Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59-62)
liberez.les@gmail.com - http://liberez-les.info/
CONTRE LA XENOPHOBIE, LE RACISME,
LA DERIVE SECURITAIRE et LE FASCISME…
Rassemblement - Manifestation
A Hénin-Beaumont devant la Mairie
LE SAMEDI 4 SEPTEMBRE A 16H30
Les discours et les annonces provocatrices et fascistes se multiplient depuis plusieurs années dans notre pays.
Mais depuis quelques semaines, ce n’est plus un quarteron de fascistes qui s’expriment, mais le plus haut niveau de l’Etat : les discours xénophobes, qui étaient jusqu’à présent le fer de lance du Front National, se multiplient à l’UMP... et à l’Elysée… !
S’agit-il d’un épiphénomène pour cacher les « affaires de corruption qui hantent la politique », d’un écran de fumée « pour masquer les régressions sociales » ou du « ça passe ou ça casse pour 2012 » ?
Sarkozy est censé être garant de la Constitution et de son article 1er qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Pourtant lui et ses ministres désignent du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers. Ils stigmatisent les Roms et les sans-papiers, les étrangers et les Français qui ne seraient pas « de souche ».
Le pouvoir en place se radicalise et il met délibérément en cause les principes de l’égalité républicaine, alors qu’une crise sociale et économique d’une extrême gravité élargit le fossé entre les classes… Le « petit » est l’ennemi, et la Résistance est combattue avec des méthodes dignes des années les plus sombres de notre histoire ! Les prisons se remplissent !
Depuis quelques années, les plus hautes autorités de l’Etat, chien de garde de la grande bourgeoisie et du patronat, élaborent des plans pour diviser la classe ouvrière. Ainsi, elles sont passées de l’exploitation des préjugés contre les sans-papiers à ceux contre les Gens du voyage.
Désormais le pouvoir en place reprend sans complexe les thèses racistes et fascistes du Front National qui devient un partenaire politique ordinaire… Les charters ont remplacé les trains mais au bout du voyage, la situation de désespoir est la même, et la mort est souvent présente !
Oser proclamer sans tabou qu’il y aurait un lien entre immigration, religion et délinquance, et remettre en cause la nationalité française d’une couche sociale issue de l’immigration, est inédit depuis 1948 quand des mineurs issus de l’immigration polonaise avaient été déchus de la nationalité française, pour fait de grève, par Jules Moch, ministre « socialiste » de l’Intérieur, qui en profita aussi pour épurer les Compagnies républicaines de Sécurité de ses éléments les plus progressistes ! L’Etat français adopte ainsi la stratégie de la tension !
Le nouveau pas fascisant qui a été franchi cet été s’inscrit dans une logique propre à la terreur bourgeoise : celle de la désintégration sociale.
Il ne s’agit plus de la légitimité démocratique d’assurer la sûreté dans le pays, mais d’une volonté de désigner comme a priori dangereux des millions de travailleurs en raison de leur origine ou de leur situation sociale. Il s’agit donc de protéger la classe bourgeoise de la colère montante des masses exploitées, bafouées, mal logées, mal nourries, mal soignées…
Quelle que soit la légitimité conférée par son élection, aucun responsable politique n’a reçu le mandat de violer et bafouer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.
Au nom du respect de l’ordre public, des prétextes nauséabonds sont utilisés pour créer des distinctions, alimenter la xénophobie entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.
Un appel a été lancé, par de nombreuses organisations, à l’ensemble des masses conscientes du danger de cette politique du chaos, pour manifester leur opposition aux stratégies de haine et de discrimination, et aux logiques de « guerre aux pauvres » mises en place dans la Sarkoland…

Le Comité «Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59-62) vous accueillera sur son stand lors de la Fête de la Jeunesse qui aura lieu à Lillers (près de Béthune-62) les 27-28-29 août prochain.
-Pour les prisonniers politiques : Georges Ibrahim Abdallah (26 ans), pour Jean-Marc Rouillan (23,5 ans), pour Salah Hamouri (5 ans), pour les 5 cubains incarcérés aux Etats-Unis (12 ans), et pour tous les prisonniers politiques, basques, corses, palestiniens …
-Pour les réfugiés politiques basques, italiens, afghans, kurdes, marocains, népalais…
-Pour la solidarité avec les peuples aux droits bafoués dans le monde et les communautés opprimées ici en France, notamment avec les Palestiniens et les Roms…
-Pour la régularisation de tous les sans papiers et le droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes…
![]()
Xénophobie française
Depuis que la France est un pays d'immigration, une tradition xénophobe s'est mise en place, tradition qui perdure jusqu'à aujourd'hui, tradition à laquelle le pouvoir ne dédaigne pas d'avoir recours lorsque besoin est, l'exemple canonique étant celui du gouvernement de Vichy arrivé au pouvoir avec la débâcle française devant l'armée allemande en 1940, gouvernement qui propose de mettre en place ce qu'il appelle la Révolution Nationale.
On se rassure alors en renvoyant soit à l'extrême droite considérée comme la dépositaire de cette tradition xénophobe, soit en renvoyant à une parenthèse malheureuse liée à l'invasion puis à l'occupation allemande, les chefs de la Révolution Nationale n'étant, suivant l'expression consacrée, que des collaborateurs au service de l'occupant. A défaut de représenter la réalité, cette façon de renvoyer la xénophobie française à l'extrême droite ou à la collaboration avec le nazisme permet d'opposer une France républicaine ouverte et un France frileuse qui aurait peur de tout contact avec l'étranger; Jaurès d'un côté, Maurras de l'autre.
Mais la République française ne se réduit pas à Jaurès et la xénophobie française n'est pas l'apanage de Maurras et de ses disciples. Si l'on se borne à l'histoire récente, il faut constater combien les mesures contre les sans-papiers à travers les lois Pasqua, Debré, Chevènement (un homme de gauche dans un gouvernement de gauche) et Sarkozy ont contribué à la mise en place d'une xénophobie d'Etat qui n'est pas sans rappeler certains aspects des gouvernements de la Révolution Nationale que l'on pourrait résumer en parlant de "chasse aux métèques".
Depuis les années quatre-vingt-dix du siècle dernier, cette politique s'est amplifiée et la chasse aux métèques est devenue l'une des tâches principales de la police française. Une telle politique ne pouvait que renforcer la tradition xénophobe, y compris le renforcement d'icelle dans les services de l'Etat, autant l'administration que la police. Les espoirs qu'avait fait naître, à tort ou à raison, la "marche pour l'égalité" de 1983 se sont évanouis pour laisser la place à une société de plus en plus discriminante envers les populations d'origine étrangère, fussent-elles françaises. C'est ainsi que l'on a vu fleurir les expressions d'immigrés de la deuxième, voire de la troisième génération, comme s'il fallait rappeler à des citoyens français le caractère insolite de leur appartenance à la nation française.
La xénophobie remonte aujourd'hui au passé des individus. La Révolution Nationale de 1940 nous avait appris qu'on pouvait dénaturaliser des Français, l'idée revient aujourd'hui par la parole d'un président de la République qui s'imagine ainsi lutter contre la délinquance et imposer la sécurité.
On retrouve ici un autre poncif de la xénophobie française, l'amalgame "étranger = délinquant" et pour les adeptes de la xénophobie française, la naturalisation ne supprime pas la qualité d'étranger ; les naturalisés, voire leurs enfants ou leurs petits-enfants, restent des étrangers et par conséquent des délinquants potentiels. On comprend alors qu'un président soucieux de la sécurité des "vrais" Français propose de retirer la nationalité à ceux des délinquants qui n'ont pas assez de francité ancestrale.
On comprend aussi que ses ministres et ses divers sbires en rajoutent pour montrer leur attachement à la xénophobie. Renvoyer la xénophobie à la seule extrême-droite est une erreur.
Si l'extrême-droite tient des discours extrêmes comme c'est son rôle, elle n'est pas au gouvernement et elle n'est en rien responsable des lois contre l'immigration mises au point par les ministres cités ci-dessus (Pasqua, Debré, Chevènement, Sarkozy) et votées par des parlementaires soumis. Il est vrai qu'il ne faut pas comparer la politique des ministres cités et la politique de la Révolution Nationale sous peine de poursuites judiciaires. Ainsi s'ajoute à une politique xénophobe une atteinte à la liberté d'expression.
Mais à cela s'ajoute un mensonge : celui de faire accroire au bon peuple que la Révolution Nationale s'est vu imposée sa politique par l'occupant, une façon d'exorciser les dérives xénophobes de la politique française. S'il n'y a pas Auschwitz, c'est acceptable. Une affirmation à la fois grotesque et scandaleuse. Et puis, pour revenir au présent, n'est-ce pas le gouvernement actuel qui a inventé un ministère de l'identité nationale et de l'immigration, faisant de l'identité nationale une affaire d'Etat et de l'immigration une affaire d'identité nationale. C'est dans ce cadre qu'un ministre de l'identité nationale et de l'immigration a cru devoir lancer un débat sur l'identité nationale, renforçant l'idée que cette identité nationale doit faire l'objet d'une définition officielle. On ne peut mieux mettre en avant la volonté xénophobe qui agite le gouvernement actuel.
Les déclarations du président de la République et celles de son ministre de l'intérieur qui se croit obligé d'en rajouter s'inscrivent dans cette politique.
Une telle volonté politique de la part du président de la République et de ses sbires, ministres, députés et autres, appelle une réaction pour, sinon mettre fin à la tradition xénophobe française, du moins l'empêcher de nuire.
D'autant que l'on sait que la mise au pas des étrangers, y compris les Français dont on dit qu'ils ne méritent pas la qualité de Français, permet d'autres mises au pas, celle de tous ceux qui sont considérés comme indésirables par l'autorité politique.
C'est cela que nous rappelle ce poème d'un pasteur allemand, Martin Neimoller, opposant au nazisme.
Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes Je me suis tu, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs Je me suis tu, je n'étais pas juif. Puis ils sont venus me chercher Et il ne restait plus personne pour protester.
rudolf bkouche
5 août 2010
C’était à Cuba le 26 juillet 1953, quand un groupe de 150 jeunes révolutionnaires, emmené par Fidel Castro, ont mené une opération contre la caserne de la Moncada située à Santiago de Cuba.
Cette attaque devait donner le signal d’un soulèvement général contre le dictateur Batista, qui avait pris le pouvoir par la force et avec l’aide des USA, le 10 mars 1952 mais ce fût un échec. Une partie des guérilleros furent tués, exécutés sur place ou moururent sous la torture.
Fidel et le groupe de survivants furent jugés et condamnés. Libérés puis exilés au Mexique, ils débarqueront en 1956 à Cuba accompagnés par Ernesto Guevara, après une traversée sur le bateau la Granma, pour prendre le maquis et mener une guerre de guérilla dans les montagnes de la Sierra Maestra.
Leur groupe s’appelait le « Mouvement du 26 juillet » qui conduira la révolution jusqu’à la victoire en 1960 à la Havane, et la fuite du dictateur et de la mafia étasunienne.
57 ans plus tard, les 150 guérilleros sont toujours fêtés comme des héros de la grande révolution socialiste de CUBA, une ile libérée du joug capitaliste et de l’Empire, même si les 50 années d’embargo étasuniens sont toujours aussi pesantes.
Un passager de la flottille : « Ils se sont montrés très violents »
Par Hugues Serraf
Mouloud Bouzidi, un Lillois membre d'une ONG « proche du Hamas » selon les services américains, était à bord de l'un des navires arraisonnés par Tsahal. Pour lui comme pour Mohamed Salem, responsable du CBSP dans le Nord, la flottille était bien une opération humanitaire « et en aucun cas une provocation politique ».
Lille, vendredi 4 juin, 16h30. Les cadres en costume qui rentrent de Paris pour le week-end n'ont sans doute pas l'habitude d'un comité d'accueil de ce genre : à leur droite, sur le quai n°7, une poignée de policiers débonnaires mais vigilants ; à leur gauche, des fillettes chargées de fleurs, des jeunes femmes coiffées d'un foulard, des ados portant keffieh et, surtout, tout ce que la capitale nordiste compte de sympathisants de la cause palestinienne.
On se croirait dans l'un des ces mélos américains, lorsque l'enfant du pays fait son grand retour une médaille sur la poitrine et qu'une foule en liesse vient le remercier d'avoir remporté une victoire au nom de l'équipe municipale. Le héros du jour : Mouloud Bouzidi, un presque trentenaire fraîchement expulsé d'Israël, un T-shirt sale sur le dos et une casquette de baseball vissée sur la tête (« C'est tout ce qu'ils m'ont laissé. Même mes papiers d'identité sont encore là-bas »).
« Nous étions là pour aider les gens de Gaza, un point c'est tout »
Mouloud est membre du comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), une organisation dont le projet est assez obscur pour qu'elle se soit retrouvée inscrite sur la liste américaine des « entités terroristes ». Mais pour ce militant humanitaire convaincu, il s'agit d'une accusation ridicule :
« Nous étions là pour aider les gens de Gaza, un point c'est tout. Moi-même, j'étais sur un navire grec, le Sfendoni, pas un cargo mais un bateau rempli de passagers, tous des médicaux ou des militants d'ONG. Certainement pas des gens agressifs ».
Lorsqu'il raconte la manière dont les soldats israéliens ont pris le contrôle du bateau, Mouloud Bouzidi ne cache d'ailleurs pas son indignation :
« Il était 4 heures du matin et tout le monde dormait. Il y avait eu des avertissements de leur part, bien sûr, mais nous étions dans les eaux internationales et personne ne pensaient qu'ils agiraient si tôt.
Ils se sont tout de suite montrés très menaçants, très violents. Ils ont fait usage de la force alors que ce n'était pas nécessaire et se sont servis de leurs grenades lacrymogènes. Il est vrai que nous leur avons nous-mêmes opposé une résistance pacifique, car nous voulions éviter qu'ils parviennent jusqu'au poste de pilotage où se trouvait le capitaine. Mais des gens ont été battus, tout le monde gens pleurait, c'était horrible… »
« Les interrogatoires se sont poursuivis pendant des heures »
Mouloud Bouzidi l'admet, il n'a pas été frappé lui-même, « juste repoussé violemment » avant d'être interrogé, toujours « avec brutalité » :
« Les questions étaient étranges, comme s'ils voulaient établir que nous cherchions à immigrer clandestinement à Gaza ou en Israël, ce qui était tout de même assez bizarre. Pour un Français digne et libre, vivre dans ce pays-là, ce serait un drôle de projet… Mais les interrogatoires se sont poursuivis pendant des heures et c'était très stressant.
On nous changeait régulièrement de cellule, on nous envoyait des types différents, parfois des militaires, parfois des civils… Lorsqu'ils frappaient, ils frappaient tout le monde sans se poser de questions : Français, Américains, Allemands… »
Se dirigeant vers l'entrée du métro, via lequel il doit se rendre à la conférence de presse bricolée dans l'urgence pour les médias locaux, Mouloud Bouzidi lâche encore :
« Mais j'étais pourtant parti dans un but clairement humanitaire et je suis écœuré par ce qui est arrivé. Je compte d'ailleurs porter plainte car il ne faut pas laisser passer ça… »
Mohamed Salem, le médecin palestinien installé à Lille qui s'est occupé d'organiser le comité d'accueil et la rencontre avec les journalistes, est du même avis : « Cette agression est très grave, car elle n'était pas dirigée contre des terroristes mais bien contre des gens de bonne volonté tentant de porter secours à des populations en difficulté ». Car le responsable lillois du CBSP le proclame sur tous les tons, son organisation « n'a rien à voir » avec le portrait qu'en font « les sionistes et les Américains ».
« Il y avait beaucoup de Turcs, mais entre autres nationalités »
« Nous travaillons depuis vingt ans pour les gens de Gaza et nous avons simplement saisi l'occasion de ce convoi pour acheminer une centaine de maisons en préfabriqué, achetées avec le million de dollars réuni dans le cadre de souscriptions », explique le militant qui affirme ne pas accorder d'importance particulière à la forte dimension turque de la flottille, pourtant significative d'un changement d'attitude d'Ankara à l'égard d'Israël :
« Les Turcs sont très mobilisés pour la Palestine, ça n'a rien de remarquable. Il y avait beaucoup de Turcs, c'est vrai, mais entre autres nationalités… »
Mohamed Salem refuse par ailleurs toute « interprétation politique » de l'action de son association et récuse formellement l'accusation « de proximité avec des organisations terroristes », Hamas en tête :
« C'est un faux procès qui permet de nous disqualifier. Nous ne sommes pas proches du Hamas, mais proches de tous les Palestiniens, Fatah compris. »
Une position quelque peu surprenante, compte tenu de la sanglante hostilité dont fait preuve le mouvement qui contrôle Gaza depuis les élections législatives de 2006à l'égard de l'Autorité conduite par Mahmoud Abbas.
En tout état de cause, ce responsable lillois du CBSP refuse de se prononcer sur ces questions, et encore moins sur sa vision d'une solution durable au problème israélo-palestinien :
« Nous sommes des humanitaires, pas des politiques. Nous sommes évidemment partisans d'un Etat palestinien, mais nous nous contentons de faire notre boulot associatif. »
Seule entorse à cette volonté de ne pas s'égarer sur le terrain politique : la critique d'une Egypte qui, en participant au blocus de Gaza par crainte du Hamas et de son impact sur sa propre situation intérieure, « fait le jeu des Américains et des Israéliens ».