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ne rien dire

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 10/05/2012 à 01:10:45

 

NE RIEN DIRE, C’EST ÊTRE COMPLICE !

                                                             10 mars 2012

 

Dans ce monde dominé par les plus infâmes salauds et corrompus depuis la dernière guerre mondiale, 2600 travailleurs palestiniens montrent avec dignité et courage que la Résistance n’est pas morte et que le combat continue pour la Liberté et les Droits.

 Depuis le 29 février, des mouvements de grève de la faim ont été déclenchés, et depuis le 17 avril, 2600 prisonniers palestiniens enfermés dans les geôles de ceux qui ont volés leurs terres sont en grève complète de la faim.

 Des dizaines de travailleurs palestiniens emprisonnés sont entre la vie et la mort depuis des jours, et ce n’est qu’hier 9 février, à la veille de cette journée mondiale de célébration de la lutte contre l’esclavage, que la Croix Rouge Internationale a demandé à Israël de mettre 6 prisonniers à l’hôpital. Le CICR est le seul organisme international non-gouvernemental connu qui a réagi à ce jour (même si c’est avec un temps de retard)

 Les travailleurs palestiniens en prison sont au nombre de 10 000 à ce jour, certains sont enfermés depuis plus de 5 ans sans avoir été jugés, ils sont des hommes, des femmes et des adolescents-es.

 Les 2600 grévistes de la faim exigent  l’arrêt complet de l’isolement des responsables politiques de la Résistance dans des cahots de 1.70 m de long sur 1.00 m de large et de 1.50m de haut, ainsi que la restauration des permis de visites des familles. Ces deux revendications sont prioritaires et les prisonniers ont déclaré qu’ils iraient cette fois au bout de leur grève après celle de 35 jours en octobre 2011.

 Ce qui nous paraît incroyable, c’est que l’omerta sur cette situation des travailleurs palestiniens en grève de la faim, est observée par l’ensemble des média, trop empressés de rapporter les potins du jour sur le couple présidentielle ou sur ce que le nouveau Président a déjeuné… 10 secondes de brèves dans un journal télévisé pour rapporter la demande du CICR pour 6 prisonniers.

 Israël n’a pas le droit de profiter de son statut, d’Etat « surprotégé » à cause de l’histoire terrifiante qu’ont connus les populations juives durant la dernière guerre, pour faire pareil que ses bourreaux.

 L’antisémitisme est un fléau comme le nazisme est un fléau, comme pratiquer la torture ou l’enfermement dans des prisons de la mort est un fléau…

 Il est complétement anormal qu’aujourd’hui, malgré la loi de 1905 qui sépare l’Etat de la religion, les hommes politiques en charge de l’Etat français s’affichent au diner du CRIF pendant que des milliers de prisonniers en grève de la faim, sont entre la vie et la mort dans des prisons délabrées, surpeuplées, surchauffées, et cachée au monde par l’Etat sioniste, là où la religion est intimement liée avec la politique voire elle la domine.

 Toute personnalité politique en charge de la République Française ne peut rester muette devant cette situation, la pire connue depuis 1981 quand la Dame de Fer de l’ultralibéralisme anglais et amie de Pinochet, a laissé mourir les prisonniers irlandais dont le plus connu est le député Bobby SANDS, dans des conditions atroces et perverses, et même sadiques.

 Toute personnalité politique de France qui ne viendra pas en secours de ces milliers de prisonniers palestiniens en grève de la faim, est coupable, au nom de notre Constitution et du Code Civil, de non-assistance à personne en danger et de complicité d’assassinats de masse, car la France a ratifié les accords de Genève et toutes les conventions de l’ONU qui concernent les Droits de l’Homme.

 Toute personnalité qui a dans ce pays, des pouvoirs extraordinaires et démesurés, pour informer ou pour dire à l’Etat d’Israël, qu’il doit répondre aux revendications des milliers de grévistes de la faim,  en vertu de l’application des conventions internationales et du respect les droits des prisonniers, est coupable de complicité et d’entente avec une puissance étrangère. 

 Qui peut faire comme si rien n’était, et dormir sur ces deux oreilles après avoir embrassé ses enfants ?

 Nous craignons le pire, tel que le sort qu’ont connu les prisonniers irlandais ou africains du Sud, c’est-à-dire la mort de dizaines de travailleurs prisonniers en grève de la faim.

 Nous craignons le pire pendant que le monde politique tout azimut, oligarchique et bien-pensant reste installé dans son mutisme au nom d’on ne sait quels protocoles diplomatiques, chartes ou accords commerciaux, le même monde qui s’arroge le droit de donner des leçons de démocratie non pas pour les peuples mais pour ses intérêts.

 HONTE À TOUS CEUX QUI SE TAISENT DEPUIS TROP LONGTEMPS !

 HONTE À CEUX QUI COLLABORENT AVEC DES ASSASSINS !

 HONTE À L’ÉTAT ET AU GOUVERNEMENT SIONISTE ET COLONIALISTE D’ISRAËL !

 HONTE AUX ÉTATS ARABES SOUMIS AUX IMPÉRIALISTES !

 HONTE À L’EUROPE DU SILENCE ASSOUDISSANT ET COMPLAISANT !

 HONTE À CEUX QUI FONT DU COMMERCE AVEC ISRAËL !

 HONTE À CEUX POUR QUI UN BILLET VERT VAUT PLUS QUE LA VIE D’UN ÊTRE HUMAIN !

 

SOLIDARITÉ COMPLÉTE AVEC LES TRAVAILLEURS PALESTINIENS PRISONNIERS EN GRÉVE DE LA FAIM !

 SOLIDARITÉ COMPLÉTE AVEC L’ENSEMBLE DU PEUPLE DE PALESTINE !   

 PALESTINE VAINCRA, PALESTINE VIVRA !

 UN JOUR VIENDRA OÙ LES ASSASSINS SERONT JUGÉS DE TOUS LEURS CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ  PERPÉTRÉS DEPUIS 1948!

 VIVE LA PALESTINE LIBRE, INDÊPENDANTE ET SOUVERAINE ET SON DRAPEAU !

 VIVE LA RÉSISTANCE ARMÉE PALESTINIENNE !

Campagne internationale de soutien avec le Secrétaire Général du FPLP, Ahmad Sa'adat. Le dimanche 29 avril, les responsables de la prison de Ramon ont transféré notre camarade prisonnier en grève de la faim et Secrétaire Général du FPLP, Ahmad Sa'adat,

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 30/04/2012 à 15:03:38

Campagne internationale de soutien avec le Secrétaire Général du FPLP, Ahmad Sa'adat.

 Le dimanche 29 avril, les responsables de la prison de Ramon ont  transféré notre camarade prisonnier en grève de la faim et Secrétaire Général du FPLP, Ahmad Sa'adat, à l'hôpital de la prison de Ramleh.

 Ahmad Sa'adat est maintenu dans l'isolement dans cette prison de Ramon, depuis maintenant plus de trois ans et il est en grève de la faim depuis le 17 avril avec plus de 2 000 prisonniers palestiniens.

 L’administration de la prison a proposé à des prisonniers politiques du FPLP d’améliorer leur condition d’isolement en échange de l’arrêt de leur grève de la faim. Les prisonniers politiques du FPLP ont refusé cette proposition en rétorquant qu'ils se sont engagés à atteindre leurs objectifs et leurs revendications dans l’unité avec l’ensemble des prisonniers en grève de la faim depuis le 17 avril : l’arrêt complet de toutes les pratiques d'isolement et des détentions administratives, l’arrêt complet des atteintes aux droits de visite des familles, l’arrêt complet des atteintes à l’information des médias…

 Notre camarade Ahmad Sa'adat  a déjà perdu 6 kilos avec cette grève de la faim, qui vient d’être déclenchée seulement quelques mois après la longue grève de la faim qui a eu lieu du 27 septembre au 20 octobre 2011 sur la base d’un appel pour mettre fin aux pratiques de l'isolement, pendant laquelle Ahmad Sa'adat avait déjà perdu plus de 20 kg.

 Des centaines de prisonniers s'était joint à cette grève, qui s'est terminée avec une fausse promesse des israéliens de mettre fin à isolement, cette promesse avait été ensuite ignorée suite à l'échange de prisonniers contre la libération du soldat de Tsahal, Gilad Shalit.

 Ahmad Sa'adat a été kidnapé le 16 mars 2006 par les forces d'occupation israéliennes qui ont attaquées la prison de l'autorité palestinienne de Jéricho, où il était séquestré et sous la surveillance de militaires étasuniens et britanniques depuis 2002 avec cinq autres détenus, dont quatre camarades du FPLP.

 Son emprisonnement avait été jugé illégal par la Haute Cour de Palestiniens, Ahmad Sa'adat étant élu au Conseil législatif palestinien à Jéricho.

 Le Front Populaire de Libération de la Palestine a fait une déclaration en réponse au tranfert d’Ahmad Sa'adat à l'hôpital de la prison Ramleh. Le FPLP a indiqué : « le gouvernement d’occupation qui le détient est entièrement responsable de toutes les conséquences pour la vie de Sa'adat, notre Secrétaire général, et de tous les prisonniers héroïques en grève de la faim ouverte pour qu’on réponde à leurs justes demandes, particulièrement la fin à l'isolement cellulaire. Nous sommes fiers de notre leader national, Ahmad Sa'adat, qui a débuté cette grève de la faim, et nous lui apportons toute notre solidarité ainsi qu’à l’ensemble du mouvement des prisonniers.  Nous appelons au mouvement le plus large et à tous les niveaux pour soutenir les prisonniers dans leur grève dans les prisons de l'occupation, pour que leurs demandes soient acceptées. »

 Une conférence de presse a eu lieu le dimanche soir au Centre des média Wattan à Ramallah pour attirer l'attention sur la situation sanitaire des camarades.

 Khalida Jarrar, membre du Conseil législatif palestinien, membre du FPLP a dit que « les prisonniers en grève de la faim ne doivent pas être bafoués. L'état colonial sait très bien que nos camarades sont capables de tenir et nous de réagir pour faire face aux menaces à l’encontre de nos prisonniers et de nos dirigeants »

 Elle a appelé les leaders politiques palestiniens à agir immédiatement et rapidement afin de protéger les prisonniers et de mettre immédiatement fin à toutes les formes de coopération en matière de sécurité avec l'occupation. Elle est également appelée les pays arabes qui ont des liens avec l'état d'occupation de les casser immédiatement et d’expulser les ambassadeurs de l'occupation.

 La camarade Khalida Jarrar a indiqué qu’Ahmad Sa'adat a été transféré en catimini à la prison de l’Hôpital de Ramleh et que cela n’a été découvert que lorsque son avocat a demandé à le visiter à la prison de Ramon.

 Elle a également souligné particulièrement préoccupant l’état de santé des grévistes Thaer Halahleh et Bilal Diab, qui sont en grève de la faim depuis 62 jours. Elle a noté que « l'isolement est l'une des raisons plus urgentes de la grève », en rappelant que « cette pratique mise en place par l’administration de la prison contre les dirigeants, y compris Mahmoud Issa isolé depuis 2002, est dangereuse ».

 Abla Sa'adat, épouse de notre camarade, a affirmé que « mon mari ne mettra un terme à sa grève que quand les objectifs auront été atteints, et notamment : la fin de l'isolement cellulaire, et le retour du droit de visites des familles pour les prisonniers de Gaza qui ont été interdites pendant six ans ».

 Abla Sa'adat t a aussi parlé du dernier message de son mari, qui met l'accent sur le besoin d'unité pour  soutenir les prisonniers. Elle a exprimé une préoccupation sérieuse pour la vie de son mari, notant que c'est sa deuxième grève de la faim en six mois. Elle a appelé le peuple palestinien et les partisans et soutiens partout dans le monde, à se joindre à cette solidarité avec des actions de soutien contre les pratiques de l’occupant israélien , et de rappeler que cela est très important pour la réussite et l’issue de la grève commencée le 17 avril par 1500 prisonniers qui sont aujourd’hui 2000.

 Issa Qaraqe, le Ministre palestinien chargé des prisonniers et des détenus politiques a appelé à la convocation d’une session extraordinaire sur le cas des prisonniers. Il a noté que « le gouvernement israélien est entièrement responsable de la catastrophe humanitaire que subiraient les prisonniers », et a insisté sur le fait que « l'Etat d'occupation commettait des crimes contre les prisonniers au moyen de lois arbitraires et raciste, injuste, cruel et inhumains ». Il  affirme que « la grève continuera de croître dans la semaine prochaine, ce qui entraînerait à une nouvelle  explosion dans la rue palestinienne ».

 Le mouvement « campagne pour la libération d’Ahmad Sa’adat » réédite les appels suivants pour des actions du réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens et il encourage à prendre toutes les mesures pour soutenir les héroïques prisonniers qui meurtrissent leur corps et leur vie pour la liberté et la libération de la Palestine :

 1)      Organiser un événement, une action ou un forum sur le sort des prisonniers palestiniens dans votre ville, votre quartier ou votre campus ? Si vous avez besoin de suggestions, de matériaux ou de conférenciers pour votre événement, veuillez nous contacter à samidoun@samidoun.ca.

 2)      Communiquez et informez  vos représentants gouvernementaux afin qu’ils demandent de mettre fin au silence international et de complicité avec la répression des prisonniers politiques palestiniens.

 3)      Écrire au Comité International de la Croix-Rouge et lui demander qu'il respecte ses obligations de protéger les droits des prisonniers politiques palestiniens.

 4)      Distribuer du matériel, y compris des fiches techniques et vidéo, racontant l'histoire de prisonniers palestiniens.

 Traduit en français par le Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques pour le mouvement « Campagne internationale pour la libération d’Ahmad Sa'adat »

 

 

Fresnes 14-04-2012

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 16/04/2012 à 16:21:04

Rassemblement à la prison Fresnes

pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah

  « La priorité des priorités de l’engagement militant ! »

« Nous exigeons la libération de l’ensemble des prisonniers politiques, des Basques, des Corses, mais Georges Abdallah est aujourd’hui la priorité des priorités de notre engagement militant ! »  Pour le Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62) et le Comité Solidarité Georges de Lille, Stéphane Hardy crie son indignation devant le sort inacceptable réservé  à ce militant communiste libanais de la cause palestinienne dans sa 28e année d’emprisonnement.


Samedi 14 avril 2012. Devant les grilles de la maison d’arrêt de Fresnes, en provenance du Nord-Pas-de-Calais, du Sud-Ouest, de Paris et sa région, de l’Yonne, de Provence et même de Belgique, ils sont une centaine, d’après l’AFP,  à exiger l’élargissement du plus ancien prisonnier politique incarcéré en France. Et peut-être même le plus vieux d’Europe ? Par téléphone, en direct, ce dernier « remercie et embrasse l’ensemble des manifestants ». Des fenêtres des cellules des voix s’élèvent pour saluer la présence du cortège qui se déploie dans les cités qui jouxtent la maison d’arrêt !  « 28 ans de prison, 28 ans de résistance ! » Les slogans fusent… De jeunes habitants manifestent bruyamment et avec force pancarte leur solidarité. La manifestation est encadrée par la police. Certains policiers en civil sont même munis de flash ball. Pas d’incidents pour autant même si mais des jeunes des cités sont écartés par la police qui semble craindre qu’ils ne rejoignent la manifestation.  Au même moment, un semblable acte fort de solidarité se déroule devant l’ambassade de France à Beyrouth…

L’otage des Etats-Unis en France !

Condamné à perpétuité pour sa supposée responsabilité dans la mise hors d’état de nuire d’agents de l’Etat hébreu et de l’Empire américain dans le cadre de la résistance de la Fraction armée révolutionnaire libanaise contre l’occupation de son pays par Israël, Georges Ibrahim Abdallah est considéré « comme l’otage des Etats-Unis en France ». Comme vient de le rappeler le président Obama, ces derniers s’opposent en effet à la mise en liberté d’un militant pourtant libérable depuis 1999 ! Les responsables politiques de l’administration américaine  exigent même que Georges meure en prison… 

8e demande de libération !

Il y a quelques semaines, Georges déposait ainsi sa 8e demande (!) de libération de sa prison de Lannemezan dans les Pyrénées. Transféré depuis le 8 avril à Fresnes, il fait l’objet de l’attention du Centre national d’Evaluation censé se prononcer sur sa « dangerosité » (sic !), conformément à la loi Dati de 2008. Un scandale de plus dans ce dossier éminemment politique ; Georges Ibrahim n’ayant jamais renié son engagement anticolonialiste et pro-palestinien. C’est bien ce qui continue de lui être reproché par les puissances coloniales responsables de milliers de victimes au Liban dans les années 1980… Après s’être félicité de l’initiative du conseil municipal de Calonne-Ricouart qui a fait de Georges un « citoyen d’honneur de cette ville du Bassin minier du Pas-de-Calais », rappelant au passage que son maire communiste André Delcourt était considéré comme un « héros » au Liban, les comités nordistes de soutien ont rappelé que d’autres initiatives devraient suivre ces prochaines semaines, à l’occasion notamment du 16 mai décrété Journée mondiale de mobilisation pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah…

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Manifestez votre solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah !

 

  Ecrivez-lui !

Monsieur Georges Ibrahim ABDALLAH 

n° d'écrou 962 315 / CNE 409

Centre pénitentiaire de Fresnes

1, allée des Thuyas, 94 260 - FRESNES

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Contacts :

-          Comité Solidarité Georges Lille : solidaritegeorgeslille@aol.fr  

-          Comité « Libérez-les ! » (59 – 62) : liberez.les@gmail.com

Pour plus d’informations : liberonsgeorges.overblog.com ou www.liberez-les.info/

C5-04-2012

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 05/04/2012 à 10:21:52

Communiqué du 5 avril 2012

 

Le gouvernement UMP veut enterrer la lutte des sans-papiers pour les renvoyer dans les caves d’exploitation du patronat ou les jeter en pâture aux néo-esclavagistes. Il s’agit de la même méthode employée avec les prisonniers politiques qu’il voudrait emmurer dans le silence, par vengeance. 

Dans sa bataille finale, qu’elle sait perdue, la majorité politique présidentielle use de sa puissance ultime hiérarchique pour ordonner à la police d’empêcher la visibilité démocratique de la lutte des sans-papiers organisés au sein du CSP 59.

Arrestations, contrôles au faciès, intimidations, prises de photos, prises d’ADN, fouilles de véhicules, gazages, matraquages… et maintenant barricade policière pour empêcher l’accès aux tribunaux !

L’UMP est inquiète, elle montre son vrai visage, celui de la répression et de la néo-dictature, car la démocratie et l’indépendance lui font peur au point de les bafouer.

L’UMP est comme une maladie déclarée il y a 5 ans et en phase terminale, elle craint désormais la vindicte populaire qui sortira des urnes les 22 avril et 6 mai, comme ceux qui ont péchés craignent l’enfer ou comme ceux qui ont pillés craignent les juges.

Dimanche dernier un militant du Comité « Libérez-les ! », de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques, soutien historique de la lutte des sans-papiers de Lille et d’ailleurs, a été arrêté pour avoir protesté contre un contrôle d’identité au faciès.

Il a été arrêté après sa participation à un acte politique visible du CSP 59 qui informait et demandait la libération de 6 sans-papiers kidnappés puis enfermés au centre de rétention quelques jours plus tôt, suite à l’occupation pacifique des locaux de l’UMP de Lille…  

Ce camarade qui lutte depuis des années contre le ségrégationnisme et le fascisme, a été mis en garde à vue pendant 10h00 pour avoir osé demander à la police d’avoir un comportement correct et décent avec des femmes immigrées.

Il a été arrêté comme un voleur de poules entré dans la basse-cour du seigneur tout-puissant, traité par les sous-maîtres, comme un « croquant » en quête de pain, alors que les délinquants sont au gouvernement ou dans sa majorité, et trempent dans des sales affaires de corruption, de détournement, de blanchiment qui semblent se chiffrer par dizaines voire centaines de millions d’euro, et maintenant d’esclavagisme révélé par les média.

-      Où va-t-on ?

-      Où, l’UMP veut-elle nous emmener ?

-      Pour garder la tête hors de l’eau, l’UMP a-t-elle déjà fait alliance avec les néo-fascistes du FN qui brandissent le « ils sont partout » de Brasillac ?

-      L’UMP, le parti politique adoré du patronat, du capital et des puissants, fomente-t-elle un coup d’Etat pour éviter que la démocratie, qu’elle considère comme une entrave, s’exprime et ne puisse la juger ?  

 L’UMP a fait gazer les travailleurs métallurgistes de Gandrange venus pacifiquement la rencontrer, maintenant elle fait arrêter les sans-papiers venus la rencontrer pacifiquement…

Il faut donc remplacer le slogan « la France forte » par « la France frappe », et Union pour la Majorité Présidentielle par « Ulcérant Machiavélique Prétentieux ».

Que dire aussi de la violence policière extrême à l’encontre des sans-papiers et leurs soutiens, ce mercredi 4 avril devant le Tribunal Administratif de Lille, des matraques et des gaz contres des chants et des slogans, ça suffit !

 

-      Contre la politique néo-sécuritaire, liberticide, ségrégationniste, raciste et xénophobe….

-      Contre la mainmise et l’arbitraire…

-      Contre les agressions, les arrestations, les intimidations…

-      Contre le néofascisme rampant…

-      Pour la libération des « 6 arrêtés de l’UMP »…

-      Pour la régularisation de tous les Sans-Papiers …

-      Pour la solidarité internationaliste avec les peuples et les nations opprimés et pillés !

Le Comité « Libérez-les ! » appelle aussi à manifester ensemble et solidaires des sans-papiers, le samedi 7 avril, de la Place de la République à Lille à 13h30 jusqu’au CRA (Centre de Rétention Antidémocratique) de Lesquin…

Pour montrer à l’UMP et son bras armé le FN, que la fraternité de classe et le respect des êtres humains, font la Démocratie et la Liberté, et montrer que le Peuple ne se laissera pas confisquer ses droits élémentaires. 

 

Exigeons la libération des « 6 » !

GA

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 29/03/2012 à 10:52:10

Georges Abdallah au CNE de Fresnes du 8 avril au 20 mai 2012 !

 

L'anti-impérialisme est-il une maladie ?

 

 

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 Georges Abdallah sera de nouveau transféré au CNE (Centre national d'évaluation) de Fresnes du 8 avril au 20 mai 2012.

En 2008, des psychologues et psychiatres avaient déjà prétendu tester la "dangerosité" de Georges Abdallah. 

"Ses convictions politiques sont restées intactes"avaient-ils conclu, justifiant ainsi leur avis négatif, avis suivi par le tribunal d'application des peines qui s'opposa à la demande de libération.

En 2012, le rôle des experts en maladie mentale sera-t-il d'évaluer si Georges Abdallah a progressé sur la voie d'une guérison de son anti-impérialisme, durant ces quatre dernières années ? 

En réalité, les convictions politiques de Georges Abdallah sont et ont toujours été, dès son plus jeune âge, celles d'un militant communiste révolutionnaire anti-impérialiste et antisioniste. 

Nous tous, militants anti-impérialistes, soutenons avec force et conviction le combat politique de notre camarade, dénonçons la psychiatrisation des militants révolutionnaires et exigeons la libération immédiate de Georges Abdallah.

message de Beyrouth

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 02/03/2012 à 14:12:23

Jeudi, le 1 mars 2012

 

À André Delcourt, maire, conseiller général

et aux membres du Conseil Municipal

de Calonne-Ricouart

 

Campagne Internationale pour la Libération de Georges I. Abdallah (au Liban)

 

Objet : Remerciements pour votre soutien à Georges I. ABDALLAH

 

Cher(e)s camarades

Suite aux contacts faits ces derniers jours entre les constituants de la Campagne Internationale pour la Libération de Georges I. Abdallah (au Liban) nous tenons à remercier chaleureusement M. le maire André Delcourt et les membres du Conseil Municipal de Calonne-Ricouart d'avoir élevé Georges Ibrahim Abdallah au rang de "citoyen d'honneur" de la commune.

Nous saluons cet acte de solidarité politique de la part d’André Delcourt et de la commune de Calonne- Ricouart.

Nous sommes persuadés que cette initiative qui s’inscrit dans la ligne progressiste du Bassin minier, espace historique de résistance à l'impérialisme, pourrait servir d’exemple modèle de soutien pour la libération de notre camarade G.I.A, et pour la gloire des causes justes.

 

Amicales salutations

 

Beyrouth, le 1 mars 2012

Joseph Abdallah

joadallah@gmail.com

 

 

Ont contribué à ce courrier de remerciements :

- Campagne Internationale pour la Libération de Georges I. Abdallah (au Liban) ;

- Union des Jeunes Démocratiques Libanais (UJDL) ;

- Association des Parents et Amis de Georges I. Abdallah (APA-GIA) ;

- Le cheikh Ibrahim Al-SALEH , président du « Forum de Tripoli (Liban) » ;

- Amal NAJJAR, militante ;

- Bassam KANTAR, journaliste, militant ;

- Hadi Bakdash, militant ;

- … …

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Jeudi, le 1 mars 2012

 

  A Messieurs du « Comité de Lille » et de « Libérez- les »

 

Campagne Internationale pour la Libération de Georges I. Abdallah (au Liban)

 

Objet : Remerciements pour votre soutien à Georges I. ABDALLAH

 

Cher(e)s camarades

Suite aux contacts faits ces derniers jours entre les constituants de la Campagne Internationale pour la Libération de Georges I. Abdallah (au Liban) nous tenons à vous remercier chaleureusement d'avoir déployé tant d’effort pour soutenir la cause de notre camarade Georges Ibrahim ABDALLAH.

 

Amicales salutations

Beyrouth, le 1 mars 2012

Joseph Abdallah

joadallah@gmail.com

 

Ont contribué à ce courrier de remerciements :

- Campagne Internationale pour la Libération de Georges I. Abdallah (au Liban) ;

- Union des Jeunes Démocratiques Libanais (UJDL) ;

- Association des Parents et Amis de Georges I. Abdallah (APA-GIA) ;

- Le cheikh Ibrahim Al-SALEH , président du « Forum de Tripoli (Liban) » ;

- Amal NAJJAR, militante ;

- Bassam KANTAR, journaliste, militant ;

- Hadi Bakdash, militant ;

une première

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 24/02/2012 à 16:17:23

Un prisonnier politique fait citoyen d'honneur à Calonne

vendredi 24.02.2012, 05:07 La Voix du Nord

 A.Delcourt (au centre) et les membres du comité «Libérez-les! » exigent la libération du plus vieux prisonnier politique du pays.A.Delcourt (au centre) et les membres du comité «Libérez-les! » exigent la libération du plus vieux prisonnier politique du pays.

|  ON EN PARLE |

Octobre 2010. Alors que partout en France, les affiches de soutien aux otages retenus en Afghanistan fleurissent dans le pays, l'hôtel de ville de Calonne-Ricouart choisit d'arborer une banderole appelant à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais condamné à la réclusion à perpétuité.

 

Hier soir, à l'unanimité du conseil, les élus calonnois ont réaffirmé leur soutien au plus vieux prisonnier politique de France en le nommant « citoyen d'honneur » de la ville. Une première.

 

L'idée de ce soutien symbolique avait été émise par André Delcourt, le 9 février, à l'occasion d'une journée de mobilisation organisée en faveur de la libération de Georges Abdallah. Ce jour-là, le maire de « Calonne la Rouge » propose à ses proches du PCF calonnois et aux membres du comité de soutien aux prisonniers politiques « Libérez-les ! » de faire du chef présumé des Fraction armées libanaises le citoyen d'honneur de la ville.

Aussitôt dit, aussitôt fait, la délibération a été votée hier soir en fin de conseil, entérinant « un acte solidaire » à l'égard d'un prisonnier dont la peine n'a que trop duré aux yeux du maire.

« Georges Abdallah a toujours lutté contre l'impérialisme américain auquel notre gouvernement obéit depuis toujours et il en paye encore le prix aujourd'hui, s'est insurgé André Delcourt. La convention européenne des droits de l'homme stipule que les condamnés à la perpétuité doivent être libérés après un maximum de 18 ans. Or à ce jour, Georges est toujours entre les murs de la prison de Lannemezan (Pyrénées, ndlr). Depuis 28 ans. huit demandes de remise en liberté ont été faites, la dernière le 10 février, toutes ont été refusées... Ce criminel de guerre qu'est Maurice Papon, à l'origine de la déportation et de la mort de milliers de juifs, est sorti de prison bien avant ça ! »

« Aucune preuve de sa culpabilité »

Pour le maire de Calonne, comme pour Jacques Kmieciak, membre actif du comité de soutien « Libérez-les ! 59-62 » - qui, lui aussi, exige la libération d'Abdallah - l'État ferait preuve d'un acharnement aveugle et infondé envers celui que la justice a condamné pour complicité d'assassinats ( lire ci-dessous). « Il n'y a aucune preuve formelle de sa culpabilité », a renchéri André Delcourt devant ses adjoints et conseillers. Et l'élu de citer Jacques Attali (ancien conseiller de François Mitterrand) et Yves Bonnet (ancien patron de la DST), qui, tous deux, auraient émis de sérieux doutes quant à la culpabilité de l'intéressé.

Militant acharné de la cause palestinienne, le comité « Libérez-les » projette par ailleurs d'éditer une carte postale au titre évocateur : « 28 ans, ça suffit ! Libérez Georges Ibrahim Abdallah », dont un exemplaire sera destiné au président de la République, « caractère politique du dossier oblige », ironise-t-il. •

pour georges

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 08/02/2012 à 01:34:13

Libérez Georges Abdallah, le plus ancien prisonnier politique,

emprisonné en France depuis 28 ans !

 

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais qui, au sein de son organisation, les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), a lutté avec acharnement contre les criminels impérialistes et leurs alliés sionistes.

 

En 1982, l'armée israélienne envahit le Liban. Massacres de masse (les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila en sont un exemple), liquidation des intellectuels par les services secrets israéliens, crimes contre l'humanité. La lutte populaire s'organise contre l'occupant.

 Georges Ibrahim Abdallah, combattant de la cause palestinienne et libanaise, s'y engage résolument. Il est arrêté à Lyon en 1984 et en 1987, à la suite d'un montage policier et judiciaire et sous pression du gouvernement des Etats Unis, il est condamné à la réclusion à perpétuité, avec une peine de sûreté de 15 ans, pour "complicité" dans l'exécution d'un membre de la CIA et d'un agent du Mossad (services secrets israéliens) action revendiquée par les FARL (Fractions révolutionnaires armées libanaises

 Libérable depuis 1999, il est actuellement incarcéré à Lannemezan ... libérable depuis 13 ans !      Le 28 décembre 2011, le préfet Yves Bonnet, ancien patron de la DST, ancien député, reconnaît dans cette incarcération de 28 ans "une vengeance d'État" et réclame la libération "du plus vieux prisonnier politique en France". Oui, fidèle à ses engagements, il n’a jamais rien renié de son combat pour la libération totale de la Palestine et la solidarité avec les peuples en lutte contre l’impérialisme et le sionisme.

 

L’État français et sa  justice, aux ordres des États-Unis et d’Israël, ont refusé de le libérer malgré sept demandes de libération conditionnelle, toutes rejetées. Le motif : Georges Ibrahim Abdallah a conservé intactes ses convictions politiques.

Dans la décision de refus de sa liberté il est écrit : « ses convictions anti-israélienne et anti-impérialiste sont restées intactes ». Aujourd’hui en France, on reproche à Georges son engagement politique : c’est un prisonnier d’opinion !

 

Son pays se déclare prêt à l’accueillir, comme le consul libanais à Paris l’a encore réaffirmé il y quelques mois dans une lettre adressée au juge français chargé du dossier.

 

Alors, qu’attend le gouvernement libanais pour exiger la libération de son compatriote ?

 

Alors, qu’attend le gouvernement français pour enfin  libérer Georges Abdallah ?

 

L’aval des États-Unis ? L’autorisation d’Israël ?

 

A l’occasion de la visite officielle en France du Premier ministre libanais, Najib MIKATI, ce 9 février 2012,  et alors qu’une nouvelle demande de libération vient d’être déposée, qu’une mobilisation de l’ensemble des forces progressistes libanaises prend de l’ampleur, en France les collectifs qui exigent la libération de Georges Abdallah appellent toutes les forces progressistes, antiracistes, anticapitalistes, anticolonialistes et anti-impérialistes à manifester ce jeudi 9 février.

 

MAINTENANT ÇA SUFFIT, LIBÉREZ GEORGES ABDALLAH !

Rassemblement à Lille jeudi 9 février, 18h30,                   

 place du Général de Gaulles (Grand Place)

 

Appel de : Comité solidarité Georges Lille - AFPS 59/62 - Comité Libérez Les de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques 59/62 – NPA - Comité solidarité Basque - L'Alliance Rouge et Noire - Génération Palestine - URCF-Nord -  UJFP – Coordination communiste 59/62

3 janvier

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 06/01/2012 à 07:34:14

Déclaration du 3 janvier 2012

Le Comité « Libérez-les ! », organisation de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59-62-France),………………………………………..protestent vivement contre les prises en otage et les emprisonnements politiques de Malick Noël Seck, Barthélémy Dias, et des 4 jeunes du M23 de Thiès, qui se sont exposés et ont été arrêtés en tant qu’opposants politiques à l’actuel Président du Sénégal.

Cette forme d’intimidation ainsi que les tortures subies ne peuvent qu’entraîner un mécontentement grandissant dans la population sénégalaise victime des dogmes libéraux et du néo-colonialisme rampant, mais aussi du viol de sa Constitution qui garantit l’Etat sénégalais.

La Présidence sénégalaise, son parti et ses supporters, ne peuvent d’un côté, applaudir ce qu’ils appellent le « retour de la démocratie » dans certains pays du Maghreb et du Proche-Orient, et de l’autre « bafouer la démocratie » en présentant ou en faisant campagne pour un 3ème mandat à la tête de l’Etat Sénégalais (le mandat de trop anticonstitutionnel) et en faisant arrêter des militants de l’opposition par les forces de police aux ordres.

Nos organisations exigent la libération des prisonniers politiques incarcérés pour avoir osé demander l’application stricte de la Constitution sénégalaise.

Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques et opposants en demande du respect de la « démocratie » et de la Constitution, Malick Noël Seck, Barthélémy Dias, et des 4 jeunes du M23 de Thiès.

Nous apportons toute notre solidarité internationaliste aux camarades du M23 (Mouvement du 23 juin) et à ses dirigeants et militants.

Cette déclaration sera remise le 16 janvier 2012 à Monsieur l’Ambassadeur du Sénégal en France.

vers un pays de friches et de prisons

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 27/11/2011 à 10:49:20

laurent_troudeAnnonçant un objectif de 80 000 places de prison à l'horizon 2017, le président de la République entraîne le pays dans une politique pénale coûteuse et contreproductive en matière de prévention de la récidive. Invoquant le nombre de peines « inexécutées », il estime que la France a besoin de 30 000 places d'emprisonnement supplémentaires pour mettre en œuvre les décisions des magistrats. Or, la plupart de ces peines sont en réalité en attente d'exécution pour être aménagées en surveillance électronique, placement extérieur ou semi-liberté, des mesures moins coûteuses et plus favorables à prévenir la récidive. Ce sont bien le manque de moyens des services de l'application des peines et des services pénitentiaires d'insertion et de probation qui empêchent l'aménagement rapide de ces courtes peines de prison.

 

Nicolas Sarkozy souhaite revenir sur cette politique d'aménagement de peine, renforcée par sa propre majorité parlementaire lors de l'adoption de la loi pénitentiaire en novembre 2009. Il préfère aujourd'hui « ouvrir rapidement des prisons dédiées aux condamnés pour courtes peines ne présentant pas de dangerosité particulière », dont il reconnaît lui-même qu'ils représentent « la majorité des personnes incarcérées » et que « la plupart des peines en attente d'exécution sont précisément de courtes peines ». Si ces détenus ne présentent pas de « dangerosité particulière », il est permis de se demander pour quelles raisons ils doivent nécessairement purger leur peine en prison. Afin de mieux prévenir la récidive, toutes les études montrent qu'il est préférable d'exécuter ces peines en milieu ouvert qu'en milieu fermé. Les taux de récidive les plus élevés concernent les détenus qui ont purgé la totalité de leur peine en prison : 63% de récidive dans les cinq ans pour les libérés en fin de peine sans aménagement ; parallèlement, les condamnés à des peines alternatives récidivent moins (45%). Dès lors, une première étape pour limiter la récidive réside bien dans le fait d'éviter le plus possible l'emprisonnement, dans la mesure où il aggrave la situation sociale, psychique, familiale des personnes, a tendance à perpétuer les phénomènes de violence et à accroître les risques de passage à l'acte délinquant. Le Conseil de l'Europe a ainsi rappelé à plusieurs reprises que « dans la plupart des cas, la privation de liberté est loin d'être le meilleur recours pour aider l'auteur d'une infraction à devenir un membre de la société respectueux de la loi ».

Georges Ibrahim

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 26/11/2011 à 14:05:49

déclaration de Georges Ibrahim pour le rassemblement de Lens de ce jour 26-11-2011


Cher«e»s Camarades, Cher«e»s ami«e»s,

Des années, de très longues années, se sont écoulées déjà derrière ces abominables murs, et votre solidarité, dans la pluralité de votre engagement, ne m’a jamais fait défaut. Elle n’a pas faibli tout au long de cette dure captivité. Elle s’est affirmée à maintes reprises comme arme absolument indispensable face à l’enfermement et contre toute forme de capitulation et de reniement.

Aujourd’hui, à l’aube de cette vingt-huitième année de captivité, votre initiative solidaire m’apporte ainsi qu’à Salah Hamouri et à tant d’autres camarades embastillés dans les geôles sionistes de triste mémoire, beaucoup de chaleur et autant de force et de détermination.

Camarades, comme vous voyez, un peu partout dans le monde, les masses populaires par milliers, par centaines de milliers, descendent dans la rue, occupent les Places « al-Tahrir » et résistent face aux systèmes en place… La crise les pousse inéluctablement vers la révolte et la révolution… Et cela aussi bien dans les centres impérialistes du système que dans ses périphéries… 

Des jeunes et des moins jeunes, des hommes des femmes, ils sont partout dans la rue … aussi bien à Rabat, au Caire, à Sanaa et Bahreïn, qu’à Athènes Rome et Lisbonne. La crise est globale et tous les espoirs sont permis…

Camarades, vous n’êtes certainement pas sans savoir que, c’est toujours en assumant la solidarité avec les luttes des masses populaires que l’on apporte la solidarité la plus significative aux prisonnier«e»s révolutionnaires.    

Les pays arabes dans la diversité de leurs situations constituent bel et bien « le maillon » le plus faible du système en crise. En dépit de toutes les manœuvres impérialistes, et au-delà de toutes les tentatives des réactionnaires en place, aucune perspective n’est plus viable que dans la mesure où elle s’inscrit dans un processus anticapitaliste… Bien entendu, des soubresauts réactionnaires il y en aura, seulement ce n’est plus qu’une question de temps, de peu de temps…  le temps nécessaire aux masses populaires de  forger leurs outils et organisations de lutte appropriés…

Camarades, face à toutes les manœuvres et agressions réactionnaires, les diverses initiatives solidaires se conjuguent et s’inscrivent d’emblée dans le mouvement global de la lutte.

Non à toutes les interventions impérialistes dans le monde arabe sous n’importe quelle forme !

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et leurs complices réactionnaires arabes !

À bas les dictateurs et leurs régimes capitalistes !

Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte !

Ensemble, Camarades, nous vaincrons, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons.

À vous tous Camarades mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

 

Votre camarade Georges Abdallah 

Lannemezan 26/11/2011

 

 

 

26 novembre

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 24/11/2011 à 11:23:58

Appel unitaire du 26 novembre pour la libération de Salah Hamouri

 

25080 385082269345 611024345 3606977 664097 n[1]
La France, pays des Lumières, de la Révolution, de Robespierre  et de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de juin 1793, a un devoir moral qu’elle ne remplit pas, ou ne remplit plus. Engagée de nouveau auprès du commandement militaire de l’OTAN depuis quelques années, elle s’est engagée dans des conflits impérialistes en Afghanistan notamment, elle est l’alliée des Etats-Unis.

Les mêmes Etats-Unis qui se présentent en garant de la paix, mais qui, dans l’Histoire, ont salit les avancées sociales : embargo à Cuba, assassinat par la CIA du Che, appui du coup d’état militaire renversant le socialiste chilien Salvatore Allende, pillage des ressources africaines.

Nous sommes en droit, nous, citoyens français, d’exiger de notre Gouvernement d’obéir aux principes fondamentaux de la République Française : Liberté, Egalité, Fraternité. Mais la volonté de la plupart des dirigeants, est-elle du côté de l’Humain, lorsque tant d’injustices sont commises dans le monde, quand les richesses créées permettraient à chaque être humain de vivre dignement ? La question se pose également du côté du respect des libertés, et de la dignité de chacun. Certains Etats, encore aujourd’hui, commettent des crimes que nous devons dénoncer : arrestations arbitraires, exécutions sommaires.

Il n’y a pas si longtemps dans notre Histoire, ils avaient pour noms Angela Davis aux Etats-Unis, Nelson Mandela en Afrique du Sud. Aujourd’hui, les prisonniers politiques, retenus injustement et sans raison, sont toujours là : les 5 cubains, mais aussi Marwan Barghouti (militant palestinien emprisonné à Israël), Georges Ibrahim Abdallah (communiste libanais défendant la cause palestinienne détenu en France), Léonard Peltier, Mumia Abu Jamal et plus généralement toutes ces femmes et tous ces hommes engagés du côté de la Liberté, dont ils veulent écrire le nom, comme l’aurait dit le poète Paul Eluard.

Ils ne veulent qu’une chose : leur émancipation, le droit à une indépendance, le droit à une Vie sereine, sans peur du lendemain, et le droit de vivre en Paix, tout simplement.
Nous exigeons aujourd’hui particulièrement la libération de notre compatriote Salah Hamouri, arrêté le 13 mars 2005, reconnu coupable en 2008 par un tribunal militaire israélien, du projet d'assassinat du chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shass, le rabbin Ovadia Yossef.
Condamné à sept ans de prison, il a toujours clamé son innocence. Même notre Ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé, a déclaré qu’il n’existait aucun élément de preuve permettant d’inculper Salah Hamouri.
Nous arrivons bientôt à expiration de sa peine : légalement, il doit sortir de prison le 28 novembre 2011, soit dans deux jours.
Mais voilà qu’arbitrairement, encore une fois, le Gouvernement israélien, a décidé de prolonger le martyr de Salah jusqu’en mars 2012. Nous exigeons la libération immédiate de Salah Hamouri, qui a suffisamment payé
Une pensée particulière pour Madame Denise Hamouri, mère de Salah, mais aussi pour toute sa famille, pour tous les prisonniers politiques à travers le monde, synonymes des crimes issus de l’impérialisme, qui est le frère du capitalisme destructeur.
 
C’est pourquoi nous nous donnons rendez-vous le 26 novembre 2011 à 17h30 devant la gare de Lens pour exiger ces libérations.
 
Libérez les prisonniers politiques luttant contre l’impérialisme ! Reconnaissance de l’Etat palestinien !
 
 
La fédération du Pas-de-Calais du mouvement des jeunes communistes de France
 
Autres signataires : SOS Gaza, Association France-Palestine Solidarité 59/62 (AFPS 59/62), Comité Libérez-les, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples 62 (MRAP 62), PCF section de Lens

26 11 2011

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 14/11/2011 à 12:03:40

Liberté pour

Georges Ibrahim Abdallah, Salah Hamouri

et l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens !

RASSEMBLEMENT

GARE DE LENS

SAMEDI 26 NOVEMBRE A 17h 30 *

Le 24 octobre dernier Georges Ibrahim Abdallah débutait sa 28e année d’emprisonnement en France. Militant communiste libanais de la Cause palestinienne, Georges Ibrahim Abdallah a été arrêté en 1984, puis, au terme d’un procès entaché d’irrégularités, condamné à perpétuité pour complicité dans la mise hors d’état de nuire d’un agent du Mossad, les criminels services secrets israéliens, et d’un représentant américain en France. Depuis la fin de sa peine de sûreté en 1999, et en dépit de demandes répétées, l’Etat français, sous l’injonction d’Israël et des Etats-Unis, lui a toujours refusé une libération conditionnelle au mépris même du Droit français. Ses fautes aux yeux des impérialistes occidentaux ? Ne jamais avoir renié ses convictions internationalistes et avoir conservé au Proche-Orient une popularité enracinée dans les milieux progressistes. D’une combativité exemplaire, Georges Ibrahim Abdallah entamait, le 27 septembre dernier, dans sa prison de Lannemezan dans les Pyrénées, une grève de la faim en solidarité avec 200 prisonniers palestiniens du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

* Le comité « Libérez-les ! » s’associe, à cette occasion, à l’appel de la Jeunesse communiste du Pas-de-Calais en faveur de la libération de Salah Hamouri et de la reconnaissance d’un Etat palestinien. Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62),

22, rue nationale, 62150 Rebreuve-Ranchicourt

http://www.liberez-les.info/

discours d'Auchel le 22 octobre

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 23/10/2011 à 08:24:00

Discours prononcé par Denis DUPORGE au nom des cinq unions locales CGT lors de la commémoration du 22 octobre à Auchel en mémoire de Guy MÔQUET et de la résistance antifasciste

 

Chers camarades, chers amis

 

Nous sommes réunis ce soir pour saluer et commémorer la mémoire de Guy MOQUET et des 27 otages de Châteaubriant assassinés le 22 octobre 1941, il y a 70 ans, ainsi que le vrai sens de l’engagement de milliers de camarades de la CGT dans la résistance armée antifasciste et contre l’occupant barbare. 

 

L’enchaînement funeste et les choix politiques de trahison des autorités françaises et du patronat deux ans après 1936, deux années qui précédèrent les 5 ans de mise à feu et à sang du monde, ont mené à la livraison à l’occupant du jeune Môquet et de nombreux autres résistants

 

Ces choix  que furent : la non-intervention en Espagne laissant la place à Franco, les accords de Munich laissant Hitler au pouvoir, le refus criminel de la France et de l’Angleterre de toute alliance avec l’URSS, qui précipita, plus tard, l’invasion de la Pologne par les nazis et le début de la 2nde Guerre mondiale, les décrets et lois liberticides, la création des tribunaux spéciaux… ont été dictés par « la haine du progrès social, de la fraternité de classe et de l’internationalisme prolétarien »… Une haine incarnée par Pétain, Laval, Pucheu… Cette haine qui a conduit à la répression des grèves de mai 41, cette haine qui a conduit des centaines de nos camarades, dont des Auchellois, mineurs syndicalistes CGT, vers la mort et la torture…

 

L’itinéraire de Guy Môquet est indissociable de  son environnement familial et social, et notamment de celui de son père, Prosper, syndicaliste cheminot à la CGT - Unitaire, puis député communiste, qui fût emprisonné à Alger, pour s’être opposé en 1938 au Parlement et aux sanctions contre les grévistes qui refusaient la remise en cause des droits acquis par le Front populaire.

 

L’histoire de la Résistance reste d’actualité  et notre présence ce jour lui fait écho, pourtant, chers amis et camarades,  nous sommes 70 ans plus tard.

 

Mais, chers camarades et chers amis, le temps n’est pas à la nostalgie car le combat de Guy Môquet et de ses camarades n’est pas fini.

 

Chers camarades et chers amis, cette histoire, c’est aussi la nôtre, elle est toujours bien  vivante, nous ne devons rien lâcher et nous ne lâcherons rien, notre tâche et notre rôle historique en tant que classe ouvrière et de travailleurs, sont de lutter contre ceux qui écrasent les peuples, détruisent les droits sociaux, humilient les travailleurs et entravent nos libertés chéries gagnées avec le sang de nos anciens.

 

La lettre de Guy Moquet qui sera lue ce soir n’est pas une cendre que l’on conserve dans un tiroir de l’histoire que certains voudraient faire disparaître, mais une flamme que l’on transmet, la flamme de l’espoir et du progrès social, la flamme de la résistance indestructible, la flamme de la liberté.

 

Guy MOQUET écrivait :

 

« Certes, j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. » mais aussi  « Vous serez bientôt libérés par tous vos frères d'esclavage… les traîtres de notre pays, ces agents du capitalisme, nous les chasserons hors d'ici pour instaurer le socialisme. »

 

Alors nous sommes là ce soir pour célébrer sa mémoire et remettre les choses à leur place dans cette ville ouvrière, ce territoire à tradition de luttes contre l’exploitation de l’homme par un système politique de classes qui  asservit  au nom du profit.

 

 

Chers camarades et chers amis,

 

Les nazis ont été chassés mais le capitalisme est de plus en plus violent et mondialisé, les marchands de canons continuent à se nourrir des guerres, et les ligues factieuses voudraient s’installer en toute impunité pour distiller la haine qui se cultive sur le terreau de la misère et du racisme.

 

70 ans plus tard, les véritables organisateurs et responsables du déclenchement de la 2ème guerre mondiale, les mêmes qui avaient réprimé la Commune 70 ans plus tôt et qui allaient réprimer la manifestation des Algériens 20 ans plus tard… asservissent toujours les peuples, font toujours la guerre en multipliant les conflits impérialistes, et ils sont toujours les mêmes racistes, xénophobes et fourbes.

 

Ces fourbes racistes et cette racaille fascisante qui sont entrés dans Auchel comme des loups en recherche de proies, en ressortiront bientôt, chassés par des femmes et des hommes de courage qui refusent une idéologie basée sur la race et la division.

 

Ainsi, nous tenons à féliciter le courage du conseil municipal qui a adopté la motion du comité de vigilance antifasciste d’Auchel mardi dernier, désormais personne ne peut plus accepter la présence des nazillons sur notre sol.

 

Oui camarades, nous sommes ici pour commémorer la résistance, la liberté, la fraternité et la tolérance.

 

Gloire à Guy MOQUET

 

Gloire à la résistance

 

A bas le fascisme, le nationalisme, le capitalisme et la guerre

 

Amis si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place

 

Vive la CGT, vive la lutte et merci

éé

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 17/10/2011 à 19:45:47

INVITATION

Par les Unions Locales CGT

Auchel-Béthune-Bruay-Lillers-Isbergues

Commémoration

du souvenir

Le 22 OCTOBRE

17h00

Monument aux Morts

 d’Auchel (62)

 

Le 22 octobre 1941, Guy MOQUET, jeune communiste de 17 ans et fils d’un cheminot délégué syndical CGT, est assassiné avec 26 autres otages des nazis, à Chateaubriant (44)

 

Il y a des moments de l’histoire que certains voudraient faire oublier mais qu’il ne faut jamais oublier, surtout quand le tragique destin de dizaines de milliers de nos camarades est dû à la folie meurtrière d’une idéologie basée sur la race, la xénophobie et le nationalisme.

 

Guy MOQUET venait d’avoir 17 ans quand les balles nazies l’ont frappé !

 

Le samedi 22 octobre à 17h00 à Auchel, nous commémorerons au travers de la mémoire de Guy MOQUET et de ses camarades, cette résistance antifasciste d’une classe ouvrière héroïque, qui avait débutée quelques mois plus tôt dans les puits de mines du Nord-Pas de Calais à l’appel de la CGT.

 

C’est une première à Auchel, mais quand la bête immonde ressurgit de ses cendres et entend parader pour défendre une idéologie barbare qui a causé la mort de plus de 50 millions de personnes dont 75 000 camarades de la CGT, la mémoire aux héros et les honneurs aux camarades sont une arme pacifique mais redoutable.

 

Rendez-vous à 17h00 : discours : dépôt de gerbe(s) : lecture de «  la lettre à mes parents » écrite par Guy Moquet la veille de son assassinat. Cet hommage sera suivi du pot de l’amitié, des libertés et du souvenir.

17 1O 1961

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 16/10/2011 à 19:59:08

Au lendemain de la tragédie du 17 octobre 1961, Kateb Yacine (1929-1989), immense poète algérien, s’adressait à nous tous, le peuple français :

Peuple français, tu as tout vu 
Oui, tout vu de tes propres yeux. 
Tu as vu notre sang couler 
Tu as vu la police 
Assommer les manifestants 
Et les jeter dans la Seine. 
La Seine rougissante 
N’a pas cessé les jours suivants 
De vomir à la face 
Du peuple de la Commune 
Ces corps martyrisés 
Qui rappelaient aux Parisiens 
Leurs propres révolutions 
Leur propre résistance. 
Peuple français, tu as tout vu, 
Oui, tout vu de tes propres yeux, 
Et maintenant vas-tu parler ? 
Et maintenant vas-tu te taire ?

8-10-2011

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 02/10/2011 à 12:07:47

Le comité "Libérez-les!" (59-62) appelle tous les antifascistes et les progressistes à se joindre au cortège de la contre manifestation organisée à Lille le 08 octobre, contre le déferlement des identitaires et de l'ultra droite nationaliste, raciste, xénophobe et violente, soutenue et confortée par le Préfet, le Ministre de l'Intérieur et la droite populaire de l'UMP.


RENDEZ-VOUS A 15H00 PLACE DU MARCHE DE LILLE-WAZEMMES


SOYONS DES MILLIERS POUR VAINCRE LA BÊTE NAZIE

vers le fascisme

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 18/09/2011 à 10:32:22

France : Un ènieme décret apres celui des fichages de toutes sortes !

Un décret signé en catimini en juillet 2012,  vient d' autoriser la police française à tirer à balles réelles sur les manifestants.

 Un décret a été voté ce 1er Juillet, Décret n° 2011-794 du 30 juin 2011 relatif à l’emploi de la force pour le maintien de l’ordre public. Il concerne les administrations centrales des ministères de l’intérieur et de la défense, représentants de l’Etat, militaires et fonctionnaires en charge des missions de maintien de l’ordre public. Et il a pour objet la modification du régime juridique relatif à la dispersion des attroupements.

l’article 431-3 du code pénal détermine les raisons pour lesquelles on peut vous tirer dessus : Constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l'ordre public.

Un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations de se disperser demeurées sans effet, adressées par le préfet, le sous-préfet, le maire ou l'un de ses adjoints, tout officier de policejudiciaire responsable de la sécurité publique, ou tout autre officier de police judiciaire, porteurs des insignes de leur fonction.

Il est procédé à ces sommations suivant des modalités propres à informer les personnes participant à l'attroupement de l'obligation de se disperser sans délai.

Toutefois, les représentants de la force publique appelés en vue de dissiper un attroupement peuvent faire directement usage de la force si des violences ou voies de fait sont exercées contre eux ou s'ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu'ils occupent.

 Les modalités d'application des alinéas précédents sont précisées par décret en Conseil d'Etat, qui détermine également les insignes que doivent porter les personnes mentionnées au deuxième alinéa et les conditions d'usage des armes à feu pour le maintien de l'ordre public.

Ainsi se poser la question sur ce que nous prépare l'EU qui sait qu'elle va faire face à de la contestation, les différentes lois en Frrance commence sérieusement à montrer une dérive certaine.

 Les fichages sont entrain de généraliser dans toutes l'ue et on utilse n'importe quel pretexte pour mettre en place des decrets, des lois qui nous conduisent directement vers un état totalitaire et policier !!

 Dans ce document noté à "diffusion restreinte" : les experts de la police britannique développèrent une doctrine sous le titre "Public Order : Conflict Prevention, rendu public par l’association State Watch et accepté par les ministres de l’intérieur en 1998.

Fauteurs de troubles :

Articles conseillés : Comment ficher les fauteurs de troubles dont voici un extrait

Cette notion n’est pas sans rappeler le fameux « sentiment d’insécurité », très en vogue en France pour servir de baromètre répressif après le moindre fait divers. Pour Tony Bunyan, fondateur et directeur de Statewatch, il est « absurde » de lier les délits ou crimes sérieux à la notion de « perturbation de la paix publique ». « Cela peut englober des manifestants non violents qui font un sit-in ou tout autre rassemblement de protestation. Ils pourraient être interprétés par la police comme ayant ‘un effet considérable’ sur le sentiment de sécurité ».

Criminaliser les manifestants :

 L'UE prévoit :

* Donner le contrôle des opérations de la "Task Force" nouvellement créé de l'UE et qui n'a aucune base juridique pour ses activités
* Créer des mécanismes pour des coopération opérationnelles pour lesquels il n'existe pas de pouvoirs légaux
* Légitimer la surveillance continue par "la police et des officiers du renseignement » (sécurité intérieure services) des « personnes ou groupes susceptibles de constituer une menace pour l'ordre public et la sécurité"
* Créer des bases de données nationales de « fauteurs de troubles » fondées sur des soupçons et de suppositions sans aucune éthique ni normes ou protection des données et l'échange non réglementée de ces données.
Permettre aux Etats membres d'adopter des lois pour empêcher les gens d'aller à des manifestations dans d'autrespays si leurs noms ont été enregistrés comme « suspects » ou si elles ont été reconnues coupables d'un trouble mineur infractions à l'ordre public comme (obstruction de l'autoroute)

 Le rapport Statewatch :

* Les plans de l'UE menacent le droit à la libre circulation et le droit de protester
* Sept gouvernements de l'UE - Allemagne, Suède, Portugal, Italie, Belgique, Luxembourg et Royaume-Uni
le Royaume- Uni a voulu aller encore plus loin et créer une base de données de « fauteurs de troubles" à l’échelle de l’union et introduire des interdictions de voyager sur les présumés « fauteurs de troubles" dans l'UE.
* Les plans mèneront à la surveillance de l'activité politique quotidienne, sans limite ou de données
protection, qui est tout à fait inacceptable dans les démocraties.
* Les plans ont été mis e place par des réunions secrètes à Bruxelles sans aucun contrôle parlementaire et sans permettre à la société civile d’objecter.

* Les plans auront peu d'effet sur le sol et la seule option d’accroitre l’autorité de la police sur les manifestants dans les rues
* L'effet global est de légitimer la surveillance et criminaliser les manifestants

abdelhak

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 13/09/2011 à 07:10:40

Liberté pour Abdelhak TalhaouiLe détenu politique Abdelhak Atalhaoui comparaîtra pour son procès le 07 septembre 2011 tout en étant en grève de la faim. Le camarade a, en effet, décidé d’entamer deux jours de grève de la faim, le 06 et le 07 septembre 2011, comme premier avertissement. Voici sa déclaration :

 

Le 07 septembre prochain se déroulera la deuxième partie du procès fomenté à mon encontre, après que le tribunal de première instance m'ait condamné à 4 ans de prison ferme - peine dont je viens déjà de purger 5 mois.

Avec 5 de mes camarades - dont deux ont purgé déjà 4 mois de leur peine -, j'ai été arrêté suite à la glorieuse marche du 20 février, durant laquelle les masses populaires par dizaine de milliers ont manifesté pour imposer leurs revendications de transformation radicale et pour dénoncer les décennies d'exploitation et d'oppression que le régime actuel et ses acolytes ont exercé et continuent d'exercer aujourd'hui encore. A la suite de cette manifestation, ont eu lieu des vagues massives d'arrestation et de poursuite à l'encontre de dizaines de militants et à l'encontre de centaines de fils du peuple marocain, et ces arrestations se sont soldées par de nombreuses condamnations à des peines d'emprisonnement ferme. Par cette répression, le régime cherche à empêcher le peuple marocain de réaliser ses aspirations pour une transformation radicale et globale, et tente en même temps de créer "l'exception marocaine" - et cela, même s'il est conduit à tuer un tiers du peuple et à jeter le reste de la population dans les geôles du pays.

 

Mais le peuple marocain, - ce héros qui n'a eu de cesse de combattre le colonialisme d'antan et l'impérialisme actuel, en sacrifiant les meilleurs de ses fils comme martyrs - n'acceptera jamais cette soi-disante "exception marocaine".

Nous appelons les masses populaires à accentuer sa lutte jusqu'à la victoire ; et à l'opinion publique nationale et internationale, nous disons ce qui suit :

- je déclare la volonté qui est la mienne d'entamer une grève de la faim de deux jours, le 6 et le 7 septembre prochains

- nous dénonçons la répression féroce que subissent les différentes couches des masses populaires (ouvriers, paysans, étudiants, chômeurs, et le mouvement du 20 février)

- nous dénonçons aussi les procès fomentés que j'ai subis et que subissent tous les détenus politiques au Maroc

- nous dénonçons aussi les conditions inhumaines que j'endure et qu'endurent les détenus politiques dans les prisons de l'oppression et de la misère au Maroc

- nous revendiquons ma libération immédiate et sans condition ainsi que celle de tous les détenus politiques

- nous revendiquons aussi la levée de toutes les poursuites menées à l'encontre des militants

- nous exigeons que tous les tortionnaires soient jugés et condamnés

- nous exprimons notre solidarité inconditionnelle avec la lutte de toutes les couches des masses populaires, et en particulier avec celle qui oeuvre à la transformation radicale et globale.

- nous exprimons aussi notre solidarité avec tous les détenus politiques et en particulier avec les camarades Mourad Chouini et Youssef Alhamdiya

- nous exprimons notre solidarité avec la lutte de tous les peuples qui aspirent à se libérer du joug de l'impérialisme et du colonialisme, et avec la lutte de la classe ouvrière et de tous les opprimés dans les centres impérialistes.


Vive la lutte du peuple marocain !

Vive toutes les luttes de tous les peuples du monde !

 Liberté pour tous les prisonniers politiques !


Le détenu politique : Abdelhak Atalhaoui

numéro d'écrou : 10239

l'autre 11 septembre

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 11/09/2011 à 09:25:19

Tout le monde l'a oublié ou presque. Mais un autre tristement célèbre 11 septembre a eu lieu, en 1973, au Chili. Ce jour là, le président Allende perdit la vie. Retour sur ces événements.
Le Palacio de La Moneda pris d'assaut par l'armée de Pinochet  
Le Palacio de La Moneda pris d'assaut par l'armée de Pinochet ©SIPA

37 ans déjà. Le 11 septembre 1973, à 9 h du matin, Salvador Allende se retrouve assiégé dans le palais présidentiel par l'armée chilienne dirigée par le général Augusto Pinochet. L'aviation commence à bombarder le bâtiment, le Palacio de La Moneda. Le président prend la parole pour la dernière fois à la radio : « Nos ennemis sont forts ; ils sont capables d’asservir le peuple. Mais ni les actes criminels ni la force des armes ne sauront contenir ce processus social. L’histoire nous appartient ; c’est le peuple qui fait l’histoire. »

Le rêve socialiste chilien prend fin quelques heures plus tard. On retrouve le corps du président dans les décombres. La thèse officielle (thèse discutée au Chili) concluera à un suicide par arme à feu. 

Le destin d'Allende commencée 3 ans plus tôt. Le 4 septembre 1970,  le leader de la gauche chilienne  remporte la présidence du pays à la tête d'une coalition alliant des communistes et des sociaux-démocrates avec un peu plus de 36% des voix. Son discours reste célèbre : « Nous abolirons les monopoles qui accordent le contrôle de l’économie à quelques dizaines de familles. Nous abolirons un système fiscal (…) qui accable les pauvres et épargne les riches. Nous abolirons la grande propriété qui condamne des milliers de paysans à la servitude. Nous abolirons la mainmise étrangère sur notre industrie. »

Aussitôt, le gouvernement américain manifeste son irritation devant un résultat qu'il n'a pas prévu. Le 6 novembre 1970, le président Richard Nixon déclare devant le Conseil national de sécurité : « Notre principale préoccupation avec le Chili, c’est le fait qu’il [Allende] puisse consolider son pouvoir et que le monde ait l’impression qu’il en train de réussir. (…) Nous ne devons pas laisser l’Amérique latine penser qu’elle peut prendre ce chemin sans en subir les conséquences. »

Les dés sont jetés. Les 3 ans de gouvernement socialiste se déroulent dans un climat de chaos organisé. L'opposition politique de droite appelle notamment la classe moyenne à « vaincre le communisme destructeur de la civilisation chrétienne en terre chilienne ».  L'économie flanche rapidement, des denrées les plus élémentaires viennent à manquer, coïncidant avec le développement du marché noir. L'inflation explose : 500% en septembre 1973.  En toile de fonds : le gouvernement américain maintenant un implacable programme de rétorsions économiques vis-à-vis du Chili.

Le coup de grâce est donné finalement par l'armée chilienne. Exit le socialisme et place à l'une des dictatures les plus violentes qu'ait connue l'Amérique du Sud.

femmes

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 10/09/2011 à 08:00:11

Mushtaq Ul Haq Ahmad Sikander

"La nécessité est la mère des inventions" est un fait avéré ; les femmes du Cachemire en sont la preuve vivante. Le conflit armé leur a imposé de nouveaux rôles ; elles s’y sont magnifiquement adaptées et en ont assumé les responsabilités. Pendant la phase initiale du conflit armé, les femmes ont lutté à égalité avec les hommes et, dans beaucoup de cas, se sont montrées plus efficaces que les hommes surtout quand l’armée ou la police venait chercher les jeunes. Les femmes de la localité manifestaient alors à l’extérieur des camps de l’armée et s’y relayaient jusqu’à ce que l’armée relâche les jeunes. Les femmes se sont même opposées à la détention illégale des jeunes et ont protesté avec les hommes contre les atrocités commises par l’état ou l’armée.



Quand les choses sont devenues insupportables et que les femmes se sont trouvées en ligne de mire, elles se sont retirées un peu de la lutte active parce que les meurtres, les viols, les enlèvements, la torture et les détentions illégales menaçaient de détruire toute la vie sociale et familiale ce qui aurait finalement conduit à l’anarchie. Les femmes ont pris leur vie en main et ont assumé leurs responsabilités familiales ; elles étaient submergées par la multiplication des tâches et des responsabilités mais elles ne se sont pas affolées et c’est seulement grâce à leur persévérance et à leur solidité qu’une catastrophe sociale a pu être évitée. Lorsque les soutiens de famille étaient tués ou disparaissaient, les femmes ont assumé à leur place les responsabilités économiques, l’éducation des enfants et les aléas de la vie quotidienne.

Des femmes illettrées dont les maris, les frères ou les pères étaient en prison dans différents endroits du Cachemire ou d’Inde se sont mises à suivre les procès, à rencontrer des hommes de loi, se sont familiarisées avec les lois draconiennes qui avaient envoyé ceux qu’elles aimaient en prison, se sont informés sur les dispositions légales et ont découvert quels juges instruisaient leurs cas. Elles se sont mises à visiter les différentes prisons, les centres de torture et de détention et elles savent désormais très bien où se trouvent les prisons, les tribunaux et les hôtels bons marché où dormir pendant leurs démarches. C’est ainsi que leur tragédie personnelle leur a donné du pouvoir sur leur propre vie et celle de leurs familles en dépit du triple handicap du manque d’éducation, du fait d’être des femmes et de la naissance.

Des milliers d’hommes ont été tués dans de prétendues échauffourées montées de toutes pièces et pendant leur détention par l’armée et la police. Et des hommes arrêtés par l’armée ou la police ont disparu et l’armée et la police prétendent qu’ils se sont évadés tandis que leur famille dit qu’ils sont toujours en prison ou enterrés dans des fosses communes. Selon des sources non officielles plus de 10 000 personnes ont disparu au Cachemire et il y a plus de 3000 demi-veuves (une demi-veuve est une femme dont le mari a disparu en détention et qui ne sait pas combien de temps elle doit garder le deuil avant de se remarier car il n’y a pas de consensus à ce sujet). La disparition est une source de souffrances sans fins pour la famille car elle est dans un dilemme perpétuel : la loi ne peut pas entériner la mort du disparu et la famille elle-même ne se résout pas à considérer comme morte la victime qui s’est volatilisée.

Pour suivre les cas des disparus, les mères de fils disparus se sont rassemblées sous la présidence de Parveena Ahangar, dont le propre fils, Javed Ahmad Ahangar, a disparu depuis 1990 alors qu’il était détenu par l’armée, pour former l’Association des Parents de Personnes Disparues (APDP) en 1994. Plus tard des demi-veuves ont aussi rejoint l’association. Depuis 1994 elles mènent une bataille légale devant la justice pour savoir où se trouve leurs disparus sans résultat jusqu’ici, mais Parveena, une femme ordinaire et illettrée d’une cinquantaine d’années a affirmé qu’elle n’abandonnerait jamais la lutte et d’autres la suivent. Le 10 de chaque mois des membres de l’APDP manifestent en silence dans le parc Pratap qui est situé au coeur de Srinagar. Parveena est régulièrement invitée à différents séminaires et conférences dans diverses parties du monde où elle partage avec le public ses souffrances et celles de milliers d’autres personnes comme elle.

Les piliers de l’insurrection armée, dont la plupart ont été tués ou ont rejoint des politiciens pro-liberté, ont négligé de construire des institutions au profit des victimes du conflit et l’argent qui leur avait été confié pour les victimes a été détourné par la majorité d’entre eux pour leur usage personnel ou politique et les victimes, abandonnées à leur sort et sans protection, se sont retrouvées l’objet de multiples formes d’exploitation. C’est une des raisons pour laquelle le peuple n’a plus confiance dans ceux qui portent le drapeau de Aazadi (Liberté : mouvement qui lutte pour l’autodétermination ndt) car ils n’ont rien fait pour aider les gens ni améliorer leurs conditions de vie. APDP met ses faibles moyens au service des familles des disparus. Parveena dit que seules les mères savent ce qu ça signifie de perdre un fils et qu’elles doivent donc se trouver aux premières lignes de la lutte pour la justice.

L’insurrection armée a maintenant reculé et cela a permis aux femmes de retrouver leur place sur la scène publique et même de prendre la tête des manifestations qui ont secoué la vallée du Cachemire ces trois dernières années c’est à dire depuis 2008. Les femmes militent aussi dans les mouvements de Paix et Réconciliation même si ces initiatives sont encore élitistes.

C’est ainsi que le conflit a permis aux femmes d’endosser de nouveaux rôles assortis de leurs problèmes et responsabilités spécifiques et ce faisant les femmes se sont révélées êtres des océans de courage et de sacrifice qui font tout ce qui est exigé d’elles sans perdre le sourire. Mais par ailleurs le conflit a eu aussi des effets négatifs sur les femmes en les rendant plus vulnérables à diverses attaques où leurs droits sont violés en toute impunité.

La violence domestique a considérablement augmenté à cause du conflit car les hommes sont quotidiennement humiliés par l’armée et la police ce qui blesse leur estime de soi et détruit leur confiance en eux-mêmes de sorte qu’ils sont tentés d’affirmer leur autorité, leur statut, leur force et leur virilité aux dépens des femmes en les forçant à se soumettre ; Ils se vengent de leurs humiliations sur les femmes, parfois même en causant leur mort.

Les femmes liées aux militants pro-liberté souffrent de la haine, de l’hostilité et de l’indifférence de l’état à chaque instant de leurs vies et celles qui sont liées à des renégats ou des contre-révolutionnaires rejetés par la société, rencontrent d’énormes difficultés sociales et leurs enfants aussi.

Les femmes appartenant à des familles qui ont perdu leurs soutiens de famille sont obligées de travailler très dur souvent aux dépens de leur propre santé. Les contraintes financières les obligent à courir sans cesse d’une endroit à un autre et les normes sociales et culturelles ne les autorisent parfois même pas à mendier.

Auparavant c’était le père, le frère, le mari qui protégeait respectivement sa fille, sa soeur, sa femme, sa mère, mais la situation actuelle du Cachemire a renversé les rôles. Les femmes soutiennent les hommes de leur famille qui ont de gros problèmes ; les normes sociales interdisent aux femmes d’aller dans les postes de police, les camps de l’armée et les centres de torture ; et, quand la situation l’exige, elle le font aux dépens de leur réputation.

Les mariages d’enfants se multiplient dans les zones lourdement militarisées afin d’éviter les viols et les agressions par l’armée. Les filles abandonnent de plus en plus l’école afin d’échapper aux persécutions et au harcèlement de l’armée sur la route de l’école. La police a forcé plusieurs jeunes filles à épouser des personnes importantes et des contre-révolutionnaires et celles qui refusaient étaient violées et tuées. Il n’y a pas de statistiques du nombre exacte de viols commis contre les femmes au Cachemire mais une étude a été réalisée par Médecins sans Frontières, une ONG internationale en 2006 "Cachemire : violence et santé" et 11,6 % des personnes interrogées ont reconnu avoir été victimes de violences sexuelles depuis 1989. Presque deux tiers des gens (63,9 %) interrogés par MSF connaissaient des cas de viols survenus pendant cette même période. L’étude révélait que les femmes du cachemire étaient celles qui subissaient le plus de violences sexuelles au monde. Le chiffre est beaucoup plus élevé qu’en Sierra Leone, Sri Lanka, Tchétchénie et Ingouchie. Beaucoup d’adolescentes suivent une thérapie pour faire face aux impacts psychologiques croissants des atrocités perpétrées contre les femmes par les soldats et les policiers. Le taux de suicide des femmes du Cachemire augmente et les ramifications du conflit ont contribué à sa forte croissance chez les femmes.

Les femmes du Cachemire sont victimes de trafic sexuel et elles sont prostituées parfois pour de l’argent mais le plus souvent sans contrepartie. L’échelon le plus bas des officiers de la police spéciale (SPO) est souvent partie prenante de ce cercle vicieux : ils épousent une fille puis la vendent à d’autres ou la force à consentir des faveurs sexuelles aux officiers de plus haut rang. Ces femmes qu’on force à se prostituer sont aussi utilisées comme mukhbirs (espionnes) ou elle sont obligées d’attirer d’autres filles dans le réseau engendrant ainsi un cercle vicieux qui ne laisse aucune chance aux filles. La pratique de promettre un travail aux jeunes filles pauvres pour les exploiter sexuellement a été dévoilée dans toute son ampleur par le scandale sexuel des VIP de 2006 dan lequel des officiels de haut rang de la police, des hauts fonctionnaires et des politiciens ont été incriminés dans l’exploitation sexuelle de jeunes filles locales qui étaient toutes éduquées, et parfois avaient même des licences et des doctorats. Toutes n’étaient pas pauvres mais toutes avaient besoin d’un emploi pour atteindre un certain niveau social ; au Cachemire il est désormais devenu difficile aux jeunes filles sans emploi de trouver un mari correct parce que le marché du mariage exige que les filles aient un emploi, et plus le salaire est élevé plus la jeune fille a des chances de faire un bon mariage ; cet état de chose pousse les filles a faire des pieds et des mains pour se procurer une bonne situation et les met à la merci des trafiquants sexuels qui dans le cas cité plus haut se trouvaient être des hommes hauts-placés.

L’exploitation des femmes du Cachemire continue sans rémission et il parait évident que les filles sont aujourd’hui envoyées se prostituer dans d’autres états et tôt ou tard le peuple du Cachemire prendra conscience de toute l’horreur de la situation.

Le dernier recensement de la population de 2011 a mis en lumière différents faits choquants concernant les femmes du Cachemire : l’un d’entre eux, le déclin du pourcentage de femmes dans la population, aura de sérieuses conséquences dans l’avenir ; des leaders ont conseillé aux hommes de devenir homosexuels mais il serait préférable de comprendre la cause de la chute du pourcentage de femmes qui est passé de 906 femmes pour 1000 hommes en 2001 à 883 en 2011. Une des raisons de cette baisse drastique est la présence de l’armée au Cachemire qui détruit la virginité des femmes en toute impunité : malgré les nombreux viols et agressions sexuelles perpétrés par les soldats, aucun coupable n’a été poursuivi et les parents ont compris qu’ils ne pouvaient pas se permettre de prendre le risque d’avoir des filles. D’autres raisons comme la dot, l’hostilité patriarcale contre les petites filles, le chômage et beaucoup d’autres choses expliquent les brutaux avortements de foetus féminins qui se perpétuent malgré les enseignements du Quoran contre ces pratiques inhumaines, sauvages, ignobles et dangereuses. Beaucoup de bébés filles sont abandonnés dans les hôpitaux, leur statut est problématique, beaucoup sont adoptés et les autres recueillis dans les orphelinats et les maisons d’accueil qui n’ont pas de cadre approprié pour eux. Les militants pour les droits sociaux et les droits des enfants ne savent pas comment résoudre ce problème.

En ce 21ième siècle, les femmes du Cachemire sont confrontées à une infinité de problèmes dans un coin du monde où les femmes ont encore beaucoup d’inhibitions et sont loin d’être maîtresses de leur destin. Les femmes du Cachemire ont adopté et assumé les nouveaux rôles que le conflit leur a imposé mais le déni perpétuel de justice, l’absence d’égalités des droits, les préjugés structurels de la société dont elles sont victimes, l’absence d’institutions pour les aider, la marginalisation de leur revendications, le refus de les écouter et de reconnaître leurs sacrifices et leur contribution les a profondément blessées, a augmenté leur fardeau, a miné leur courage, détruit leurs espoirs et étouffé leurs voix. Cependant en dépit de tous ces obstacles elles jouent un rôle significatif dans l’unité de la famille et de la société. Elles encouragent les hommes à persévérer dans la lutte contre les atrocités de l’occupation. Toutes les guerres modifient le rôle des femmes et dans la plupart des cas elles s’y adaptent, comme elles l’ont fait au Cachemire ; ces nouveaux rôles ont à la fois des aspects positifs et négatifs suivant la manière dont elles sont exposées au conflit, le niveau de leur exposition et son impact sur la vie des femmes.

Quels autres rôles les femmes devront-elles assumer au cours de ce conflit et quelles autres conséquences désastreuses aura-t-il sur elles ? Cela seul le temps nous le dira !!

Mushtaq Ul Haq Ahmad Sikander

Mushtaq Ul Haq Ahmad Sikander est une militante et un écrivain de Srinagar au Cachemire et on peut la joindre à sikandarmushtaq@gmail.com

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/sikander050911.htm

Traduction : Dominique Muselet

à lire

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 08/09/2011 à 21:44:54

Thami BOUHMOUCH


« Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien... » - Harold Pinter (Prix Nobel de littérature)

« L’opération humanitaire » en Libye, qui a été menée tambour battant par les Etats-Unis et l’OTAN, a débouché finalement sur un désastre abominable. Le but de cette équipée guerrière, on le sait, était de faire main basse sur le pétrole et les ressources financières du pays (en plus de déstabiliser la région). Non pas que les sociétés multinationales n’aient pas eu déjà accès à l’or noir, mais il s’agissait expressément pour celles-ci de modifier les termes des contrats d’exploitation (particulièrement favorables au pays) afin de ne plus payer que des droits symboliques...

Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous : les puissances occidentales ont constamment mis la main, d’une façon ou d’une autre, depuis très longtemps, sur les ressources d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie. Les guerres sont pratiquement toujours de nature économique, en ce sens qu’elles tendent à servir les intérêts de grandes firmes bien déterminées. Un système basé sur la course au profit maximum impose littéralement aux multinationales de dominer et de piller les pays « périphériques ». Du reste, étouffés par le poids de la dette, ces pays ne peuvent opposer aucune résistance significative au pillage (c’est à cela justement qu’aboutissent les formules concoctées par le FMI et la Banque Mondiale).

Admettons donc : les multinationales sont « objectivement obligées » de s’emparer des ressources d’autrui, parce que sinon leurs rivaux ne tarderont pas à le faire. Soumises à une compétition acharnée à l’échelle du monde, elles ont besoin d’accéder aux matières premières sans restriction, d’exploiter le travail bon marché, de trouver des débouchés pour leurs capitaux et finalement de contrôler les voies stratégiques des flux commerciaux… Hélas, les forfaits commis ne se limitent pas aux richesses extorquées. Les rapines s’accompagnent toujours d’exactions et de crimes organisés. Les uns ne vont pas sans les autres ; ils sont intimement associés.

Il y a plus de deux mois au sujet de la Libye, le CRG (Center for Research on Globalisation) a révélé le recours par l’OTAN à l’uranium appauvri. (1) On ne se contentait donc pas d’envoyer les chasseurs-bombardiers sur les maisons, les hôpitaux et autres infrastructures majeures. Il fallait aussi que des bombes couplées à cette joyeuseté du génie militaire (et de la science) pleuvent par milliers sur la population libyenne. « Dans les empennages des missiles Tomahawk se trouvent des barres d’uranium appauvri de 300 kilos. Si l’on pense qu’un projectile anti-char construit avec du métal d’uranium appauvri en contient environ 30 gr. seulement, on peut imaginer la quantité de poussières d’uranium qui se répand dans l’atmosphère dans les zones d’impact… Là-dessus le silence est total  ». (2)

Oui, motus et bouche cousue. Aucun officiel, aucun journaliste (des médias dominants), aucun de ces « experts » qui hantaient les talk show n’avaient fait allusion à cette pluie d’uranium appauvri, une pluie mortelle et sans pitié qui attendait les civils libyens.

Ceux qui consentent aux crimes, fournissent des raisons pour les blanchir ou prennent le parti de se taire sont sans doute plus abjects que les criminels eux-mêmes. Martin Niemöller, un pasteur protestant, disait (années trente) : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité ». (3)

Une « opération humanitaire pour protéger la population civile  » a-t-on dit et répété. Les maitres du monde sont habitués aux subterfuges les plus éhontés. Et les dégâts et pertes en vies humaines sont incommensurables. « Contrairement à ce que la sémantique pourrait laisser entendre, elles [les bombes à uranium appauvri] constituent des armes terrifiantes de destruction massive. Les bombes à uranium appauvri ont été utilisées pour la première fois par Israël dans la guerre du Kippour (octobre 1973) contre l’Egypte. Elles furent ensuite utilisées au Liban, par Israël, et en ex-Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan et en Libye par les USA et diverses “coalitions” occidentales. Elles furent également utilisées par Israël à Gaza (enquête de l’association ACDN). Les bombes à uranium appauvri génèrent cancers, mutations et stérilités dans ces pays-mêmes ou chez les militaires participant aux opérations. [... Elles] libèrent des isotopes dont la durée de vie est de plusieurs milliards d’années ». (4)

Les néo-colonisateurs avides et astucieux sont conduits à détruire méthodiquement les infrastructures et tout ce qui tient debout. La moindre des choses, disent-ils, serait d’avoir l’opportunité plus tard de tout reconstruire (contre espèces sonnantes et trébuchantes). Soit… mais pourquoi contaminer les terres et l’atmosphère par l’uranium appauvri ? Pourquoi utiliser des armes dont l’impact est destiné à durer dans le temps ? Pourquoi générer les cancers, les stérilités et les malformations génétiques à la naissance ? Ce n’est donc pas une simple question de rivalités commerciales, de course au profit, de pétrole, de priorité de contrats mirifiques accordée par les nouveaux satrapes ?

L’administration étasunienne (celle de Bush et celle d’Obama), qui a soutenu et couvert politiquement le recours aux formes de torture les plus cruelles (dont la privation sensorielle), utilise volontiers et vend un peu partout les bombes au phosphore blanc et les grenades antipersonnel. De la même manière qu’elle s’est opposée à la création de la Cour Criminelle Internationale, elle a refusé de signer le traité interdisant les bombes à fragmentation parrainé par l’ONU et adopté par 111 pays en mai 2008.

L’Irak, l’Afghanistan et tous les pays que l’Empire et ses vassaux ont voulu « libérer » à coups de missiles, de F-16, d’uranium appauvri et de bombes à fragmentation, sont livrés aux hécatombes, à la détresse et au chaos. Des crimes commis en toute impunité (une résolution contre l’Otan est-elle envisageable ?). En Irak, comme le relève W. Blum, « plus de la moitié de la population est soit morte, mutilée, en prison ou en exil à l’étranger... leur air, leur sol, leur eau, leur sang et leurs gênes sont imprégnés d’uranium appauvri... les enfants naissent avec d’abominables déformations... des bombes à fragmentation n’attendent qu’un enfant pour exploser... une rivière de sang coule aux côtés de l’Euphrate et du Tigre... dans un pays qui ne sera peut-être jamais reconstruit  ». (5)

Dans le même sens, P. Sacré écrit : « L’uranium appauvri permet d’augmenter la puissance de perforation des obus contre des cibles blindées ou des bâtiments. Soyons certains que l’Iran aura sa ration d’uranium appauvri, si la “diplomatie” échoue. Depuis le déferlement “libérateur” des hélicoptères et des tanks anglo-saxons […], les habitants de Fallujah [en Irak] ont 4,22 fois plus de risques de développer un cancer que les Egyptiens ou les Jordaniens. Cette probabilité est 12,6 fois plus grande chez les enfants de moins de 14 ans. Le risque de leucémie chez les personnes de 0 à 34 ans est 38,5 fois plus élevé. La mortalité infantile atteint des taux record : 80/1000, soit 4 fois les taux égyptien et jordanien. À partir de 2009, ce taux passe même à 136/1000 !! […] Les radiations provoquent des changements au niveau de l’ADN dont les effets se font en général sentir sur les descendants ». (6)

A cela, il faut ajouter les cinq millions d’orphelins irakiens recensés en 2008… Cinq millions ! Il faudrait combien de centres d’accueil, d’associations caritatives pour prendre en charge une telle masse d’enfants désemparés ? Une question, parmi tant d’autres, qu’il faudrait à l’occasion poser aux scélérats de la Maison Blanche et du Pentagone. Décidément, en dehors des sinistrés eux-mêmes, nul ne peut avoir idée de l’ampleur de la catastrophe. Le Mal infligé dépasse les limites du mesurable et paraît irréversible. L’observateur, s’il s’attache à mettre des visages humains derrière les chiffres funestes, en vient à être bouleversé ad nauseam. Il est inconsolable à jamais.

A Gaza, la campagne militaire criminelle, appuyée au grand jour par l’armée étasunienne, contre la population en décembre 2008 est encore dans les mémoires (voir le film poignant « Gaza-strophe »). Les hordes sionistes ne se contentent pas de déporter les Palestiniens, de détruire leurs maisons et leurs oliviers, de les enfermer dans d’énormes enclos à ciel ouvert, de voler leur eau, d’emprisonner leurs enfants de douze ans, de bombarder leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs ambulances, de leur concocter des bains de sang à répétitions… Un étudiant et blogueur palestinien de 21 ans, vivant à Gaza, en dit ceci : « Ils [les israéliens] ont dû se dire : ils ne seront pas capables de tolérer la vie d’enfer que nous allons leur faire mener, nous allons les étouffer de tous les côtés, nous leur causerons tant de douleurs qu’ils ne tarderont pas à imploser ». (7)

Les leaders sionistes s’en lèchent les babines. Et ce Peres, connu notoirement pour sa fourberie répugnante et jouissant du ramollissement cérébral des dirigeants occidentaux... On raconte que lors de sa rencontre avec Angela Merkel, il s’est plaint (je cite de mémoire) que « les élections [législatives palestiniennes de 2006] ont conduit à un mouvement radical et dangereux et les pauvres habitants de Gaza n’ont jamais eu droit à un seul jour de démocratie »… Pour la peine, on largue les bombes, on répand le feu tous azimuts. A défaut de « démocratie », allons-y pour le nettoyage ethnique et le génocide. Résultat : 1.400 morts, en plus des infrastructures dévastées.

L’agression meurtrière appelée « Plomb durci » est qualifiée d’action « défensive ». L’idée n’est pas compliquée : éradiquer le Hamas – une organisation terroriste, cela va sans dire – c’est lutter contre l’Iran. Comme l’Europe est censée avoir peur de ce pays, elle applaudit avec ardeur et sans se faire prier. Lorsqu’on n’a rien compris au sionisme, pourquoi se garderait-on de le faire ? Pour reprendre le mot de N. Chomsky, « il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire ».

Pappé considère que l’invasion israélo-américaine de 2008 constitue déjà un génocide, que cette « catastrophe humanitaire d’envergure inimaginable », exigerait qu’Israël soit « relégué au statut d’Etat paria ». Comme le rapport Goldstone, Chomsky considère qu’une telle agression est une manifestation indiscutable du terrorisme d’état. C’est la preuve de « l’indifférence pervertie » du tandem Israël–USA pour la vie humaine. (8)

Le massacre, en effet, est orchestré à coup de bombes à uranium appauvri et au phosphore blanc (interdites par les conventions internationales). Les médias aux ordres se sont fait un devoir de préciser qu’« Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements ». Un malfrat prévient un quidam qu’il sera bientôt agressé ou assassiné ; une fois la nouvelle annoncée, la voie est libre. Aucun reproche n’est ainsi possible. Et pour que chacun comprenne bien la chose, les plumitifs se sont empressés d’ajouter que « c’est le Hamas qui a rompu unilatéralement la trêve ».

C’est ici que la leçon des Nazis vient à l’esprit, comme le rapporte Alan Hart, (auteur de “Zionism, the Real Enemy of the Jews”) : « plus le mensonge est grand, plus on le répète, plus il aura de chances d’être cru dans un monde majoritairement composé de Gentils, de judéo-chrétiens ou d’occidentaux ; et cela d’autant plus si les grands médias sont terrifiés par l’idée d’offenser tant soit peu le sionisme  ». (9) Vittorio Arrigoni, notons-le au passage, était le témoin objectif et éloquent des répressions et des tueries avant, pendant et après l’invasion de Gaza. On a fini par l’assassiner.

La soldatesque sioniste se venge de quoi ? La haine a divers mobiles plus ou moins conscients : la victoire du Hamas aux élections législatives en 2006 (les Palestiniens n’avaient pas voté comme il le fallait), la défaite subie la même année au Liban (par une armée pourtant « invincible »), les roquettes artisanales rares et quasi inoffensives (lancées approximativement par des civils démunis), la capture par le Hamas de ce brave soldat israélien (réclamé à cor et à cri par tous les humanistes de la planète), le courage et la ténacité héroïques des Palestiniens (le blocus n’a pas réussi à briser leur volonté de résistance) et surtout leur primauté incontestable sur la terre de Palestine.

N’avez-vous pas remarqué ? Lorsque les médias évoquent les atrocités commises contre les civils palestiniens sans défense, c’est toujours d’une façon expéditive et impassible (sans parler des mensonges). Comment expliquer ce manque flagrant de sensibilité morale et de compassion ? L’accusation d’antisémitisme brandie à tout bout de champ par les porte-paroles du sionisme est-elle à ce point paralysante ?

L’évidence surgit : tous les humains sont égaux, mais certains moins que d’autres. « Le 11 septembre 2001, se demande P. Sacré, est-il plus insupportable que le bombardement de Gaza, l’opération Plomb Durci, au moyen d’armes génocidaires, sources de souffrances horribles, interdites par les conventions de l’ONU et utilisées sur des civils (uranium appauvri, phosphore blanc) ? Tous ces morts, ce jour-là, sur le sol étatsunien, valent-ils plus que des civils Palestiniens, des Roms ou des Somaliens ? Le 11 septembre 2001 est-il plus condamnable parce que ce sont les tours dorées du World Trade Center, symboles de l’Occidental Way of Life, qui ont été pulvérisées plutôt qu’un taudis en Cisjordanie, un village indonésien, ou une caverne en Afghanistan ? » (10)

Voilà où l’on en est. L’ivresse de la suprématie technologique et militaire, la violence bestiale, les mensonges et l’injustice auront-elles une limite ? Le monde peut-il être autre chose qu’un espace de rivalités, de rapines et d’agressions immorales ?

Il faut bien se rendre compte : prendre sa plume pour dénoncer l’horreur est un acte pour le moins modeste en regard de personnes exceptionnelles qui font face seules aux menaces et aux agressions (Olivia Zemor), qui sont incarcérées (Bradley Manning, Julian Assange) ou qui ont fini par perdre la vie (Vittorio Arrigoni, Rachel Corrie, Stefano Chiarini). C’est un acte insignifiant sans doute face à l’hégémonie vindicative et cruelle de l’Empire, face aux puissants marchands de canons, face aux ravages occasionnés par les média-mensonges…

Mais les plumes se multiplient, les sites d’information alternative font un travail prodigieux et captent une audience de plus en plus forte. Rien n’est perdu.

Thami Bouhmouch

Professeur Univ. (Casablanca)

http://bouhmouch.over-blog.com/

(1) Cf. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp ;aid=23885 Juin 2011

(2) Pascal Sacré, http://www.michelcollon.info/La-Belgique-part-en-guerre-sans.html Juillet 2011

(3) Cité in http://www.lepost.fr/article/2011/05/13/2494048_cote-d-ivoire-crimes-d-etat-terreur-totale-et-silence-complice-des-medias-francais.html

(4) Dominique GUILLET, http://www.legrandsoir.info/Fukushima-2012-Contamination-radioactive-de-la-chaine-alimentaire-planetaire.html Mai 2011

(5) William BLUM, http://www.legrandsoir.info/N-oublions-pas-a-quoi-ressemble-une-intervention-humanitaire.htmlMai 2011. Je souligne.

(6) Pascal Sacré, http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=SAC20100924&articleId=21175Septembre 2010

(7) Mohammed Rabah Suliman, http://www.legrandsoir.info/Le-siege-israelien-a-libere-la-jeunesse-de-Gaza-Electronic-Intifada.html Juin 2011

(8) Cités par Javier SETHNESS, http://www.legrandsoir.info/La-crise-infligee-par-les-Sionistes-a-Gaza-Dissident-Voice.html Mars 2011

(9) Alan Hart, http://www.alterinfo.net/Le-sionisme-demasque-un-conte-de-fees-qui-est-devenu-un-cauchemar-terrifiant_a42775.html Février 2010

(10) Pascal Sacré, http://www.legrandsoir.info/Reflexions-a-froid-sur-le-11-septembre-2001.html Septembre 2010.

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 07/09/2011 à 07:29:07

-

???

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 05/09/2011 à 17:14:17

Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Chavez ou Castro qui se plieraient aux diktats des impérialistes et des colonialistes...?

- Quand 5 frères et camarades sont enfermés dans les geôles étasuniennes depuis 13 ans?

- Quand le régime colombien de Bogota est inféodée aux USA qui ont bâties des bases militaires secrètes sur le sol colombien ?

Quand des tueurs sont protégés par la CIA et la NSA?

Soutien complet à nos camarades basques !

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Elena Barcena Argüelles, Francisco Javier Pérez Lekue et José Ignacio Etxarte Urbieta,trois membres présumés d’ETA ont été arrêtés mercredi 31 août au Venezuela à bord d’un petit bateau sur lequel ils auraient quitté Cuba.

Etxarte Urbieta, alias Rizos ou María Antonia, est l’un des six membres présumés de l’ETA poursuivis par la justice espagnole dans le cadre de liens supposés entre l’ETA et les FARC.

La justice avait délivré un mandat d’arrêt international et demandé son extradition à Cuba.

Pour sa part, Elena Barcena (photo), présentée par la police comme "responsable du commando La Piedra" qui opérait dans la zone de Saint-Sébastien, est accusée d’avoir participé à plusieurs enlèvements.

Arrêtée en France en 1985, elle fut extradée un an plus tard par les autorités françaises au Cap Vert d’où elle avait fui vers Cuba via l’Angola. Pérez Lekue est, lui, accusé d’être membre du "commando Madrid" de l’ETA, au milieu des années 1980.

hommage à Charlie

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 27/08/2011 à 13:45:32

Charlie Bauer solide et solidaire

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Charlie Bauer dessiné par Large http://large.canalblog.com/

Je viens d’apprendre, tristement, la nouvelle par ce portrait sur le site du dessinateur Large.

Ayant choisi comme toi Montargis comme ville d’adoption,

je t’ai rencontré en juin Charlie Bauer,

j’ai apprécié ton esprit solide et solidaire,

ton soucis de respect des militants, de la base,

des indiens qui n’ont nul besoin de grands chefs à plumes,

de ceux qui se battent au quotidien, de ceux qui ne désarment pas,

de ceux qui travaillent dans l’action réelle,

de ceux qui sont aux portes-à-portes de l’espoir,

de ceux qui sont dans l’intervention des masses et dans le travail de prise de conscience des classes sociales et de la société encastée qui est malheureusement nôtre,

de ceux qui refusent l’acceptation, la résignation, le fatalisme, l’abstention,

de ceux qui ne se contentent pas d’indignation,

de ceux qui veulent mettre en oeuvre, construire,

de ceux qui sont prêts à aller rechercher les travailleurs qui se fourvoient dans les réflexes nauséabonds du refus de l’autre afin de leur réapprendre leur classe, leur exploitation et le besoin réel d’une lutte collective,

de ceux qui veulent transformer l’appareil pour reformer l’outil révolutionnaire

et qui signent de leurs simples outils tous leurs textes communs.

Je t’ai apprécié Charlie,

et lorsque nous nous sommes quittés

avec le fraternel tutoiement qui s’était imposé

je ne savais pas que sa poignée de mains

si chaleureuse serait première et dernière.

J’entends encore ta voix

me dire la fierté

de porter le nom de communiste,

et la qualité de ce mot

qui fait et fera encore lever

l’humanité pour se battre

et servir l’intérêt commun

et voir se créer cette société nouvelle

qui nous sortira de la barbarie.

Cher camarade, je suis très fier

d’avoir pu te rencontrer

dans cette rue Dorée qui porte si bien

le sens de ce que nous combattons ensemble.

Je garde au coeur ses quatre mains

qui s’enserrent pour dire

combien est vif notre combat commun

et l’utopie qu’il porte

tel le besoin d’oxygène.

Salutations fraternelles

à toi par delà le temps,

à tes proches, à ta famille,

à tes amis, tes camarades.

Fabrice Selingant (Le Rouge-gorge)

COUPABLE ?

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 26/08/2011 à 08:10:39

Coupable tant que son innocence n’a pas été prouvée (Information Clearing House)

Yasmeen El KHOUDARY

Les frappes aériennes israéliennes se poursuivent à Gaza où les gens se sentent piégés et abandonnés du monde entier.



22 août 2011"Al-Jazeera" — la mini-guerre conduite par Israël sur Gaza suite aux incidents survenus au sud d’Israël est une preuve supplémentaire que Gaza est le "plus grand perdant" du Moyen-Orient. Coincés dans un réseau épineux d’intérêts égoïstes et d’objectifs différents, les 1,5 million d’habitants de Gaza sont vraiment les grands perdants, quoiqu’il arrive au Moyen-Orient.

Nous ne sommes pas maîtres de notre destin. Le contrôle nous échappe jusque dans les plus les moindres détails de notre vie. Nous n’avons pas le luxe de faire des projets pour le lendemain encore moins pour la semaine prochaine. Nous, le peuple de Gaza,, nous essayons de vivre chaque jour comme si tout était normal. Mais il y a des moments où tout va très mal et où tout ce que nous avons essayé de construire s’écroule en un clin d’oeil.

Jeudi soir, nous avons eu une dure nuit avec de nombreuses attaques aériennes israéliennes dans différents endroits de la bande de Gaza, et nous nous sommes éveillés à une nouvelle journée torride de Ramadan qui a été interrompue par la nouvelle de l’attentat d’Eilat où 5 soldats israéliens ont perdu la vie et 36 autres ont été blessés. Immédiatement et sans attendre les détails de l’incident, tout le monde s’est mis à craindre une attaque israélienne sur Gaza.

Cela ressemblait beaucoup à la réaction instantanée des musulmans de Norvège aux attaques terroristes qui ont secoué Oslo dernièrement ; ils craignaient les attaques racistes qui n’auraient pas manqué de se produire si le terroriste avait été musulman. Les médias ont constitué d’ailleurs la principale menace en se hâtant d’attribuer, sans la moindre preuve, l’attaque terroriste à Al Qaeda et aux extrémistes musulmans. Quand le meurtrier s’est révélé être Norvégien les musulmans norvégiens ont poussé un soupir de soulagement.

"Nous ne sommes jamais en sécurité"

Le scénario n’a pas été très différent à Gaza. "L’opération" a tué 5 soldats mais personne ne sait qui est responsable de l’opération. Nous avons d’abord lu des articles disant que l’Egypte était impliquée puis Israël a vite nié toute implication égyptienne avant que l’Egypte ne le fasse elle-même. Tout de suite après est venue la déclaration d’ Ehud Barak accusant "Gaza" des attaques et jurant de "punir les responsables". Comment il est arrivé à cette conclusion, quelle preuve a-t-il, et qui à Gaza est responsable selon lui, nous n’en avons pas la moindre idée (ni lui non plus, me semble-t-il). Ce que nous tenons pour certain c’est que nous sommes maudits et que ce qui nous attend est sans doute une réédition de Cast Lead malgré le fait qu’il n’y ait pas la moindre évidence de l’implication des Gazaouis dans l’opération d’Eilat..

C’est la seule différence entre les musulmans norvégiens et nous. Ces derniers ont retrouvé la sécurité quand la vérité a été révélée, tandis que nous, nous ne sommes jamais en sécurité- que la vérité soit faite ou pas. Que ce soit Israël, le Hamas, l’Autorité Palestinienne, l’Egypte, les USA, ou qui que se soit qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, c’est nous le peuple innocent de Gaza qui nous retrouvons en train d’haleter sous la botte des ces égoïstes géants chaque fois que quelque chose se produit. Ce qui arrive aujourd’hui n’est pas exceptionnel -et comme d’habitude, personne d’autre ne peut être accusé à tort en toute impunité que le peuple de Gaza. Même si l’Egypte y est pour quelque chose, Israël insiste sur la responsabilité unique de "Gaza" parce que ça lui donne une excuse pour se venger et punir. Je ne serais pas étonnée que le black out des communications qui a été imposé à Gaza il y a 10 jours ne soit le premier d’une longue série et que nous en ayons un autre si une opération militaire est vraiment déclenchée.

Les prières du vendredi dans la bande de Gaza ont calmé les gens perturbés par les rumeurs, les fuites et les spéculations sauvages, les menaces constantes d’Israël et le nombre croissant des personnes tuées et blessées par Israël. Dans des moments comme celui-là, les mosquées jouent un rôle très important en lisant des prières apaisantes, en diffusant les annonces urgentes, etc. Vendredi dernier, cependant, au moment où Israël bombardait Gaza, l’Iman qui menait les prières à la mosquée nous parlait de tout autre chose. Il avait consacré son sermon et ses prières à la Somalie et il demandait aux gens de faire des dons. Cette humanité, cette palpitante conscience humaine et ce respect pour la vie humaine sont les qualités qui caractérisent les Palestiniens même si le monde préfère penser qu’il n’en est rien.

Nous ne savons pas si l’avenir nous réserve un nouvelle cruelle attaque israélienne où nous jouerions le double rôle d’agresseurs et de victimes ou un nouvel épisode d’un décevant feuilleton politique où nous jouerions fois cette le rôle de spectateurs passifs. Nous ne pouvons qu’attendre et voir car c’est ce monde égoïste qui décide de notre sort. Parce que nous, le peuple de Gaza, sommes coupables tant que la preuve de notre innocence n’a pas été faite, en admettant qu’elle le soit jamais.

Yasmeen El Khoudary

Yasmeen El Khoudary est un écrivain freelance de Gaza en Palestine occupée. Elle est diplômée de l’Université Américaine du Caire en Science Politique. Elle a un blog : yelkhoudary.blogspot.com. On peut aussi la suivre sur Twitter :- @yelkhoudary

Pour consulter l’original : http://www.informationclearinghouse.info/article28907.htm

Traduction : Dominique Muselet

MATTIN

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 25/08/2011 à 08:38:06

AIDEZ MATTIN OLZOMENDI

 Le verdict qui a terrassé  mardi 9 août les basques Mattin Olçomendy et Peio Irigoyen est hautement politique car, faisant abstraction des faits, il remet en cause l'idée de la liberté de penser et le droit des accusés au silence qui ont été simplement bafoués pour devenir des arguments majeurs de l'accusation. Il suffit aujourd'hui d'avoir des opinions qui remettent en cause l'unité de la France pour être condamné à de lourdes peines et devenir les boucs émissaires de la lutte contre l'abertzalisme.

 Mattin Olçomendy est, de plus, soumis à l'isolement depuis des mois sans que personne ne s'en émeuve et il est contraint d'être seul dans sa cellule 24h sur 24h, refusant toute promenade en guise de protestation. Le traitement qui lui est infligé  est franchement inhumain : Il a, par exemple, subi une intervention chirurgicale au visage, sous anesthésie, menotté des pieds et des mains en présence de gendarmes armés.

 Au lendemain du verdict politique qui le touche plus particulièrement, il a décidé de ne plus intégrer sa cellule et d'être donc conduit au quartier disciplinaire, « mitard », seule manière de s'élever contre la situation qui l'accable. Il en sera ainsi tant que l'isolement sera en vigueur et qu'il ne soit pas conduit dans un centre pénitentiaire avec d'autres détenus basques.

 « Ils ont amené les juifs, mais comme je n'étais pas juif et je me suis tu, ils ont amené les communistes mais comme je n'étais pas communiste, j'ai détourné le regard, ils ont amené les arabes mais comme je n'en étais pas,  je n'ai rien dit, ils ont amené les basques et comme je ne l'étais pas vraiment,  j'ai laissé faire, ils ont enterré la langue basque à jamais, mais comme je ne la parlais pas, je ne me suis pas senti concerné....  »

 Il est trop facile de fermer les yeux aujourd'hui, car tout le monde se taisait lorsque nous dénoncions la situation du logement en Pays basque jusqu'à ce que tous en soyons directement touchés, lorsque nous nous élevions contre le projet de passage de la LGV, jusqu'à ce que notre paysage en soit touché et nos maisons risquent d'être détruites, lorsque nous dénoncions le traitement réservé à la langue basque, jusqu'à ce qu'elle soit en voie de disparition...

 Une campagne a été lancée pour venir en aide à Mattin. Nous vous demandons de bien vouloir envoyer le modèle de courrier, ci dessous au directeur de prison de Chateauroux:


 M le directeur de la prison de Chateauroux

C.P Le craquelin

Bp 549

36021 Chateauroux cedex

 

 

"A Monsieur le directeur de la prison de Châteauroux

 

Monsieur,

 Je vous adresse ce courrier pour souligner la situation dans laquelle se trouve le détenu politique basque Mattin Olçomendy incarcéré dans le centre pénitentiaire de Châteauroux que vous dirigez.

Depuis quelques mois il est isolé de tout membre du collectif des prisonniers basques et c'est la raison pour laquelle il a refusé ces derniers temps de sortir de sa cellule et de se rendre en promenade.

 Au lendemain de son procès, il a décidé de ne plus réintégrer sa cellule afin d'être mis au quartier disciplinaire en guise de protestation jusqu'à ce que sa pétition soit prise en considération, c'est-à-dire qu'il soit transféré dans un centre pénitentiaire où se trouvent d'autres basques ou qu'il soit rejoint par un ou plusieurs membres du collectif.

 Mattin ne va pas au « mitard » de gaité de cœur mais c'est le seul moyen qu'il ait de protester. De plus l'éloignement auquel il est soumis le punit doublement ainsi que sa famille et ses amis qui lui rendent visite assidûment.

 Le but de ce courrier est de vous demander de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour mettre fin à l'isolement de Mattin Olçomendy car, comme vous avez pu le constater, c'est un prisonnier politique basque et il souhaite pouvoir purger sa peine en compagnie d'autres basques.

Dans l'espoir que cette lettre pourra contribuer à mettre fin à la situation de Monsieur Olçomendy, veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées."

 Merci de votre contribution, mon gendre Mattin vous en remercie.  

 Xabier Soubelet,

ex conseiller municipal de St jean de Luz et ex candidat abertzale aux cantonales.

Daniel Derguy

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Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/08/2011 à 12:47:50

Ce dossier sur le mandat d'arrêt européen (MAE) à l'encontre de Daniel Derguy, a été réalisé avec des articles du numéro spécial de l'hebdomadaire Ekaitza n°1251 du 04/08/2011.

 le 6 juillet 2011 Daniel Derguy est arrêté à Cahors, alors qu’il construit depuis plus de trois ans une nouvelle vie, dans le cadre de la liberté conditionnelle. Les autorités madrilènes ont délivré un MAE à son encontre, au prétexte d’une affaire datant de dix sept années : une lettre piégée où ses empreintes auraient été relevées, postée à Paris en mars 1994 ! Pour la justice française, il y a pourtant prescription. Daniel Derguy a cependant été arrêté, puis relâché sous contrôle judiciaire ; il est passé en procès le 27 juillet 2011 à Agen.

  Un parcours de militant

 Originaire d'Hazparne, et longtemps résidant à Hiriburu, Daniel Derguy, 51 ans, qui a été technico-commercial à Bayonne, est un militant basque connu pour son implication dans les associations de son canton. Arrêté à Paris le 23 juillet 1996, il sera violemment battu par les forces de police à cette occasion.

Trois procès plus tard, il est condamné à 20 ans d'incarcération pour association de malfaiteurs. Comme 695 citoyens basques, Daniel Derguy était membre du Collectif des prisonniers politiques basques. Pendant ses 12 années d'incarcération, il mena toutes les luttes du Collectif, pour la reconnaissance de leur statut de prisonnier politique, le respect de leurs droits, et surtout contre leur éloignement.

 En janvier 2000, il devint l'un des porte-paroles des prisonniers politiques basques, et ce, alors qu'il se trouvait en grève de la faim illimitée depuis le 27 décembre 1999. Cette lutte collective des prisonniers politiques basques détenus en Espagne et en France avait pour but de dénoncer la politique pénitentiaire menée à leur encontre tout en revendiquant le respect de leurs droits.

 Daniel Derguy fera 63 jours de grève de la faim : il en ressortira très affaibli, et avec de nombreuses séquelles physiques, dont il subit encore les conséquences aujourd'hui.

 Des milliers de personnes, des militants, des syndicats, des élus, des partis politiques, s'étaient alors mobilisés pour le soutenir et dénoncer la situation dans laquelle il se trouvait. La presse locale et nationale, en France, avait relayé cette grève de la faim et les soutiens qu'elle avait suscités.

Incarcéré dans de nombreux centres pénitentiaires français, dont les prisons de Fresnes et de Fleury-Mérogis, il achèvera sa condamnation à Clairvaux : il est en libération conditionnelle depuis le 14 mars 2008 après 12 années passées en détention.

 Sa libération a été acceptée sous des conditions très contraignantes, dont la réalisation d'une formation professionnelle de reconversion à Saint-Dizier (dans la région Champagne-Ardenne, à 965 kilomètres de Bayonne), une interdiction de séjour au Pays Basque, en Bretagne et à Paris, d'une durée de 10 ans, et la présentation tous les mois d'attestations de présence à la formation ou d'activité professionnelle, et ce pendant 5 ans.

 Daniel Derguy réalisera cette formation en ébénisterie à Saint-Dizier, à près de 1 000 km de sa famille et de sa compagne.

 A la fin de sa formation professionnelle, il obtient l'autorisation de s'installer à Cahors, où il trouve un emploi dans un magasin de mobilier. Ayant, depuis quelques mois, la possibilité de prendre ce magasin en gérance, il devait s'en porter acquéreur et signer l'acte de vente le 6 juillet dernier, le jour de son arrestation.

 Depuis sa libération conditionnelle, Daniel Derguy s'est totalement investi dans son projet professionnel, respectant toutes les mesures de contrôle qui lui avaient été imposées et se projetant dans une reconversion à Cahors en prenant la gérance d'un magasin.

 Son arrestation le 6 juillet pour la notification d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités espagnoles, pour des faits qui auraient été commis en 1994, soit il y a 17 ans, vient mettre à mal tout ce projet. L'activité même de son magasin en subit un grave préjudice, car même en cas de non-application de ce mandat d'arrêt, il sera difficile d'effacer les effets négatifs de cette arrestation très médiatique.

 Ce mandat d'arrêt européen porterait sur un scellé vieux de 17 années, une lettre piégée désamorcée de mars 1994, où une empreinte digitale aurait été retrouvée sur une carte de visite qui se trouvait dans l'enveloppe.

Suite à son arrestation à Cahors le 6 juillet 2011, il a été présenté à la Cour d'appel d'Agen (Lot-et-Garonne), de nouveau incarcéré en attente de procédure, le juge considérant qu'il n'avait pas de garantie de représentation (alors qu'il travaille et doit signer l'acte d'achat de la gérance d'un magasin !...). Incarcéré d'abord à Agen, puis à Gradignan, Daniel Derguy réagit à cette injustice flagrante en entamant dès son arrestation une grève de la faim illimitée.

 Après 8 jours de grève de la faim, 7 kg perdus et en raison de sa détermination dans son action, il est remis en liberté le 13 juillet. Un délai supplémentaire pour préparer sa défense ayant été accordé, il reste libre, sous contrôle judiciaire, jusqu'au 27 juillet, où son MAE a été examiné à Agen. La justice indiquera le 17 août prochain si elle accepte ou non ce MAE.

 Rappelons que le 15 mars 2011, Thomas Hammarberg, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a dénoncé le recours excessif au mandat d'arrêt européen en ces termes : " Les problèmes (en rapport avec le MAE) semblent s'être aggravés avec l'augmentation du nombre des MAE : on en compte en moyenne plus d'un millier par mois. (...) L'application de ces procédures a entraîné des violations des droits de l'homme. " Le recul des libertés fondamentales qui en découle en Europe est manifeste, et l'acharnement des autorités françaises et espagnoles à faire en sorte qu'un citoyen basque de nationalité française soit livré à l'Espagne a de quoi inquiéter. Après une tentative pour l'instant avortée avec Aurore Martin, les deux États reviennent à la charge avec Daniel Derguy, pour des faits remontant à 1994 et qui sont en relation avec d'autres faits pour lesquels ce militant basque a déjà accompli 12 ans de prison, suivis de restrictions très strictes dans le cadre de la libération conditionnelle dont il bénéficie depuis trois ans. Et cela alors qu'un processus de paix est en cours au Pays Basque. Une forte mobilisation s'est rapidement mise en place contre ce nouveau MAE, de nombreux élus du Pays Basque, conseillers régionaux, Conseillers Généraux, Maires, conseillers municipaux, ayant signé une pétition par laquelle ils demandent au Gouvernement français l'abandon des poursuites à l'encontre de Daniel Derguy, l'arrêt de l'utilisation du MAE à des fins politiques, et enfin son implication dans la recherche d'une solution au conflit politique au Pays Basque.

 Les troubles qu'avait connus le Pays Basque Nord il y a 11 ans à l'occasion de diverses manifestations de soutien à Daniel Derguy en grève de la faim durant 63 jours dans des conditions rendues inhumaines par l'administration pénitentiaire n'ont-ils pas servi de leçon ? Y a-t-il encore quelqu'un qui doute de la détermination de Daniel à se servir de la dernière arme qui lui reste, son corps, pour imposer son droit à la dignité et à la liberté ? N'a-t-il pas suffisamment payé pour mériter de votre part respect et considération ?

  " Je ne peux pas accepter "

 Compte tenu des événements, nous avions demandé à Daniel Derguy s'il était possible de nous entretenir avec lui après le procès d'Agen dont le contenu devait en partie déterminer son attitude. Nous nous sommes donc rencontrés le soir du procès à Cahors. Les circonstances ont fait que plutôt que de mener une interview, nous sommes entrés dans une discussion à bâtons rompus qui nous a permis de percevoir plus précisément l'état d'esprit et l'engagement de Daniel. Cet article n'est donc pas présenté comme une interview mais sera ponctué par les déclarations et les réflexions de Daniel, au-delà de sa propre personne.

C'est autour d'une table garnie que s'est déroulée la discussion, en abordant les sujets sans véritable chronologie. Pour la commodité des lecteurs nous avons donc essayé de remettre un peu d'ordre dans tout ça et, chronologiquement, de faire comprendre les motivations de Daniel et les enjeux de son combat, un combat qui ne s'arrête pas à sa seule personne et que nous devons tous engager de manière non équivoque.

 La case prison

 Ce nouvel épisode a commencé le mardi 6 juillet lorsque des policiers en civil sont venus arrêter Daniel pour le conduire en prison avant de l'emmener devant le tribunal d'Agen chargé de prendre la décision d'accorder ou non le mandat d'arrêt européen émis par l'Etat espagnol.

 " J'ai vu des hommes arriver, j'ai tenté de mettre la clef dans la serrure du magasin pour entrer, mais je n'en ai même pas eu le temps. Tout s'est passé très vite. Ils m'ont embarqué dans une voiture et m'ont ensuite montré leur brassard, ce qui n'avait pas été fait avant. Même les voisins ont cru qu'il s'agissait d'un enlèvement. " Les policiers étaient des costauds, selon Daniel, les mêmes qui avaient tenté d'arrêter Aurore Martin ? Peut-être, en tout cas, ils appartenaient à la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de Baiona.

 Tout va alors très vite, l'acheminement vers Agen où doit lui être signifiée l'émission d'un mandat d'arrêt européen par l'État espagnol. Retour à la case départ. Et un premier passage devant les juges, à Agen. Où l'on signifie à Daniel qu'il est l'objet d'un mandat d'arrêt européen selon de nouveaux faits apparus. Et l'embrouillamini qui s'en suit. Que faire ? Il fallait prendre sa décision et rester en cohérence avec la démarche actuelle de la gauche abertzale.

 Pendant ce temps, Daniel était incarcéré à Gradignan. " Ça fait bizarre [doux euphémisme] de se retrouver en prison. J'ai revécu de drôles de choses. " On y retrouve les mêmes lieux mais surtout, les mêmes liens. " Les détenus viennent te voir, comme pour les nouveaux. " Mais il y a aussi l'attitude de la direction, qui demande que Daniel soit avec une autre personne dans la cellule, on ne sait jamais. Même avec un autre détenu basque. Il n'ignore pas que Daniel est en danger.

 Quelle possibilité d'action ?

 Daniel comprend très vite que sa marge d'action est limitée. Étant seul concerné, il faut choisir une méthode d'action qui soit efficace. Il a déjà, lors d'une campagne menée collectivement, effectué une grève de la faim de plus de 60 jours. Et ce, avec des conséquences irréversibles pour son corps. A ce moment se confirme le choix d'un engagement, un choix on ne peut plus logique : " Il y a trente ans que je lutte et que je me suis engagé, ce n'est pas pour accepter ça ! " Daniel, dès le premier passage devant le juge, a refusé d'être remis aux mains aux autorités espagnoles. Et il affirme que si cela doit être fait, " ce sera entre quatre planches. " Lorsqu'il exprime ce choix, Daniel est très clair, et il pense aussi aux autres. Ce mandat a été accepté pour Aurore, mais il n'a pu être appliqué. Après cet échec du gouvernement français, il fallait une autre victime. Tout simplement pour créer un précédent. " S'il y en a un qui passe, c'est la porte ouverte ", autrement dit, à une extension de la pratique. Il s'agit de résister pour lui-même mais aussi contre une mesure juridique d'exception qui pourrait conduire un certain nombre de militants à une détention définitive.

 Une première étape

 Daniel se déclare en grève de la faim et dans un premier temps, la représentante de l'État s'oppose à une remise en liberté de Daniel. Mais, lorsque Daniel est présenté devant le tribunal d'Agen, sa liberté conditionnelle ne pose pas de problème. Avec une première échéance, celle du 27 juillet, date de l'examen du MAE par la cour d'appel d'Agen.

 Etat d'esprit

 Ces événements se sont succédé en peu de temps. La situation était, pour Daniel, tout à fait inattendue : " J'ai pris un pet. " Rien ne laissait supposer qu'il puisse être de nouveau dans le collimateur de la justice française. Remis en liberté conditionnelle, il avait entamé une autre vie, dans les clous délimités par la loi. Et lorsque la nouvelle arrive, tout s'écroule. Et c'est le militant qui réagit, revenant inexorablement sur son parcours, l'engagement, la clandestinité, la prison. Quelle décision fallait-il prendre " après trente ans passés là-dedans ? " Et il a pris sa décision : " Chaque fois qu'ils passeraient quelqu'un, ils auraient devant les yeux le cadavre de Daniel Derguy. " Et ce n'est pas une réaction désespérée : " J'aime la vie ! "

 Il ne fallait pas attendre et Daniel avait décidé que si l'avocate générale demandait l'application du MAE, il se mettait immédiatement en grève de la faim. Cette décision a été soumise à critique de la part de ses proches qui se sont évertués à lui dire qu'il risquait sa vie s'il entamait ce mouvement. Les conséquences de sa précédente grève de la faim pèsent lourd dans la balance : " On m'a dit que j'ai les reins d'un type de 80 ans. " Mais du point de vue politique, il s'agit d'une décision qui a ses conséquences sur l'ensemble du mouvement abertzale et peut-être au-delà : " Je ne pouvais pas accepter ! " Et lorsque ces mots sont prononcés, on sent bien que les années de lutte et les sacrifices effectués pèsent énormément dans la balance. Pas seulement les siennes mais aussi celles de ceux et celles qui se sont engagés de la même manière et qui sont susceptibles d'être, demain, les victimes d'un nouvel MAE.

 La pression matérielle

 L'arrestation de Daniel a eu lieu alors qu'il devait recevoir une livraison de meubles qui devait lui permettre de démarrer du bon pied sa nouvelle activité commerciale. Coïncidence ou savant calcul du bureau des Affaires basques, on peut tout supposer ? Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là puisqu'il reste en attente d'un verdict le 17 août. En attendant, l'emprunt négocié reste en suspens. Comment faire sans trésorerie alors que le commerce vient d'être déclaré et que les frais courent, loyer, fournisseurs et autres ? " Il va falloir assurer, de toute façon, on n'a pas le choix ", et Chantal, sa compagne, de confirmer qu'il faudra faire avec les moyens du bord.

 Serein mais vigilant

 Lors du procès d'Agen, l'avocate générale a prononcé un réquisitoire expliquant que le mandat d'arrêt européen émis contre Daniel avait de bonnes raisons de n'être pas accepté. Mais, car il y a toujours un mais, elle a bien précisé que la décision ne lui appartenait pas et que le tribunal était seul chargé d'argumenter le verdict définitif. Dans d'autres circonstances, au vu du réquisitoire, on serait d'un optimisme débordant. Mais ce réquisitoire a été prononcé avec les formes et ne demande pas clairement l'abandon du MAE. Certes Daniel se déclare serein, mais comme il le dit lui même : " Il ne faut jamais baisser la garde, dès qu'on le fait, tu vois ce qui arrive. " Il s'agit donc de rester vigilant sur ce qui ressemble de plus en plus à un sabotage en règle du processus en cours. Un processus que défend Daniel qui prône une véritable unité de la gauche abertzale, surtout dans les actes. Comment ne pas évoquer les années passées sur des stratégies parallèles ? " Á l'époque, nous nous sommes fait très très mal. " Il se tient toujours au courant de ce qui se passe ici et il se rend bien compte que sa position militante peut avoir des conséquences.

Comment cela se passerait-il si un militant venait à laisser la vie dans ce combat ? Cela pourrait entraîner des réactions qui fragiliseraient les bases d'un processus qui de la part des interlocuteurs espagnols et français tarde à démarrer. " Lorsque nous avons parlé de ma décision avec des militants, cet aspect a été inévitablement évoqué. " Et comme il l'a rappelé lui-même devant le tribunal, cette décision de prononcer un MAE contre lui et d'autres constitue une attaque à ce processus. Il s'agit de répondre collectivement à de telles provocations. Mais du travail a été effectué, à partir de l'affaire Jon Anza puis celle d'Aurore Martin. Pour Daniel, ce travail porte ses fruits. Il constate que les élus ont massivement signé en sa faveur, comme pour Aurore Martin alors que lui n'était pas accusé de délits répertoriés comme politiques mais d'une tentative d'attentat. " On voit que depuis Aurore Martin, il s'est passé quelque chose. Le collectif contre le MAE regroupe au-delà des abertzale " (voir la liste des signataires). Et Daniel salue le travail de fourmi réalisé sur le terrain qui a débouché sur une prise de conscience beaucoup plus large sur le sujet.

 Tourné vers l'avenir

 Si le verdict du 17 août confirme les impressions laissées au procès d'Agen, Daniel devrait raisonnablement pouvoir reprendre ses activités professionnelles. En pensant au moment où il pourra enfin vivre chez lui : " Je ne peux pas retourner vivre en Iparralde avant 2018 ", mais lorsqu'il dit ça, il souhaite évidemment que ce délai de dix années au départ soit raccourci. Il reste beaucoup à construire et après tant d'années de clandestinité et d'incarcération, il veut y participer. Mais il ne s'attarde pas sur le sujet, cet éloignement est assumé et comme l'a mentionné l'avocate générale, Daniel respecte la règle et sa " traçabilité " ne pose pas de problèmes. Pour l'instant, il va se consacrer à la préparation de son avenir, ou plutôt de leur avenir, il n'est pas seul, avec l'énergie et la détermination qu'on lui connaît. En espérant que l'on tienne compte de son appel à la vigilance. En tout cas, il dit et il le répète : " Il ne faut pas baisser la garde. " C'est l'une des principales leçons pour les militants à tirer de cet épisode qui n'est pas encore clos, loin s'en faut.

  Mais pourquoi donc Daniel Derguy passe-t-il en procès ?

 (Procès du 27/07/2011)

 L'audience débute par l'arrivée de l'avocat général, qui représente le ministère public, Madame Heyte, déjà présente lors de la précédente audience. D'entrée de jeu, elle rappelle au public nombreux (une cinquantaine de personnes) qu'elle ne tolèrera aucune expression vocale.

 En revanche, la cour, à la surprise de la défense, est composée de magistrats différents de ceux du 13 juillet.

 Le président, M. Sorrau, après l'interrogatoire d'identité, présente une synthèse du dossier, et en particulier l'historique du mandat d'arrêt européen qui vise Daniel Derguy. Ce MAE, émis par le juge Meredes, du Tribunal national espagnol (Audiencia nacional) est arrivé le 8 mars 2011 sur le bureau des autorités françaises.

 L'ordre est donné d'arrêter Daniel Derguy. Le 6 juillet au matin, des hommes cagoulés, les mêmes que ceux qui ont tenté d'arrêter Aurore Martin l'après-midi du 21 juin à Bayonne, semble-t-il d'après la description qui nous en a été faite, se sont emparés de Daniel, devant son domicile. Le 7 juillet, il était présenté au tribunal d'Agen. Le 13 juillet, Daniel Derguy était remis en liberté et un supplément d'information était demandé aux autorités espagnoles ; en effet, se posait un problème de traduction en français non conforme à l'original et d'extinction des poursuites par prescription (les faits incriminés, à savoir une lettre piégée dans laquelle aurait été relevée l'empreinte du pouce de la main gauche de Daniel, datant du 4 mars 1994 – date de réception de la lettre – ou du 21 février 1994 – cachet de la poste de Paris du courrier).

 Aussi incroyable que cela puisse paraître, la question soulevée par le tribunal relative à la traduction relève du fait que par rapport à l'original en castillan, un paragraphe entier a été rajouté dans la traduction en français fournie par les autorités espagnoles. Ce paragraphe attribue à Daniel Derguy, après une " tentative d'assassinat en tant qu'auteur ", un second chef d'inculpation : " Détention d'explosif en collaboration avec une entreprise terroriste. "

 Bien évidemment, les autorités espagnoles ont adressé une nouvelle version de cette traduction dans laquelle ce passage n'existant pas en castillan a disparu, avançant l'excuse d'une " erreur matérielle " dans la traduction...

 Pour la tentative d'assassinat, Daniel risque 30 ans de prison. En droit espagnol, le délit est prescrit après vingt ans, soit le 4 mars 2014. Quant à savoir ce qu'il en est réellement de la prescription de ce délit, les autorité espagnoles préfèrent ne pas répondre.

 Application du droit

 Après cet exposé de la procédure, la parole est donnée au ministère public qui va curieusement nous faire un cours de droit appliqué au MAE.

 L'avocate générale, qui dans son réquisitoire écrit aurait précisé que le tribunal ne " doit pas " accepter ce MAE (d'après nos sources), va s'employer à expliquer la position du ministère de la Justice sur ce problème (elle précisera au moins deux fois que c'est sur ordre qu'elle présente cette position). Elle constate que la première traduction en français n'était pas identique au texte original et que les autorités ont bien transmis une nouvelle copie française " certifiée conforme " de ce mandat.

 Viendra ensuite une longue explication des raisons pour lesquelles en droit français, la prescription pour le délit retenu pouvait être acquise, en se reportant à l'art. 695 al. 22 du Code pénal. En 1994, la prescription pour le délit reproché à Daniel Derguy était de 10 ans. En 1995, une nouvelle loi rallonge le délai de prescription mais ne s'applique pas aux faits commis si cela aggrave les peines des personnes emprisonnées. Le 9 mars 2004, une nouvelle loi vient annuler l'alinéa de 1995 relatif à la suspension de l'allongement de la prescription pour cause d'aggravation de la situation des prévenus. Le 11 mars 2004, cette loi est publiée au Journal officiel.

 Or, pour les faits imputés à Daniel datant du 4 mars 1994, la prescription était acquise le 4 mars 2004 et donc la loi du 11 mars de cette même année ne peut lui être appliquée.

 Soulevant un autre point de droit, l'avocate générale va s'appuyer sur l'article 695.24 de cette loi pour dire que " les faits ont été commis sur tout ou partie du territoire français " et qu'à ce titre, ils ne peuvent tomber sous le coup d'une juridiction étrangère. Autre motif de refus de ce mandat d'arrêt. Elle s'appuie pour cela sur une décision de la chambre d'instruction de Pau, qui fait jurisprudence. Toutefois, précise-t-elle, toute décision de refus doit être motivée (art. 695.25).

 Abordant la notion d'" ordre public international ", elle remarque que Daniel Derguy a été condamné lourdement (en fait trois condamnations de 10 ans, le maximum de la peine, confusionnées à 20 ans) et que l'on peut légitimement penser que les faits reprochés sont " connexes ou concomitants " à ceux pour lesquels il a été condamné (" association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ") et donc qu'il a déjà été jugé pour ces faits... Cependant elle fait remarquer à la cour qu'une " convention sur le terrorisme lie l'État français " et lui donne " l'obligation d'examiner les faits ", questionnant directement les juges sur l'éventualité d'ouvrir une instruction sur ces faits (par ailleurs prescrits et déjà jugés – Ndlr)...

 Voilà la teneur de ce réquisitoire qui a pris des allures de conférence de droit pour juristes chevronnés. Toujours est-il que l'avocate générale a bien précisé aux juges que c'était à eux de prendre la décision et de la motiver.

 Refus

 La plaidoirie de Yolanda Molina, l'avocate de Daniel, a porté sur deux parties. D'une part, elle a affirmé que la cour se trouvait devant un cas de refus obligatoire dû au principe de territorialité (les faits on eu lieu en partie sur l'État français et sont prescrits en droit français), et un cas de refus facultatif qu'elle trouve particulièrement adapté, puisque cela relève du pouvoir que la loi donne aux juges de refuser un mandat d'arrêt européen, en se basant dans le cas présent sur l'ancienneté des faits, l'impossibilité de se défendre qui en découle et sa situation personnelle.

 Me Molina cherche pourquoi on vient en 2011 chercher Daniel Derguy pour des faits commis en 1994 : " Il y a une raison qui n'est pas juridique. Elle est ailleurs. C'est une raison politique ", affirme-t-elle. De plus les faits reprochés (une empreinte sur une carte de visite dans une enveloppe) " ne constituent pas en droit français une tentative d'assassinat ". Elle remarque que les empreintes digitales de Daniel Derguy, arrêté en 1996, ont été diffusées depuis 1998, et " ne croit pas à un manque de diligence de l'autorité espagnole ". " A Madrid, des dossiers comme celui-là, il y en a plein les tiroirs ! " affirme-t-elle.

 Elle demande donc à la cour de rejeter ce mandat au titre du " refus obligatoire " et du " refus facultatif ".

 Le président donne alors la parole à Daniel Derguy en lui précisant de ne pas sortir du cadre de cette affaire.

 Les mots de Daniel sont brefs, calmes et déterminés : " Vous avez devant vous un homme qui n'est pas rempli de haine mais un homme en colère... Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ce sera un cadavre qui prendra le chemin de l'Espagne ". " Quand l'État français va-t-il s'inscrire dans le processus démocratique politique et non-violent qui doit aboutir à une véritable paix ? "

 Les Affaires basques

 Les faits se résument donc à une arrestation sur la foi d'un mandat d'arrêt international connu par les autorités françaises depuis 4 mois, et qui de l'aveu même de ces autorités ne peut être que refusé.

 Cependant, ces autorités montent une arrestation commando, avec les risques de bavure que cela comporte. Elles mettront Daniel Derguy en prison, s'opposeront à sa libération, puis le lendemain, à l'audience du 13, n'y feront plus obstacle.

 Le lecteur, se demandera peut-être pourquoi nous nous sommes étendus longuement sur les arguments juridiques de cette audience qui fut exclusivement " technique ". Il nous a semblé important d'essayer d'éclairer la complexité des arguments de droit mis en avant, afin de mieux mettre en évidence le fait que des juristes seuls ont pu poser les bases d'un tel mandat d'arrêt, en Espagne bien sûr, mais aussi en France, où les juristes du bureau des Affaires basques ont eu 4 longs mois pour étudier ce mandat, s'apercevoir qu'il n'était pas applicable et néanmoins déclencher son début d'exécution. Ces juristes qui, n'en doutons pas, sont titulaires des meilleurs diplômes, n'hésitent cependant pas à fournir à la police et à la justice un document biaisé (" erreur matérielle " de traduction) et inexécutable en droit. Il faudra attendre l'audience du 13 juillet pour commencer à s'en rendre compte. Imagine-t-on les conséquences si la défense n'avait pas mis à jour ce " vrai-faux " mandat d'arrêt...

  Batasuna fait le point sur la situation

 Le 6 juillet 2011, une nouvelle étape dans la politique de répression de l'État français est franchie. Comme Aurore Martin, Daniel Derguy, militant basque de " nationalité française " se voit notifier un Mandat d'Arrêt Européen. L'État français confirme que sa décision est prise : éliminer de la carte une expression politique basque qui le dérange, et ce, grâce à un outil politique émis par une juridiction d'exception. Le recours au MAE par l'État français porte ce message : réduire à néant, ici aussi, la gauche abertzale et son projet politique. Une loi dite " antiterroriste " devient bien une loi " anti projet Euskal Herria ". L'heure est extrêmement grave : après Aurore, après Daniel, on peut supposer, sans trop se tromper, que d'autres militants du Pays Basque Nord subiront le même sort : des années d'incarcération à Madrid pour leur engagement en faveur d'un Pays Basque réunifié, libre et démocratique. Ces militants rejoindront ainsi la longue liste de ceux d'Hegoalde renvoyés par des tribunaux français dans les prisons espagnoles, à la demande de l'Audiencia nacional, juridiction d'exception qui base ses décisions sur des déclarations issues d'actes de torture.

 Face à cette situation, l'attitude de Daniel est sans équivoque. Il se battra jusqu'au bout, et par tous les moyens, quel que soit le prix à payer. Il n'acceptera pas d'être renvoyé en prison en Espagne, pour des faits remontant à 17 ans, et qui sont donc prescrits en droit français. Ceux et celles qui connaissent Daniel savent que ce geste n'est pas anodin, n'est pas lancé au hasard. A une attaque frontale lancée par l'État français, Daniel répond par la résistance, l'engagement total, la dignité, la hauteur politique. Nous ne pouvons qu'être à ses côtés et mettre toute notre énergie à la mobilisation afin que l'issue ne soit pas fatale.

 Il ne s'agit pas ici de discuter son choix. Daniel est un militant de longue date, très engagé, avec une lecture très précise du moment politique dans lequel se trouve Euskal Herria. Et c'est bien de cela dont il s'agit : du moment politique.

 Voici plus d'un an que la gauche abertzale a fait connaître sa proposition " Zutik Euskal Herria " qui vise le dépassement du statu quo ou blocage dans lequel se trouve le Pays Basque, pour aller vers l'application du droit à l'autodétermination, via uniquement des voies démocratiques, en priorisant le travail en commun, l'accumulation des forces, les accords politiques en Euskal Herria et l'implication de la communauté internationale. Voici près de 6 mois que l'organisation ETA a déclaré un cessez le feu " permanent, général et vérifiable par la communauté internationale ", qu'elle vient encore de confirmer il y a quelques jours. Voici quelques semaines que la coalition abertzale de gauche Bildu est à la tête de plusieurs institutions en Hegoalde. Voici quelques semaines qu'en Pays Basque Nord, la coalition électorale EHBai se trouve confirmée comme étant la 3e force politique. Voici venu le moment des choix stratégiques pour tout le mouvement abertzale où la priorité doit être donnée à la concrétisation du processus démocratique.

 Face à cette ambiance, l'État espagnol continue via ses juridictions d'exception à emprisonner des leaders politiques, des jeunes qui constituent la relève de ce pays, à maintenir incarcérés des centaines de prisonniers politiques basques. L'État français, quant à lui, franchit un pas encore jamais atteint : éliminer de fait Batasuna et la gauche abertzale de " son territoire " via l'application du MAE. Face à la stratégie de confrontation que poursuivent ces deux Etats envers Euskal Herria, notre devoir est clair : poursuivre l'accumulation des forces, le travail en commun, et les accords stratégiques. Les États voudraient nous " diviser pour mieux régner ". Ne tombons pas dans le piège.

 La mobilisation, la méthode de travail collective est exemplaire autour du cas Aurore Martin. Au-delà de toutes nos différences, abertzale ou non abertzale, nous avons ensemble bien su cerner le moment politique. Car il s'agit bien de cela : le moment politique choisi par la France pour s'engager dans la voie des MAE ; ce moment si important, si décisif pour le Pays Basque qui dérange les États français et espagnol. Ces derniers mois, un rempart populaire a été mis en marche. Continuons dans ce sens afin de créer depuis le Pays Basque une interlocution politique face à Paris, dont l'un des objectifs à moyen et long terme est d'exprimer et de résoudre les problèmes de fond, qui sont la source du " conflit basque ".

 À court terme, si le 17 août 2011, le tribunal d'Agen décide d'appliquer à Daniel Derguy ce mandat d'arrêt européen, un compte à rebours va s'enclencher. Daniel entrera en grève de la faim illimitée et ira au bout de cette action. L'État français, ses responsables locaux seront face à une responsabilité sans précédent. Souhaitent-ils avoir à gérer un " Bobby Sands " ? Si oui, ils ne sont pas dignes d'être des responsables politiques, qu'ils en assument les conséquences. Si non, qu'ils interpellent de manière très efficace leurs homologues parisiens pour trouver une solution. La seule solution étant la non-application du MAE ! Une responsabilité sans précédent attend aussi tout le mouvement abertzale, soyons à la hauteur ! Bien qu'en plein été, la mobilisation doit être plus forte que jamais. Soyons nombreux et nombreuses à la manifestation de Donibane Garazi le 15 août à 17 heures.

 Utz Daniel bakean ! Non au mandat d'arrêt européen ! Résolution démocratique et politique du conflit en Pays Basque !

 Gabi Mouesca :

" Ces poursuites sont une provocation "

 L'actualité autour du mandat d'arrêt européen (MAE) a provoqué de nombreuses prises de positions ces derniers mois. Nous avons souhaité en parler avec Gabi Mouesca, militant de la gauche abertzale, candidat aux sénatoriales de septembre prochain.

 Ekaitza : Dans le cas d'Aurore Martin, nous avons assisté à une mobilisation surprenante de forces et de personnalités très hétéroclites. Qu'est-ce que cela t'inspire ?

 Gabi Mouesca : Il faut tout d'abord dire que ces diverses mobilisations, d'individus et de structures politiques ou syndicales, ont été le fruit d'un formidable travail militant d'explication et de persuasion. Il faut le souligner car dans ce cas précis, comme ce fut le cas pour l'affaire Jon Anza, les résultats sont la conséquence d'un travail sérieux, qui a mobilisé des personnes qui pour beaucoup se sont données jusqu'à la limite de leurs forces. Il faut saluer ces militant(e)s pour leur investissement exemplaire.

 Par ces fameux résultats, je veux parler de la mobilisation de certaines personnalités politiques et de partis ou organismes peu coutumiers de porter un intérêt à la répression subie par la gauche abertzale. Néanmoins, je dirais que l'hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes entrés en période pré-électorale (sénatoriales à venir, présidentielles...), et nous savons qu'en pareille période, la tentation est grande pour beaucoup d'opter pour des attitudes qui peuvent être en totale contradiction avec ce qui est leur posture habituelle. De plus, il y a des microclimats locaux (suivez mon regard qui se tourne vers le Rocher de la Vierge...) qui peuvent aussi nous valoir des postures surprenantes. Enfin, le phénomène de dominos engendre des réactions qui n'ont comme logique que celle de suivre le mouvement lancé. C'est un classique de la politique politicienne.

 Notre mémoire collective nous invite à la plus grande prudence, et à ne pas céder aux appels des sirènes et à nous méfier des leurres.

 D'ailleurs, nous n'avons pas tardé à nous rendre compte de la relativité de la motivation de certaines personnes et structures politiques ou syndicales. En effet, lorsqu'il s'est agi de dénoncer le MAE appliqué à Daniel Derguy, même si le facteur temps n'a pas joué en faveur d'une re-mobilisation conséquente, il faut bien reconnaître que certains ont manqué à l'appel. Du point de vue des mécanismes et logiques répressives utilisées, le cas de Daniel est pourtant bien identique à celui d'Aurore. Sauf... sauf que Daniel est " estampillé " ETA.

 Ainsi, à la première aspérité, c'est " courage, fuyons ! "

 Pourtant, le mandat d'arrêt européen est un outil répressif que la quasi-totalité des spécialistes en matière de défense des droits de l'homme a dénoncé. Dénonciation faite également par un nombre conséquent de partis politiques, syndicats et autres structures situées dans l'opposition au pouvoir actuel ou simplement jouant le rôle de contrepouvoir dans le fonctionnement démocratique de notre société.

 Les poursuites engagées contre Aurore Martin, via le MAE, ont aussi été massivement dénoncées comme une provocation, une atteinte aux conditions nécessaires pour instaurer un climat favorisant l'avancée d'un processus de paix en Euskal Herri.

 Puis, advient le cas Daniel Derguy. Et là, surgit le passé militant de Daniel. Son engagement dans les rangs d'ETA.

 Premier élément de réflexion : lutter contre le MAE et défendre Aurore et Daniel ne sont pas en Euskal Herri des éléments de simples batailles politiques ou idéologiques. Il s'agit là d'un combat mené au nom d'un objectif suprême, celui de créer les conditions d'une paix juste et durable. Cela demande à tous

Le mercredi 18 août, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Agen a refusé  l'exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) émis par l'Espagne à l'encontre du camarade Basque Daniel Derguy car une partie des faits qui l

Daniel

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 22/08/2011 à 12:35:47

Ce dossier sur le mandat d'arrêt européen (MAE) à l'encontre de Daniel Derguy, a été réalisé avec des articles du numéro spécial de l'hebdomadaire Ekaitza n°1251 du 04/08/2011.

le 6 juillet 2011 Daniel Derguy est arrêté à Cahors, alors qu’il construit depuis plus de trois ans une nouvelle vie, dans le cadre de la liberté conditionnelle. Les autorités madrilènes ont délivré un MAE à son encontre, au prétexte d’une affaire datant de dix sept années : une lettre piégée où ses empreintes auraient été relevées, postée à Paris en mars 1994 ! Pour la justice française, il y a pourtant prescription. Daniel Derguy a cependant été arrêté, puis relâché sous contrôle judiciaire ; il est passé en procès le 27 juillet 2011 à Agen.


Un parcours de militant

Originaire d'Hazparne, et longtemps résidant à Hiriburu, Daniel Derguy, 51 ans, qui a été technico-commercial à Bayonne, est un militant basque connu pour son implication dans les associations de son canton. Arrêté à Paris le 23 juillet 1996, il sera violemment battu par les forces de police à cette occasion.

Trois procès plus tard, il est condamné à 20 ans d'incarcération pour association de malfaiteurs. Comme 695 citoyens basques, Daniel Derguy était membre du Collectif des prisonniers politiques basques. Pendant ses 12 années d'incarcération, il mena toutes les luttes du Collectif, pour la reconnaissance de leur statut de prisonnier politique, le respect de leurs droits, et surtout contre leur éloignement.

En janvier 2000, il devint l'un des porte-paroles des prisonniers politiques basques, et ce, alors qu'il se trouvait en grève de la faim illimitée depuis le 27 décembre 1999. Cette lutte collective des prisonniers politiques basques détenus en Espagne et en France avait pour but de dénoncer la politique pénitentiaire menée à leur encontre tout en revendiquant le respect de leurs droits.

Daniel Derguy fera 63 jours de grève de la faim : il en ressortira très affaibli, et avec de nombreuses séquelles physiques, dont il subit encore les conséquences aujourd'hui.

Des milliers de personnes, des militants, des syndicats, des élus, des partis politiques, s'étaient alors mobilisés pour le soutenir et dénoncer la situation dans laquelle il se trouvait. La presse locale et nationale, en France, avait relayé cette grève de la faim et les soutiens qu'elle avait suscités.

Incarcéré dans de nombreux centres pénitentiaires français, dont les prisons de Fresnes et de Fleury-Mérogis, il achèvera sa condamnation à Clairvaux : il est en libération conditionnelle depuis le 14 mars 2008 après 12 années passées en détention.

Sa libération a été acceptée sous des conditions très contraignantes, dont la réalisation d'une formation professionnelle de reconversion à Saint-Dizier (dans la région Champagne-Ardenne, à 965 kilomètres de Bayonne), une interdiction de séjour au Pays Basque, en Bretagne et à Paris, d'une durée de 10 ans, et la présentation tous les mois d'attestations de présence à la formation ou d'activité professionnelle, et ce pendant 5 ans.

Daniel Derguy réalisera cette formation en ébénisterie à Saint-Dizier, à près de 1 000 km de sa famille et de sa compagne.

A la fin de sa formation professionnelle, il obtient l'autorisation de s'installer à Cahors, où il trouve un emploi dans un magasin de mobilier. Ayant, depuis quelques mois, la possibilité de prendre ce magasin en gérance, il devait s'en porter acquéreur et signer l'acte de vente le 6 juillet dernier, le jour de son arrestation.

Depuis sa libération conditionnelle, Daniel Derguy s'est totalement investi dans son projet professionnel, respectant toutes les mesures de contrôle qui lui avaient été imposées et se projetant dans une reconversion à Cahors en prenant la gérance d'un magasin.

Son arrestation le 6 juillet pour la notification d'un mandat d'arrêt européen émis par les autorités espagnoles, pour des faits qui auraient été commis en 1994, soit il y a 17 ans, vient mettre à mal tout ce projet. L'activité même de son magasin en subit un grave préjudice, car même en cas de non-application de ce mandat d'arrêt, il sera difficile d'effacer les effets négatifs de cette arrestation très médiatique.

Ce mandat d'arrêt européen porterait sur un scellé vieux de 17 années, une lettre piégée désamorcée de mars 1994, où une empreinte digitale aurait été retrouvée sur une carte de visite qui se trouvait dans l'enveloppe.

Suite à son arrestation à Cahors le 6 juillet 2011, il a été présenté à la Cour d'appel d'Agen (Lot-et-Garonne), de nouveau incarcéré en attente de procédure, le juge considérant qu'il n'avait pas de garantie de représentation (alors qu'il travaille et doit signer l'acte d'achat de la gérance d'un magasin !...). Incarcéré d'abord à Agen, puis à Gradignan, Daniel Derguy réagit à cette injustice flagrante en entamant dès son arrestation une grève de la faim illimitée.

Après 8 jours de grève de la faim, 7 kg perdus et en raison de sa détermination dans son action, il est remis en liberté le 13 juillet. Un délai supplémentaire pour préparer sa défense ayant été accordé, il reste libre, sous contrôle judiciaire, jusqu'au 27 juillet, où son MAE a été examiné à Agen. La justice indiquera le 17 août prochain si elle accepte ou non ce MAE.

Rappelons que le 15 mars 2011, Thomas Hammarberg, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a dénoncé le recours excessif au mandat d'arrêt européen en ces termes : " Les problèmes (en rapport avec le MAE) semblent s'être aggravés avec l'augmentation du nombre des MAE : on en compte en moyenne plus d'un millier par mois. (...) L'application de ces procédures a entraîné des violations des droits de l'homme. " Le recul des libertés fondamentales qui en découle en Europe est manifeste, et l'acharnement des autorités françaises et espagnoles à faire en sorte qu'un citoyen basque de nationalité française soit livré à l'Espagne a de quoi inquiéter. Après une tentative pour l'instant avortée avec Aurore Martin, les deux États reviennent à la charge avec Daniel Derguy, pour des faits remontant à 1994 et qui sont en relation avec d'autres faits pour lesquels ce militant basque a déjà accompli 12 ans de prison, suivis de restrictions très strictes dans le cadre de la libération conditionnelle dont il bénéficie depuis trois ans. Et cela alors qu'un processus de paix est en cours au Pays Basque. Une forte mobilisation s'est rapidement mise en place contre ce nouveau MAE, de nombreux élus du Pays Basque, conseillers régionaux, Conseillers Généraux, Maires, conseillers municipaux, ayant signé une pétition par laquelle ils demandent au Gouvernement français l'abandon des poursuites à l'encontre de Daniel Derguy, l'arrêt de l'utilisation du MAE à des fins politiques, et enfin son implication dans la recherche d'une solution au conflit politique au Pays Basque.

Les troubles qu'avait connus le Pays Basque Nord il y a 11 ans à l'occasion de diverses manifestations de soutien à Daniel Derguy en grève de la faim durant 63 jours dans des conditions rendues inhumaines par l'administration pénitentiaire n'ont-ils pas servi de leçon ? Y a-t-il encore quelqu'un qui doute de la détermination de Daniel à se servir de la dernière arme qui lui reste, son corps, pour imposer son droit à la dignité et à la liberté ? N'a-t-il pas suffisamment payé pour mériter de votre part respect et considération ?


" Je ne peux pas accepter "

Compte tenu des événements, nous avions demandé à Daniel Derguy s'il était possible de nous entretenir avec lui après le procès d'Agen dont le contenu devait en partie déterminer son attitude. Nous nous sommes donc rencontrés le soir du procès à Cahors. Les circonstances ont fait que plutôt que de mener une interview, nous sommes entrés dans une discussion à bâtons rompus qui nous a permis de percevoir plus précisément l'état d'esprit et l'engagement de Daniel. Cet article n'est donc pas présenté comme une interview mais sera ponctué par les déclarations et les réflexions de Daniel, au-delà de sa propre personne.

C'est autour d'une table garnie que s'est déroulée la discussion, en abordant les sujets sans véritable chronologie. Pour la commodité des lecteurs nous avons donc essayé de remettre un peu d'ordre dans tout ça et, chronologiquement, de faire comprendre les motivations de Daniel et les enjeux de son combat, un combat qui ne s'arrête pas à sa seule personne et que nous devons tous engager de manière non équivoque.

La case prison

Ce nouvel épisode a commencé le mardi 6 juillet lorsque des policiers en civil sont venus arrêter Daniel pour le conduire en prison avant de l'emmener devant le tribunal d'Agen chargé de prendre la décision d'accorder ou non le mandat d'arrêt européen émis par l'Etat espagnol.

" J'ai vu des hommes arriver, j'ai tenté de mettre la clef dans la serrure du magasin pour entrer, mais je n'en ai même pas eu le temps. Tout s'est passé très vite. Ils m'ont embarqué dans une voiture et m'ont ensuite montré leur brassard, ce qui n'avait pas été fait avant. Même les voisins ont cru qu'il s'agissait d'un enlèvement. " Les policiers étaient des costauds, selon Daniel, les mêmes qui avaient tenté d'arrêter Aurore Martin ? Peut-être, en tout cas, ils appartenaient à la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de Baiona.

Tout va alors très vite, l'acheminement vers Agen où doit lui être signifiée l'émission d'un mandat d'arrêt européen par l'État espagnol. Retour à la case départ. Et un premier passage devant les juges, à Agen. Où l'on signifie à Daniel qu'il est l'objet d'un mandat d'arrêt européen selon de nouveaux faits apparus. Et l'embrouillamini qui s'en suit. Que faire ? Il fallait prendre sa décision et rester en cohérence avec la démarche actuelle de la gauche abertzale.

Pendant ce temps, Daniel était incarcéré à Gradignan. " Ça fait bizarre [doux euphémisme] de se retrouver en prison. J'ai revécu de drôles de choses. " On y retrouve les mêmes lieux mais surtout, les mêmes liens. " Les détenus viennent te voir, comme pour les nouveaux. " Mais il y a aussi l'attitude de la direction, qui demande que Daniel soit avec une autre personne dans la cellule, on ne sait jamais. Même avec un autre détenu basque. Il n'ignore pas que Daniel est en danger.

Quelle possibilité d'action ?

Daniel comprend très vite que sa marge d'action est limitée. Étant seul concerné, il faut choisir une méthode d'action qui soit efficace. Il a déjà, lors d'une campagne menée collectivement, effectué une grève de la faim de plus de 60 jours. Et ce, avec des conséquences irréversibles pour son corps. A ce moment se confirme le choix d'un engagement, un choix on ne peut plus logique : " Il y a trente ans que je lutte et que je me suis engagé, ce n'est pas pour accepter ça ! " Daniel, dès le premier passage devant le juge, a refusé d'être remis aux mains aux autorités espagnoles. Et il affirme que si cela doit être fait, " ce sera entre quatre planches. " Lorsqu'il exprime ce choix, Daniel est très clair, et il pense aussi aux autres. Ce mandat a été accepté pour Aurore, mais il n'a pu être appliqué. Après cet échec du gouvernement français, il fallait une autre victime. Tout simplement pour créer un précédent. " S'il y en a un qui passe, c'est la porte ouverte ", autrement dit, à une extension de la pratique. Il s'agit de résister pour lui-même mais aussi contre une mesure juridique d'exception qui pourrait conduire un certain nombre de militants à une détention définitive.

Une première étape

Daniel se déclare en grève de la faim et dans un premier temps, la représentante de l'État s'oppose à une remise en liberté de Daniel. Mais, lorsque Daniel est présenté devant le tribunal d'Agen, sa liberté conditionnelle ne pose pas de problème. Avec une première échéance, celle du 27 juillet, date de l'examen du MAE par la cour d'appel d'Agen.

Etat d'esprit

Ces événements se sont succédé en peu de temps. La situation était, pour Daniel, tout à fait inattendue : " J'ai pris un pet. " Rien ne laissait supposer qu'il puisse être de nouveau dans le collimateur de la justice française. Remis en liberté conditionnelle, il avait entamé une autre vie, dans les clous délimités par la loi. Et lorsque la nouvelle arrive, tout s'écroule. Et c'est le militant qui réagit, revenant inexorablement sur son parcours, l'engagement, la clandestinité, la prison. Quelle décision fallait-il prendre " après trente ans passés là-dedans ? " Et il a pris sa décision : " Chaque fois qu'ils passeraient quelqu'un, ils auraient devant les yeux le cadavre de Daniel Derguy. " Et ce n'est pas une réaction désespérée : " J'aime la vie ! "

Il ne fallait pas attendre et Daniel avait décidé que si l'avocate générale demandait l'application du MAE, il se mettait immédiatement en grève de la faim. Cette décision a été soumise à critique de la part de ses proches qui se sont évertués à lui dire qu'il risquait sa vie s'il entamait ce mouvement. Les conséquences de sa précédente grève de la faim pèsent lourd dans la balance : " On m'a dit que j'ai les reins d'un type de 80 ans. " Mais du point de vue politique, il s'agit d'une décision qui a ses conséquences sur l'ensemble du mouvement abertzale et peut-être au-delà : " Je ne pouvais pas accepter ! " Et lorsque ces mots sont prononcés, on sent bien que les années de lutte et les sacrifices effectués pèsent énormément dans la balance. Pas seulement les siennes mais aussi celles de ceux et celles qui se sont engagés de la même manière et qui sont susceptibles d'être, demain, les victimes d'un nouvel MAE.

La pression matérielle

L'arrestation de Daniel a eu lieu alors qu'il devait recevoir une livraison de meubles qui devait lui permettre de démarrer du bon pied sa nouvelle activité commerciale. Coïncidence ou savant calcul du bureau des Affaires basques, on peut tout supposer ? Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là puisqu'il reste en attente d'un verdict le 17 août. En attendant, l'emprunt négocié reste en suspens. Comment faire sans trésorerie alors que le commerce vient d'être déclaré et que les frais courent, loyer, fournisseurs et autres ? " Il va falloir assurer, de toute façon, on n'a pas le choix ", et Chantal, sa compagne, de confirmer qu'il faudra faire avec les moyens du bord.

Serein mais vigilant

Lors du procès d'Agen, l'avocate générale a prononcé un réquisitoire expliquant que le mandat d'arrêt européen émis contre Daniel avait de bonnes raisons de n'être pas accepté. Mais, car il y a toujours un mais, elle a bien précisé que la décision ne lui appartenait pas et que le tribunal était seul chargé d'argumenter le verdict définitif. Dans d'autres circonstances, au vu du réquisitoire, on serait d'un optimisme débordant. Mais ce réquisitoire a été prononcé avec les formes et ne demande pas clairement l'abandon du MAE. Certes Daniel se déclare serein, mais comme il le dit lui même : " Il ne faut jamais baisser la garde, dès qu'on le fait, tu vois ce qui arrive. " Il s'agit donc de rester vigilant sur ce qui ressemble de plus en plus à un sabotage en règle du processus en cours. Un processus que défend Daniel qui prône une véritable unité de la gauche abertzale, surtout dans les actes. Comment ne pas évoquer les années passées sur des stratégies parallèles ? " Á l'époque, nous nous sommes fait très très mal. " Il se tient toujours au courant de ce qui se passe ici et il se rend bien compte que sa position militante peut avoir des conséquences. Comment cela se passerait-il si un militant venait à laisser la vie dans ce combat ? Cela pourrait entraîner des réactions qui fragiliseraient les bases d'un processus qui de la part des interlocuteurs espagnols et français tarde à démarrer. " Lorsque nous avons parlé de ma décision avec des militants, cet aspect a été inévitablement évoqué. " Et comme il l'a rappelé lui-même devant le tribunal, cette décision de prononcer un MAE contre lui et d'autres constitue une attaque à ce processus. Il s'agit de répondre collectivement à de telles provocations. Mais du travail a été effectué, à partir de l'affaire Jon Anza puis celle d'Aurore Martin. Pour Daniel, ce travail porte ses fruits. Il constate que les élus ont massivement signé en sa faveur, comme pour Aurore Martin alors que lui n'était pas accusé de délits répertoriés comme politiques mais d'une tentative d'attentat. " On voit que depuis Aurore Martin, il s'est passé quelque chose. Le collectif contre le MAE regroupe au-delà des abertzale " (voir la liste des signataires). Et Daniel salue le travail de fourmi réalisé sur le terrain qui a débouché sur une prise de conscience beaucoup plus large sur le sujet.

Tourné vers l'avenir

Si le verdict du 17 août confirme les impressions laissées au procès d'Agen, Daniel devrait raisonnablement pouvoir reprendre ses activités professionnelles. En pensant au moment où il pourra enfin vivre chez lui : " Je ne peux pas retourner vivre en Iparralde avant 2018 ", mais lorsqu'il dit ça, il souhaite évidemment que ce délai de dix années au départ soit raccourci. Il reste beaucoup à construire et après tant d'années de clandestinité et d'incarcération, il veut y participer. Mais il ne s'attarde pas sur le sujet, cet éloignement est assumé et comme l'a mentionné l'avocate générale, Daniel respecte la règle et sa " traçabilité " ne pose pas de problèmes. Pour l'instant, il va se consacrer à la préparation de son avenir, ou plutôt de leur avenir, il n'est pas seul, avec l'énergie et la détermination qu'on lui connaît. En espérant que l'on tienne compte de son appel à la vigilance. En tout cas, il dit et il le répète : " Il ne faut pas baisser la garde. " C'est l'une des principales leçons pour les militants à tirer de cet épisode qui n'est pas encore clos, loin s'en faut.


Mais pourquoi donc Daniel Derguy passe-t-il en procès ?

(Procès du 27/07/2011)

L'audience débute par l'arrivée de l'avocat général, qui représente le ministère public, Madame Heyte, déjà présente lors de la précédente audience. D'entrée de jeu, elle rappelle au public nombreux (une cinquantaine de personnes) qu'elle ne tolèrera aucune expression vocale.

En revanche, la cour, à la surprise de la défense, est composée de magistrats différents de ceux du 13 juillet.

Le président, M. Sorrau, après l'interrogatoire d'identité, présente une synthèse du dossier, et en particulier l'historique du mandat d'arrêt européen qui vise Daniel Derguy. Ce MAE, émis par le juge Meredes, du Tribunal national espagnol (Audiencia nacional) est arrivé le 8 mars 2011 sur le bureau des autorités françaises.

L'ordre est donné d'arrêter Daniel Derguy. Le 6 juillet au matin, des hommes cagoulés, les mêmes que ceux qui ont tenté d'arrêter Aurore Martin l'après-midi du 21 juin à Bayonne, semble-t-il d'après la description qui nous en a été faite, se sont emparés de Daniel, devant son domicile. Le 7 juillet, il était présenté au tribunal d'Agen. Le 13 juillet, Daniel Derguy était remis en liberté et un supplément d'information était demandé aux autorités espagnoles ; en effet, se posait un problème de traduction en français non conforme à l'original et d'extinction des poursuites par prescription (les faits incriminés, à savoir une lettre piégée dans laquelle aurait été relevée l'empreinte du pouce de la main gauche de Daniel, datant du 4 mars 1994 – date de réception de la lettre – ou du 21 février 1994 – cachet de la poste de Paris du courrier).

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la question soulevée par le tribunal relative à la traduction relève du fait que par rapport à l'original en castillan, un paragraphe entier a été rajouté dans la traduction en français fournie par les autorités espagnoles. Ce paragraphe attribue à Daniel Derguy, après une " tentative d'assassinat en tant qu'auteur ", un second chef d'inculpation : " Détention d'explosif en collaboration avec une entreprise terroriste. "

Bien évidemment, les autorités espagnoles ont adressé une nouvelle version de cette traduction dans laquelle ce passage n'existant pas en castillan a disparu, avançant l'excuse d'une " erreur matérielle " dans la traduction...

Pour la tentative d'assassinat, Daniel risque 30 ans de prison. En droit espagnol, le délit est prescrit après vingt ans, soit le 4 mars 2014. Quant à savoir ce qu'il en est réellement de la prescription de ce délit, les autorité espagnoles préfèrent ne pas répondre.

Application du droit

Après cet exposé de la procédure, la parole est donnée au ministère public qui va curieusement nous faire un cours de droit appliqué au MAE.

L'avocate générale, qui dans son réquisitoire écrit aurait précisé que le tribunal ne " doit pas " accepter ce MAE (d'après nos sources), va s'employer à expliquer la position du ministère de la Justice sur ce problème (elle précisera au moins deux fois que c'est sur ordre qu'elle présente cette position). Elle constate que la première traduction en français n'était pas identique au texte original et que les autorités ont bien transmis une nouvelle copie française " certifiée conforme " de ce mandat.

Viendra ensuite une longue explication des raisons pour lesquelles en droit français, la prescription pour le délit retenu pouvait être acquise, en se reportant à l'art. 695 al. 22 du Code pénal. En 1994, la prescription pour le délit reproché à Daniel Derguy était de 10 ans. En 1995, une nouvelle loi rallonge le délai de prescription mais ne s'applique pas aux faits commis si cela aggrave les peines des personnes emprisonnées. Le 9 mars 2004, une nouvelle loi vient annuler l'alinéa de 1995 relatif à la suspension de l'allongement de la prescription pour cause d'aggravation de la situation des prévenus. Le 11 mars 2004, cette loi est publiée au Journal officiel.

Or, pour les faits imputés à Daniel datant du 4 mars 1994, la prescription était acquise le 4 mars 2004 et donc la loi du 11 mars de cette même année ne peut lui être appliquée.

Soulevant un autre point de droit, l'avocate générale va s'appuyer sur l'article 695.24 de cette loi pour dire que " les faits ont été commis sur tout ou partie du territoire français " et qu'à ce titre, ils ne peuvent tomber sous le coup d'une juridiction étrangère. Autre motif de refus de ce mandat d'arrêt. Elle s'appuie pour cela sur une décision de la chambre d'instruction de Pau, qui fait jurisprudence. Toutefois, précise-t-elle, toute décision de refus doit être motivée (art. 695.25).

Abordant la notion d'" ordre public international ", elle remarque que Daniel Derguy a été condamné lourdement (en fait trois condamnations de 10 ans, le maximum de la peine, confusionnées à 20 ans) et que l'on peut légitimement penser que les faits reprochés sont " connexes ou concomitants " à ceux pour lesquels il a été condamné (" association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ") et donc qu'il a déjà été jugé pour ces faits... Cependant elle fait remarquer à la cour qu'une " convention sur le terrorisme lie l'État français " et lui donne " l'obligation d'examiner les faits ", questionnant directement les juges sur l'éventualité d'ouvrir une instruction sur ces faits (par ailleurs prescrits et déjà jugés – Ndlr)...

Voilà la teneur de ce réquisitoire qui a pris des allures de conférence de droit pour juristes chevronnés. Toujours est-il que l'avocate générale a bien précisé aux juges que c'était à eux de prendre la décision et de la motiver.

Refus

La plaidoirie de Yolanda Molina, l'avocate de Daniel, a porté sur deux parties. D'une part, elle a affirmé que la cour se trouvait devant un cas de refus obligatoire dû au principe de territorialité (les faits on eu lieu en partie sur l'État français et sont prescrits en droit français), et un cas de refus facultatif qu'elle trouve particulièrement adapté, puisque cela relève du pouvoir que la loi donne aux juges de refuser un mandat d'arrêt européen, en se basant dans le cas présent sur l'ancienneté des faits, l'impossibilité de se défendre qui en découle et sa situation personnelle.

Me Molina cherche pourquoi on vient en 2011 chercher Daniel Derguy pour des faits commis en 1994 : " Il y a une raison qui n'est pas juridique. Elle est ailleurs. C'est une raison politique ", affirme-t-elle. De plus les faits reprochés (une empreinte sur une carte de visite dans une enveloppe) " ne constituent pas en droit français une tentative d'assassinat ". Elle remarque que les empreintes digitales de Daniel Derguy, arrêté en 1996, ont été diffusées depuis 1998, et " ne croit pas à un manque de diligence de l'autorité espagnole ". " A Madrid, des dossiers comme celui-là, il y en a plein les tiroirs ! " affirme-t-elle.

Elle demande donc à la cour de rejeter ce mandat au titre du " refus obligatoire " et du " refus facultatif ".

Le président donne alors la parole à Daniel Derguy en lui précisant de ne pas sortir du cadre de cette affaire.

Les mots de Daniel sont brefs, calmes et déterminés : " Vous avez devant vous un homme qui n'est pas rempli de haine mais un homme en colère... Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ce sera un cadavre qui prendra le chemin de l'Espagne ". " Quand l'État français va-t-il s'inscrire dans le processus démocratique politique et non-violent qui doit aboutir à une véritable paix ? "

Les Affaires basques

Les faits se résument donc à une arrestation sur la foi d'un mandat d'arrêt international connu par les autorités françaises depuis 4 mois, et qui de l'aveu même de ces autorités ne peut être que refusé.

Cependant, ces autorités montent une arrestation commando, avec les risques de bavure que cela comporte. Elles mettront Daniel Derguy en prison, s'opposeront à sa libération, puis le lendemain, à l'audience du 13, n'y feront plus obstacle.

Le lecteur, se demandera peut-être pourquoi nous nous sommes étendus longuement sur les arguments juridiques de cette audience qui fut exclusivement " technique ". Il nous a semblé important d'essayer d'éclairer la complexité des arguments de droit mis en avant, afin de mieux mettre en évidence le fait que des juristes seuls ont pu poser les bases d'un tel mandat d'arrêt, en Espagne bien sûr, mais aussi en France, où les juristes du bureau des Affaires basques ont eu 4 longs mois pour étudier ce mandat, s'apercevoir qu'il n'était pas applicable et néanmoins déclencher son début d'exécution. Ces juristes qui, n'en doutons pas, sont titulaires des meilleurs diplômes, n'hésitent cependant pas à fournir à la police et à la justice un document biaisé (" erreur matérielle " de traduction) et inexécutable en droit. Il faudra attendre l'audience du 13 juillet pour commencer à s'en rendre compte. Imagine-t-on les conséquences si la défense n'avait pas mis à jour ce " vrai-faux " mandat d'arrêt...


Batasuna fait le point sur la situation

Le 6 juillet 2011, une nouvelle étape dans la politique de répression de l'État français est franchie. Comme Aurore Martin, Daniel Derguy, militant basque de " nationalité française " se voit notifier un Mandat d'Arrêt Européen. L'État français confirme que sa décision est prise : éliminer de la carte une expression politique basque qui le dérange, et ce, grâce à un outil politique émis par une juridiction d'exception. Le recours au MAE par l'État français porte ce message : réduire à néant, ici aussi, la gauche abertzale et son projet politique. Une loi dite " antiterroriste " devient bien une loi " anti projet Euskal Herria ". L'heure est extrêmement grave : après Aurore, après Daniel, on peut supposer, sans trop se tromper, que d'autres militants du Pays Basque Nord subiront le même sort : des années d'incarcération à Madrid pour leur engagement en faveur d'un Pays Basque réunifié, libre et démocratique. Ces militants rejoindront ainsi la longue liste de ceux d'Hegoalde renvoyés par des tribunaux français dans les prisons espagnoles, à la demande de l'Audiencia nacional, juridiction d'exception qui base ses décisions sur des déclarations issues d'actes de torture.

Face à cette situation, l'attitude de Daniel est sans équivoque. Il se battra jusqu'au bout, et par tous les moyens, quel que soit le prix à payer. Il n'acceptera pas d'être renvoyé en prison en Espagne, pour des faits remontant à 17 ans, et qui sont donc prescrits en droit français. Ceux et celles qui connaissent Daniel savent que ce geste n'est pas anodin, n'est pas lancé au hasard. A une attaque frontale lancée par l'État français, Daniel répond par la résistance, l'engagement total, la dignité, la hauteur politique. Nous ne pouvons qu'être à ses côtés et mettre toute notre énergie à la mobilisation afin que l'issue ne soit pas fatale.

Il ne s'agit pas ici de discuter son choix. Daniel est un militant de longue date, très engagé, avec une lecture très précise du moment politique dans lequel se trouve Euskal Herria. Et c'est bien de cela dont il s'agit : du moment politique.

Voici plus d'un an que la gauche abertzale a fait connaître sa proposition " Zutik Euskal Herria " qui vise le dépassement du statu quo ou blocage dans lequel se trouve le Pays Basque, pour aller vers l'application du droit à l'autodétermination, via uniquement des voies démocratiques, en priorisant le travail en commun, l'accumulation des forces, les accords politiques en Euskal Herria et l'implication de la communauté internationale. Voici près de 6 mois que l'organisation ETA a déclaré un cessez le feu " permanent, général et vérifiable par la communauté internationale ", qu'elle vient encore de confirmer il y a quelques jours. Voici quelques semaines que la coalition abertzale de gauche Bildu est à la tête de plusieurs institutions en Hegoalde. Voici quelques semaines qu'en Pays Basque Nord, la coalition électorale EHBai se trouve confirmée comme étant la 3e force politique. Voici venu le moment des choix stratégiques pour tout le mouvement abertzale où la priorité doit être donnée à la concrétisation du processus démocratique.

Face à cette ambiance, l'État espagnol continue via ses juridictions d'exception à emprisonner des leaders politiques, des jeunes qui constituent la relève de ce pays, à maintenir incarcérés des centaines de prisonniers politiques basques. L'État français, quant à lui, franchit un pas encore jamais atteint : éliminer de fait Batasuna et la gauche abertzale de " son territoire " via l'application du MAE. Face à la stratégie de confrontation que poursuivent ces deux Etats envers Euskal Herria, notre devoir est clair : poursuivre l'accumulation des forces, le travail en commun, et les accords stratégiques. Les États voudraient nous " diviser pour mieux régner ". Ne tombons pas dans le piège.

La mobilisation, la méthode de travail collective est exemplaire autour du cas Aurore Martin. Au-delà de toutes nos différences, abertzale ou non abertzale, nous avons ensemble bien su cerner le moment politique. Car il s'agit bien de cela : le moment politique choisi par la France pour s'engager dans la voie des MAE ; ce moment si important, si décisif pour le Pays Basque qui dérange les États français et espagnol. Ces derniers mois, un rempart populaire a été mis en marche. Continuons dans ce sens afin de créer depuis le Pays Basque une interlocution politique face à Paris, dont l'un des objectifs à moyen et long terme est d'exprimer et de résoudre les problèmes de fond, qui sont la source du " conflit basque ".

À court terme, si le 17 août 2011, le tribunal d'Agen décide d'appliquer à Daniel Derguy ce mandat d'arrêt européen, un compte à rebours va s'enclencher. Daniel entrera en grève de la faim illimitée et ira au bout de cette action. L'État français, ses responsables locaux seront face à une responsabilité sans précédent. Souhaitent-ils avoir à gérer un " Bobby Sands " ? Si oui, ils ne sont pas dignes d'être des responsables politiques, qu'ils en assument les conséquences. Si non, qu'ils interpellent de manière très efficace leurs homologues parisiens pour trouver une solution. La seule solution étant la non-application du MAE ! Une responsabilité sans précédent attend aussi tout le mouvement abertzale, soyons à la hauteur ! Bien qu'en plein été, la mobilisation doit être plus forte que jamais. Soyons nombreux et nombreuses à la manifestation de Donibane Garazi le 15 août à 17 heures.

Utz Daniel bakean ! Non au mandat d'arrêt européen ! Résolution démocratique et politique du conflit en Pays Basque !


Gabi Mouesca :
" Ces poursuites sont une provocation "

L'actualité autour du mandat d'arrêt européen (MAE) a provoqué de nombreuses prises de positions ces derniers mois. Nous avons souhaité en parler avec Gabi Mouesca, militant de la gauche abertzale, candidat aux sénatoriales de septembre prochain.

Ekaitza : Dans le cas d'Aurore Martin, nous avons assisté à une mobilisation surprenante de forces et de personnalités très hétéroclites. Qu'est-ce que cela t'inspire ?

Gabi Mouesca : Il faut tout d'abord dire que ces diverses mobilisations, d'individus et de structures politiques ou syndicales, ont été le fruit d'un formidable travail militant d'explication et de persuasion. Il faut le souligner car dans ce cas précis, comme ce fut le cas pour l'affaire Jon Anza, les résultats sont la conséquence d'un travail sérieux, qui a mobilisé des personnes qui pour beaucoup se sont données jusqu'à la limite de leurs forces. Il faut saluer ces militant(e)s pour leur investissement exemplaire.

Par ces fameux résultats, je veux parler de la mobilisation de certaines personnalités politiques et de partis ou organismes peu coutumiers de porter un intérêt à la répression subie par la gauche abertzale. Néanmoins, je dirais que l'hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes entrés en période pré-électorale (sénatoriales à venir, présidentielles...), et nous savons qu'en pareille période, la tentation est grande pour beaucoup d'opter pour des attitudes qui peuvent être en totale contradiction avec ce qui est leur posture habituelle. De plus, il y a des microclimats locaux (suivez mon regard qui se tourne vers le Rocher de la Vierge...) qui peuvent aussi nous valoir des postures surprenantes. Enfin, le phénomène de dominos engendre des réactions qui n'ont comme logique que celle de suivre le mouvement lancé. C'est un classique de la politique politicienne.

Notre mémoire collective nous invite à la plus grande prudence, et à ne pas céder aux appels des sirènes et à nous méfier des leurres.

D'ailleurs, nous n'avons pas tardé à nous rendre compte de la relativité de la motivation de certaines personnes et structures politiques ou syndicales. En effet, lorsqu'il s'est agi de dénoncer le MAE appliqué à Daniel Derguy, même si le facteur temps n'a pas joué en faveur d'une re-mobilisation conséquente, il faut bien reconnaître que certains ont manqué à l'appel. Du point de vue des mécanismes et logiques répressives utilisées, le cas de Daniel est pourtant bien identique à celui d'Aurore. Sauf... sauf que Daniel est " estampillé " ETA.

Ainsi, à la première aspérité, c'est " courage, fuyons ! "

Pourtant, le mandat d'arrêt européen est un outil répressif que la quasi-totalité des spécialistes en matière de défense des droits de l'homme a dénoncé. Dénonciation faite également par un nombre conséquent de partis politiques, syndicats et autres structures situées dans l'opposition au pouvoir actuel ou simplement jouant le rôle de contrepouvoir dans le fonctionnement démocratique de notre société.

Les poursuites engagées contre Aurore Martin, via le MAE, ont aussi été massivement dénoncées comme une provocation, une atteinte aux conditions nécessaires pour instaurer un climat favorisant l'avancée d'un processus de paix en Euskal Herri.

Puis, advient le cas Daniel Derguy. Et là, surgit le passé militant de Daniel. Son engagement dans les rangs d'ETA.

Premier élément de réflexion : lutter contre le MAE et défendre Aurore et Daniel ne sont pas en Euskal Herri des éléments de simples batailles politiques ou idéologiques. Il s'agit là d'un combat mené au nom d'un objectif suprême, celui de créer les conditions d'une paix juste et durable. Cela demande à tous

AFPS

Informations

Auteur : Comité «Libérez-les !»
Publié : Écrit le 21/08/2011 à 17:09:11

Halte aux criminels israéliens.

La Palestine à l’ONU en septembre

 

Les inquiétudes exprimées par l’Association France Palestine Solidarité ces derniers jours sont hélas confirmées. Dès le début de la semaine les forces israéliennes massacraient à Gaza tandis qu’elles poursuivaient leur emprise coloniale en Cisjordanie avec l’annonce de la construction de 277 logements supplémentaires  dans la colonie d’Ariel située à proximité de Naplouse.

 La recherche d’une fuite en avant sécuritaire de la part d’un gouvernement israélien, en difficulté sur le plan intérieur de par sa politique ultra libérale, de plus en plus isolé sur le plan international, mais désireux d’imposer à tout prix sa politique d’apartheid en Palestine faisait craindre le pire. Il vient d’arriver.

Ce sont de nouveaux massacres aveugles qui sont en cours à Gaza. Une fois de plus enfants et femmes en sont les victimes parmi les nombreux civils touchés. Des témoignages reçus font état de victimes de bombardements au phosphore blanc sur le faubourg populaire de Soudiania à Gaza. 

 Cette sauvagerie, qui s’est exercée également en Egypte avec le décès de cinq militaires n’a aucun fondement dans la légalité internationale. L’impunité dont Israël continue de jouir, y compris après les « crimes de guerre voire les crimes contre l’humanité » de 2009, ou après le piratage des flottilles de la Liberté I et II, ne fonde pas un droit aux représailles.

 Par leur silence les pays occidentaux, la France en particulier, portent une lourde responsabilité dans les nouveaux massacres en cours. Ainsi le 16 juillet au point de presse du Ministère des Affaires Etrangères il n’y avait aucune condamnation du raid israélien contre Gaza, pas plus que des nouvelles implantations coloniales.

Israël doit cesser immédiatement ses nouveaux crimes en Palestine. L’AFPS Nord-Pas de Calais appelle à protester immédiatement contre le nouveau massacre. Elle interpelle à cet effet les autorités françaises et les élus. Elle est très attentive aux secours pour la population de Gaza. Elle poursuit sa mobilisation unitaire pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Elle donne rendez-vous à cet effet dès la braderie de Lille sur son stand les 3 et 4 septembre. La mobilisation unitaire se poursuivra les 6 et 13 septembre avec une rencontre à la MEP et une manifestation de rue. Les crimes contre Gaza doivent cesser, le blocus doit être levé. La Palestine doit être admise à l’ONU dès 2011.

  

AFPS Nord-Pas de Calais Lille le 20 août 2011