéral israélien ou non.

Comme G4S opère dans beaucoup de pays, cela donne aux militants du BDS du monde entier l’occasion de faire connaître les violations israéliennes des droits des prisonniers politiques palestiniens.

Pour consulter l’original : http://electronicintifada.net/blog/adri-nieuwhof/netanyahu-i...

Fidel

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 13/08/2011 à 19:02:12

Fidel Castro, la fraîcheur d’un homme authentique.

Oscar FORTIN

 

 

 

 

Né un 13 août 1926, Fidel Castro célèbre ses 85 ans avec la même simplicité et authenticité qui l’ont accompagné toute sa vie. Celui que la revue Fortune avait présenté à plusieurs reprises, mais en vain, comme un des hommes les plus riches du monde vit tout simplement dans une petite résidence à la Havane. C’est là qu’il reçoit, à l’occasion, des chefs d’État, des personnalités politiques, des écrivains et des artistes. Tous et toutes sont honorés d’être reçus par celui qui a renversé le dictateur Batista et donné naissance à une révolution que l’Empire n’a pu vaincre avec ses interventions armées, ses centaines de millions de dollars pour corrompre, créer des épidémies, susciter des actes criminels et un blocus économique défiant toutes les règles du droit international. Cible de plus de 650 complots d’assassinat , il est toujours là pour partager ses réflexions sur le monde et les conflits qui en menacent l’existence. Vous trouverez à travers les divers sujets traités la fraicheur d’une sagesse qui repose tout à la fois sur un vécu intense, une intelligence exceptionnelle et un humanisme qui ne se dément pas. http://www.granma.cu/frances/reflexions/reflexions.html

Peu d’hommes d’État, des 50 dernières années, peuvent se présenter avec autant de consistance et de fidélité à certaines valeurs fondamentales relatives aux personnes et aux sociétés.

L’insistance mise par la Révolution sur l’éducation et la santé est un premier indicateur de la valeur accordée à la personne humaine. De fait, sans éducation et sans la santé, les personnes demeurent vulnérables à la manipulation et à l’isolement. Elles ne peuvent assumer les responsabilités dont elles ignorent les avenants et les aboutissants. Depuis longtemps, Cuba est libre d’analphabétisme et son système d’éducation fait l’envie de nombreux pays de la région. Quant à son École de médecine, sa réputation n’est plus à faire. Cuba est le pays qui dispose du plus grand nombre de médecins par mille habitants. Il fallait le faire en dépit et à l’encontre de toutes les contraintes mises sur sa route tout au long de ces 50 années.

Un second volet qui caractérise la Révolution cubaine est celui de la solidarité nationale et internationale. Nous connaissons de plus en plus les interventions de Cuba dans diverses régions du monde. Il n’y va pas avec des fusils pour y faire la guerre, mais avec des ressources humaines pour y apporter éducation et santé. Cette coopération n’est d’aucune manière conditionnée aux idéologies des pays où professeurs et médecins se rendent. Il en est de même pour l’ouverture de l’École de médecine à de nombreux étudiants étrangers, y compris des États-Unis. Dans la grande majorité des cas, Cuba assume les frais de formation de ces jeunes trop démunis pour payer cette formation, mais suffisamment intelligents et habiles pour en maitriser les connaissances et leurs applications. Ils sont des milliers, aujourd’hui, oeuvrant dans leurs pays respectifs auprès des populations les plus défavorisées. Ce qui a fait dire à l’ex Président de l’Assemblée générale des Nations unies, Miguel D’Escoto, que Fidel Castro était sans nul doute le personnage le plus solidaire des causes humaines. Chez lui, la solidarité s’écrit par des actions et des engagements.

« Nous vivons le meilleur moment de l’histoire d’Amérique latine, un moment durant lequel le rêve de Bolivar, de Morazán et de Martí ne sont plus un simple rêve, mais s’est transformé en un projet réalisable dans lequel nous pouvons nous engager. Pourquoi ce moment-ci ? Je crois que nous sommes en train de voir les fruits de l’exemple et de la lutte de Fidel, diabolisé par l’Occident pour avoir prêché la solidarité. Fidel ne l’a pas seulement prêchée, il a prêché par l’exemple. Pour moi, et cela je le dis aux Nations unies, il est le héros mondial de la solidarité. »

Dommage que nos politiciens et médias continuent à le diaboliser et à taire ses réflexions et commentaires sur ce que vit le monde d’aujourd’hui. N’importe, les peuples savent le reconnaître et de plus en plus de dirigeants s’en approchent pour y puiser conseils et sagesse. Son influence déborde les frontières de Cuba et rejoint les peuples de l’Amérique latine, d’Afrique et plusieurs du Moyen Orient et d’Asie.

Quelque part, les forces porteuses de vérité, d’authenticité et de consistance en arrivent toujours à percer les nuages du mensonge, de la manipulation et de l’incohérence. Peu d’hommes d’État peuvent rivaliser avec la stature de cet homme toujours porteur d’un message de solidarité, d’humanité et de fraicheur.

Fidel, bon 85ème anniversaire. Tu demeures pour bien des peuples et de nombreux dirigeants un phare qui éclaire sans éblouir et qui guide sans dévier de la voie à suivre.

Oscar Fortin
Québec, le 13 août 2011

déclaration

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 28/07/2011 à 09:16:36

Déclaration lue à l'antenne de TXALAPARTA sur 93.1 FM  -  Paris

Nous avons parlé, beaucoup,  et nous continuerons de parler sur cette antenne d’Aurore Martin, de Daniel Derguy. Mais nous considérons que la situation des autres prisonnières et prisonniers basques est tout autant  grave et  tout autant inacceptable. Cette émission de Txalaparta, comme toutes les autres, nous le disons très clairement et avec humilité, nous la faisons en priorité pour toutes les prisonnières et prisonniers basques de la Région parisienne, pour nos enfants nos parents nos ami-e-s  et camarades emprisonnés.  C’est notre façon à nous de répondre à l’appel que nous avons entendu  il n’y a pas si longtemps :
 « C’est l’ensemble des citoyens basques que nous appelons à entrer dans la lutte et à la continuer. Chacun dans son domaine, faisant, pour sa part, l’offre de son niveau d’engagement, pour que grâce au torrent créé par l’addition des gouttes de nous tous, nous abattions le mur de la négation et que nous parvenions à accomplir des pas irréversibles sur la voie qui mène à la liberté.
VIVE LE PAYS BASQUE LIBRE ! VIVE LE PAYS BASQUE SOCIALISTE !
EN AVANT JUSQU'A L’OBTENTION DE L’INDÉPENDANCE ET DU SOCIALISME ! »
Maite zaituztegu !
2011-07-26-Txalaparta Irratia

antifafs

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 26/07/2011 à 17:12:29

Communiqué  de la CGT

suite à la diffusion de tracts sur le marché d’Auchel du 26 juillet 2011.

 

Ce matin 26 juillet 2011, plus de soixante-dix camarades de la CGT des UL de Auchel-Isbergues-Béthune-Lillers-Bruay-Liévin, de la CSD et de l’UD 62, et de la CNT… se sont déployés sur le marché d’Auchel pour y diffuser un millier de tracts antifascistes destinés à dénoncer les mensonges du Front National et des identitaires de la Maison de l’Artois d’Auchel, alter-égo de la Maison flamande de Lambersart.

Rapidement, nous avons été confrontés aux identitaires qui sont venus délibérément sur ce marché pour provoquer et lancer des slogans racistes et fascistes, mais aussi pour défier les militants de la CGT au milieu de cette population fortement composée de femmes, d’enfants et de retraités.

 Les militants antifascistes de la CGT et autres sont restés dignes et ne sont pas entrés dans l’affrontement voulu par les fascistes identitaires de la Maison de l’Artois d’Auchel renforcés pour l’occasion par les fascistes de Lambersart.

 L’ultime provocation des fascistes s’est déroulée en fin de marché quand les identitaires ont tenté de charger les militants CGT allant même jusqu’à bousculer les forces de l’ordre rappelées en urgence.

 La Maison de l’Artois est une « association légalement déclarée » a précisé dans la presse l’adjoint du Maire Richard Jarrett, Philibert Berrier. Mais ce jour, la Maison de l’Artois a dévoilé sa véritable identité devant la population auchelloise, c’est-à-dire qu’elle est un nid de fascistes racistes et violents, implantés au cœur même de la ville d’Auchel et qui sont prêts à l’affrontement.

 La CGT est venue sur ce marché d’Auchel pour dénoncer avec un tract et de manière pacifique la divulgation organisée des idées fascistes.

 

La Mairie d’Auchel, son Maire, ses adjoints doivent désormais prendre leurs responsabilités politiques car elle ne peut plus nier les visées politiques de l’extrême-droite qui selon eux, s’est implantée légalement dans cette commune, et cette terrible réalité des radicaux d’extrême-droite de la Maison de l’Artois.

 Aujourd’hui beaucoup de camarades de la CGT ont été dégoûtés et ébahis par cette présence fasciste sur ce marché populaire d’Auchel, et certains ont été choqués par l’attitude dangereuse et violente des membres de cette mouvance identitaire. 

 Les identitaires ont cru déjouer la CGT et faire peur aux militants antifascistes présents, en employant la provocation et la terreur.

 Mais ils se trompent lourdement, car dans les prochaines semaines la CGT reviendra sur ce marché avec encore plus de forces et de militants de plus en plus convaincus de ce danger, pour chasser les fascistes de cette ville.

 Les identitaires et le FN doivent comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenues chez les chti auchellois, et que jamais la CGT ne reculera devant cette racaille d’extrême-droite, raciste, xénophobe et ultra-nationaliste.

la bonne cible

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 26/07/2011 à 07:30:04

La charge du New York Times contre Israël (Counterpunch)

Uri AVNERY


Voilà une devinette : Quelle flotte n’a pas atteint sa destination tout en remplissant sa mission ?

Eh bien c’est la flottille de solidarité envers Gaza de cette année.

 

 

On pourrait dire, bien sûr, que cela est aussi vrai de la "petite flotte" -c’est ce que le mot signifie en espagnol comme "guerilla" signifie "petite guerre"- de l’année dernière. Elle n’a jamais atteint Gaza mais le commandant des forces israéliennes pourrait très bien s’attribuer les paroles de Pyrrhus, le roi d’Epire, dont la victoire contre Rome a été si coûteuse qu’il s’est exclamé, dit-on : "Une autre victoire comme celle-là et je suis perdu !"

La première flottille n’a pas atteint Gaza. Mais l’attaque du commando naval qui a coûté la vie à neuf militants de la paix turcs a soulevé une vague d’indignation telle que notre gouvernement a été forcé d’alléger le blocus de Gaza de manière significative.

Cette attaque a encore aujourd’hui des répercussions. La relation privilégiée entre les armées turques et israéliennes n’a pas été rétablie et les Turcs continuent de demander des excuses et des indemnités. Les familles des victimes ont intenté des poursuites criminelles et pénales dans plusieurs pays. Un vrai casse-tête pour Israël.

L’aventure de la seconde flottille s’est terminée cette semaine avec l’énorme opération navale qui a abouti à la capture d’un seul petit yacht français et la détention des marins, journalistes et militants qui étaient à bord -16 personnes en tout. Nos médias pourtant soumises ont commenté ironiquement : "Pourquoi n’ont-ils pas envoyé un porte-avion ?"

Les 14 bateaux qui ont été empêchés de partir et celui qui a réussi à partir n’ont pas seulement tenu toute notre marine en alerte pendant des semaines, ils ont aussi permis de garder le siège de Gaza à la une de l’actualité. Et c’était après tout le but principal de toute l’entreprise.

---

QU’EST-IL arrivé aux 14 bateaux qui n’ont pas pris la mer ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître la marine et les gardes côtes grecs ont empêché par la force les bateaux de quitter les ports grecs. Cela sans aucun fondement légal et sans même s’embarrasser à simuler un semblant de légalité.

Il ne serait pas exagéré de dire que la marine grecque agissait sur ordre de commandant en chef israélien. Une nation de fiers navigateurs héritière d’une histoire maritime (le mot "nautique" est d’ailleurs d’origine grecque) qui remonte à des milliers d’années, s’est abaissée à commettre des actions illégales pour donner satisfaction à Israël.

Elle a aussi ignoré les actes de sabotage commis par des commandos de la marine -devenez laquelle- contre les bateaux amarrés dans des ports grecs.

Au même moment, le gouvernement turc, le sponsor intrépide du Mavi Marmara, le bateau sur lequel les militants turcs ont été assassinés l’année dernière, a empêché le même navire de prendre la mer cette année.

Au même moment encore, des groupes de militants pro-palestiniens qui essayaient d’aller en Cisjordanie par avion ont été arrêtés en route. Comme il est impossible d’aller en Cisjordanie par la terre, la mer ou les airs sans passer par le territoire israélien ou les checkpoints israéliens, ils étaient obligés de passer par l’aéroport international de Ben-Gourion, la porte israélienne du monde. La plupart n’ont pas réussi à y arriver : sur instruction de notre gouvernement toutes les compagnies aériennes internationales ont bloqué ces passagers à l’embarquement en utilisant une "liste noire" que leur avait donnée notre gouvernement.

Il semble que le bras long de notre diligent service de sécurité ait des ramifications partout et que ses ordres soient obéis dans tous les pays, grands et petits.

---

IL Y A CENT ans, la police secrète du Tsar russe, la terrible "Okhrana" a forgé un document appelé "le Protocole des sages de Sion".

(A cette époque, la police secrète s’appelait encore partout Police Secrète avant d’être promue au rang de "services de sécurité".)

Le document parlait d’une réunion secrète de rabbins dans le vieux cimetière de Prague pour élaborer une stratégie qui donne aux Juifs le contrôle du monde. C’était une grossière falsification qui reprenait des passages entiers d’un roman écrit des dizaines d’années plus tôt.

Rien de ce qui était écrit dans ce texte n’était vrai car en réalité les Juifs de l’époque n’avaient pas le moindre pouvoir. De fait, quand Adolf Hitler -qui a utilisé le Protocole pour sa propagande- a mis en place la Solution Finale, presque personne dans le monde entier n’a levé le petit doigt pour aider les Juifs. Même les Juifs étasuniens avaient peur d’élever la voix.

Mais si les auteurs du faux document revenaient aujourd’hui sur le lieu de leur crime, ils se frotteraient les yeux de stupéfaction : le fruit de leur imagination malade semble être devenu la réalité. L’état juif, comme les Sionistes l’appellent, peut donner des ordres aux autorités de la marine grecque, faire renoncer les Turcs à leurs projets et ordonner à une douzaine de pays européens d’arrêter des passages dans leurs aéroports.

Comment cela se peut-il ? La réponse est simple et comporte trois lettres : USA.

---

ISRAEL EST devenu une sorte de portier kafkaïen du seul super pouvoir qui reste dans le monde.

Grâce à son immense influence sur le système politique étasunien et surtout sur le Congrès, Israël peut lever un impôt politique sur tous ceux qui ont besoin des USA. La Grèce est en faillite et a désespérément besoin de l’aide des USA et de l’Europe. La Turquie est un partenaire des USA dans l’OTAN. Aucun pays européen ne veut de problèmes avec les USA. Donc : ils doivent tous nous donner une petit bakchich politique.

Pour cimenter cette relation, Glenn Beck, le détestable protégé de Rupert Murdoch nous a rendu visite et a été reçu à la Knesset où il nous a dit "de ne pas avoir peur" parce que lui (et par voie de conséquence la Fox et toute l’Amérique) nous soutenait à fond.

---

C’EST pour ça que quelques lignes écrites cette semaine dans le New York Times, ont presque semé la panique à Jérusalem.

Le NYT est peut-être le journal le plus "pro-Israël" du monde entier Israël compris. Les antisémites l’appellent le Jew York Times (Le mot Jew, juif, remplace le mot News, nouvelles, NdT). Un article qui critique la politique d’Israël n’a quasiment aucune chance d’y être publié. Il n’y a jamais été fait mention des douzaines de manifestations israéliennes contre la deuxième guerre d’Israël contre le Liban ni de l’opération Cast Lead. L’autocensure règne en maître.

Mais cette semaine, le NYT a publié un éditorial cinglant contre Israël. La raison : la "Loi sur le Boycott" que la majorité de droite de la Knesset a votée, et qui interdit aux Israéliens d’appeler au boycott des produits en provenance des colonies. L’éditorial répétait pratiquement ce que j’avais écrit dans l’article de la semaine dernière : à savoir qu’il s’agissait d’une loi clairement antidémocratique qui viole des droits de l’homme les plus élémentaires. D’autant plus qu’elle vient couronner tout une série de lois antidémocratiques votées ces derniers mois. Israël est en danger de perdre son titre de "seule démocratie du Moyen-Orient".

Tout à coup toutes les feux rouges à Jérusalem se sont mis à clignoter furieusement. Au secours ! Nous allons perdre notre seul soutien politique dans le monde, le pilier de notre force, la base de notre sécurité nationale, le rocher de notre existence.

---

LE RESULTAT a été immédiat. Mercredi, la clique de droite qui contrôle actuellement la Knesset, sous la direction d’Avigdor Lieberman faisait voter une résolution qui nomme deux commissions d’enquête des ressources financières des ONG des droits de l’homme. Pas toutes les ONG, seulement celles de "gauche". Cela constituait une mesure supplémentaire dans la longue liste des mesures MacCarthistes dont beaucoup ont déjà été votées et beaucoup d’autres attendent de l’être.

Le jour précédent, Binyamin Netanyahu était venu spécialement à la Knesset pour dire à ses supporters qu’il approuvait et soutenait sans réserves la Loi sur le Boycott. Mais après l’éditorial du NYT quand la résolution sur la commission d’enquête a été présentée, Netanyahu et tous les ministres de son cabinet ont voté contre. Les factions religieuses ont disparu de la Knesset. La résolution a été rejetée par une majorité des deux tiers.

Mais la sinistre réalité qui est apparue, c’est que, à part Netanyahu et ses ministres captifs, tous les membres du Likoud présents ont voté en faveur de la résolution. Y compris tous les jeunes leaders du parti, la future génération de patrons du Likoud.

Si le Likoud reste au pouvoir, ce groupe d’extrémistes de droite sera le gouvernement d’Israël dans les dix ans qui viennent. Et le New York Times pourra aller au diable.

---

HEUREUSEMENT il y a des signes que quelque chose de nouveau se prépare.

Cela a commencé innocemment avec une grève réussi des consommateurs de fromage blanc (cottage cheese) pour forcer un cartel de vaches grasses à diminuer les prix. Puis il y a eu l’action de masse des jeunes couples, principalement des étudiants des universités, contre les prix élevés des appartements.

Un groupe de manifestants ont planté leurs tentes dans le centre de Tel Aviv et y vivent depuis plus d’une semaine. Peu après des campements similaires se sont installés partout dans le pays de Kiryat Shmona à la frontière libanaise à Beer Sheva dans le Negev.

Il est beaucoup trop tôt pour dire si c’est une protestation ponctuelle ou le début israélien du phénomène de la place Tahrir. Mais cela montre clairement que la prise du pouvoir en Israël par un groupe de néo-fascistes n’est pas encore une chose acquise. La lutte a commencé.

Et peut-être -seulement peut-être !- que même le New York Times pourrait se mettre à dire la vérité sur ce qui se passe dans ce pays.

Uri Avnery

Uri Avnery (hébreu : אורי אבנרי), de son nom de naissance Helmut Ostermann, est un écrivain et journaliste israélien né le 10 septembre 1923 à Beckum (Westphalie, Allemagne). Surtout connu pour être un militant des droits des palestiniens et pacifiste convaincu, il appartient à une tendance de la gauche radicale israélienne. Il se définit comme post sioniste (Wikipédia). Il a contribué à l’ouvrage : The Politics of Anti-Semitism.

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/avnery07222011.html

apprendre pour comprendre

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 25/07/2011 à 06:58:48

Pourquoi le mouvement de solidarité avec la Palestine fait-il si peur à Israël ?

Pourquoi le mouvement de solidarité avec la Palestine fait-il si peur à Israël ?

Deux évènements survenus début juillet constituent à mes yeux un tournant majeur dans la gestion de la question palestinienne par l’alliance droite-extrême droite au pouvoir en Israël :

 Le gouvernement israélien a décidé de s’attaquer violement aux pacifistes et militants de la cause palestinienne qui avaient décidé de se rendre par les airs en Cisjordanie et par la mer pour briser le blocus de Gaza.

 La Knesset, le parlement israélien, a voté le 11 juillet une loi qui interdit et punit « toute personne qui lance, favorise ou publie des informations pouvant servir de base à l’instauration du boycott d’Israël ou des colonies juives en Cisjordanie occupée ou à Jérusalem-Est ».

Par ces deux décisions, les chefs de guerre israéliens désignent officiellement le mouvement pacifiste international et les actions non violentes contre l’occupation comme la nouvelle cible de la guerre israélienne.

En plus de la couverture médiatique inespérée dont il a bénéficié et qui a assuré une visibilité internationale au mouvement de solidarité avec la Palestine, ces évènements démontrent clairement que les actions menées depuis de nombreuses années par ces militants en Europe et dans le monde entier commencent enfin à porter leurs fruits : Le gouvernement israélien a désormais plus peur d’une retraitée de la Haute Garonne qui va, pacifiquement manifester, sa solidarité à Bethlehem que d’une roquette du Hamas tombant sur Sederot.

En légiférant contre le boycott et en accentuant la répression contre ces militants, Israël nous fournit la preuve que nos actions et nos manifestations sont non seulement légitimes, mais surtout efficaces.

Jamais les dirigeants israéliens ne s’étaient attaqués, jusqu’à présent, de manière aussi frontale au mouvement de solidarité et aux militants non violents. Le meurtre à Gaza en mars 2003 de Rachel Corrie a été présentée comme un malheureux accident. Le massacre des militants turcs de la flottille de liberté en mai 2010 par la marine israélienne n’était qu’une opération de « légitime défense » selon les militaires israéliens. Si la « Communauté internationale » (1) se charge à chaque fois d’assurer une impunité totale aux crimes israéliens, il en est autrement pour les peuples, très révoltés par cette impunité et l’injustice faite aux Palestiniens.

Jusqu’aux années 2000, les militants de la cause palestinienne se comptaient principalement dans les organisations de gauche et d’extrême gauche. Aujourd’hui, de plus en plus de gens simples s’engagent : retraités, étudiants, chômeurs, artisans, salariés, athées, croyants et laïques. Désormais, la Palestine est devenue une cause universelle.

Si « Le Vietnam a symbolisé la lutte d’un petit peuple du Tiers Monde contre la principale puissance du Nord ; l’Afrique du Sud a illustré la révolte contre un système ségrégationniste dominé par les blancs ; ultime survivance du « colonialisme de peuplement » européen, la Palestine cristallise les aspirations à un monde qui aura tourné la page de deux siècles de domination de l’occident ». (2)

Plus nos gouvernements se compromettent avec l’occupant, plus nos citoyens s’engagent pour l’occupé. Ainsi pour compenser la défaillance des « puissances occidentales » à faire respecter le droit et la justice dans cette partie du monde, en France, un formidable mouvement de solidarité a pris naissance au début de la seconde Intifada en 2001 et qui malgré ses divisions internes a réussi à s’enraciner durablement dans le paysage politique et associatif français. Il n’y a pratiquement pas une ville en France qui ne possède pas « son collectif » ou son association de solidarité avec la Palestine.

Pour ces militants comme l’explique si bien A. GRESH, la Palestine est le symbole « D’abord de la domination de l’Occident. Ensuite, d’une injustice persistance, marquée par une violation permanente du droit international. Enfin, d’une logique de « deux poids, deux mesures », appliquée par les Gouvernements, relayée par les Nations unies et théorisée par bon nombre d’intellectuels occidentaux. Au croisement de l’Orient et de l’Occident, du Sud et du Nord, la Palestine symbolise à la fois le monde ancien, marquée par l’hégémonie du Nord, et la gestation d’un monde nouveau fondé sur le principe de l’égalité entre les peuples. » (3)

Ce mouvement ne fait que s’amplifier depuis dix ans et ce malgré les attaques, les intimidations et le chantage à l’antisémitisme régulièrement brandi par les défenseurs de l’occupation israélienne pour discréditer le mouvement de solidarité. Les actions en justice entamées régulièrement contre les militants de la cause par le puissant lobby pro-israélien avec le soutien actif du gouvernement français ainsi que les attaques violentes et les intimidations de sa milice fasciste la LDJ n’ont pas entamé la détermination des militants du mouvement. Chaque procès constitue une vitrine médiatique qui permet d’expliquer les raisons de l’appel au boycott et sa légitimité au regard du droit international.

JPEG - 13.3 ko

Le harcèlement des militants de la cause palestinienne par les défenseurs de l’occupation israélienne semble même se retourner contre eux et contre les intérêts qu’ils défendent. Ces derniers temps, ils se sont ridiculisés en engageant des procès pour antisémitisme contre tous ceux qui osent bouger le doigt contre Israël comme le très respectable Stéphane HESSEL dont le succès en librairie les a faits plus qu’enrager. Même les Procureurs de la République commencent à en avoir marre qu’on les prenne pour des supplétifs du gouvernement israélien. Le jugement de la 17ème chambre correctionnelle de Paris qui relaxait Olivia ZEMOR, présidente d’Europalestine, est très exemplaire à cet égard. Il s’agissait ici d’une cuisante défaite pour le lobby de l’occupation israélienne composé d’une myriade d’associations, d’individus, d’intellectuels et de journalistes.

Jusqu’à cet été, Israël ne s’était jamais attaqué directement au mouvement de solidarité, laissant cette mission à ces agents qui, sous couvert de lutte contre l’antisémitisme, ont cherché pendant des années à museler et à étouffer l’action des militants en Europe et en France en particulier. Israël aussi puissant soit-il avec sa superbe armée, ses superbes agents secrets et superbe « hasbara » son agence de propagande, a particulièrement peur de ce mouvement et des conséquences des actions qu’il mène dans le monde notamment l’appel au boycott.

Israël a peur parce que tout son discours de propagande qui est basé sur un seul terme : « Sécurité », ne fait plus recette. Comment « se défendre » contre des gens qui prônent la non violence comme seule arme ? Il est beaucoup plus facile pour Israël de justifier aux yeux du monde ses crimes et sa répression quand les bombes humaines du désespoir palestinien sautent dans les bus de Tel-Aviv que quand ses soldats attaquent et tuent les militants pacifiques de la paix. Quand les bombes sautent, une épaisse fumée envahit et couvre tout le champ de la vision et de la pensée de sorte qu’on ne voit et qu’on ne pense qu’aux victimes. Mais quand la fumée se dissipe, on s’aperçoit que l’occupation, la répression, les humiliations, les arrestations, les destructions et les confiscations de terre sont toujours là, bref une réalité insupportable toujours présente et qui perdure depuis plus de 60 ans. Cette réalité là, Israël et ses sbires ne peuvent plus la dissimuler aux yeux du monde.

Le mouvement de solidarité fait peur car il met à nu Israël et même les fondements de l’Etat d’Israël. Israël ne veut pas d’un Etat Palestinien, il ne veut pas de l’initiative arabe (les territoires contre la paix), il ne veut pas évacuer les territoires et continue les colonisations, il se dit démocratique mais refuse toute forme de contestation de sa politique y compris la résistance pacifique. Que veut donc Israël ?

Le mouvement de solidarité est fondamentalement non violent et pacifique. En cela, il met donc à nu Israël car cet Etat est fondé sur le sentiment de peur diffusé, infusé et distillé à des générations d’israéliens depuis plus de 60 ans. La peur de disparaître est le seul liant qui cimente une société israélienne très hétéroclite. Sans la peur, Israël implose. Israël a donc besoin d’un ennemi crédible qui fait vraiment peur. Un ennemi qui fait particulièrement défaut aujourd’hui, même l’iranien Ahmadinjad ne fait plus parler de lui, les palestiniens n’ont plus recours ou alors très épisodiquement et de façon marginale aux armes contre l’occupant, le HAMAS et le Fatah qui se réconcilient et qui acceptent de facto un état Palestinien sur 22 % de la Palestine historique : Inacceptable ! Un vrai Tsunami pour Israël selon les termes utilisés par les médias israéliens. De quoi a donc peur Israël ? Qui menace la sécurité d’Israël aujourd’hui ?

Les pacifistes du mouvement de solidarité évidement ? Le premier ministre Israélien NETANYAHOU n’a-t-il pas déclaré à propos des flottilles humanitaires se dirigeant vers Gaza ou les territoires occupés que celle-ci refusaient à Israël le droit d’exister et donc menaçaient sa sécurité. Israël s’est couvert de ridicule aux yeux du monde entier en envoyant une armada de navires et d’embarcations arraisonner un petit bateau dont l’équipage avait comme seules armes des téléphones portables et des ordinateurs ; où quand le premier ministre envoie des centaines de soldats à l’aéroport de Tel-Aviv pour arrêter des militants pacifiques qui voulaient juste démontrer au monde entier que même la Cisjordanie vit sous blocus puisqu’on ne peut y pénétrer que sous contrôle de l’armée israélienne.

Par ces actions, le gouvernement israélien envoie un message clair aux Palestiniens : la seule résistance qu’il tolère est la résistance violente !!

En légiférant contre le boycott, Israël reconnaît implicitement l’efficacité des campagnes lancées en Palestine et dans le monde entier, mais en même temps, cet état dévoile sa vraie nature : Israël n’est pas un état démocratique. Ce n’est pas une surprise, nous le savions déjà, car un état qui se dit hébreu et dont la démocratie ne bénéficie qu’aux juifs est tout sauf un état démocratique. La nouveauté est que cette législation vise surtout à intimider les mouvements de solidarité portés par des citoyens juifs et arabes à l’intérieur même de la société israélienne. Pour Jonathan Cook, il s’agit d’un « Tournant décisif dans l’assaut contre les droits civiques » (4), pour deux raisons :

« D’abord, elle fait sauter la clef de voûte de tout système démocratique : le droit à la liberté d’expression. D’après la nouvelle loi, il est illégal pour les Israéliens et les Palestiniens de préconiser un programme politique non violent - le boycott - pour contrer la montée en puissance d’un demi-million de colons juifs vivant sur les terres palestiniennes volées. Comme le fait remarquer le commentateur israélien Gideon Levy, les vannes sont maintenant ouvertes : « Demain on interdira les appels à la fin de l’occupation ou [en faveur] de la fraternité entre juifs et Arabes. ». Ce qui est également préoccupant est que la loi institue un nouveau type d’infraction, à savoir civile plutôt que criminelle. L’État n’entamera pas d’actions en justice. Au lieu de cela, l’application de la loi sera confiée aux colons et à leurs avocats. Tout qui soutient le boycott peut être poursuivi en dommages et intérêts par les colons eux-mêmes qui - chose à nouveau unique - n’ont pas besoin de prouver les dommages qu’ils auraient subis. »

Face à cette dérive fascisante d’un état colonial, je ne peux en tant que militant pacifiste pour une paix juste au Proche Orient que constater que le mouvement de solidarité a bien eu raison d’appeler au boycott d’Israël. Les actions non violentes entamées en France et dans beaucoup de pays du monde ont démontré leur efficacité. Sans le Boycott, les noirs de l’Afrique du Sud vivraient encore sous l’apartheid et la domination des blancs.

Nous ne devons pas douter de la légitimité de notre combat. Nous ne nous laisserons pas intimider par les agents français de la Hasbara (propagande) israélienne. Ils nous attaquent parce qu’ils savent que nous avons fait le bon choix. A ceux qui doutent encore, je me permets de citer Ahmed Tibi, le député arabe israélien qui contre la loi israélienne s’interroge :

« Qu’est ce qu’un militant de la paix ou un Palestinien a l’autorisation de faire pour s’opposer à l’occupation ? » (5)

En France, je vous pose la même question !!

Sindibad

www.sindibad.net

(1)Par ce terme, nous désignons l’UE, l’Amérique et l’OTAN

(2) Alain GRESH « De quoi la Palestine est-elle le nom ?

(3) Ibid

(4) www.jkcook.net http://www.europalestine.com/spip.p...

(5) ibid

Honduras

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/07/2011 à 08:21:50

Et nos médias nous parlent d’autre chose...

HONDURAS :Violation des droits humains dans la région du Bas Aguán : le rapport qui accable

Medelu (MEmoire DEs LUttes)

LGS publie ci-dessous une annonce d’un long rapport établi par de nombreuses organisations internationales et dont chacun aurait ici entendu parler, photos et reportages télévisés à l’appui, si le dixième de telles exactions s’étaient produites dans un pays d’Amérique latine qui tient tête à l’Empire en vue de ne pas se laisser déposséder de ses ressources et de sa souveraineté.

Un lien renvoi au rapport intégral en espagnol. Il est long et nous n’avons pu le traduire. Si un lecteur bénévole...

Le Grand Soir.

Dans un rapport rendu public le 11 juillet et présenté devant différentes instances de la société hondurienne et du Parlement européen, une mission internationale d’observation attire l’attention sur les violences qui, depuis le coup d’Etat du 28 juin 2009, se sont multipliées contre les paysans de la région du Bas Aguán, au Honduras. Ayant enquêté sur le terrain du 26 février au 4 mars 2011, la mission dénonce notamment que, au sein des trois mille cinq cents familles réclamant l’accès à la terre pour vivre dans la dignité, vingt-trois personnes ont été assassinées. Alors que continuent à se multiplier les intimidations, poursuites et menaces, tant les auteurs matériels – hommes de main – qu’intellectuels – grands propriétaires terriens membres de l’oligarchie – de ces crimes jouissent de la plus totale impunité.

Mémoire des luttes publie (voir ci-dessous), en espagnol, l’intégralité du rapport « Honduras : Violaciones de Derechos Humanos en el Bajo Aguán ». La commission était composée d’organisations internationales –Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) ; Fian International (organisation pour le droit à l’alimentation) ; Vía campesina ; Initiative de Copenhague pour l’Amérique centrale et le Mexique (Cifca) ; Association des agences de développement (Aprodev ; liée au Conseil mondial des Eglises) ; Rel-UITA (section latino-américaine de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation) – ainsi que de sept mouvements honduriens : Centre des droits des femmes (CDM) ; Centre d’investigation et de promotion des droits humains au Honduras (Ciprodeh) ; Comité des familles de détenus-disparus du Honduras (Cofadeh) ; Commission de vérité (CV) ; Fian Honduras ; Vía Campesina Honduras ; Aide des Eglises protestantes de Suisse.

Source : http://www.medelu.org/spip.php?article841

INFOS GAZA

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 19/07/2011 à 12:25:28

Le blocus de Gaza continue

Chems Eddine CHITOUR
« Il est erroné de parler de flottille humanitaire, il s’agit d’une flottille de solidarité. La flottille est une action politique et symbolique. Il s’agit de dénoncer ce qui se passe à Gaza. Ce territoire est toujours occupé. Gaza reste une prison. Les matons sont à l’extérieur. »
Rony Brauman. Ancien président de Médecins sans frontières

Pendant près de deux mois, la communauté internationale a été tenue en haleine à l’approche de l’anniversaire du carnage sur le Mavi Marmara le 31 mai 2010. Pour rappel, une flottille humanitaire a eu pour ambition coupable de porter assistance aux Gazaouis coincés dans une prison à ciel ouvert. Résultat des courses, une dizaine de morts, une enquête de l’ONU bâclée, la récompense par le gouvernement israélien avec ostentation du commando de tueurs et le black-out total. Un an après, le blocus est toujours là, on annonce des flottilles et on se prend à rêver qu’elles puissent atteindre les côtes de Gaza pour y apporter une aide symbolique et de la compassion en témoignant sur l’atrocité de la situation actuelle.

La solidarité par les flottilles

« Le siège inhumain de Gaza a commencé avec la prise de pouvoir par le Hamas de la bande de Gaza. Rappelons que le Hamas a été élu démocratiquement - de l’avis de tous les observateurs internationaux dont le président Carter -par les Gazaouis. Pour l’avoir élu, les Gazaouis sont mis au ban, le Hamas diabolisé par les pays occidentaux et Israël n’a fait que mettre en musique cette sanction en décrétant un blocus inhumain. « Depuis les bateaux Free Gaza arrivés en 2008, écrit Eva Barlett, le mouvement qui amène des bateaux à Gaza s’est développé de manière exponentielle. Free Gaza a réussi à rentrer cinq fois dans le port de Gaza et quatre autres expéditions ont été violemment contrecarrées par la marine israélienne. L’expédition maritime de 2008 a été interrompue par un navire de guerre israélien qui a arraisonné un bateau de Free Gaza transportant du matériel médical, des militants non violents, des chirurgiens et des journalistes. La tentative de 2009 a avorté quand les soldats israéliens sont montés à l’abordage. En juin 2009, un autre bateau a été stoppé par la marine israélienne et ses passagers ont été kidnappés et déportés. Israël bloque le passage des bateaux qui veulent rentrer et sortir de Gaza sous le prétexte de la sécurité pour soi-disant empêcher que des armes de contrebande n’entrent à Gaza. Loin de défaire le mouvement des bateaux vers Gaza, les agressions d’Israël ont eu l’effet inverse.

Des bateaux en provenance de Libye, de Malaisie et un bateau transportant des militants juifs ont fait route sur Gaza et ont été bloqués par des navires de guerre israéliens avant d’arriver à la bande de Gaza. En mai 2010, Free Gaza, soutenu par l’organisation humanitaire turque IHH, a envoyé à nouveau des bateaux et des militants vers la bande de Gaza assiégée, cette fois accompagnés par le grand bateau turc le Mavi Marmara. (...) Tout de suite après le massacre de l’année dernière, les autorités égyptiennes ont ouvert partiellement le passage de Rafah. Le siège de Gaza a un impact sur l’eau potable (95% de l’eau de Gaza a une qualité inférieure aux normes de l’Organisation mondiale de la santé), le système sanitaire (les eaux usées sont pompées quotidiennement dans la mer par manque de capacité de stockage), et les secteurs de l’agriculture et de la pèche (les soldats israéliens tirent tous les jours sur les pêcheurs et les fermiers). » (1)

Le blocus absolument illégal de Gaza est considéré par le Conseil de sécurité des Nations unies comme « insoutenable et injustifiable punition collective imposée aux Gazaouis. Pourtant et curieusement l’ONU donne raison à Israël, Eva Barlette écrit : « Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a suggéré que les nations empêchent leurs citoyens de prendre la mer en disant que les gouvernements devraient « utiliser leur influence pour décourager de telles flottilles qui peuvent engendrer une escalade de la violence ». (...) » (1)

« Pis encore, Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé les gouvernements des pays de la Méditerranée à tout faire pour empêcher l’envoi d’une flottille pour Gaza, expliquant que ces bateaux n’ont aucun intérêt humanitaire et ajoutant que pour envoyer de l’aide, il est possible de le faire à travers la route égyptienne ou les ports israéliens. Ban Ki-moon se dit particulièrement préoccupé par l’envoi d’une nouvelle flottille dans la mesure où la communauté internationale considère que ces activistes mènent une « action militaire contre Israël » (organiser quelque chose pour violer un blocus est ’militaire’). » (2)

On remarquera que Ban Ki-moon n’a fait qu’obéir aux « ordres » à la fois des Etats-Unis et d’Israël, il ne propose pas de solution pour lever le blocus de Gaza ! Même son de cloche de la part du Quartette - analogue à un groupe musical qui joue une partition, : le requiem de la cause palestinienne. Avec tout cela on nous dit qu’il n’y a pas de crise humanitaire. Laurent Zecchini écrit : « Les organisateurs de la nouvelle flottille pour Gaza, dont le départ des ports grecs est désormais sérieusement compromis en raison du refus des autorités d’Athènes de la laisser appareiller. La dernière manifestation du succès remporté par cette offensive diplomatique israélienne est la déclaration publiée, samedi 2 juillet, par le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Nations unies et Russie), qui demande « à tous les gouvernements concernés d’user de leur influence pour dissuader toute nouvelle flottille, qui met en péril la sécurité des participants et fait peser la menace d’une escalade ». (...) Sur le plan régional, Israël a obtenu une victoire tactique significative en convainquant la Grèce, Chypre et la Turquie de refuser toute aide logistique à la flottille. » (3)

La situation à Gaza et la politique de fuite en avant d’Israël

Laurent Zecchni poursuit en rapportant l’ambivalence du discours sans, toutefois, le critiquer : « « Ehud Barak (ministre israélien de la Défense) n’a pas tort de dire qu’il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza », résume, à Jérusalem, un haut responsable européen, « les gens ne meurent pas de faim dans les rues, mais tous les indicateurs, l’éducation, la pauvreté, le chômage, l’accès à l’eau, montrent une évolution négative ». Plus de 70% des quelque 1,5 million de Gazaouis reçoivent une aide humanitaire internationale, et le taux de chômage, officiellement estimé à 30,7%, atteint en réalité 45,2% (l’un des taux les plus élevés du monde), selon l’Unwra, Depuis que le blocus de Gaza a été imposé par Israël, le nombre de gens vivant dans une extrême pauvreté (avec 1,5 dollar par jour), a triplé, pour atteindre 300.000 personnes. Celle-ci, insiste Gisha, « a été accrue par des années de blocus et de restrictions de mouvements ». Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), l’allégement du blocus n’a eu qu’un « impact positif marginal ». Gaza reste, d’autre part, un territoire étranglé : Vers le sud, le blocus de Gaza n’a été que partiellement allégé : l’Egypte a annoncé, le 28 mai, l’ouverture du point de passage de Rafah. Mais celui-ci est exclusivement réservé aux mouvements de personnes et ces derniers restent limités. » (3)

Dans le même ordre, après le massacre opéré sur la flottille humanitaire l’an dernier, il faut garder en tête le fait qu’en l’espace des six derniers mois, 700 personnes (Palestiniennes, cela va de soi...) ont fait l’objet de déplacement forcé et 600 structures civiles (immeubles d’habitation, structures sanitaires, citernes d’eau,etc.) ont été détruites. Les expropriations et la construction de colonies en Cisjordanie ne font que se poursuivre ; les violences émanant de colons et des IDF (Israeli Défense Forces) est bien réelle (y compris à l’encontre d’enfants lorsque ceux-ci sont sur le chemin de l’école) ; les restrictions aux libertés d’associations et d’expression font rage ; la liberté de circulation quant a elle, est à l’agonie (check-points où on peut être retenue des heures pour des motifs fallacieux d’y voir des personnes âgées ou handicapées y faire preuve de patience dans la peine et des soldats de 20 ans aboyer sur des individus trois fois leurs aînés. Pendant ce temps, sur les autoroutes passent à grande vitesse des familles israéliennes les cheveux au vent et riant à gorge déployée.

Une tentative bloquée par l’Europe sur ordre d’Israël

« D’autre part, Israël présenté comme un îlot de démocratie dans un océan moyen-oriental d’arriération fait de la discrimination dans sa politique envers les Palestiniens. L’Etat d’Israël dépense 5 fois plus d’argent pour un écolier juif qu’un écolier arabe, la discrimination à l’embauche et la ségrégation grandissante en matière d’habitat. On dit qu’en 2010, la ségrégation en Israël entre Arabes et Juifs est presque totale : sous le couvert du nom faussement banal. La Knesset a finalisé un projet de loi destiné à contourner les décisions antérieures de la Haute Cour de Justice. Il ne sera pas possible de le décrire autrement que comme une loi d’apartheid. Le projet de loi permettrait dans les petites banlieues rurales de rejeter les demandes de familles arabes qui « sont incompatibles avec le tissu socio-culturel de la communauté. S’il devient loi, l’amendement donnera aux comités des villages communautaires le pouvoir de limiter la résidence dans leurs villes exclusivement aux Juifs. » (4)

L’opération « flottille » n’a pu être concrétisée du fait de l’aide de toutes les compagnies aériennes européennes qui ont reçu des listes d’Israël pour ne pas laisser embarquer des militants de la cause palestinienne. La flottille pour Gaza n’a pas dépassé les ports grecs, les pro-palestiniens de l’opération « Bienvenue en Palestine » iront-ils plus loin que les passerelles de l’aéroport Ben Gourion de Lod ? Les autorités israéliennes sont déjà sur le pied de guerre et des militants ont été refoulés à l’embarquement de Roissy-Charles-de-Gaulle jeudi après-midi. Une liste noire de 329 ou de 342 militants jugés indésirables aurait été communiquée aux compagnies aériennes desservant Israël. Selon le Haaretz, un poste de commandement militaire devait ouvrir dans la soirée de jeudi à Ben Gourion. Avec en perspective une bataille d’images à livrer. Trente-six militants pro-palestiniens venus d’Europe et interdits d’entrée en Israël, ont été expulsés dimanche 10 juillet. 82 étaient toujours détenus dans l’attente de leur expulsion. Israël est parvenu à bloquer depuis jeudi la venue de centaines de militants qui voulaient débarquer à l’aéroport de Tel-Aviv pour se rendre en Cisjordanie occupée, soit à leur arrivée, soit en amont en dissuadant des compagnies aériennes de les embarquer » (5).

Gaza refuse la charité du gouvernement grec

La lettre qui suit a été adressée au gouvernement grec, le 12 juillet 2011, pour lui dire clairement que la population de Gaza ne veut pas la charité mais la liberté et le respect de ses droits humains, dont le droit à mener une vie digne. Sourd semble-t-il à sa position, un porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, M. Delavekouras, a réitéré « l’offre généreuse » de son gouvernement de livrer une quantité limitée d’aide humanitaire à la population de Gaza, au lieu de l’aider à recouvrer la liberté à laquelle elle a droit.

« Nous, membres de la société civile palestinienne à Gaza, avons observé les actions entreprises par votre gouvernement pour empêcher la Flottille de la Liberté 2 de naviguer vers la plus grande prison à ciel ouvert - la Bande de Gaza - pour défier le blocus criminel d’Israël, qui nous prive de choses que la plupart des gens considèrent comme acquises, et d’abord et avant tout, notre liberté de mouvement. Nous sommes dans l’impossibilité de bénéficier de soins de santé adéquats ou de débouchés d’enseignement parce que nous ne pouvons pas voyager librement. Nous sommes coupés de nos familles dans les autres parties du territoire occupé et à l’étranger, et nous ne sommes pas autorisés à inviter des gens à venir nous voir à Gaza. Et maintenant, vous avez étendu cette restriction aux gens dont la principale mission est de se tenir en solidarité avec nous. La population de Gaza n’a besoin d’aide humanitaire que parce que nous ne pouvons pas bâtir notre économie. Nous ne sommes pas autorisés à importer des matières premières ou à exporter ; nos pêcheurs et nos fermiers sont la cible de tirs lorsqu’ils essaient de pêcher et de cultiver leur terre. A cause de la politique israélienne délibérée, 80% de notre population dépend de l’aide alimentaire, nos infrastructures sont en ruine et nos enfants ne peuvent imaginer un jour où ils connaîtront la liberté. » (6)

« Votre proposition de livrer la cargaison de la Flottille de la Liberté implique la notion que l’aide humanitaire résoudra nos problèmes et c’est une tentative médiocre de masquer votre complicité dans le blocus israélien. Les organisateurs et les participants de la Flottille de la Liberté reconnaissent que notre situation désespérée n’est pas une question d’aide humanitaire ; c’est une question de droits de l’homme. Ils emmènent avec eux quelque chose de plus important que l’aide ; ils emmènent l’espoir, l’amour, la solidarité et le respect. Bien qu’il soit évident que vous avez subi d’énormes pressions politiques pour vous soumettre à la volonté du régime israélien, de collaborer avec Israël pour violer le droit international et légitimer le siège, nous refusons d’accepter vos miettes. Nous avons soif de liberté, de dignité et de la capacité à faire des choix dans nos vies quotidiennes. Nous vous exhortons à reconsidérer immédiatement votre décision et à laisser partir la Flottille de la Liberté (...) défiant ainsi le blocus illégal israélien de la Bande de Gaza et l’occupation illégale de la terre palestinienne. » (6)

Beau plaidoyer en vérité qui n’a pas convaincu... Si ce n’est pas une crise humanitaire ? Quelle est la solution ? Que font les pays occidentaux pour lever le blocus ? Israël continuera-t-il à imposer le fait accompli ? Chaque nouvelle bravade par de nouvelles constructions constitue un précédent irréversible. Que le Quartette avoue il y a quelques jours son impuissance n’augure rien de bon ! Les Palestiniens veulent leur Etat dans les frontières de 1967. Israël n’en veut pas ! Israël va-t-il rester dans sa tour d’ivoire et son bunker mental ! L’Heure de la raison et des concessions a sonné. Le calvaire de près d’un siècle du peuple de Palestine doit cesser. C’est une exigence morale. A quand un président ou une autorité disposant d’un magister moral capable de dire à la face du monde , à l’instar de John Fidgerald Kennedy au plus fort du blocus de Berlin avec son célèbre « Ich bin ein Berliner ! » , « Ich bin ein Ghazoui ! »

C.E. CHITOUR

EN COMPLEMENT : voir le site http://www.unbateaupourgaza.fr/

Liberté pour Arantza Zuloeta

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 17/07/2011 à 11:51:00

Liberté pour Arantza Zuloeta !

La poursuite de la guerre menée par l’Etat espagnol contre les basques, y compris les avocats des prisonniers politiques basques...

Solidarité avec toi Arantza. Comité solidarité basque Lille.

Arantza Zuloeta a été arrêtée puis incarcérée

 

15/07/2011 - C.B.

A travers un communiqué, le mouvement pro-amnistie a tenu à exprimer sa solidarité envers Arantza Zuloeta et “demande sa libération”.

Mercredi midi, alors qu’elle déjeunait à Hernani, l’avocate Arantza Zuloeta, en liberté conditionnelle, a été arrêtée par la garde civile. Selon la presse espagnole, la découverte ce mardi 12 juillet des trois caches d’armes à Baïgorry, (en pays basque côté « français ») serait en relation avec ce revirement de situation. Arrêtée le 15 avril 2010, en même temps que les avocats Jon Enparantza et Iker Sarriegi, lors d’une opération de la garde civile, Arantza Zuloeta avait été relâchée quelques mois plus tard après avoir payé une caution de 60 000 euros. Parmi les documents qui avaient été saisis lors de son arrestation en avril 2010, des plans des caches d’armes de Baïgorry mises à jour auraient été retrouvés.

solidairité à Béthune

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 12/07/2011 à 17:20:23

Béthune solidaire d’Aurore Martin

Terre de luttes par excellence, le Nord s’indigne du sort réservé à Aurore Martin, la militante de la Cause basque, dans le cadre de l’inique  Mandat d’arrêt européen. 

 Un mot d’ordre :

SOLIDARITÉ !

 Des  militants  de  la  Jeunesse  communiste  en  digne  héritiers  des  partisans  de l’anticolonialisme, des syndicalistes des Unions locales CGT de Bruay-la-Buissière ou Béthune, Hervé Poly,  le  premier  secrétaire  de  la  Fédération  du  Pas-de-Calais  du  PCF  plus  que  jamais  fidèle  aux traditions internationalistes  du  mouvement ouvrier, des  citoyens  inquiets  des  atteintes  portées aux libertés dans le cadre de l’application du Mandat d’arrêt européen (MAE)…

 

Sous un soleil estival, la cité de Buridan rayonnait du sourire d’Aurore Martin militante de la Cause basque menacée d’extradition vers l’Espagne. Son crime ? Avoir sur papier couché les mots de la résistance dans un pays où l’on continue, comme sous Franco, de pratiquer la torture à l’encontre de ces combattants qui ont, à l’heure de la mortifère standardisation européenne à la sauce libérale, l’outrecuidance de  revendiquer    « l’indépendance et le socialisme ».   

 Pour  son  appartenance  à l’organisation Batasuna, interdite de l’autre côté des Pyrénées, mais parfaitement légale dans l’Hexagone, Aurore Martin encoure une peine de douze années de prison !

 A l’appel du comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62)  et du Comité Solidarité basque de Lille, les manifestants ont exigé  la « liberté pour Aurore !» et ont dit  « non à l’extradition !»,  dans le cadre d’une campagne  de  sensibilisation  déjà  ponctuée  par  un rassemblement  à  Lille  quatre  jours  plus  tôt.  Banderole  déployée,  drapeaux  aux  couleurs  du  Pays basque  ou  rouges  floqués  du  marteau  et  de  la  faucille  au  vent,  ils  ont  entrepris  le  tour  du  beffroi, incarnation de ces libertés jadis arrachées au régime féodal. Tout un symbole !

solidaire à Béthune

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 12/07/2011 à 17:16:00

Béthune solidaire d’Aurore Martin

Terre de luttes par excellence, le Nord s’indigne du sort réservé à Aurore Martin, la militante de la Cause basque, dans le cadre de l’inique  Mandat d’arrêt européen. 

 Un mot d’ordre :

SOLIDARITÉ !

 Des  militants  de  la  Jeunesse  communiste  en  digne  héritiers  des  partisans  de l’anticolonialisme, des syndicalistes des Unions locales CGT de Bruay-la-Buissière ou Béthune, Hervé Poly,  le  premier  secrétaire  de  la  Fédération  du  Pas-de-Calais  du  PCF  plus  que  jamais  fidèle  aux traditions internationalistes  du  mouvement ouvrier, des  citoyens  inquiets  des  atteintes  portées aux libertés dans le cadre de l’application du Mandat d’arrêt européen (MAE)…

 

Sous un soleil estival, la cité de Buridan rayonnait du sourire d’Aurore Martin militante de la Cause basque menacée d’extradition vers l’Espagne. Son crime ? Avoir sur papier couché les mots de la résistance dans un pays où l’on continue, comme sous Franco, de pratiquer la torture à l’encontre de ces combattants qui ont, à l’heure de la mortifère standardisation européenne à la sauce libérale, l’outrecuidance de  revendiquer    « l’indépendance et le socialisme ».   

 Pour  son  appartenance  à l’organisation Batasuna, interdite de l’autre côté des Pyrénées, mais parfaitement légale dans l’Hexagone, Aurore Martin encoure une peine de douze années de prison !

 A l’appel du comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62)  et du Comité Solidarité basque de Lille, les manifestants ont exigé  la « liberté pour Aurore !» et ont dit  « non à l’extradition !»,  dans le cadre d’une campagne  de  sensibilisation  déjà  ponctuée  par  un rassemblement  à  Lille  quatre  jours  plus  tôt.  Banderole  déployée,  drapeaux  aux  couleurs  du  Pays basque  ou  rouges  floqués  du  marteau  et  de  la  faucille  au  vent,  ils  ont  entrepris  le  tour  du  beffroi, incarnation de ces libertés jadis arrachées au régime féodal. Tout un symbole !

11 juillet solidaire à Béthune

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 07/07/2011 à 20:20:57

aux militants syndicaux, associatifs, politiques... aux progressistes

Chers-es camarades et amis-es,

à l'appel de Libérez-les ! et du CSB Lille, un rassemblement sera organisé sur la Grande Place de Béthune le 11 juillet prochain à 17h30 en soutien à Aurore Martin.

Il ne s'agit de dogmatisme car chacun à ses opinions sur cette question, mais de solidarité avec une militante de la cause basque et engagée dans le parti Batasuna autorisé de ce côté ci de la frontière.

Dans le sud-ouest, au pays Basque et partout en France, de nombreuses personnalités du monde politique, associatif et syndical, de gauche, du centre et même de droite, se sont élevés contre cette extradition demand&eac ute;e et obtenue par l'état espagnol suite à un jugement politique qui nie le droit d'expression et d'engagement politique.

ce mandat d'arrêt européen est un déni de démocratie et de souveraineté des nations qui composent l’Europe, c'est un nouveau pas vers les lois liberticides qui se mettent en place dans cet espace où les capitaux circulent librement qu'ils soient blanchis ou non, mais où les droits des peuples s'amenuisent d'année en année...au nom de la sécurité (?)

Qu'on soit militants engagés dans les syndicats, les associations et les partis progressistes...nos droits d'expressions et d'idées sont de plus en plus menacés par des lois et des jugements qui entend ent nous priver de cette liberté de penser.

Nous appelons donc tous-tes les camarades conscients du problème et soucieux de la démocratie à se mobiliser pour qu'ici aussi à Béthune, le 11 juillet de 17h30 à 18h30, les voix de la solidarité s'élèvent contre cette extradition vers un pays qui torture encore prés de 40 ans après Franco, (selon un rapport accablant d'Amnesty International)

Merci de votre présence solidaire

ça suffit

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 05/07/2011 à 16:05:28

Les procès politiques, la torture, le MAE, ça suffit  

                     IL FAUT DES SOLUTIONS POLITIQUES                            

Contre la politique répressive de l’Etat Espagnol   

Dénonçons le procès contre les militants de BATASUNA  

 organisation indépendantiste de gauche

(procès du 27 juin au 7 juillet 2011)  

Rassemblement Grand Place de Lille

Le jeudi 7 juillet – 18h30

   Assez de collaboration policière et judiciaire de l’Etat Français.               

Exprimons notre solidarité visible avec  la militante basque de nationalité française Aurore Martin et les nombreux jeunes basques livrés à l’espagne pour leur activité politique.

NON AU MANDAT D’ARRÊT EUROPÉEN !  

Attention demain il pourrait s’appliquer à n’importe  quel militant politique ou syndical de l’espace européen.    

Appel du 28 juin :

Comité solidarité basque Lille,

LDH,

NPA,

                                            MRAP,                                           

Comité « libérez Les »59/62,

                                            Coordination communiste 59/62,                                               

Les Ami(e)s solidaires du Pays Basque

contact csblille@aol.com

7 juillet

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 05/07/2011 à 15:59:41

Les procès politiques, la torture, le MAE, ça suffit  

                    IL FAUT DES SOLUTIONS POLITIQUES                            

Contre la politique répressive de l’Etat Espagnol   

Dénonçons le procès contre les militants de BATASUNA  

 organisation indépendantiste de gauche (procès du 27 juin au 7 juillet 2011)  

Rassemblement Grand Place de Lille Le jeudi 7 juillet – 18h30

Assez de collaboration policière et judiciaire de l’Etat Français.               

 Exprimons notre solidarité visible avec   la militante basque de nationalité française Aurore Martin et les nombreux jeunes basques livrés à l’espagne pour leur activité politique.

NON AU MANDAT D’ARRÊT EUROPÉEN !  

Attention demain il pourrait s’appliquer à n’importe  quel militant politique

ou syndical de l’espace européen.    


Appel du 28 juin :

Comité solidarité basque Lille,

LDH,

NPA,

                                            MRAP,                                           

Comité « libérez Les »59/62,

                     Coordination communiste 59/62,                                               

Les Ami(e)s solidaires du Pays Basque

contact csblille@aol.com

EN ATTENTE

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 03/07/2011 à 09:51:18

EN ATTENTE

appel du 7 juillet

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 03/07/2011 à 07:31:22

  

          Contre la politique répressive de l’Etat Espagnol                      

                Dénonçons le procès contre les militants de BATASUNA                         

                             organisation indépendantiste de gauche                                 

  (procès du 27 juin au 7 juillet 2011)


TOUS devant le Consulat d’Espagne

Le jeudi 7 juillet – 15h

Route de l'Ecluse Watie    

Dunkerque

Assez de collaboration policière et judiciaire de l’Etat Français.                

Exprimons notre solidarité visible avec  la militante basque de nationalité française Aurore Martin

et les nombreux  jeunes basques livrés à l’espagne pour leur activité politique.

NON AU MANDAT D’ARRÊT EUROPÉEN !

Attention demain il pourrait s’appliquer à n’importe quel militant politique ou syndical de l’espace européen.


 

Appel du 28 juin : Comité solidarité basque Lille, LDH, NPA, MRAP, Comité « libérez Les »59/62, Coordination communiste 59/62,Les Ami(e)s solidaires du Pays Basque

 

Co voiturage au départ de Lille- départ MRES Lille - 13h - contact csblille@aol.com 

FLOTILLE VERS GAZA

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 21/06/2011 à 18:43:03

reprise d'article

(Regards.fr) La flotille pour Gaza devrait appareiller depuis la Grèce dans les jours à venir. Au moins un bateau français en sera, probablement deux, ont annoncé les organisateurs samedi 18 juin à Marseille. Alors que ce départ se précise, les amis d’Israël multiplient les communiqués et les interventions dénonçant notamment le caractère "politique" de l’initiative. En contrepoint, de nombreuses personnalités se sont engagées au soutien de la Flotille. La semaine qui débute va être longue...



« Nous serons à Gaza à la fin du mois de juin ». Samedi 18 juin, au cours d’une conférence de presse tenue à Marseille, Claude Léostic, de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) n’a pas laissé place au doute. Tandis qu’elle s’exprimait, des images du bateau acheté « grâce au soutien de milliers de citoyens » défilaient en boucle sur un écran. Actuellement à quai dans un port grec, il devrait être accompagné d’un second navire français, de taille plus modeste.

Au total, une douzaine de bateaux composeront cette Flotille II : venus d’Amérique, d’Asie mais surtout de pays "du Nord au Sud" du continent europén. Grande absente, la Turquie. Un an après la grave crise diplomatique entre Israël et la Turquie (alliés régionaux) suite à la mort de neufs militants turcs tués par l’armée israélienne lors de l’assaut du 31 mai sur la Flotille, Tel Aviv a pris les devants. Et, au lendemain de la victoire électorale de la formation de Recep Tayip Erdogan, exercé des pressions sur Ankara appuyées, selon Le Monde du 17 juin, par celles de Barack Obama. Le président américain « aurait lui-même appelé le premier ministre turc (...) pour lui enjoindre de calmer un jeu diplomatique régional qui risque de nouveau de s’enflammer en cas d’arraisonnement de la flotille pour Gaza » .

Côté français, les deux bateaux ne pourront embarquer qu’une cinquantaine de personnes. Olivier Besancenot (NPA), le député Jean-Paul Lecoq (PCF), les députés européennes Marie-Christine Vergiat (FdG) et Nicole Kiil-Nielsen (Europe écologie) ainsi que « des personnalités du PS et du PG » y représenteront les organisations de la gauche politique française. Côté syndicat, Jean-François Courbe de la CGT, Annick Coupé de Solidaire et Raymond Fabrègues de la Confédération Paysanne. Julien Bayou (Génération Précaire), et les navigateurs Jo Le Guen et Eugène Riguidel en seront également. A leur côté, des représentants de l’AFPS, de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CIPPP), de la CIMADE, du MRAP, de l’Union juive française pour la paix (UJFP), du Collectif des musulmans de France (CMF), de la coalition contre Agrexco et de divers autres collectifs.

A tous ceux-là, dont beaucoup étaient présents lors de la Conférence de presse puis au coeur du rassemblement qui s’est tenu toute l’après-midi sur le Vieux Port, le militant israélien Michel Warshawski a tenu à annoncer « deux bonnes nouvelles » : « Un : ça panique dur à Tel Aviv, il y a des réunions d’urgence, civiles et militaires, parce que les autorités commencent à comprendre que cette flotille va arriver. Deux : nous - le mouvement de solidarité israélien et palestinien -, serons aux portes de Gaza et aux portes d’Ashdod. Parce que nous savons que la flotille arrivera à bon port - ou tout à côté - et nous serons là pour vous accueillir ».
Argumentaire double-lame

L’accueil, le gouvernement israélien, a de son côté donné quelques indications sur celui qu’il entend réserver à cette Flotille. Comme le relate le même article du Monde, l’état-major de l’armée israélienne considère que « ces bateaux agissent contre [la loi internationale] et contre la souveraineté d’Israël  » et cherchent « à forcer le blocus pour délégitimer Israël ». Et ce d’autant qu’ils sont remplis d’« extrémistes d’IHH [ l’organisation dont étaient issus de nombreux militants turcs sur la Flotille 2010, ndlr] [qui] vont probablement utiliser la violence ».

Cet argumentaire à double-lame (la Flotille est l’outil d’une "délégitimisation politique" d’Israël et elle est un repère de dangereux barbus) est d’une efficacité qui n’est plus à démontrer auprès de la société israélienne, où le "syndrome de Massada" reste assez largement partagé. Il a en outre le mérite d’offrir à tous les amis de Tel Aviv un discours de propagande tout-prêt et bien rôdé. Dans les jours précédant et suivant le rassemblement marseillais, chacun d’entre eux en a usé. Dans un communiqué diffusé à la presse le 20 juin, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) y va ainsi de ses "10 remarques sur le bateau pour Gaza" dans lequel on apprend notamment que « les participants “humanitaires” à ce bateau sont les “idiots utiles” d’une opération menée en sous-main par l’IHH, filiale turque des Frères Musulmans, responsable du bain de sang survenu l’an dernier sur le Mavi Marmara ». Plus c’est gros, plus ça passe. Moins d’une semaine auparavant, le même CRIF proposait "20 questions sur la flotille de Gaza", brodant à l’infini sur les mêmes contre-vérités .

Député UMP et président du groupe d’amitié France-Israël, Claude Goasguen s’est lui livré sur son blog à une condamnation sans appel de la Flotille tout en appelant à rejoindre la manifestation pro-israélienne qui s’est tenue dimanche 19 à proximité des locaux du Centre international de Culture populaire (CICP) à Paris où siègent de nombreuses organisations pro-palestiniennes. Ces dernières années, le CICP a été la cible, à plusieurs reprises, d’agressions de la Ligue de défense juive (LDJ), une organisation d’extrême-droite. Enfin, dans un communiqué du 14 juin, la LICRA avait apporté la nécessaire touche "lutte contre l’antisémitisme" à ce déchaînement anti-flotille : « Ces initiatives sont contraires à la loi et à la paix publique. Elles contribuent à l’augmentation des actes antisémites en France ».

Tonalité plus soft du côté des responsables internationaux où le discours oscille entre l’"inquiétude" très réticente de Ban Ki Moon et la franche désapprobation de l’Union européenne ; En mai dernier, Kristalina Georgieva, commissaire européenne responsable de la Coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la gestion des crises faisait part de « son opposition la plus totale au projet de la flottille... qui, malgré l’affirmation de ceux qui l’organisent, n’est pas humanitaire mais politique ».

Soutiens politiques et gros bras

Une dimension politique qui, contrairement à ce que prétendent les détracteurs de la Flotille est pleinement assumée par les organisations et les personnalités engagées. « Oui c’est politique que la société civile se mobilise et en remontre à Israël, c’est politique de demander à ces pays qui se font les chantres des Droits de l’homme et à l’Union européenne de dénoncer la politique israélienne et d’assurer la sécurité des bateaux ! Et je ne vois pas en quoi cela pose problème », a résumé Julien Bayou lors de la Conférence de presse.

En France, 411 élus et responsables politiques, justement, dont 97 élus et responsables nationaux, ont affirmé leur soutien à la campagne "un bateau français pour Gaza". Et 172 personnalités ont signé l’appel en soutien au bateau français pour Gaza. Tandis que les universitaires Bertrand Badie, Didier Billion, Sonia Dayan-Herbrun, Vincent Geisser, Nacira Guénif, Alain Joxe, Rachid Benzine et Julien Salingue ont eux, co-signé le 16 juin une tribune soutenant la Flotille.

Qui a peur de la Flotille ? Israël et ses représentants dans le monde, qui savent que ce type d’initiative de la société civile travaille des opinions acceptant de plus en plus de mal la suffisance coloniale anachronique de cet Etat. Il n’y a qu’à voir l’énergie que tous dépensent pour contester la campagne Boycott Désinvestissement Sanction (BDS). Et les puissants de ce monde, renvoyés à leur complaisance - voire à leur lâcheté - politique par quelques dizaines de milliers de citoyens et quelques centaines de personnes prêtes à s’engager physiquement pour exiger le respect du Droit international.

Flotille pacifiste contre armée israélienne ? Chacun sait déjà qui l’emportera quand la confrontation aura lieu, fin juin, quelque part dans les eaux méditerranéennes. Mais la solidarité aura gagné du terrain. Et en attendant, les rapports de force peuvent aussi se mesurer à des actions symboliques. Samedi à Marseille, les quelques militants sionistes violents qui se sont risqués à des provocations au bas de la Canebière se sont fait corriger par des militants en marge du rassemblement au cours d’une altercation saignante mais vite contrôlée par le SO et la police. Et puisqu’on parle gros bras, il faut ici signaler les militants irlandais de la campagne Irish ship to Gaza, qui se sont adjoints le concours de quelques "héros" insulaires. Des rugbymen du quinze national qui, face caméra, font part de leur soutien à la Flotille...

en attente maintenance

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 21/06/2011 à 08:43:17

attente maintenance

un peu de courage camarades !

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/05/2011 à 11:25:12

70ème ANNIVERSAIRE DE LA GRÉVE DES MINEURS DE MAI-JUIN 1941 RÉPRIMÉE DANS LE SANG.

LA MEMOIRE DE LA FOSSE DAHOMEY DE MONTIGNY en GOHELLE NOUS APPARTIENT !

ELLE N’APPARTIENDRA JAMAIS, NI A L’UMP DE SARKOZY NI A L’EXTRÊME-DROITE DES LE PEN!

 

LE 28 MAI A MONTIGNY en GOHELLE (près de Lens)

SOYONS DES MILLIERS DE CAMARADES À HONORER NOS CAMARADES !

 

Le devoir de mémoire de la classe ouvrière est d’honorer la résistance des 100 000 mineurs qui en mai-juin 1941, ont, pendant 12 jours, fait grève pour des justes revendications, et ce malgré l’oppresseur nazi qui voulait les asservir et les faire taire, et le patronat des Mines qui profitait de la dissolution de la CGT et du PCF par les lois pétainistes , pour encore plus exploiter nos camarades, par la force et la répression.

 Cette commémoration au Monument Dahomey de Montigny en Gohelle marque après la commémoration de Bruay-la-Buissière le 29 avril, le 70ème  anniversaire de la terrible répression qui s’abattit sur plus de 400 militants, adhérents de la CGT ou/et du PCF, au printemps 1941.

 Avec cette grève, nos courageux et déterminés camarades de la CGT devenue clandestine, qui pour la plus-part étaient aussi membres du Parti Communiste lui aussi devenu clandestin, ont ouvert la voie de la résistance, celle des FTP, des FTP-MOI, des FFI… un Front de résistance et de sabotages contre l’appareil de production de guerre, qui sera reconnu en 1945 par l’ensemble des puissances alliées contre les fascistes. 

 Ces mouvements de résistance si différents se sont unis sous l’impulsion de Jean Moulin, de de Gaulle, et de Maurice Thorez, pour créer le Conseil National de la Résistance qui aboutira à d’énormes avancées sociales. Des droits nouveaux créés et bâtis pour les travailleurs et par les travailleurs, ces mêmes  progrès sociaux que le gouvernement d’aujourd’hui tente de détruire pour mettre en place sur fond de remondialisation du capital, l’ultra-libéralisme destructeur de droits, de services publics et d’emplois…un gouvernement qui parle de nos martyrs comme étant des leurs.

 L’ identité syndicale CGT s'est construite sur des valeurs de résistance, de solidarité et d'humanité qui se sont traduites, dans l'histoire de notre bassin minier, par la volonté de lutter ensemble dans les combats de classe autour de grandes causes progressistes  locales, nationales et internationalistes…

 Contre la guerre et pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour la liberté et les droits fondamentaux, la CGT et le PCF du Pas de Calais ont toujours été de tous les combats…. Encore aujourd’hui !

 Arrêtés, emprisonnés, torturés, déportés,  nos camarades martyrs se sont engagés avec courage et abnégation jusqu’à la mort qui fût parfois atroce et innommable, intolérable et inexcusable… même 70 ans plus tard… nous ne pouvons oublier !

 Leurs revendications légitimes, la liberté pour le Peuple, la fierté d’appartenir à une nation, le maintien malgré de danger de continuer et de faire vivre la CGT et le PC et leurs histoires de luttes à peine 5 ans après 1936, ont été plus importantes que leur propre vie.

 Leur engagement, leur sacrifice ont été exemplaires et porteurs d'un message universel fort: ensemble et malgré les différences et le danger quotidien, on pouvait réaliser des choses exceptionnelles, héroïques, pour de grandes causes humaines telle que de se libérer de l'oppresseur nazi et ses sous fifres du patronat collaborateur.

 Camarades, être à Montigny en Gohelle le 28 mai, c'est être porteur de cet espoir, de cette vérité pour continuer à faire vivre ces exemples d'hommes debout au service de la liberté et de la dignité humaine.

Soyons des milliers pour honorer leur mémoire dans notre mémoire collective de luttes de classe pour bâtir des projets communs au service de tous dans le respect mutuel et pour des siècles sans guerre.

 Quelque soient nos croyances, nos religions, nos affinités politiques et syndicales,  nous devons nous retrouver afin de poursuivre les combats d’hier et d’aujourd’hui. Des combats pour l'ensemble de l'humanité, à commencer du combat pour la paix alors que la France est engagée dans deux guerres.

 Mais aussi les combats qui nous paraissent indissociables, ceux pour la justice sociale et la reconnaissance de chacun dans cette société de plus en plus repliée sur elle-même, où misère, racisme et individualisme gagnent du terrain pour alimenter le fumier malodorants du parti fasciste qui s’affiche sans vergogne.

 Oui camarades, le parti fasciste s’affiche sans contrainte ici et tout près, et même si en façade il paraît s’assagir, il continue à mentir et à vomir la haine des autres. 70 ans plus tard. Le spectre fasciste est là devant nous, à quelques mètres de nous, les idées de la bête immonde ne sont pas encore détruites, la haine et la volonté d’une supériorité de race ou religieuse sont toujours bien présentes. et elles se propagent dans les masses populaires comme la gangrène … la CGT combat cette menace avec force et détermination.

Comment est-il possible que des travailleurs tombent dans ce piège démagogique et populiste miné par les mensonges, quand des dizaines de milliers de travailleurs de dizaines de nationalités différentes sont morts en martyrs pour avoir défendu des idéaux d’humanisme, de solidarité et de fraternité ?

 Nos mineurs morts assassinés par les hordes nazies portaient des noms d’ici et d’ailleurs, ils étaient nés ici et ailleurs, et pourtant ils se respectaient et s’entraidaient... sans racisme ni haine.

 Dénoncés, arrêtés, emprisonnés, torturés, fusillés, déportés, gazés, brûlés… parfois à la fleur de l’âge, nos camarades sont restés dans nos mémoires comme nos héros, nos véritables héros, nos héros-mineurs parmi les 100 000 camarades de la CGT et du PCF tombés face aux fascistes nazis et français.

 Camarades, quelle leçon de force de ces travailleurs des mines, frères de luttes de Guy Moquet, de Maïa Politzer, de Martha Desrumaux et de tant d’autres, jeunes et moins jeunes, qui ont mis leur vie totale au service d'un idéal de liberté au risque de la perdre à jamais.

 Dans notre époque de chaos et de division à l’intérieur même de notre classe sociale dont les intérêts sont fondamentalement opposés à ceux des patrons et des nantis de la finance, l’engagement de nos camarades mineurs, résistants et martyrs,  nous invite à être porte-paroles des valeurs de la solidarité, de l'entraide, de la fraternité de classe et du refus de l'exclusion.

 Gloire à nos martyrs mineurs, résistants, syndicalistes CGT ou membres du PCF, tombés sous le joug du nazisme et de leurs collaborateurs fascistes patronaux.

 Gloire à la résistance ! Honneur à leur mémoire et à leur courage !

 Ils étaient Mineurs et étaient Français, Polonais, Yougoslaves, Portugais, Espagnols, Italiens. Belges…

 Ils ont été fusillés dans les citadelles d’Arras, de Lille, d’Amiens, dans les forts du Vert-Galand à Verlinghem ou du Curgies à Valenciennes, dans les prisons de Cuincy et de Loos les Lille, et dans la forêt de Champigneulles en Meurthe et Moselle, décapités, pendus, affamés dans les camps…exterminés par des barbares dont l’idéologie n’est pas elle morte le 8 mai 1945.

 Ils étaient nos camarades, ils étaient cégétistes, ils étaient des communistes, ils étaient socialistes...

Nous ne pouvons laisser à l’UMP et à ses chefs, à ceux qui les soutiennent directement ou indirectement dans leur politique antisociale et ultralibérale en remettant en cause le Conseil National de la Résistance ou en adoptant des LOIS répressives et liberticides, et tous les opportunistes de la dernière heure… le droit de s’approprier nos martyrs de classe !

DISCOURS DE LA CGT LE 29 AVRIL

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 07/05/2011 à 20:53:03

DISCOURS DE LA CGT LE 29 AVRIL 2011 LORS DE LA CÉLÉBRATION A BRUAY-LA-BUISSIÉRE DU 70ème ANNIVERSAIRE DE LA GRÉVE DES MINEURS EN MAI JUIN 1941 RÉPRIMÉE DANS LE SANG.

 

Nous sommes aujourd’hui réunis afin d'honorer la mémoire de cette résistance des mineurs à l’oppression nazie qui voulait les asservir, mais aussi à l’oppression patronale qui profitait de la dissolution de la CGT par les lois pétainistes de 1940-41.

 

Cette journée marque le 70ème  anniversaire de la terrible répression qui s’abattit sur des centaines de militants syndicaux et adhérents de la CGT, au printemps 1941.

 

Avec cette grève, nos courageux et déterminés camarades ont ouvert la voie de la résistance, celle des FTP, des FTP-MOI, des FFI, celle du Front National dont le nom a été usurpé par le parti des fascistes et des nationalistes-chauvins… que la CGT combat de toutes ses forces.

 

Tous ces mouvements de résistance, si différents mais qui se sont unis, ont conduit au Conseil National de la Résistance qui nous a apporté d’énormes avancées sociales. Des droits nouveaux pour les travailleurs que le gouvernement d’aujourd’hui tente de détruire, négligeant au passage le passé glorieux de nos camarades, pour mettre en place sur fond de remondialisation du capital, l’ultra-libéralisme destructeur de droits, de services publics et d’emplois.

 

Voilà pourquoi nous sommes ici camarades !

 

Notre identité syndicale CGT s'est construite sur des valeurs de résistance, de solidarité et d'humanité qui se sont traduites, dans l'histoire de notre bassin minier, par la volonté de nous retrouver ensemble dans les combats autour de grandes causes progressistes  locales, nationales et internationalistes…

 

Contre la guerre et pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour la liberté et les droits, la CGT a toujours été de tous les combats.

 

Arrêtés, emprisonnés, torturés, déportés,  nos camarades martyrs se sont engagés avec courage et abnégation jusqu’à la mort qui fût parfois atroce et innommable, intolérable et inexcusable… même 70 ans plus tard… nous ne pouvons oublier !

 

Leurs revendications de classe et de masse, ouvrières et justes, la liberté, la fierté d’appartenir à la CGT et à son histoire de luttes 5 ans après 1936, ont été plus importantes que leur propre vie.

 

Leur engagement, leur sacrifice ont été exemplaires et porteurs d'un message universel fort: ensemble et malgré les différences, on pouvait réaliser des choses exceptionnelles, héroïques, pour de grandes causes humaines telle que la libération de l'oppresseur nazi.

 

Camarades, se retrouver ici ce soir, c'est être porteurs de cet espoir, de cette vérité et c’est continuer à faire vivre ces exemples d'hommes debout au service de la liberté et de la dignité, au service d’une classe en soi vers le passage d’une classe pour soi.

 

Honorer aujourd'hui leur mémoire dans notre mémoire collective de luttes, de classe, de sacrifice de soi, c'est rappeler, qu’en gommant nos différences, nous pouvons bâtir des projets communs au service de tous dans le respect mutuel et pour des siècles sans guerre.

 

Quelque soient nos croyances, nos religions, nos affinités politiques et syndicales,  nous devons nous retrouver afin de poursuivre les combats qui les ont tous concernés, et qui nous concernent encore à notre époque.

 

Des combats pour l'ensemble de l'humanité, à commencer du combat pour la paix et ceux qui nous paraissent indissociables, les combats pour la justice sociale et la reconnaissance de chacun dans cette société de plus en plus repliée sur elle-même, ou la misère, le racisme et l’individualisme gagnent du terrain pour faire le fumier malodorants des partis fascistes qui s’affichent sans vergogne.

 

Oui camarades, des partis fascistes qui s’affichent sans contrainte pour vomir la haine des autres, alors que nos camarades de dizaines de nationalités différentes sont morts en martyrs pour avoir défendu des idéaux d’humanisme, de solidarité et de fraternité de classe.

 

Ils portaient des noms d’ici et d’ailleurs, ils étaient nés ici et ailleurs, et pourtant ils se respectaient et s’entraidaient... sans racisme ni haine.

 

Dénoncés, arrêtés, emprisonnés, torturés, fusillés, déportés, gazés, brûlés… parfois à la fleur de l’âge, nos camarades sont restés dans nos mémoires comme nos héros, nos véritables héros, nos héros-mineurs parmi les 75 000 camarades de la CGT tombés face aux fascistes nazis et français. Ils sont tombés en Hommes de devoirs mais plus simplement en Hommes de Cœur, Hommes tout court.

 

Pourtant camarades, 70 ans plus tard, les idées de la bête immonde ne sont pas encore détruites, la haine et la volonté d’une supériorité de race ou religieuses sont toujours bien présentes. ; et le pire est qu’elle se banalise, ce que la CGT combat avec force et détermination chaque jour.

 

Pour conclure cet hommage bien trop bref au regard de leur engagement exceptionnel, nous rappelons ici camarades, que c'est notre classe sociale, celle des travailleurs, que nous honorons en déposant cette gerbe en mémoire.

 

Camarades, quelle leçon de force de ces travailleurs des mines, frères de luttes de Guy Moquet, de Maïa Politzer, de Martha Desrumaux et de tant d’autres, jeunes et moins jeunes, qui ont mis leur vie totale au service d'un idéal de liberté au risque de la perdre à jamais.

 

A une époque où les jeunes nous demandent plus que jamais de leur faire confiance, l’engagement de nos camarades mineurs, résistants et martyrs,  nous invite à nous tourner vers eux car beaucoup d'entre eux portent haut les valeurs de la solidarité, de l'entraide, de la fraternité de classe et du refus de l'exclusion.

 

Alors chers camarades !

 

Gloire à nos martyrs mineurs, résistants, syndicalistes CGT, tombés sous le joug du nazisme et de leurs collaborateurs fascistes patronaux.

 

Gloire à la résistance !

 

Honneur à leur mémoire et à leur courage.

 

Ils étaient français, polonais, yougoslaves, portugais, italiens..

 

Ils ont été fusillés dans les citadelles d’Arras, de Lille, d’Amiens, dans les forts du Vert-Galand à Verlinghem ou du Curgies à Valenciennes, dans les prisons de Cuincy et de Loos les Lille, et dans la forêt de Champigneulles en Meurthe et Moselle.

 

Ils étaient nos camarades !

 

Ils travaillaient ici ! Ils  s’appelaient* :

 

 

Léon BAILLEUX - Barlin

Louis BERTOUX  - Vermelles

Emile BERTRAND - Auchel

Henri BODELOT - Bruay-en-Artois

Marcel BODELOT - Haillicourt

Auguste BRUNOVIC - Divion

Georges CADREN - Hersin-Coupigny

Serge CANDAS - Auchel

Augustin CARON - Bruay-en-Artois

Henri CARON – Divion+

Paul CARON - Saint-Pierre-les-Auchel

Kléber CARPENTIER - Bruay-en-Artois

Marty CHATELAIN - Divion

Augustin CHAVATTE - Hersin-Coupigny

Joseph CONSONNI - Vermelles

Henri DECROIX - Cauchy-à-la-Tour

Georges DELLERUE - Rimbert-lez-auchel

Julien DELVAL – Beuvry

Raymond DERUY - Bruay-en-Artois

Paul DESCAMPS - Bruay-en-Artois

Voltaire DHENNIN - Beuvry

José DOS SANTOS  - Divion

Léon DOYELLE - Houdain

Louis DUSSART - Bruay-en-Artois

Léon GALLOT - Beuvry

Alexandre GREGOIRE - Estrée-Blanche

Fernand GROSSEMY - Annezin-les-Béthune

Edmond HEAULME - Hersin-Coupigny

Ignace HUMBLOT  - Auchy-les-Mines

René JAMSIN - Annezin-les-Béthune

Tadeusz KEMPA - Hersin-Coupigny

Joseph KRYSTKOWIAK – Houdain

Jean LEFEBVRE - Beuvry

Léopold LESAGE - Haillicourt

Alphonse MADELAINE - Divion

Ulfroy MARCOTTE - Calonne-Ricouart

Louis MARQUANT - Annezin-les-Béthune

Jules NOYELLE - Bruay-en-Artois

Louis PART - Auchy-en-Bois

Victor PATINIER - Calonne-Ricouart

Paul PLOUVIEZ - Bruay-en-Artois

Joseph RATAJCZYK - Houdain

Oscar ROUSSEL - Hersin-Coupigny

André SENECHAL - Vermelles

Amédée SUCHET  - Auchel

François SURDYK - Vermelles

Auguste TRANNIN - Vermelles

Lucien TRINEL - Labourse

Emile VIEUBLED – Vermelles

 

 

* lecture des noms par 5 camarades des 5 unions locales CGT d’AUCHEL-BETHUNE-BRUAY-ISBERGUES-LILLERS

invitation 29-30 avril à Bruay la Buissière

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 13/04/2011 à 10:10:11

le Comité Libérez-les ! tiendra un stand à cette belle initiative

 

FRONT SOLIDAIRE

Association culturelle et de mémoire internationaliste, créée en 2011 par les 5 Unions Locales CGT d’Auchel-Béthune-Bruay-Isbergues-Lillers.

 

ORGANISE* à BRUAY-LA-BUISSIÈRE

 2 JOURS DE FÊTE DES TRAVAILLEURS !  

DANS LE CADRE DE LA COMMÉMORATION DES 140 ANS DE LA COMMUNE DE PARIS DE MARS A JUIN 1871 ET DU 70ème ANNIVERSAIRE DE LA GRÈVE DES MINEURS DE MAI Á JUIN 1941, CONTRE LE PATRONAT DES MINES ET LES NAZIS.

Vendredi 29 avril

de 18h30 à 23h00. 

18h30 : Dépôt de gerbe au Monument de la Résistance et hommage aux mineurs antifascistes, victimes de la répression, de la torture et de la déportation par l’occupant nazi.

19h15 : Accueil par les mineurs  en tenue de fond au cinéma Les Etoiles,  rue du Périgord.

20h00 : projection du film de Louis Daquin  « Le point du jour », en présence de Louisette Faréniaux, universitaire du cinéma, suivi du pot de l’amitié.

Samedi 30 avril

de 10h00 à 23h00.

 Salle des Sports du Lycée des Travaux Publics, Rue d’Aire.

10h00 : Message d’accueil de Pierre Lebrun (Président de l’association Front Solidaire) et de Jacques Taillieu (secrétaire général de l’UL CGT du Bruaysis) et inauguration de l’exposition sur la Commune de Paris.

10h30 : causerie de Jacques Tourtaux autour de son ouvrage « Guerre d’Algérie. Souvenirs d’un appelé anticolonialiste »

11h15 : conférence de Saïd Bouamama, sociologue : « La Commune de Paris : mère des Révolutions »

12h30 : intervention de Pierre Outteryck, historien sur la Grève des mineurs de 1941

12h45 : 1er passage de la Chorale populaire de Paris (durant l’apéritif).

13h30 : causerie de Jacques Kmieciak, journaliste, autour des Rapatriements des Polonais du Nord à la libération

14h15 : conférence de Georges Gastaud, philosophe  « Patriotisme et internationalisme à la lumière des évènements de la Commune de 1871 et de la Grève des Mineurs de 1941 » 

16h00 : 2ème  passage de la Chorale populaire de Paris.

16h30 : scène musicale ouverte avec Gaby.

17h00 : causerie autour de l’actualité de livre de Robert Linhart  « Lénine, les paysans, Taylor » animée par Jean-Paul Cruse (journaliste, fondateur de la section CGT du journal Libération) et Jacques Lacaze (Secrétaire général de l’UL CGT Liévin)

17h45 : 3ème passage de la Chorale populaire de Paris.

18h15 : causerie de Roger Sylvain (CGT Métallurgie) autour de son livre : « Mai 68 à Renault-Billancourt ».

20h00-23h00 : diner-concert avec la compagnie « Les voisins d’en face » (réservation des repas)

 

Renseignements et réservations :

Jean-Louis BOULET : 03-91-80-49-21  

Jacques TAILLIEU : 06-88-82-87-55

 Toute la journée :

Stands – animations – expositions – restauration…

 

entrée gratuite

 

BONNE AMBIANCE ASSURÉE !

 

* Avec le soutien de la CSD CGT 62

15 mars 2006-15 mars 2011, 5 ans déjà pour Ahmad Saa'dat

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 14/03/2011 à 19:21:53

Ce 15 mars 2011 marque le cinquième anniversaire de l’assaut de la prison de Jéricho et l'enlèvement du secrétaire générale du FPLP, Ahmad Sa'adat et de ses camarades, par les commandos militaires israéliens.

Pour cet anniversaire, la campagne internationale pour la libération d’Ahmad Sa’adat souligne que la force et la détermination du peuple palestinien à libérer tous les prisonniers liés à l'occupation, sont demeurées fermes et intactes. Elle nous demande de soutenir et de participer aux marches dans les 15 manifestations appelées pour l'unité des palestinienne et contre les accords d'Oslo.

 Malgré les abus et l'isolement dont ils souffrent, les prisonniers palestiniens et le peuple palestinien continueront à résister à l'occupation, au racisme et au règlement, afin d'obtenir leurs droits à la liberté, l'autodétermination et le retour.

 Depuis son enlèvement, Ahmad Sa'adat a fait l'objet de mauvais traitements à répétition, on lui interdit toujours les visites familiales et on lui  refuse toujours les soins médicaux dont il a besoin. Il a été mis en isolement depuis le 19 mars 2009, et cet isolement est depuis maintenant près de 2 ans

 Malgré les tortures, morales et physiques, pratiquées dans les prisons de l'occupant, qui sont à l'encontre de toutes les normes internationales relatives aux droits de l'homme, Ahmad  Sa'adat a continué à être ferme et indéfectible au peuple palestinien et ses droits. C’est ainsi que les gardiens ont isolé Sa'adat physiquement, mais ils n'ont pas réussi à le faire taire en isolant ses mots ou son esprit - le peuple palestinien et les peuples du monde sont avec lui.

  L'anniversaire de son enlèvement et de sa condamnation viennent en appui des protestations du 15 mars 2011 qui demanderont la fin des divisions internes palestiniennes et la dénonciation des accords d'Oslo et tous ses dérivés nocifs.

 Cet enlèvement d'une prison de l'autorité palestinienne a été fait pour répondre aux accords d'Oslo et de sa « coopération à la sécurité, et la condamnation qui s’en est suivie est le résultat de la fracture volontaire du front intérieur palestinien liée aux accords d’Oslo.

 Ainsi, à l'occasion de cet anniversaire, la mouvement de la campagne pour la libération de Ahmad Sa’adat appelle à dénoncer cette condamnation et cet isolement, qui seront appuyées par les manifestations le 15 mars.

 La Femme du camarade Ahmad Sa’adat, Abla, a dit le 11 mars «  Je demande à tous les Palestiniens, à l'intérieur et à l'extérieur de la Palestine, de participer aux manifestations « et elle a exprimé ses "sincères salutations pour tous les efforts faits par les jeunes Palestiniens. Elle a confirmé que «  tous les détenus dans les prisons de l'occupant seront avec eux pour les soutenir dans leur mouvement et dans leurs exigences. »

 Le mouvement pour la libération d’Ahmad Sa’adat invite tous les sympathisants du monde entier à rejoindre et à soutenir les efforts des Palestiniens ce 15 mars, avec des manifestations dans tous les secteurs, y compris dans les actions appelées par les communautés palestiniennes locales et à soutenir la lutte pour la libération des prisonniers palestiniens, qui sera l'une des exigences centrales des protestations du 15 mars.

  Ce cinquième anniversaire de l'enlèvement doit marquer la fin, une fois pour toutes, de la politique dangereuse et profondément dommageable de la coordination de la sécurité, qui est une politique irresponsable de répression politique et de violations des droits de l'homme, qui menace la cause palestinienne.

 Rappelons que la politique de coordination de sécurité, entre l’autorité palestinienne et l'occupant israélien, est la cause de la condamnation d’Ahmad, mais aussi des toutes les arrestations, les poursuites, les torture, et des craintes pour les Palestiniens en Cisjordanie.

La campagne palestinienne en solidarité avec Ahmad Sa'adat indique que la politique de la coordination de sécurité est une «trahison nationale contre le peuple et la résistance palestinienne ».

 La politique de la coordination de sécurité est une menace pour la cause palestinienne et l'ensemble du peuple palestinien et elle est un affront aux milliers de prisonniers palestiniens incarcérés dans les prisons de l'occupant, c’est une menace qui va à l’encontre de la révolution palestinienne et cela pour encore des décennies.

 A L'occasion de cet anniversaire, nous réitérons notre appel à toutes les organisations de solidarité avec la Palestine, de soutien aux prisonniers, de défense des droits et des droits de l'homme  pour qu’elles viennent se joindre à la campagne.

 Nous appelons toutes les autorités internationales, comme l'Organisation des Nations Unies et le Comité International de la Croix-Rouge, à prendre leurs responsabilités pour lutter contre la souffrance et les abus que subissent les prisonniers politiques palestiniens, dont notamment l'incarcération abusive des enfants et le refus de prodiguer des soins médicaux aux détenus malades.

 Cinq ans après cet enlèvement de la prison de Jéricho, Ahmad Sa’dat est aux côtés de ses camarades prisonniers palestiniens et du peuple palestinien qui demeure résolument dans une confrontation contre l’occupant et l’oppression.

L'occasion, avec cet anniversaire, nous est donnée, de saluer Ahmad Sa'adat et les 11 000 prisonniers politiques palestiniens et de  s'engager à poursuivre notre juste combat jusqu'à la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens et toute la Palestine.

traduit de l'anglais par le Comité "Libérez-les!"