Le retour de l’esclavage au XXIe siècle

Posted by on Déc 24, 2017 in Divers

Le retour de l’esclavage au XXIe siècle

 

 Esclavage pour dettes

“ […] Le système fondamentalement pervers ne concernait que les catégories les plus pauvres de la nation, celles qui, sans cela seraient mortes de faim et qui se situaient au bas de l’échelle des castes.

S’il ne faut pas confondre castes inférieures et esclaves, il est cependant nécessaire de savoir le mépris de l’individu affiché par certains membres des plus hautes castes pour comprendre qu’aucun paramètre affectif ne s’opposait à la mise en esclavage des plus malchanceux.

Tout était permis, y compris les coups dont la presse faisait l’écho, en signalant 120 cas de sévices infligés à des intouchables dans la seule ville de Poona (Inde) pour l’année 1978.

Autre exemple, les Bhil, indigènes spoliés par la déforestation consécutive à l’installation de plantations de coton et de canne à sucre, ont subi d’épouvantables agressions dans les années 1970, au cours desquelles on a rapporté des cas de flagellation, de viols et d’incendies de villages, lorsqu’ils faisaient mine de résister.

Les Adivasis, autre population tribale, se trouvaient en 1980, dans une situation aussi désespérée.

“La police, de connivence avec les prêteurs, les propriétaires et les hommes d’affaires locaux avait elle-même, commis des atrocités telles que le viol de femmes tribales et l’incendie de leurs maisons.”

 

 La misère :

Les chiffres avancés par les instances internationales semblent beaucoup plus près de la réalité, et ces scores sont d’autant plus révélateurs de l’état des mentalités que l’on est dans un État démocratique dont la législation interdit toute violence à l’encontre des intouchables et des travailleurs asservis.

Il faut partir de là pour comprendre que le système se soit perpétué jusqu’à aujourd’hui, en dépit de tous les efforts des gouvernements successifs.

L’histoire pèse d’un poids trop lourd sur les sociétés, pour que, d’un coup de baguette magique, la loi éradique, du jour au lendemain des pratiques séculaires.

En Inde, la situation économique jouait également, un rôle essentiel, étant donné la masse de misère qui écrasait l’immense majorité des habitants.

Concernant des millions d’individus aux limites de la survie, sur des espaces d’autant plus difficilement contrôlables que l’autonomie des États, limite l’action du gouvernement fédéral, il ne fallait pas s’attendre à un miracle social.

C’est du reste, que s’exprimaient les rédacteurs du septième plan quinquennal (1985-1990) : “Le régime du travail forcé est une manifestation extrême du sort pitoyable de la main-d’oeuvre rurale non organisée.

Les raisons qui sont à l’origine doivent être éradiquées, afin d’empêcher toute rechute.

La misère, l’absence totale de compétences ou de biens, l’iniquité des coutumes sociales, l’état d’impuissance d’un grand nombre de ces personnes, et leur dépendance à l’égard d’un système de prêt à intérêt consentis par des particuliers expliquent qu’on en soit arrivé là”, affirme, Audrey Crespo-Mara.

L’application des lois fédérales concernant ces pratiques, est laissée à l’initiative de chaque État.

En 1987, leur peu d’enthousiasme se révélait dans les condamnations prononcées par les tribunaux.

Lorsqu’ils voulaient bien se saisir des plaintes, ils n’allaient pas au-delà d’une amende de 150 roupies, soit 12 dollars américain.

Alors pourquoi se gêner ?”, extrait de l’article “Vente aux enchères”, d’Audrey Crespo-Mara.

 

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